Films


À la recherche de Vera Bardos

Danielle Jaeggi | 1995 | 17'

« Le jour où j’ai réalisé que je ne savais pas le nom de ma tante, morte à quinze ans en camp de concentration, j’ai été saisie d’effroi. Ceci est un film sur la mémoire qui revient, sur l’impossible oubli. »


April in Kilcrohane

François Magal | 1997 | 28'

La vie d’un village irlandais en dix-neuf plans fixes pendant une durée d’un mois : avril. Sans musique ajoutée, sans paroles et sans discours.


Asmara

Paolo Poloni | 1993 | 76' | Suisse, Allemagne

Un fils, un père. Une mémoire à trous et caches. Un voyage à deux pour la réactiver, la soumettre à la question. Pour tenter de comprendre, de se comprendre aussi sans doute… « Je me souviens des dimanches froids et gris où toute ma famille se réunissait autour de l’album de photos. Pendant ce temps, la vie du petit village suisse s’écoulait lentement. Parmi les innombrables photos de vacances en Italie, notre pays d’origine, l’une m’attirait de manière inquiétante, sinistre. On y voyait six personnes pendues. C’étaient des noirs aux longs vêtements blancs. On distinguait la corde autour de leur cou. La photo resta gravée dans ma mémoire… et je grandis. Peu à peu, le mystère de cette image se révéla : mon père avait participé comme soldat à la guerre d’Éthiopie en 1936. Ensuite il vécut quinze ans à Asmara, la capitale de la colonie italienne d’Érythrée, avant de rentrer en Italie puis d’émigrer en Suisse. Je n’ai jamais rien su de cette longue période. On n’en parlait pas. C’était une période tabou pour nous comme d’ailleurs pour tous les italiens. Un jour, je décidais de tourner un film autour de ces deux tabous, le privé et l’historique. »


Autour de la mort d’un cochon

Bénédicte Emsens | 1996 | 50'

Comment dire, face au sang, au cri de la bête qui meurt, à cette peau rose qui nous ressemble, à ce ventre que l’on ouvre, ces images venues de l’inconscient, cette descente aux entrailles de la vie, où dans un même râle, se côtoient meurtre et accouchement… Comment traverser ces peurs, si ce n’est en osant s’éprouver comme « viande de boucherie », en s’autorisant à entendre ce cri de Bacon cité par Deleuze : « Pitié pour la viande… parce que tout homme qui souffre est de la viande ».


Les Beaumann et nous

Alain-Paul Mallard | 1997 | 46'

Les Beaumann sont une famille manouche de gens du voyage. Pendant la plupart de l’année, leurs caravanes s’installent aux alentours d’Évry. Le fait de les approcher pour faire un film sur leur quotidien donne lieu à une réalisation intense dans laquelle ceux qui filment et ceux qui sont filmés s’interrogent mutuellement.


Best Boy

Ira Wohl | 1979 | 104' | États-Unis

Ira Wohl filme son cousin Phil, handicapé mental adulte, qui jusqu’à ses cinquante-deux ans, a été complètement protégé du monde par ses parents. Une caméra témoin mais aussi participative qui accompagne le processus d’ouverture d’une chrysalide durant plus de trois ans. Si Best Boy est l’histoire d’une « émancipation » et d’une découverte du monde, tous les acteurs du cercle familial évoluent avec lui…

Ira Wohl a commencé sa carrière de cinéaste au début des années soixante-dix en tant qu’assistant sur le film d’Orson Welles Don Quichotte avant de travailler en télévision et de réaliser plusieurs courts et longs métrages documentaires. Depuis 1990, Ira Wohl est devenu psychothérapeute et réalise des séries documentaires sur les diagnostics psychologiques.

Il réalisera ensuite Best Man : Best Boy et chacun d’entre nous vingt ans après, puis Best Sister.


Le Boulanger

Christelle Poupin | 1997 | 5'

Du fournil au magasin : les déambulations du boulanger et de son mitron.


Cas limite

Marie Guiraud | 1997 | 32'

En 1997, Harold, élève de quatorze ans, traverse une crise qui entraîne son renvoi du collège. Les limites du système éducatif et juridique français face à des enfants « difficiles ».


Chargée de famille

| 1995 | 83'

« Avoir une famille, c’est une expérience humaine universelle. Même les orphelins savent ce qui leur manque, mesurent le vide de ce qu’ils n’ont pas connu ou perdu trop vite. Qu’est-ce que transmet une famille ? À quoi sert-elle ? Comment pèse-t-elle ?

À travers quatre générations d’hommes et de femmes d’une même famille, par l’addition de portraits successifs entrecoupés d’archives familiales 8 mm et Super 8, j’ai cherché à reconstruire le puzzle d’une famille et approcher cette notion aux mille définitions du dictionnaire.

