Tous les cinq ans, la société des masques des Dogons du Sanga, au Mali, organise un grand Dama, levée de deuil pour chasser la “chose dangereuse”. Les paroles de Marcel Griaule, qui avait observé et analysé cette cérémonie (le film a été tourné “livre en main” dit Rouch), et les images d’un mort, Ambara, se mêlent à celles des vivants qui célèbrent le mythe dogon, selon lequel dieu a donné aux hommes, en même temps, la parole et la mort.
Sigui 69 : la caverne de bongo
Episode n° 3 de la série des Sigui. Les cérémonies du Sigui, célébrées tous les soixante ans pendant sept années successives par les Dogons de la falaise de Bandiagara au Mali, commémorent la révélation de la parole orale aux hommes, ainsi que la mort et les funéralilles du premier ancêtre. La troisième année des fêtes a lieu au village Bongo.
Les Maîtres fous
Les Haoukas (maîtres du vent, maîtres de la folie) sont les adeptes d’une secte qui se réunit tous les dimanches dans les faubourgs d’Accra pour des danses de possession au cours desquelles les participants entrent en transe et sont habités par celui qu’ils invoquent. Ce culte a pour génies et pour dieux non plus ceux de la forêt ou des eaux, du feu ou de la pluie, mais les mythes de la puissance colonialiste à l’échelle de l’expérience des Noirs : le “gouverneur”, le “médecin”, la “femme du médecin”, le “chauffeur de locomotive”, ou le “caporal de garde”, directement inspirés par l’armée et les administrations coloniales françaises et britanniques.
Folie ordinaire d’une fille de cham
Une pièce de Julius-Amédée Laou, mise en scène par Daniel Mesguich : la folie d’une femme noire entourée de blancs qui croit devenir blanche.
Mosso, mosso (Jean Rouch comme si…)
De la série Cinéastes de notre temps.Un matin de février 1997, à la terrasse du café Bullier à Montparnasse, Jean Rouch trempe son troisième croissant dans une grande tasse de café noir. Il monologue : “Chez les Dogon, j’ai appris une règle de vie extraordinaire, qui est finalement sans doute ma règle de vie : faire comme si… Faire comme si ce qu’on raconte était vrai… Et en faisant “comme si” on est je crois beaucoup plus proche de la réalité. Qu’en penses-tu camarade ?”
Ciné portrait de Raymond Depardon
Rencontre au sommet : les deux grands maîtres du documentaire français déambulent au Louvres entre les statues de Maillol, chacun esquissant un portrait de l’autre.
Gare du Nord
Un jeune couple vit modestement dans le quartier de la Gare du Nord. La jeune femme, ambitieuse, rêve d’une vie meilleure. Elle rencontre par hasard, rue de Maubeuge, un jeune bourgeois qui lui propose de partager avec elle la vie dont elle rêve. Deux plans-séquences, tournés caméra à la main, en son direct, pour cet épisode du film à sketches “Paris vu par…”
Tinpis Run
Premier long-métrage de l’histoire du cinéma papou : tinpis (boîte à maquereau en langue pidgin) est un plat national qui se déguste sur du riz fumant. C’est aussi l’appellation familière du taxi-brousse collectif.
Rendez-vous à Sharkamen
Shakamen est un petit hameau de Serbie orientale, oublié du monde. Un jour pourtant, trois hommes arrivent dans une voiture rutilante pour enregistrer le chant de sept vieilles femmes. Ils repartent sans un mot, sans un regard, avec ces voix enfermées au fond d’un ordinateur. Mais l’âme du chant est restée à Sharkamen.
La Danse des reines à Porto Novo
Analyse des rapports de la musique et de la danse, grâce à la technique du ralenti synchrone, à travers le répertoire des danses exécutées dans la cour intérieure du Palais, à Porto Novo, au Bénin, par les femmes du Roi : d’abord les danses rituelles “obligées”, puis les danses profanes sur les airs dits du “chant long”.
