Création sonore
Capitalisme est une pièce de création radiophonique et musicale réalisée en février 2007 pour l’émission Tapage Nocturne de France Musique. Capitalisme évoque à la fois l’univers historique et contemporain de l’économie, des luttes révolutionnaires, de la bourse ; des données monétaires et de certains moments décisifs du XXe siècle. Par le biais d’archives sonores, on y retrouve les discours de personnages phares de l’Histoire (Joseph Caillaux, Joseph Staline, François Mitterrand) qui ont eu des implications déterminantes sur les orientations économiques et politiques, des extraits de chroniques boursières empruntés aux grands médias, ou bien encore le fragment d’une pièce sonore (Le Discours des présidents) de l’artiste Philippe Zunino explorant lui aussi ce thème. Toute la musique composée est originale et presque chaque son a été fabriqué spécifiquement de sorte à prendre à contre-pied le « prêt-à-consommer » des sons dominants produits par les industries – encore qu’il sera possible de reconnaître parfois certains sons familiers provenant de jeux vidéo populaires (Space Invaders, Pac Man) et de films (La Guerre des étoiles) appartenant désormais à la mémoire collective. Capitalisme propose une déambulation d’un îlot sonore à un autre, d’une poche temporelle à une autre, où la gravité s’entrechoque parfois avec la dérision, où la grandiloquence peut revêtir aussi une dimension mystique et faire émerger un sentiment d’étrangeté sur la maîtrise et le cours du temps.
Manon de Boer a invité le pianiste Jean-Luc Fafchamps à jouer la composition éponyme de John Cage 4’33 deux fois devant un public. Une fois en une seule prise, la caméra filme son exécution de la « composition musicale silencieuse ». Pour la deuxième représentation, Manon de Boer coupe tous les sons, intervenant seulement avec le clic du minuteur dans les 4’33 de la performance filmée. La caméra se déplace dans un long plan séquence qui commence sur Fafchamps, puis sur chaque membre de l’auditoire et termine sur l’extérieur par la fenêtre du studio.
Hetea est un hameau isolé de Roms en Roumanie. Le temps coule dans ce petit village composé de quelques huttes. La sérénité bucolique qui règne est pourtant bouleversée par une violente dispute éclatant entre les habitants. Cris et insultes, filmés comme précédemment les champs et les bêtes, explosent tout à coup dans le paysage. Menant comme au fouet, par leurs intonations, le rythme de la narration.
« J’ai cherché le centre de ce village, c’est-à-dire le lieu où se concentre le pouvoir, où se concentre et où s’organise le pouvoir, d’où se dégagerait un certain rappel à l’ordre et d’où émanerait aussi une certaine intensité, et je n’ai pas trouvé, et finalement ça m’a semblé mieux comme ça, un village qui fait obstacle à la pensée qu’il faut un centre et une périphérie, qui vous transmet un état intérieur parce qu’il vous laisse à l’extérieur. »
Une jeune fille erre dans une forêt et creuse des trous dans la terre.
Des versets de la bible semblent être les seules choses auxquelles elle pense.
Errance jusqu’à la perte. Un chant comme seule révélation.
Des versets bibliques – une foi – la folie – le silence.
Une fille suspendue à son errance qui soudain étouffe, cri, chante. Délire.
Un monde où le temps n’a plus d’emprise.
En collaboration avec plusieurs musiciens, Manon de Boer met en scène une performance de la composition de Frederic Rzewski de 1972, Attica, en même temps qu’un travail lié, Coming Together, composé la même année.
Une cité, imaginée idéale par certains, vécue au quotidien par d’autres, n’est plus rêvée que par une bande d’enfants. Livrés à eux-mêmes dans ces lieux déserts, ils s’inventent des jeux aussi dangereux que lassants. Retrouveront-ils dans un vertige, l’élan de leurs rêves ?
Un matin, après une nouvelle nuit d’insomnie et de cris, Bastien a demandé à sa mère : « Est-ce que moi aussi je disparais quand le soleil se couche ? ».
Depuis, Bastien coche chaque jour passé dans un calendrier au sommet de son lit et dort un peu mieux la nuit.
Février 2009. En préparation à l’atelier « Portraits sonores », du festival international des scénaristes, nous visitons le Palais Jacques Cœur, à Bourges. C’est à partir d’un élément qui nous aura inspiré lors de cette visite que nous devrons réaliser un film de cinq minutes dont l’écriture devra partir du sonore, un film qui doit produire de l’écoute, travailler le rapport son / image à partir du son, et non de l’image.
Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII, amie de Jacques Cœur, attise ma curiosité. Comment faire émerger, du silence du passé, un si lointain personnage ?
C’est l’histoire d’une jeune femme qui va à la rencontre de sa mère et de la mère de sa mère au même âge. La vingtaine. 1956 pour l’une, 1977 pour l’autre.
C’est une enquête sur la vie de ces femmes à ce moment-là, par le biais des traces laissées. Parce qu’il faut leurs traces pour engendrer la sienne…