Comment peut-on être à la fois et aspirer à être “un”, indivisible et faire partir d’un tout auquel on se raccroche et qui est sa famille ? Chargée de famille se veut être cette approche à la fois générale et générique en même temps qu’une démarche très personnelle puisqu’il se trouve que c’est “ma” famille que j’ai choisie de filmer. »


Chère Grand-mère

Chère Grand-mère

Patrice Dubosc | 1995 | 18' | France

Des films 8 mm tournés par une mère disparue, une grand-mère polonaise inconnue, un « voyage de retour », une femme aimée : des fragments à partir desquels il s’agit, pour le héros, de renouer les fils rompus de la vie.


Close-Up Long Shot

Mahmoud Chokrollahi et Moslem Mansouri | 1996 | 44'

Cinq ans après le tournage de Close-Up par Abbas Kiarostami, Close-Up Long Shot refait la focale sur Hossain Sabzian, protagoniste fabulateur. Il s’explique : loin d’être un imposteur, il nous communique son amour du septième art, la conception qu’il en a. Il nous raconte comment sa vie a changé depuis le tournage. Il nous livre ses réflexions sur sa condition, ses désirs, ses peurs et nous apparaît comme le miroir où peuvent se retrouver les cinéphiles et acteurs anonymes. Close Up Long Shot est une succession d’interviews et d’entretiens. Un peu comme une pyramide. Interviews entrecroisés des personnes qui le côtoient. Isolement. Puis, un long plan séquence sur Sabzian lui-même. Les cadres sont serrés, saisissent les émotions au plus près. Enfermement.


Concessions à perpétuité

Patrick Rebeaud | 1997 | 46'

Que faire des vestiges archéologiques lorsqu’ils sont mis à jour lors de travaux en milieu urbain ? En France, dans le meilleur des cas, les archéologues sont là pour faire des relevés. Ils sauvent l’information que livre le passé, puis détruisent presque toujours les constructions anciennes « in situ » afin de laisser la place à l’ouvrage moderne. C’est l’usage. Les gens qui en sont informés ne trouvent rien à redire. Mais ces gens préfèrent se taire. En effet, ils semblent craindre la force d’une opinion publique qui pourrait exiger que les vestiges restent en place et cela « empêcherait le monde d’avancer » ainsi que le déclare un technocrate. De 1993 à 1996, pour la première fois, une fouille urbaine a été filmée intégralement, avec ses découvertes et ses péripéties. La caméra s’est glissée dans les bureaux, les réunions, ainsi que dans la rue, enregistrant les protestations des uns, la langue de bois des autres, et l’émotion de tous. Car la découverte de nombreux sarcophages mérovingiens de la place Baudoyer dans le centre de Paris a rendu nerveux les politiques, les riverains, les promoteurs, mais aussi les archéologues.

Les gens de la rue estimaient que l’on touchait à l’essentiel. Le chef de fouille pense pour sa part avoir sauvé l’essentiel. Concessions à perpétuité ne prend pas partie, mais dit ouvertement les choses.


C’est quoi l’importance du maquillage sur un plateau télé ?

Collectif étudiant Scén'Art | 1997 | 28'

La cinquième vient réaliser une émission en direct à l’Université Rennes 2. Un groupe d’étudiants filme l’événement. Pendant la préparation, les concepteurs de l’émission annoncent un certain nombre d’objectifs et de principes. Seront-ils tous atteints ou respectés ?


Dans les fils d’argent de tes robes

Amalia Escriva | 1996 | 51'

Je ne nie pas la douleur de mon père, celle de ses frères. Je ne nie pas le déchirement de la perte du pays de leur enfance, de leur jeunesse, la blessure de la disparition de leur frère… Je reconnais leur chagrin légitime. Mais ce drame de l’Algérie a pris trop de place.  Enfants, nous les avons considérés comme de grands malades, des malades de chagrin, chargés de leur peine. Nous avons tous eu des pères absents, l’un disparu, les autres fantômes bienveillants auprès de nous. Silencieux, comme tenus au secret.  Aujourd’hui, je pense qu’il aurait pu en être autrement.


Darko et Vesna

Emmanuel Jespers | 1997 | 45'

Au début de la guerre en Bosnie, Vesna a fui Sarajevo avec ses deux enfants, laissant derrière elle son mari Darko, mobilisé dans l’armée bosniaque. Deux années plus tard, Darko quitte enfin Sarajevo pour rejoindre sa famille, en exil sur une presqu’île paradisiaque au large de Split.  Ces deux années d’exil ont été vécues très différemment par Darko et Vesna, modifiant complètement leurs rapports. Ils ne se retrouvent plus, même dans les moindres petits détails de la vie.  Darko et Vesna laissent entrevoir progressivement cette zone d’ombre que l’on tait publiquement à chaque armistice : les ravages intérieurs et psychologiques de la guerre.


