C’est le début d’un long voyage…
Parce que le monde est à facettes multiples avec des cultures et des imaginaires résistants à l’uniformisation. De l’unique et du singulier contre toute vision globale. En inaugurant cette année ce principe d’Escales, nous ne nous engageons pas dans des rétrospectives de cinématographies « nationales ». Sonder de manière pertinente les tendances du cinéma documentaire et les représentations du « réel » dans d’autres cultures, sous d’autres horizons, nécessite d’autres moyens que ceux dont dispose Le réel en scène – les écrans documentaires. Nous écartons aussi par avance toute tentation « exotique » ou le caractère « obligé » des commémorations collectives : notre escale « hongroise » a pour raison d’être de poursuivre le dialogue établi avec la Maison Robert-Doisneau de Gentilly et cette fois ses expositions « La photographie hongroise de l’entre-deux-guerres dans les collections privées » et « Rétrospective Lajos Lengyel ».
Nous préférons laisser venir à nous les intuitions, se tisser à travers coups de cœur et découvertes de films comme Dans la chambre de Vanda, de Pedro Costa ou La nuit du 25 avril, de Ginette Lavigne, des questionnements que nous souhaitons prolonger (notre programmation Palestine en avril dernier) ou parfois les attentes des salles partenaires, pour concrétiser les motifs, contours et contenus de ces escales.
Ainsi nous ne nous interdisons rien de ce qui est possible et surtout pas l’évolution dans le temps d’une programmation.
L’escale portugaise n’esquisse, ne frôle que par quelques touches, lyrisme, poétique ou théâtralité un cinéma réellement singulier : quelques films majeurs de Manoel de Oliveira, António Reis et Pedro Costa et des correspondances et dialogues avec des auteurs, touchés, interrogés, inspirés par la grâce lusitanienne ou son histoire récente. La révolution des œillets, le passé colonial, le fado, l’émigration, la saveur d’une parole lumineuse de cinéaste. Car derrière les clichés faciles de la Saudade et de la mélancolie, s’inscrit aussi l’histoire d’un peuple longtemps étouffé par la dictature : « nous ne savions pas ce que nous pouvions désirer » rappelle le père de la cinéaste Margarida Cardoso dans Natal 71.
Notre escale africaine, sans prétention géopolitique, historienne ou polémique, se compose de deux films qui ont la modestie de prendre le temps de raconter, de rencontrer.
L’escale libanaise est le prototype même de cette construction par conjugaison et résonances entre des œuvres découvertes pour une polyphonie déconcertante. Beyrouth est la ville symbole de la Guerre dans les années quatre-vingt : conflit difficilement déchiffrable, ligne de démarcation « communautaire » incluse dans une géopolitique complexe, milices, snipers, enlèvements et massacres. « Trop tôt pour oublier, peut-être trop tard pour regretter et pourtant il faut reconstruire à partir des ruines ». Dans la ville, dans les esprits, sur les cicatrices, les rages ou les nostalgies.
Palestine : ce que nous souhaitions et avons rencontré, ce sont des films qui nous parlent « d’ailleurs », autrement qu’à partir d’un « collectif identitaire », qui nous font « éprouver » sans démontrer, nous proposent une vision peut-être « désespérée » mais corrosive, intériorisée, résolument subjective.
Notre escale marocaine explore quelques éléments de l’envers du décor du royaume chérifien, qui malgré certaines évolutions depuis l’époque du bagne de Tazmamart, n’est pas seulement la carte postale touristique souhaitée : ryads pour occidentaux fortunés, circuits des villes impériales pour réchauffer nos hivers et musiques gnawies pour nous mettre en transes… Oui mais aussi conditions de la femme et ses luttes, enfants des rues, immigrations douloureuses et on le sait dangereuses souvent…
Films
36 choses à faire avant l’an 2000
Jean-Frédéric de Hasque | 2000 | 54' | Belgique
Entre les bruyants préparatifs d’auto-célébration en occident et le silence du continent africain qui a d’autres préoccupations, le quotidien d’un village togolais au soir de l’an 2000. Leur projet d’achèvement de la bibliothèque, leur idéal que le village vive d’autres perspectives de développement. Même si pour cela ils doivent ranger les filets à papillon.
