Installation

No More Story

Phlippe Lacôte et Delphine Jaquet | installation/performance

Concept

No More Story est un projet narratif qui utilise des voix, du son, des textes, des photos, du dessin et de la vidéo, pour construire un labyrinthe d’his-toires.
No More Story est un dispositif entre l’installation et la performance. Les artistes sont présents au centre du dispositif, et construisent en direct une histoire.
No More Story est parti d’une citation du film Hélas pour moi, de Jean-Luc Godard : « Quand nos grands-parents voulaient invoquer les ancêtres, ils allaient dans la forêt, arrivaient à une clairière, allumaient un feu et se racontaient des histoires. Quand nos parents voulaient invoquer les ancêtres, ils allaient dans la forêt, arrivaient à la clairière, mais ils ne savaient plus faire le feu. Aujourd’hui, nous ne connaissons plus le chemin de la clairière, nous ne savons plus où est la forêt, mais nous savons raconter des histoires. »
En tant qu’artistes-réalisateurs, nous avons eu envie de prolonger cette citation et d’interroger à notre tour ce que cela signifie de raconter une histoire. C’est quoi une histoire aujourd’hui ? Est-ce quelque chose de collectif ou d’individuel ? Est-ce quelque chose de linéaire ou de fragmenté ?
Qu’est-ce que ça implique de filmer des histoires aujourd’hui ?

Dispositif

No More Story se déroule dans un espace qui peut être celui d’une galerie. Au centre, les réalisateurs travaillent en direct, scannent des photos, montent des images, fabriquent des fragments d’histoires. Les réalisateurs disposent ces fragments dans l’espace, en utilisant des projections vidéo, des écrans, des collages de textes sur les murs pour créer des combinaisons qui se répondent et racontent une vaste histoire.
Le spectateur peut suivre un récit ininterrompu, qui s’étend comme une multitude de réseaux. Des histoires qui s’imbriquent, se transforment, pour donner d’autres histoires. Et dans lesquelles il peut circuler librement, fabriquer son propre parcours.
Le spectateur a la possibilité de changer de récit, de quitter un récit principal pour un récit périphérique, de revenir par une autre entrée, de créer ses propres liens entre les différents récits.
Depuis 2000, nous regroupons le matériau qui va constituer No More Story : des images que nous filmons en voyageant, des photos et des films de famille, des textes d’écrivains et d’artistes, des notes de tournage, des pages de journal intime, des documents d’archives. Des images, des sons et des textes seront aussi créés spécialement pour le projet.
L’enjeu de la performance est d’utiliser tous ces supports pour fabriquer une histoire en direct.
Ainsi on pourra passer d’une salle de cinéma surchauffée d’Abidjan, où le héros s’appelle Bruce Lee, à une maison silencieuse où une petite fille regardait sa grand-mère peindre sur des services .porcelaine. D’un voyage au Caire à la jetée d’Ostende. D’un tournage avec des dockers à une réflexion sur le mouvement et les images fixes.

Les réalisateurs

Nous sommes deux réalisateurs qui collaborons depuis 2000. Nos profils et parcours complémentaires orientent notre travail vers des récits très narratifs interprétés dans des dispositifs particuliers de mise en scène
Delphine Jaquet : née en 1970 à Neuchâtel (Suisse). Diplômée de l’Ecole des Beaux-arts de Paris, dans la section vidéo et multimédia. Ses premiers travaux sont des films d’artiste en Super 8 intégrant des techniques de peinture sur pellicule et de surimpression d’images.
Philippe Lacôte : né en 1969 à Abidjan. Réalisation de fictions radiophoniques. Expériences dans le cinéma notamment dans la production, avant de passer à l’écriture et à la réalisation de courts-métrages.
Depuis 2000, ils ont co-réalisé plusieurs films de fiction et documentaires présentés dans de nombreux festivals : Rotterdam, Belfort, Milan, Montréal, Hong Kong, Bâle…


Bleu

J’ai travaillé avec Galim Madanov, artiste kazakh, que j’avais déjà brièvement rencontré à Paris. Lorsqu’il était rentré à Almaty, après deux mois d’absence, des palissades en métal hautes de trois mètres avaient été montées dans toute sa ville. C’est avec ces palissades et ces chantiers que j’ai découvert cette ville.
Je lui ai proposé de travailler une pièce qui serait inspirée par la transformation de l’espace urbain à Almaty, pendant que je le filmais au travail et rassemblais des images et des sons dans cette ville mouvante.
Les ouvriers travaillent continuellement. Nuits et jours. On n’échappe pas aux bruits de chantier, on ne sait plus s’orienter. Les immeubles construits dans les années quatre-vingt-dix commencent à être remplacés par de hautes tours, on passe de quatre étages à une quinzaine. Almata devenue Almaty. Et les nouveaux venus sont peints en bleu, le bleu a remplacé le rouge.
Les trois téléviseurs sont posés sur le sol. On est assis sur un matelas, de ces matelas centre-asiatiques, qui servent aussi bien de banc pour les invités autour d’une table basse que de couche pour la nuit. On est proche des écrans, on pourrait les toucher. Il fallait plusieurs voix. Un écran porte la ville, les espaces immenses en construction, les chantiers ou simplement la vie de quartier. Les deux autres sont dans l’intérieur de Galim Madanov. Il travaille dans son atelier sur une partie du tableau. L’atelier a été aménagé dans une pièce de leur appartement ; sa femme et sa fille font partie de ce quotidien du travail. De ces personnages se dégagent des rythmes, des présences. Ces trois bandes n’ont pas la même durée : la voix Ville (19 minutes) contre les deux autres (14 minutes). Chaque bande tourne en boucle. La voix Ville ne change pas de composition, tandis qu’à chaque reprise des deux autres voix, on reconnaît des micro-variantes, des résistances. Comme on composerait une partition pour six instruments, chaque voix est ajustée pour que l’ensemble compose une seule pièce visuelle et sonore. Les trois bandes sons créent un espace sonore et s’affrontent, jusqu’à déranger car la voix Ville, avec une durée plus longue, bouscule sans cesse les deux autres ; des relations entre intérieur et extérieur se tissent peu à peu.

Aminatou Echard

Films


Bleu

Bleu

Aminatou Echard | 2007 | 60' | France

Vidéo pour trois écrans et trois bandes son réalisée au Kazakhstan en résidence au centre d’Art contemporain d’almaty. Espace extérieur de la ville en chantier et espace privé : deux temps portés par l’image et le son.Ils rencontrent celui du spectateur assis au centre de l’installation proche des écrans et traversé par le son.


No more story

No more story

Phlippe Lacôte et Delphine Jaquet | 2008 | 120'

No more story est un projet narratif qui utilise des voix, du son, des textes, des photos, du dessin et de la vidéo pour construire un labyrinthe d’histoires. Les artistes sont présents au centre du dispositif et construisent en direct l’histoire.


Séances

mardi 28 octobre 2008 à 18h00

Galerie Pascal Vanhoecke
  • No more story
    Phlippe Lacôte et Delphine Jaquet | 2008 | 120’
  • Bleu
    Aminatou Echard | 2007 | 60’ | France

samedi 1 novembre 2008 à 14h30

Galerie Pascal Vanhoecke
  • No more story
    Phlippe Lacôte et Delphine Jaquet | 2008 | 120’