Demain et encore demain – Journal 1995

Dominique Cabrera | 1997 | 79'

Ainsi une « documentariste », une cinéaste, nous place face à une réflexion en action. Produit du sens, des sentiments, des impressions, des questionnements, interroge des engagements, des relations, ses émotions, le temps qu’il fait, l’air du temps. Les siens et peut-être une part du nôtre. Une caméra Hi8 pour faire une « mise au point ». Pour elle, pour nous. Libres à nous. C’est du cinéma, donc des images en mouvement, une voix, des sons, des lumières, une aube, le paysage d’un corps, de la brume en montagne. Des paroles et des silences. Les siens, les siennes que rien ne nous oblige à faire nôtres. C’est du cinéma qui parle de la vie. En direct, en différé. Cela reste donc de la représentation. Du passé déjà, des indices, des signes, des détails infimes qui permettent peut-être de « voir venir » l’avenir. De refuser ou nous approprier ce qui est dit dans cet acte. Qui ne nous objurgue pas à communiquer mais à prendre le temps, le temps du film comme il vient, comme on le ressent. Chacun, seul et ensemble comme toujours au cinéma. « De janvier à septembre 1995, j’ai voulu filmer ma vie en Hi-8. Cette année j’ai aimé un homme et j’ai filmé ma mère. Comme beaucoup d’autres, je me suis demandée pour qui il fallait voter et dans quel collège je devais envoyer mon fils ; c’était la même question, celle de notre devenir collectif et du libéralisme triomphant. J’ai aussi filmé le soleil sur le plancher, la dépression, les fleurs et les vacances. Je voulais surtout saisir le temps qui passe et nous transforme, j’aurais pu appeler le film : Devenir. En le faisant, chemin faisant, j’ai repris goût à la vie. J’avais fait un film sur le manque et il me semble que c’est un film sur le bonheur d’une femme banale mais cinéaste, cinq ans avant l’an 2000. »


Le Documentariste ou le Roman d’enfance

Le Documentariste ou le Roman d’enfance

Dominique Dubosc | 1989 | 42' | France

Dans un beau salon parisien, un homme raconte à sa mère, en feuilletant l’album de famille, l’histoire merveilleuse et tragique de son enfance. Entre deux épisodes de ce « roman », on voit des extraits de six films documentaires réalisés vingt ans plus tard par l’enfant devenu homme. Le Documentariste ou le roman d’enfance propose ainsi, à la manière de Georges Perec, deux récits indépendants, croisés chapitre par chapitre.

Un documentariste réalise un retour sur images. Celles de sa vie, celles de ses films. Il interroge le cinéaste, « l’objectif » du documentaire. La part de l’intime. Ce qu’il recherche en filmant. Un ciné-journal à rebours qui ne recherche pas la rationalité mais l’immersion dans le sens profond des actes. Dominique Dubosc a notamment réalisé un film sur et avec Jonas Mekas, Visiting Jonas Mekas.

« Le son d’une flûte japonaise / des images documentaires / une photo de bébé en Chine / Une autre d’un jeune homme à côté d’une caméra… La voix dit : Quand je revois aujourd’hui les premiers documentaires que j’ai tournés en Amérique du Sud et en France, si je me demande pourquoi j’ai fait ces films-là, ce qui me vient à l’esprit n’est pas une explication, mais plutôt l’image d’un petit enfant… »


Family Viewing (Visionnage en famille)

Family Viewing (Visionnage en famille)

Atom Egoyan | 1987 | 82'

C’est l’un des premiers films de l’auteur de De beaux lendemains, prix du jury à Cannes cette année et sur les écrans depuis octobre. Issu d’une famille arménienne installée à Toronto, Atom Egoyan n’a cessé depuis ses premiers films au début des années quatre-vingt, d’installer dans ses scenarii, un principe de mise en abîme des images où télévision et vidéo (familiale, de surveillance) fabriquent mémoires et effets de miroir. Réfléchissant traumatismes, fantasmes pervers ou nostalgies bienheureuses. Mais Family Viewing est en sus une fable moderne : sur le primat du télévisuel et de l’irréalité « écranique », tyrannique, absorbante au sens littéralement physique du terme. Sur la désagrégation (mais aussi la possible recomposition imaginaire) de la cellule familiale nucléaire. C’est encore l’inventaire du mensonge et du faux-semblant, de l’hypocrisie et de l’enfermement quasi mutique, régissant nombre de relations humaines. Et en prime un regard sur la vieillesse et la manière dont elle est considérée. Mais dans cet apparent processus d’accablement, Egoyan nous ménage des points de fuite dans ces impasses.


Free Fall (Az Örvény’ / Chute libre)

Peter Forgacs | 1996 | 75'

Peter Forgacs a entrepris depuis 1989 l’exploration de la mémoire collective hongroise à partir d’archives cinématographiques privées. Il donne à celle-ci une traduction originale avec la série Hongrie Privée, un véritable « feuilleton vidéo » retraçant à partir de « films de famille » des destinées individuelles. Dixième opus de cette série, Free Fall, prend la forme d’un opéra-vidéo composé sur une musique originale de Tibor Szemzö à partir des images privées de György Peto filmant sa famille entre 1938 et mars 1944.