Ali Zaoua, prince de la rue
Nabil Ayouch | 2001 | 100'
Trois années durant, Nabil Ayouch a préparé avec l’appui logistique des éducateurs de l’association BAYT ! (emmenée depuis six ans par le docteur M’Jid) le tournage d’Ali Zaoua.
« Les premières fois, je suis venu avec une caméra vidéo. Les gosses se sont immédiatement mis en scène, me racontant n’importe quoi. J’ai compris au bout d’un certain temps qu’on ne pouvait concevoir un juste savoir sur eux sans déposer ses armes, investir du temps et nouer une relation qui ne soit pas d’intérêt. Sinon, c’est foutu d’emblée. Ils savent donner à la société exactement ce qu’elle attend d’eux en termes de misérabilisme. Le film avait envie d’aller ailleurs. », Nabil Ayouch
Bakary et les autres…
Corinne Garfin | 1999 | 26'
Bakary et les autres… dresse les portraits de quelques enfants d’une douzaine d’années qui vivent à Tigana, un village de brousse très enclavé au Mali. Le film établit un parallèle entre deux parcours : celui d’enfants qui sont scolarisés et se rendent à l’école du village et celui de Bakary, qui comme beaucoup d’autres enfants des villages de brousse a quitté l’école et participe aux durs travaux du village pour subvenir aux besoins et charges de la famille. Les enfants nous parlent de leurs rêves, de ce qu’ils espèrent pour leur futur.
Chergui ou le silence violent
Moumen Smihi | 1975 | 90' | Maroc
Tanger, 1950. Aïcha, jeune femme mariée, recourt à des pratiques magiques pour empêcher son mari d’épouser une seconde femme. Au cours d’un ultime rituel, elle meurt noyée…
Cuba Son
Yves Billon | 2001 | 90'
Après avoir parcouru le monde avec sa salsa, le musicien panaméen Azuquita découvre Cuba, sa terre natale. Il y est accueilli par « Los Jubilados », les camarades musiciens de son père et stars septuagénaires du Son à Santiago. De l’enregistrement d’un disque aux bals populaires, des visites familiales aux improvisations de rue, ce voyage est une plongée dans l’univers de ces retraités infatigables.
Cyber Palestine
Elia Suleiman | 2000 | 16' | Palestine
Cyber Palestine est une parabole de notre temps dans laquelle Marie et Joseph, devenus un couple de palestiniens d’aujourd’hui, reviennent à Gaza où ils doivent vivre avec l’occupation israélienne.
Cyber Palestine est une commande de l’Autorité Palestinienne pour le Projet Bethléem 2000 destiné à célébrer l’entrée de Bethléem dans le nouveau millénaire.
Dans la chambre de Vanda
Pedro Costa | 2000 | 170'
« Dans Ossos (1997), Pedro Costa filmait les exclus du quartier de Fontainhas, aux portes de Lisbonne. Mis au ban de la communauté des hommes, les personnages flottaient dans d’interminables stases entretenues par la drogue, la faim et l’indigence. […] Ici, la narration, le monde extérieur, et jusqu’à l’équipe du film ont disparu. Restent, face à face, Vanda Duarte, la jeune femme consumée d’Ossos, Pedro Costa, qui la filme avec une petite caméra numérique, et, hors champ, le fracas des pelleteuses qui, telle la mort au travail, effacent le quartier et ses habitants de la surface de la terre. »
Jacques Mandelbaum, critique cinéma au journal Le Monde.
