Dans la ville blanche

Dans la ville blanche

Paul, mécanicien sur un navire en escale à Lisbonne, abandonne son poste. Il marche dans les rues au hasard de ses pas, filmant avec une caméra super-8. Il s’installe dans un petit hôtel où il se lie avec Rosa, la serveuse. Pourtant il aime toujours sa femme Elisa restée en Suisse. Deux voleurs lui dérobent son portefeuille, il est blessé, hospitalisé. À sa sortie Rosa, lassée de l’attendre, est partie. Elisa lui écrit une lettre en forme d’ultimatum – ou d’amour. Paul repart en Suisse.  Dans le train, deux femmes l’observent…

Natal 71

« Natal 71 est le nom d’un disque offert aux militaires qui faisaient la guerre dans les anciennes colonies portugaises, à Noël 1971.

Cancioneiro do Niassa est le titre d’une cassette audio, enregistrée clandestinement par des militaires, au long des années de guerre, au Mozambique. C’était l’époque où le Portugal était un grand empire colonial – c’est en tous cas ce que je lisais dans mes livres d’école – et, pour qu’il le reste, mon père et une grande partie de sa génération ont combattu dans cette guerre qui a duré treize ans.

Aujourd’hui. nous transportons ces mémoires, en silence. Je regarde en arrière et j’essaie de me souvenir. Chez mon père, j’ai retrouvé quelques photos, la cassette, le disque. La cassette, c’est la voix de la révolte. Et le disque, c’est une pièce de propagande nationaliste. Ce sont les mémoires d’une dictature fasciste.

Des mémoires d’un pays replié sur lui-même, pauvre et ignorant, bercé par une propagande mielleuse et primaire qui s’efforçait de nous cacher tous les conflits, et qui nous empêchait de penser et de reconnaître la nature répressive du régime sous lequel nous vivions. »
Margarida Cardoso

Jaime

De la vie, des trente années d’internement dans un hôpital psychiatrique de Lisbonne, et des dessins de Jaime Fernandes.
« Né en 1900 dans la paroisse de Barcos, dans la région de Covilha, il était travailleur rural. Il s’est marié, on ne nous dit pas s’il a eu des enfants. Le 1er janvier 1938, il est interné à l’hôpital Miguel Bombarda. On lui donne le numéro 2434. Et on diagnostique une schizophrénie. Il avait trente-huit ans. C’est là qu’il a été détenu (« il ne m’appartient pas de rester ici » écrit-il) pendant trente ans. […] Il est mort le 27 mars 1969. Il avait soixante-neuf ans. On dit qu’il a commencé à peindre à soixante-cinq ans. Il a peint sans cesse (« il a toujours travaillé ») avec un stylo-bille et un crayon ». João Benard da Costa, in Expresso (9 février 1974) (source : Zeuxis)

Trás-os-montes

« Une pérégrination de l’imaginaire qui rencontre la dimension du mythe dans chaque geste, chaque rituel ou chaque saga. » João Benard da Costa

Dans la chambre de Vanda

Dans la chambe de Vanda

« Dans Ossos (1997), Pedro Costa filmait les exclus du quartier de Fontainhas, aux portes de Lisbonne. Mis au ban de la communauté des hommes, les personnages flottaient dans d’interminables stases entretenues par la drogue, la faim et l’indigence. […] Ici, la narration, le monde extérieur, et jusqu’à l’équipe du film ont disparu. Restent, face à face, Vanda Duarte, la jeune femme consumée d’Ossos, Pedro Costa, qui la filme avec une petite caméra numérique, et, hors champ, le fracas des pelleteuses qui, telle la mort au travail, effacent le quartier et ses habitants de la surface de la terre. »
Jacques Mandelbaum, critique cinéma au journal Le Monde.

« L’art de Pedro Costa consiste à rendre à cette vie de rien, son altérité en nous intimant d’en reconnaître la beauté envoûtante et d’aimer Vanda dans son innocence tranchante au-delà du lamento humanitaire… »
Vincent Dieutre, cinéaste-critique, dans Libération (19 septembre 2001).

Fado, ombre et lumière

Fado, ombre et lumière

Le Fado est un chant qui possède celui qui l’écoute. Aller à sa rencontre – à travers son histoire, ses rites et ses protagonistes – c’est découvrir la plus vive manifestation de l’âme du peuple portugais. Prendre le temps de l’écouter, dans une « Tasca » – petit restaurant populaire – à Lisbonne, c’est ressentir une émotion perceptible bien au-delà des rives du Tage.

Oliveira, l’architecte (Cinéaste de notre temps)

Portrait-conversation avec le maître du cinéma portugais. Un parcours dans le siècle à travers des extraits de ses films, et une parole libre, incisive, simple et brillante. Pour Oliveira la première vertu du cinéma est de « commencer à voir ce que l’on n’a pas vu »… Il insiste sur le temps du cinéma… son impact sur le spectateur, se souvient du public de Porto, ville cinéphile dans les années trente, un public « ouvert » qui acceptait de ne pas comprendre…

Les Gens des baraques

« En 1970, j’ai filmé la communauté portugaise du bidonville de Saint-Denis. Je la voyais en danger de mort, pourtant au fond d’une baraque, il y avait une mère et son enfant nouveau-né. Leurs regards amoureux ne m’ont jamais quitté. Vingt cinq ans plus tard, j’ai voulu retrouver “Les Gens des Baraques”, savoir comment ils avaient traversé ce temps. »

Robert Bozzi

La Nuit du coup d’état – Lisbonne avril 74

La Nuit du coup d'état - Lisbonne avril 74

« Le 25 avril 1974, au Portugal, un coup d’état militaire renversait le régime de Marcelo Caetano et mettait fin à la plus longue dictature européenne.

Ce coup d’état a été conçu et dirigé par Otelo Saraiva de Carvalho. Le mois précédent il avait écrit un plan des opérations détaillé où rien n’avait été laissé au hasard : l’évaluation des forces en présence, les mouvements de troupes, les communications, les objectifs, etc. Le poste de commandement des opérations était installé à Pontinha, une caserne de la périphérie de Lisbonne. Otelo Saraiva de Carvalho est entré à Pontinha le 24 avril vers 22 heures et n’en est ressorti que le 26.

Il n’a rien vu du 25 avril. Il ne pouvait qu’imaginer, à partir de ce qui lui était raconté par les hommes chargés des transmissions, ce qui se passait dans les rues de Lisbonne : la foule en liesse envahissant les rues, les soldats décorés d’œillets rouges. On entendait les cris de victoire de la foule que par les communications téléphoniques.

C’est pour cette raison que j’ai choisi de filmer Otelo Saraiva de Carvalho seul, dans un lieu unique, imprécis. Il ne s’agit pas d’une reconstitution précise et réaliste du poste de commandement de Pontinha mais d’une tentative de recréation d’un espace où Otelo Saraiva de Carvalho raconte comment il y a 26 ans, il a vécu le 25 avril. »

Ginette Lavigne