Au printemps 1944, toutes les communautés juives de l’Europe occupée par les nazis sont emportées dans le maelström. Malgré l’édiction de lois antisémites en Hongrie depuis 1938, la communauté juive hongroise n’est pas encore touchée… Comment cela a-t-il été possible ? Comment ont-ils été emportés dans la tourmente nazie ? Vue de l’intérieur, quelle était la vie de ces « futures victimes » dans cette étouffante atmosphère ? Quelle compréhension peut-on avoir du langage brutal de la loi si elle vous est soufflée à l’oreille par des voix angéliques ? Malgré le rétrécissement de l’espace vital et les signes de plus en plus effrayants d’une réalité, pourquoi subsiste jusqu’à la fin l’espoir… ?

Peter Forgacs est né en 1950 à Budapest. Après des études de sculpture et de graphisme, il est entré aux studios Bela Balazs en 1978. Il pratique la photo, réalise des films expérimentaux et, pour la télévision hongroise, des fictions documentaires. Peter Forgacs séjourne deux ans en Angleterre et commence la série Hongrie Privée en 1989. Les quatre premiers épisodes sont présentés au cours de « Parcours du Double, ethnologie de l’imaginaire » une manifestation organisée par Pierre Ponant et Arts Rencontres Internationales au Musée National des Monuments Français au Palais de Chaillot « Wittgenstein-Tractatus, le Dictionnaire Bourgeois » est présenté à Gentilly il y a trois ans dans le thème, « Les territoires de la mémoire ».

Tibor Szemzö a suivi des études musicales au Conservatoire Bartok, à l’Académie Franz Liszt et à la Schola Hungarica. Il joue des musiques improvisées avec son propre quatuor dès 1970 et a créé au début des années quatre-vingt, le groupe 180, Ensemble de musique nouvelle. Il s’est engagé dans un courant utilisant « l’électronique primitive », des instruments expérimentaux, des voix et éléments verbaux. Compositeur et interprète, il se produit en concert et lors de performances. Invité à Parcours du Double, manifestation citée plus haut.


Les Gens de Migdal

Miel Van Hoogenbemt | 1996 | 90'

Entre 1963 et 1991, quatre familles allemandes s’installent à Migdal, petit village en Israël. Ces familles décident d’y créer des activités qui permettront de faire travailler les handicapés mentaux, habitants du village. Le réalisateur questionne, sur fond de l’opération des Raisins de la Colère, Günther, premier Allemand à s’être installé à Migdal, les raisons de son départ d’Allemagne, le sentiment de culpabilité qui l’anime, son attitude envers le nationalisme, l’exclusion et l’appartenance à une nouvelle culture. Alors que ces familles se sont créées une vie empruntée au respect de la nature et de l’amour des handicapés, Les gens de Migdal nous fait découvrir les limites de l’utopie.


Géranium

Géraldine Varichon | 1997 | 15'

Les squares blafards.
Les façades des maisons ont un air inerte.
Le silence.
Deux femmes.
Une mère. Sa fille.
La complexité des rapports.
L’authenticité des sentiments.


Gigi, Monica… et Bianca

Gigi, Monica… et Bianca

Yasmina Abdellaoui et Benoît Dervaux | 1996 | 82' | France, Belgique

Savez-vous que l’enfant des rues a beaucoup du chien ? Recevoir des coups de bâton, rester des journées à mendier, cela ne le désespère pas, pourvu qu’on lui laisse sa gare. Cette gare peut bien être froide, anonyme : résidence sans avenir, grenier sans toit, destin sans pitié, il reste, tourne autour, bricole, espère. C’est sa niche. Mais le jour où sa mémoire l’oblige à quitter ce nid provisoire pour s’en aller par le monde des siens, alors… Gigi (dix-sept ans) et Monica (quinze ans) vivent leur amour au sein de leur bande à la gare du Nord de Bucarest. Un petit nouveau va arriver, il attend dans le ventre de Monica. Gigi veut quitter l’anonymat de la rue. Il nous dit son désir : « Trouver un toit, fonder une famille, de cette famille se formera une autre famille, et ainsi de suite… jusqu’au bout ». Cet enfant va-t-il naître ? Où ? Que va-t-il devenir ? En perpétuant le phénomène de la vie, Gigi et Monica dépassent leur condition d’enfants des rues et nous renvoient à l’Universel.  La médiocrité des conditions de vie suffit-elle à geler le destin des hommes dans la misère ?