« L’art de Pedro Costa consiste à rendre à cette vie de rien, son altérité en nous intimant d’en reconnaître la beauté envoûtante et d’aimer Vanda dans son innocence tranchante au-delà du lamento humanitaire… »
Vincent Dieutre, cinéaste-critique, dans Libération (19 septembre 2001).
Dans la ville blanche
Alain Tanner | 1982 | 107' | France, Portugal
Paul, mécanicien sur un navire en escale à Lisbonne, abandonne son poste. Il marche dans les rues au hasard de ses pas, filmant avec une caméra super-8. Il s’installe dans un petit hôtel où il se lie avec Rosa, la serveuse. Pourtant il aime toujours sa femme Elisa restée en Suisse. Deux voleurs lui dérobent son portefeuille, il est blessé, hospitalisé. À sa sortie Rosa, lassée de l’attendre, est partie. Elisa lui écrit une lettre en forme d’ultimatum – ou d’amour. Paul repart en Suisse. Dans le train, deux femmes l’observent…
El Batalett – Femmes de la Médina
Dalila Ennadre | 2001 | 60'
« Je suis née de parents marocains immigrés en France dans les années cinquante, nous passions tous les étés dans le quartier populaire de l’ancienne Médina de Casablanca et c’est dans ce milieu que se sont gravés en moi les ingrédients de ma culture d’origine. Je suis retournée régulièrement au Maroc et j’ai partagé avec les femmes de la Médina et leurs filles certaines joies et certaines peines. À chaque fois qu’elles me voyaient avec une caméra à la main, elles ne pouvaient s’empêcher de me lancer toujours cette même phrase : mais c’est notre vie que tu devrais filmer… », Dalila Ennadre
Fado, ombre et lumière
Yves Billon | 1995 | 57'
Le Fado est un chant qui possède celui qui l’écoute. Aller à sa rencontre – à travers son histoire, ses rites et ses protagonistes – c’est découvrir la plus vive manifestation de l’âme du peuple portugais. Prendre le temps de l’écouter, dans une « Tasca » – petit restaurant populaire – à Lisbonne, c’est ressentir une émotion perceptible bien au-delà des rives du Tage.
La Famille Bartos (série Hongrie privée n°1)
Peter Forgacs | 1988 | 60' | Hongrie
De la fin des années trente jusqu’à la guerre, une tranche de vie vue à travers les yeux de Zoltan Bartos, l’aîné d’une riche famille bourgeoise de Budapest. La joie de vivre, la florissante fabrique de bois familiale, les vacances en Europe, rythment avec légèreté une vie libre, douce et heureuse.
Zoltan s’amuse avec sa caméra : il réalise en amateur des films muets burlesques dont les personnages sont ses amis et sa famille. Il est aussi compositeur de chansons populaires traditionnelles de l’époque. 1940, la tragédie survient : le fascisme en Europe, les raids aériens, les préparatifs militaires. Une voix-off énumère avec une précision toute objective, en complet contraste avec l’histoire subjective familiale, les destructions, les morts, les exterminations des 600 000 juifs hongrois, avant la nouvelle tragédie à venir, celle de la dictature communiste.
Les Gens des baraques
Robert Bozzi | 1995 | 88'
« En 1970, j’ai filmé la communauté portugaise du bidonville de Saint-Denis. Je la voyais en danger de mort, pourtant au fond d’une baraque, il y avait une mère et son enfant nouveau-né. Leurs regards amoureux ne m’ont jamais quitté. Vingt cinq ans plus tard, j’ai voulu retrouver “Les Gens des Baraques”, savoir comment ils avaient traversé ce temps. »
Robert Bozzi
L’Homme aux semelles d’or
Omar Amiralay | 2000 | 54'
Portrait du richissime homme d’affaires libanais Rafiq Hariri, qui bâtit sa fortune dans les pays du Golfe. Premier ministre de la « reconstruction » qui a voulu faire de Beyrouth une Mecque des investisseurs et spéculateurs arabes et occidentaux. Un film qui se veut, sur un ton ironique, un pamphlet sur l’argent, le bien et le mal, une sorte de western sur fond de ruines et de spéculations.
