No more story est un projet narratif qui utilise des voix, du son, des textes, des photos, du dessin et de la vidéo pour construire un labyrinthe d’histoires. Les artistes sont présents au centre du dispositif et construisent en direct l’histoire.
Watt
Le Watt de Cuxhaven (prononcé Vatt) se trouve à l’embouchure de l’Elbe en mer du nord. Ici la mer se retire sur des centaines de mètres étirant la limite entre terre et eau. Les personnages dérivent dans cet espace sans repères où le sol improbable se dérobe dans le mouvement de la marée.
Time after Time
« Il y a en nous une impossibilité à imaginer ce qui n’est pas nous. Par manque de curiosité, manque de pouvoir. En ce qui concerne le cheval que l’on voit dans mon film, beaucoup de gens ont un rapport presque physique à ce qui lui arrive et justifient cette hypersensibilité par le fait qu’ils considèrent le cheval comme un être humain. Mais ce serait peut-être plus juste de penser que, dans ce cheval, la présence humaine qui vit, c’est surtout celle qui a construit ce décor urbain autour de lui, et qui rend sa présence absurde. Penser qu’il signale surtout le dysfonctionnement du monde qui l’entoure. » Anri Sala
Arena
Evoque un zoo abandonné en Albanie. On entend les rugissements d’un tigre, alors que d’énormes chiens rôdent à l’extérieur. Tout semble délaissé, décrépi, il y a un sentiment de menace et d’attente. Le film fonctionne comme une métaphore de l’état du pays.
Sur les traces de la fourmi à miel
Là d’où je viens, en France, j’ai vu une peinture : « Le Rêve de la Fourmi à Miel ». Dans ce Rêve il y a des points, des croissants, des lignes… Il n’y a pas de sens pour les regarder. Je suis bouleversée mais je ne sais pas pourquoi. Ces signes sont comme des traces à suivre. Elles m’entraînent dans un désert rouge, le désert australien. À Papunya je vis maintenant avec les Aborigènes du désert. Je leur demande de me conter l’histoire de la Fourmi à Miel.
Histoires d’œufs
Les sorciers de l’ancien monde effaçaient les traces qui conduisent aux tombeaux. À la fin des funérailles, ils s’éloignaient à reculons, en tamisant la neige ou en couvrant de branches leurs empreintes de pas dans la boue. Tout ça pour éviter que les morts ne les suivent. Ou que les vivants ne soient tentés de rejoindre les morts. Mais certains vivants ne se résignaient pas. En secret, ils rassemblaient leurs souvenirs, s’en faisaient un bagage et partaient sur les traces de l’ami disparu. Les hommes de l’ancien monde pensaient que seule la grue pouvait atteindre la terre des immortels.
Le Préparateur
Une seule opération tout au long de ce film : la transformation d’un cygne en lui-même. On y suit en effet le travail d’un taxidermiste qui d’abord évide, désagrège le cadavre d’un cygne blanc pour lui redonner progressivement allure, maintient jusqu’au moment ultime de la pose de l’œil qui clôt le processus. La lente métamorphose des couleurs, des matières organiques, des matériaux artificiels et des formes occupe les plans qui sont un hommage rendu à la patience artisanale.
Supermâché, aire de Pique Nique
Le film met en jeu deux grandes figures : une bête sauvage et une grande surface. Il commence par un pique-nique en forêt et se termine dans un surpermarché dont les ingrédients proviennent.
Asile
Quelque part en Provence, une maison. Des bruits de bêtes autour de la maison. Des vestiges, des présences possibles, mais pas d’humains à l’horizon. La vie remue. Pas vraiment la sauvagerie, mais une relative liberté : des animaux ont pris possession du territoire…
Odile
« Il ne s’est rien passé. Quand je me suis retournée, elle n’était plus là. Ma mère a disparu. Qui est-elle celle que je n’ai pas connue ? Elle m’a transmis quelque chose d’énigmatique… C’est un peu comme si je me rappelais les souvenirs d’une autre… » Quand le voyage devient errance. Correspondance entre une mère et sa fille. Histoire d’un abandon.