Gongonbili de l’autre côté de la colline

Christophe Cognet et Stéphane Jourdain | 1996 | 63'

Gongonbili est un village isolé vers lequel aucune piste ne conduit. À la frontière de la Côte d’Ivoire et du Burkina-Faso, les Lobis ont toujours eu la réputation d’être rebelles à toute forme d’autorité centralisée. Le village est accusé par la rumeur d’être le repère des voleurs, des meurtriers et des sorciers aux pouvoirs puissants qui sévissent dans la région. Débattant de leur histoire, leur vie actuelle et leurs espoirs, les habitants de Gongonbili pensent que le temps est venu pour eux de s’ouvrir au monde. Malheureusement, un serment interdit tout contact avec l’étranger, qu’il soit blanc ou noir. De l’autre côté de la colline, dans les grottes, les génies cohabitent avec les armes volées…


Héritages

Daniel et Pascal Cling | 1996 | 52'

Ce qui est dit, ce qui est tu. Ce qui fait souffrance pour les uns, pour les autres. Ce qui se transmet. Et le temps qu’il faut pour le dire. Trois générations face au travail de mémoire. Intensité et pudeur… Trois rescapés d’Auschwitz racontent de quelle façon et dans quelles circonstances, ils ont révélé leur histoire depuis leur retour. Leurs descendants expriment ce qu’ils ont ressenti en la découvrant, en quoi elle a marqué leur identité et ce dont ils se sentent investis. Ainsi se constitue un récit complexe, quelquefois contradictoire, qui met en lumière les effets de la parole et des non-dits sur trois générations et plus généralement soulève la question de la transmission de l’histoire.


Héros désarmés

Sylvie Ballyot et Béatrice Kordon | 1997 | 52'

Des milliers de soldats français se sont portés volontaires pour partir en Ex-Yougoslavie sous la bannière de l’Onu. Pour beaucoup d’entre eux, s’engager était une façon de trouver un sens à leur vie, et le moyen d’échapper à une société dans laquelle ils ne se sentaient pas reconnus. Partis la fleur au fusil, gonflés de désirs et d’ambitions, ils ont passé six mois au cœur du conflit yougoslave, et sont revenus brisés, souvent malades. Ils se sentent aujourd’hui encore plus marginalisés qu’avant. Dans ce film, la parole est donnée à deux de ces ex-soldats.


Joe et Maxi

Maxi Cohen et Joël Gold | 1978 | 80'

« Faire le film, c’était voir mon père, c’était me voir moi-même » déclare à la fin de Joe et Maxi, la jeune réalisatrice (vingt-trois ans à l’époque) Maxi Cohen. Comprendre un père et le regard qu’il porte sur vous. Se comprendre. Ce « rêve de film » remontait dix ans en arrière quand Maxi Cohen imaginait faire le portrait d’un « héros énigmatique », aventureux, candide et charismatique. Deux événements décideront de l’accomplissement de son projet : la mort prématurée de sa mère atteinte d’un cancer et la rencontre d’un complice, Joël Gold permettant d’envisager ce portrait. Mais si intimement lié à la vie, le film tourne au journal de bord d’une rencontre et de la maladie…


Jours d’été

Françoise Bernard, Juliette Cahen, Ariane Doublet et Pascal Goblot | 1997 | 52'

Dans le même esprit et le même principe du montage de films amateurs que leur précédent film Terre Neuvas (avec Manuela Fresil en plus dans l’équipe)…Les auteu·rices évoquent cette fois un demi-siècle de congés payés. Une douce balade entre fête villageoise et bord de mer, entre farniente et randonnées. Avec des madeleines d’enfance, des romances adolescentes. Une partition savamment articulée, pour fusionner après un long travail de collecte – une myriade de mémoires intimes qui peuvent ainsi rencontrer notre imaginaire collectif.


Les Jours de l’année

Elena Raicu | 1996 | 42' | Roumanie

Pendant la fête de Rosh Hashana de la communauté juive de Bucarest (5 757 ans depuis la Création du monde), on a essayé de raconter les histoires intimes de la vie de quelques vieux juifs, peut-être les derniers d’une communauté importante qui a laissé des traces notables dans la culture roumaine. Le médecin, le professeur et l’ancien journaliste recomposent par des gestes et des paroles simples leurs destins arrêtés maintenant dans un point final où seuls la mémoire et le souvenir donnent un sens à la vie. Malgré l’écoulement du temps qui les a portés sans se rendre compte, tous les vieux et toutes les vieilles que nous avons rencontrés dans nos chemins gardent une vitalité impressionnante et une formidable envie de jouer le jeu de l’auto-ironie.


Le Kougelhopf

Ginette Lavigne | 1993 | 12'

« J’ai filmé ma mère en train de confectionner un kougelhopf, gâteau traditionnel de Transylvanie. Elle pétrit la pâte, et remue ses souvenirs : la vie d’une femme juive en Roumanie, l’exil, l’histoire de sa famille disparue dans les camps nazis. »


Les Lapirov passent à l’ouest

Jean-Luc Léon | 1994 | 90'

En mai 1981, une famille juive soviétique quitte l’URSS pour les États-Unis, emportant quantité de valises au contenu hétéroclite. De Moscou à Los Angeles, en passant par Vienne et par Rome, Jean-Luc Léon a filmé la chronique souvent cocasse de la découverte de l’Occident par cette famille, d’émerveillements en petits désenchantements jusqu’à l’installation définitive. Dix ans plus tard, le cinéaste retrouve trois citoyens américains : après la chute du mur, Isabelle et Ilya Lapirov, et leur fils Innokenti devenu Ken retournent pour la première fois en vacances à Moscou…