Images cinématographiques de Bartók (Mozgokepek Bartókrol)
Péter Sülyi | 1989 | 22' | Hongrie
La veuve de Tibor Serly ayant mis à disposition les rares minutes de documents cinématographiques qui nous reste de Bela Bartók, documents dont le son est perdu, deux musicologues, Erzsébet Tusa et Ernö Lendvai, tentent de retrouver le passage de piano que Bartók joua à New-York chez les Serly ce 26 septembre 1942.
Jaime
António Reis | 1973 | 35'
De la vie, des trente années d’internement dans un hôpital psychiatrique de Lisbonne, et des dessins de Jaime Fernandes.
« Né en 1900 dans la paroisse de Barcos, dans la région de Covilha, il était travailleur rural. Il s’est marié, on ne nous dit pas s’il a eu des enfants. Le 1er janvier 1938, il est interné à l’hôpital Miguel Bombarda. On lui donne le numéro 2434. Et on diagnostique une schizophrénie. Il avait trente-huit ans. C’est là qu’il a été détenu (« il ne m’appartient pas de rester ici » écrit-il) pendant trente ans. […] Il est mort le 27 mars 1969. Il avait soixante-neuf ans. On dit qu’il a commencé à peindre à soixante-cinq ans. Il a peint sans cesse (« il a toujours travaillé ») avec un stylo-bille et un crayon ». João Benard da Costa, in Expresso (9 février 1974) (source : Zeuxis)
Khiam
Joana Hadjithomas, Khalil Joreige | 2000 | 52'
Comment survivait-on au camp de détention de Khiam au Sud Liban avant son démantèlement en mai 2000 avec le retrait israélien ? Six anciens détenus racontent comment on vit, dort, rêve, pense entre quatre murs dans une cellule d’isolement d’1,80 m par 0,8 m pendant six ou dix ans.
Face à l’absence des choses élémentaires et nécessaires, ils ont désobéi, inventé et fabriqué clandestinement une aiguille, un crayon, des chapelets d’olives, des fleurs, un jeu d’échecs.
Avec les témoignages de Rajaé Abou Hamain, Kifah Afifé, Sonia Beydoun, Soha Bechara, Afif Hammoud, Neeman Nasrallah.
Marrakech (série Voyages, voyages)
Evelyne Ragot | 2000 | 43'
« Chacun des mes voyages au Maroc est une épreuve de liberté et de solitude. Si ce pays m’est familier, pour autant, il me refuse toute familiarité. L’exotisme, ici, est dans la confrontation avec un autre jamais apprivoisé, dans une irréductible différence. », Évelyne Ragot
La réalisatrice a cherché les signes du Maroc nouveau, depuis l’arrivée de Mohammed VI au pouvoir. Mais sans doute faut-il du temps pour que le pays change et livre une nouvelle image. Marrakech, la Ville Rouge, est toujours la même pour la cinéaste : mystérieuse, secrète, fascinante.
Natal 71
Margarida Cardoso | 2000 | 52'
« Natal 71 est le nom d’un disque offert aux militaires qui faisaient la guerre dans les anciennes colonies portugaises, à Noël 1971.
Cancioneiro do Niassa est le titre d’une cassette audio, enregistrée clandestinement par des militaires, au long des années de guerre, au Mozambique. C’était l’époque où le Portugal était un grand empire colonial – c’est en tous cas ce que je lisais dans mes livres d’école – et, pour qu’il le reste, mon père et une grande partie de sa génération ont combattu dans cette guerre qui a duré treize ans.
Aujourd’hui. nous transportons ces mémoires, en silence. Je regarde en arrière et j’essaie de me souvenir. Chez mon père, j’ai retrouvé quelques photos, la cassette, le disque. La cassette, c’est la voix de la révolte. Et le disque, c’est une pièce de propagande nationaliste. Ce sont les mémoires d’une dictature fasciste.