Lili m’a dit

Lili m’a dit

Joël Bartoloméo | 1997 | 17'


Lune criminelle

Claude Othnin-Girard | 1996 | 97'

Tondue à la libération, Esther ne sortait plus de chez elle et vivait depuis quarante ans en recluse avec Hubert et Rémi, ses frères. Quand les dix-neuf gendarmes du GIGN ont plastiqué la porte, le 21 octobre 1983, ils ont trouvé deux vieillards hébétés et le corps de Rémi mort depuis quatre ans.  La vengeance d’Esther, la tondue, et de son frère s’adressait à toute la ville de Saint-Flour, accusée de les avoir emmurés vivants dans l’oubli.

Ce serait tronquer cette étonnante affaire que de la réduire à ces aspects sociaux et pathologiques, en ignorant la dimension historique et humaine que lui confère son caractère de fait divers hors du commun. Le passé que traîne une nation n’est pas seulement fait de moments glorieux. Il revient parfois à l’improviste nous cracher au visage.


Marcaillou Royeres

Renaud Chassaing | 1997 | 16'

Avant son départ en retraite et son déménagement, les derniers mois du couple Marcaillou dans son exploitation agricole familiale et traditionnelle des environs de Limoges. Après des générations d’une vie répétée à l’identique, on assiste à la fin d’un mode de production agricole et à la tentative d’une relève par les jeunes.


Mes Vidéos 91-95

Joël Bartoloméo | 1995 | 80'

  • Série : À quatre ans, je dessinais comme Picasso (1991)
    • Film de famille, 3′
    • Tout le monde meurt, 2’26
    • Souvenir rêvé, 1’22
  • Série : Petites scènes de la vie ordinaire I (1992-1993)
    • Le jeudi de l’Ascension, 1’52
    • Papa gros con, 1’25
    • Filme ma poupée,1’41
    • La vache qui parle, 5’19
  • Série : Les grands moments de la photo de famille (1992-1993)
    • Famille B, 4’26
    • Maintenant, 1’05
    • Épilogue, 50”
  • Série : Petites scènes de la vie ordinaire II (1994-1995)
    • La tarte au citron, 4’23
    • La forêt de Rambouillet, 2′
    • Les joujoux de Noël, 5’34

La Vision théorique

« … Du plan serré au plan large, du cinéma primitif (L’Arroseur arrosé) avec ses séries de plan-séquence autonomes. Aux mises en scène avec personnage pour lesquelles il conçoit à chaque fois des micro-scénarios. Un cadrage et un montage. On peut voir se dessiner une forme linéaire qui vise, sur la base des mêmes éléments, un vocabulaire structuré de la relation à l’autre, avec tout ce que cela implique de rapport de force ou de séduction. Ce qui demeure tout au long de ce parcours demeure l’ambiguïté et la tension de la position de l’artiste Bord-Cadre, entre absence et présence. En y ajoutant de l’intérieur, de nouveaux syntagmes, Joël Bartoloméo s’applique à élargir un corpus initialement restreint, à le desserrer de son emprise avec le genre, de la photo de famille au cinéma amateur. », Stéphanie Moisdon-Trembley, présentation de l’édition vidéo

La Vision « People »

« Volubile, passionnée et adepte des équations insensées, voici Lili, belle comme une héroïne de Woody Allen. Timide, rire de ventriloque et lunettes-bicyclette, tout droit sorti d’une comédie de Jacques Tati, voilà Joël, son mari. Nom de couple, les Bartoloméo, tous deux nés à Bonneville (Haute-Savoie), dans la même maternité, accouchés par la même sage-femme, elle en 1956, lui, un an plus tard. C’est lui, l’artiste, lui qui depuis dix ans filme en vidéo et presque en huis clos leur vie quotidienne avec les jumeaux, Coline et Fabian, onze ans et bien sûr Lili. » En fait, précise Joël Bartoloméo ce sont des films de famille anti famille qu’il a commencé sans vraiment savoir ce qu’il allait en faire, absorbé par cette caméra qui est devenue un outil à enregistrer les rites et rituels de sa petite tribu, Toujours prête à entrer en action. « Un chien » ajoute Lili.
Portrait par Brigitte Ollier, série Duos intimes (Libération, 19 août 1997).

La Vision des « Écrans Documentaires »

Au-delà de l’originalité du dispositif artistique posé par Joël Bartoloméo, ses travaux vidéos interrogent les perspectives du « cinéma des familles » à l’ère caméscope. Contiguïté et détournement, décalage et subversion, effet de loupe sur l’intime… Des films à priori sans visée « documentaire ». Comme semblerait l’attester d’ailleurs le circuit artistique dans lequel ils sont diffusés : Semaine internationale de la vidéo de Genève, Centre Georges Pompidou, Espace Croisé de Lille, etc. Pourtant la porosité des « genres », des actes, tels qu’ils sont par habitude dûment étiquetés en est d’autant plus questionnée. En fonction du contexte de diffusion, la maîtrise d’une œuvre échappe-t-elle à son auteur ? De quel point de vue la découvre-t-on et dans quelle perspective ? Qu’est-ce qui fait l’acte artistique et sa reconnaissance ? Les Archives Bartoloméo deviendront-elles documentaires ?


Nestor Makhno, paysan d’Ukraine

Hélène Châtelaìn | 1996 | 60'

Paysan révolutionnaire, organisateur de l’émancipation prolétarienne, l’anarchiste russe Nestor Makhno est à l’origine d’une révolution libertaire ukrainienne réprimée dans le sang. Hélène Châtelain a exhumé les textes, les photos et les documents qui jalonnent la vie étonnante de Nestor Makhno, qui finit ses jours à Paris dans un hôtel près de la gare de l’Est. De cette épopée, restent des textes qui dorment dans les bibliothèques. Souvenirs de N. Makhno l’anarchiste-communiste ou comme le décrivent et l’Histoire officielle et les films qui en témoignent, le « psychopate-anarcho-bandit-antisémite ». Une nuisance à détruire, pas un ennemi à combattre. C’est l’histoire du retour de ces textes à Gouliaïpole (et l’écho qu’ils y trouvent aujourd’hui, par delà la diabolisation qui frappa pendant soixante-dix ans le mouvement makhnoviste), qui forme la trace de ce film.


Omelette (pied de nez)

Rémi Lange | 1993 | 78'

Sur les traces de Joseph Morder, cinéaste expérimental qu’il admire, Rémi Lange filme en Super 8 son ciné-journal, tenaillé par la nécessité d’une révélation… Film-démarche. Film-questions à tiroirs. Qui brassent… la question d’identité. Celle du rapport à l’autre quand tourne la caméra. Celle de la restitution de l’échange. Celle encore de la diffusion d’un travail filmique. Car Omelette, existe aussi dans une version « abrégée », en durée comme en sens : Les anges de nos campagnes, qui fut diffusé dans l’Œil du Cyclone sur Canal+. Le même film et un autre aussi…


Osaka Story

Toichi Nakata | 1994 | 75' | Grande-Bretagne, Japon

Malgré une mise à distance volontaire dans son exil anglais, son immersion dans une autre culture et d’autres modes relationnels, le réalisateur éprouve le besoin du Retour pour solder ses doutes et faire le point… Un film pour éloigner de ces questionnements et un miroir aussi, pour les membres de sa famille.

Après quelques années à l’étranger, Toichi, le réalisateur retourne dans sa ville natale d’Osaka pour filmer les siens. Dans les mille et un détails de la vie quotidienne vont se révéler les fractures visibles et les problèmes plus secrets de cette famille prise entre deux cultures, la japonaise et la coréenne, dont les relations ont toujours été difficiles. Le père entretient une autre famille en Corée, la mère se pose des questions sur son présent et son avenir. Le frère est pris entre ses affaires dans l’entreprise paternelle et la secte dont il est adepte. Une des sœurs a fait ses choix et assume son indépendance. Quant à Toichi, son dilemme n’est pas moindre : doit-il pour de bon rentrer au Japon et jouer le rôle traditionnellement dévolu à l’aîné des fils ? Ou peut-il retourner en Occident, et assumer seul ses choix de vie ?


Paris Tunis, la soif

Antoine Fumat | 1997 | 20'

La vie de B.B., jeune homme franco-tunisien de vingt-six ans, pendant trois mois au fil des jours, de sa colère, de sa douleur et des éléments marquants de sa vie.


Pharmacies de nuit

Reynald Bertrand | 1996 | 32'

Dans le 12e arrondissement de Paris, une pharmacie ouverte la nuit…
Textes de Vincent Ravalec.


Quand j’étais petit, le Liban pour moi c’était ça

Stéphane Olry | 1997 | 18'

Par l’auteur (avec Corine Miret) des cartes postales vidéos du « Voyage en Orient ». Un film de (par, pour la) famille et pour soi à travers elle. Un voyage comme une « lettre au père » qui musarde dans la mémoire et les clichés de l’Orient. Et une tentative de décryptage de certaines des représentations imaginaires que nous en avons.


La Quatrième génération

La Quatrième génération

François Caillat | 1997 | 80'

L’histoire d’une famille mosellane liée au commerce du bois : son ascension et son déclin, de 1870 à nos jours. Cette saga familiale est emblématique parce qu’elle reflète l’aventure d’une région et les aléas de sa prospérité. Elle révèle aussi une étrange destinée nationale : celle de tous les lorrains qui, en un siècle ont vécu cinq fois écartelés entre leur identité française et leur annexion à l’Allemagne. La quatrième génération – à laquelle appartient le réalisateur – est celle qui vient « après », lorsque tout est joué, et qu’il ne reste que le souvenir.