Des mémoires d’un pays replié sur lui-même, pauvre et ignorant, bercé par une propagande mielleuse et primaire qui s’efforçait de nous cacher tous les conflits, et qui nous empêchait de penser et de reconnaître la nature répressive du régime sous lequel nous vivions. »
Margarida Cardoso
Nezha la bonne
Anne Villacèque | 2001 | 55'
Nezna, quarante-six ans, travaille comme bonne chez des coopérants français, à Marrakech. Le film est construit sur cinq journées de travail, articulées autour des tâches quotidiennes. La réalisatrice regarde Nezha regarder ses patrons français qui, eux, la regardent assez peu en retour. Mais Nezha rit de tout, résiste à tout. Son histoire nous parle d’un certain ordre du monde.
Non ou la vaine gloire de commander (Non o a vã glória de mandar)
Manoel de Oliveira | 1990 | 110' | Portugal
En Afrique, au cours d’une patrouille, des soldats évoquent la mission du Portugal au travers de quatre défaites historiques.
La Nuit du coup d’état – Lisbonne avril 74
Ginette Lavigne | 2001 | 57'
« Le 25 avril 1974, au Portugal, un coup d’état militaire renversait le régime de Marcelo Caetano et mettait fin à la plus longue dictature européenne.
Ce coup d’état a été conçu et dirigé par Otelo Saraiva de Carvalho. Le mois précédent il avait écrit un plan des opérations détaillé où rien n’avait été laissé au hasard : l’évaluation des forces en présence, les mouvements de troupes, les communications, les objectifs, etc. Le poste de commandement des opérations était installé à Pontinha, une caserne de la périphérie de Lisbonne. Otelo Saraiva de Carvalho est entré à Pontinha le 24 avril vers 22 heures et n’en est ressorti que le 26.
Il n’a rien vu du 25 avril. Il ne pouvait qu’imaginer, à partir de ce qui lui était raconté par les hommes chargés des transmissions, ce qui se passait dans les rues de Lisbonne : la foule en liesse envahissant les rues, les soldats décorés d’œillets rouges. On entendait les cris de victoire de la foule que par les communications téléphoniques.
C’est pour cette raison que j’ai choisi de filmer Otelo Saraiva de Carvalho seul, dans un lieu unique, imprécis. Il ne s’agit pas d’une reconstitution précise et réaliste du poste de commandement de Pontinha mais d’une tentative de recréation d’un espace où Otelo Saraiva de Carvalho raconte comment il y a 26 ans, il a vécu le 25 avril. »
Ginette Lavigne
Oliveira, l’architecte (Cinéaste de notre temps)
Paulo Rocha | 1993 | 60'
Portrait-conversation avec le maître du cinéma portugais. Un parcours dans le siècle à travers des extraits de ses films, et une parole libre, incisive, simple et brillante. Pour Oliveira la première vertu du cinéma est de « commencer à voir ce que l’on n’a pas vu »… Il insiste sur le temps du cinéma… son impact sur le spectateur, se souvient du public de Porto, ville cinéphile dans les années trente, un public « ouvert » qui acceptait de ne pas comprendre…
Ouarzazate movie
Ali Essafi | 2001 | 57'
Ouarzazate est une ville de cinéma qui vit du tournage des grands films internationaux. De Kundun à Astérix, de Gladiator à toutes les versions imaginables de la Bible, la population tout entière fait de la figuration pour des films qu’elle ne verra jamais… Dans les vestiaires et au détour des castings, le réalisateur regarde vivre le petit peuple des tournages, ses rêves d’Hollywood et ses humiliations. Et sans quitter l’humour et la dérision, le film dresse le constat grinçant d’un cinéma mondial qui impose ses images et ses façons de voir.