Sur les flots bleus de I’Adriatique (On the waves of the Adriatic)

Brian McKenzie | 1990 | 120'

Une chronique familiale à huis clos. La maison qui tient lieu de refuge aux membres de la famille est dirigée avec une autorité distante par le père de Graeme, Steven, slovène qui a émigré en Australie à la fin de la seconde guerre mondiale. Graeme et ses deux amis Stephen et Harold, ne sont jamais parvenus à travailler et passent leur temps à récupérer des pièces détachées de véhicules. Pour eux comme pour le reste de la maisonnée, le plus beau des rêves serait de pouvoir conduire une voiture alors même que tous ne savent ni lire ni écrire. Brian McKenzie les rencontre dans une bibliothèque municipale où ils tuent leur ennui…

« J’ai découvert ce film en Australie en septembre 1990 à un moment où nous n’étions pas encore envahis par la médiatisation de la “fracture sociale” et peut-être aujourd’hui ce film aurait-il suscité davantage d’intérêt en France. Pour l’anecdote mais ô combien significative, je venais d’arriver. C’était le premier film que je devais visionner. J’étais encore très peu familiarisée avec l’accent australien, encore moins avec celui, plus difficile, des protagonistes du film, je comprenais un mot sur deux. Je suis restée fascinée pendant deux heures. Et c’est bien la magie du film qui procède de la proximité des personnages et de la complicité qui s’est établie entre Brian le cinéaste, Graeme et ses compères.  C’est un film qui ne s’apitoie pas.  Par la générosité du réalisateur, ce film d’une chronique familiale anodine permet aux personnages de réacquérir la dignité et d’exister avec leurs émois, leurs peines et leurs rêves, même dérisoires. », Suzette Glenadel, déléguée générale de Cinéma du Réel

« Si dans les prochaines années, il doit exister un nouveau cinéma, c’est dans un film comme l’australien On the waves of the Adriatic qu’on en voit les prémices. ll correspond à la définition du genre documentaire mais c’est avant tout un film surprenant et beau devant lequel on se demande souvent comment le réalisateur a pu obtenir cette scène ou cette autre… Les personnages m’ont fait penser aux romans de Steinbeck : des gens qui n’ont que le minimum pour subsister mais qui entretiennent une relation amoureuse avec la vie… », Abbas Kiarostami, auteur de Close-up, Où est la maison de mon ami ?, Au travers des oliviers, membre du jury de Cinéma du Réel 1991. In Libération 19 mars 1991.

 


Tableau avec chutes

Tableau avec chutes

Claudio Pazienza | 1997 | 103' | Belgique

Un ciné-journal drôlatique pas tout à fait intime ni outrageusement public. Après avoir été vérifiés, décortiqués, polissés et calibrés, vos yeux découvrent un inénarrable tableau et quelques figures d’un indicible pays. Le tableau c’est « Paysage avec la chute d’Icare » peint par Pieter Brughel vers 1555. Le pays, c’est la Belgique. Entre les deux, un réalisateur, des chômeurs, des psychanalystes, des philosophes, des Présidents de partis … un Premier Ministre se questionnent assidûment sur un sujet : qu’est-ce donc que REGARDER ? Docte question aux multiples ramifications à laquelle le film veut répondre simplement et avec la complicité d’un invité d’honneur : Icare en personne.


Têtes aux murs

Têtes aux murs

Bénédicte Liénard | 1997 | 91' | Belgique

Ce film a été tourné entre l’été 1995 et l’hiver 1997. Il a écouté et accompagné la vie de quatre adolescents en institution et sous tutelle judiciaire. Adoptant le point de vue de l’adolescent, le film met en exergue la dichotomie entre sa parole et celle des institutions qui l’encadrent. Il met l’accent sur la rupture entre la justice et la réalité de ceux qu’elle voudrait aider. Les institutions ont-elles conduit Christelle, Gregory, Manu et Gaël vers l’âge adulte et donc l’indépendance ou ont-elles fabriqué des êtres dépendants ?


Tu vois c’que je veux dire

Michel Dupuy | 1997 | 12'

Parti à New-York pendant trois mois pour garder sa petite cousine, Alexis a le mal du pays à l’idée d’envoyer à son amie des photos et des cassettes audio, sortes de cartes postales sonores où il parle de lui et de ce qu’il vit. À son retour, il rencontre Michel Dupuy auquel il raconte son voyage en s’appuyant sur ses souvenirs audios et visuels. Intéressé, le réalisateur propose alors à Alexis d’élaborer un film à partir de cette « matière » riche mais peu utilisable dans sa forme brute. Il aura fallu près de cinq ans pour que ce film se fasse et qu’il se dégage une réelle authenticité. Car malgré les apparences de fiction, il s’agit bien là d’un documentaire sur un voyage, une ville mais aussi sur Alexis, sa petite cousine et la solitude.