Palestine Palestine
Dominique Dubosc | 2001 | 90' | France
Palestine Palestine se présente comme un triptyque, à la manière de certaines peintures flamandes d’autrefois : dans la partie centrale foisonnent des petites scènes de la vie quotidienne dans le camp de réfugiés de Dheisheh, à côté de Bethléem, tandis que dans les deux parties latérales, un marionnettiste et sa femme montrent leur spectacle de villages en villages, malgré les barrages et les dangers de plus en plus grands.
Raddem
Danielle Arbid | 1998 | 17'
Une jeune femme cherche dans Beyrouth ravagée par la guerre et la reconstruction, un homme qui a pris des photos de sa maison. Maison qu’elle n’a jamais connue qu’à l’état de ruine.
Seule avec la guerre
Danielle Arbid | 2000 | 58'
« Beyrouth est une ville formidable. On se croirait au centre de tout. À Beyrouth, entre 1975 et 1990, il y avait une guerre civile, c’est-à-dire que tout le monde voulait exterminer tout le monde. Aujourd’hui, la guerre est finie. Elle s’est arrêtée un jour, comme ça, après avoir gangrené nos vies. J’ai voulu filmer le vide qu’elle a laissé. Sa présence fantomatique. Cette plaie… », Danielle Arbid
Song on a narrow path (Un chant pour Jérusalem)
Akram Safadi | 2001 | 52' | Belgique
« Les images les plus belles ont toujours été celles que je n’ai pas réussi à capturer et de cette façon, j’ai pu remplir ma mémoire de circonstances, lieux et personnages dont j’ai toujours voulu raconter l’histoire », Akram Safadi
Du cœur d’une Jérusalem disputée, lacérée et divisée, quatre personnages, loin des clameurs de la politique et des premières pages des journaux, racontent leur vie et leurs aspirations. Le film tire un portrait d’une des villes les plus difficiles du monde contemporain, en forçant les sentiments, les ambitions entêtées ou les douloureux renoncements avec lesquels les personnages vivent quotidiennement. L’intimité entre le réalisateur et le milieu conduit l’histoire à la recherche de sensations, d’émotions et d’amour que le contraste entre deux mondes semble contrecarrer. La rhétorique et l’arrogance : l’Est où survivent les palestiniens, l’Ouest où se sont auto-emprisonnés les juifs.
Sous le ciel lumineux de son pays natal
Franssou Prenant | 2001 | 46'
Évocation de Beyrouth avant, pendant et après la guerre par trois témoins sur des images Super 8 de la cinéaste tournées dans les années quatre-vingt.
Trás-os-montes
António Reis et Margarida Cordeiro | 1976 | 100' | Portugal
« Une pérégrination de l’imaginaire qui rencontre la dimension du mythe dans chaque geste, chaque rituel ou chaque saga. » João Benard da Costa
Séances
vendredi 9 novembre 2001 à 20h00
Cinéma Le Casino, Villiers-sur-Marne
Ouverture du festival. Soirée du Conseil général du Val-de-Marne. En présence de Ginette Lavigne et Gérald Collas. Escale Portugaise
- La Nuit du coup d’état – Lisbonne avril 74
Ginette Lavigne | 2001 | 57’ - Non ou la vaine gloire de commander (Non o a vã glória de mandar)
Manoel de Oliveira | 1990 | 110’ | Portugal
samedi 10 novembre 2001 à 10h30
Médiathèque de Villiers-sur-Marne
Escale Portugaise
- Les Gens des baraques
Robert Bozzi | 1995 | 88’
samedi 10 novembre 2001 à 14h00
Médiathèque de Villiers-sur-Marne
Escale Portugaise
- Oliveira, l’architecte (Cinéaste de notre temps)
Paulo Rocha | 1993 | 60’
samedi 10 novembre 2001 à 15h30
Cinéma Le Casino, Villiers-sur-Marne
Escale Portugaise
- Fado, ombre et lumière
Yves Billon | 1995 | 57’
lundi 12 novembre 2001 à 20h30
Cinéma Le Casino, Villiers-sur-Marne
Escale Portugaise
- Dans la chambre de Vanda
Pedro Costa | 2000 | 170’
mardi 13 novembre 2001 à 18h30
Auditorium
Escale Africaine
- Bakary et les autres…
Corinne Garfin | 1999 | 26’ - 36 choses à faire avant l’an 2000
Jean-Frédéric de Hasque | 2000 | 54’ | Belgique
mercredi 14 novembre 2001 à 20h30
MJC Louise Michel, Fresnes
Escale Cubaine
- Cuba Son
Yves Billon | 2001 | 90’
jeudi 15 novembre 2001 à 20h30
Auditorium
Escale Hongroise
- Images cinématographiques de Bartók (Mozgokepek Bartókrol)
Péter Sülyi | 1989 | 22’ | Hongrie - La Famille Bartos (série Hongrie privée n°1)
Peter Forgacs | 1988 | 60’ | Hongrie
vendredi 16 novembre 2001 à 20h30
Cinéma Le Luxy, Ivry-sur-Seine
Escale Portugaise. En présence de Jacques Parsi, spécialiste du cinéma portugais.
- Trás-os-montes
António Reis et Margarida Cordeiro | 1976 | 100’ | Portugal - Jaime
António Reis | 1973 | 35’
samedi 17 novembre 2001 à 16h00
Escale Portugaise
- Natal 71
Margarida Cardoso | 2000 | 52’
samedi 17 novembre 2001 à 17h30
Médiathèque d'Ivry-sur-Seine
Escale Portugaise. En présence de Gérald Collas et Esther Offenberg, producteurs.
- La Nuit du coup d’état – Lisbonne avril 74
Ginette Lavigne | 2001 | 57’
dimanche 18 novembre 2001 à 18h00
Cinéma Le Luxy, Ivry-sur-Seine
Escale Portugaise
- Dans la ville blanche
Alain Tanner | 1982 | 107’ | France, Portugal
mercredi 21 novembre 2001 à 14h00
Espace Jean Vilar
Escale Marocaine
- Ali Zaoua, prince de la rue
Nabil Ayouch | 2001 | 100’
mercredi 21 novembre 2001 à 16h00
Espace Jean Vilar
Escale Marocaine
- Marrakech (série Voyages, voyages)
Evelyne Ragot | 2000 | 43’ - Ouarzazate movie
Ali Essafi | 2001 | 57’
mercredi 21 novembre 2001 à 18h30
Espace Jean Vilar
Escale Marocaine
- Chergui ou le silence violent
Moumen Smihi | 1975 | 90’ | Maroc
mercredi 21 novembre 2001 à 20h30
Espace Jean Vilar
Escale Marocaine. En présence des réalisatrices.
- El Batalett – Femmes de la Médina
Dalila Ennadre | 2001 | 60’ - Nezha la bonne
Anne Villacèque | 2001 | 55’
jeudi 22 novembre 2001 à 21h00
Espace Jean Vilar
Plus d'informations sur cette séanceEscale Palestinienne. En présence des réalisateurs.
- Cyber Palestine
Elia Suleiman | 2000 | 16’ | Palestine - Palestine Palestine
Dominique Dubosc | 2001 | 90’ | France - Song on a narrow path (Un chant pour Jérusalem)
Akram Safadi | 2001 | 52’ | Belgique
dimanche 25 novembre 2001 à 14h00
Espace Jean Vilar
Escale Libanaise
- Raddem
Danielle Arbid | 1998 | 17’ - Sous le ciel lumineux de son pays natal
Franssou Prenant | 2001 | 46’ - Seule avec la guerre
Danielle Arbid | 2000 | 58’
dimanche 25 novembre 2001 à 16h30
Espace Jean Vilar
Escale Libanaise
- Khiam
Joana Hadjithomas, Khalil Joreige | 2000 | 52’ - L’Homme aux semelles d’or
Omar Amiralay | 2000 | 54’

