La Pyramide humaine

La Pyramide humaine

D’après le poème de Paul Éluard, le problème des relations entre Blancs et Noirs en Côte d’Ivoire, à la fin des années cinquante : des jeunes africains et européens du lycée d’Abidjan essaient d’aller les uns vers les autres. Cet effort de compréhension se heurte à leurs préjugés respectifs.
« Pour moi la seule façon de faire un film est la méthode d’approximations successives. Il n’y avait pas à proprement parler de scénario ou de dialogue, mais une improvisation continuelle devant les caméras. Je suggérais un thème aux jeunes, et la caméra tournait sans arrêt pendant toute une bobine de film, c’est-à-dire dix minutes : la caméra n’était pas un obstacle à l’expression, mais au contraire le témoin indispensable qui motivait cette expression. »
Ils jouaient « des personnages qui n’étaient pas totalement ou pas exactement les leurs, dans une situation complètement inventée, elle, puisqu’une telle coexistence était impensable en temps normal ».

Cocorico ! Monsieur Poulet

Cocorico ! Monsieur Poulet

Dans une 2CV bringuebalante baptisée Cocorico parce qu’elle reproduit le cri du coq quand elle arrive à démarrer, Lam, surnommé Monsieur Poulet, s’en va dans les villages de la brousse chercher les poulets qu’il vendra à Niamey. Il est accompagné par son apprenti Tallou. Un ami désœuvré, Damouré, se joint à eux, espérant faire des affaires juteuses. Mais le voyage est plein de péripéties, les poulets sont introuvables, le fleuve se met toujours en travers du chemin et une femme-diable ne cesse de leur jeter des sorts.

« Lam nous proposa de faire un film documentaire sur le petit commerce du poulet en brousse. Nous décidâmes d’en faire un sujet de fiction. C’est à ce moment aussi qu’est né un nouveau réalisateur, Dalarou, multinational et tricéphale : Damouré Zika Lam Ibrahim Dia, Jean Rouch. En fait, nous nous connaissons tous depuis plus de trente ans et notre société de “vieux cons” est devenue spécialiste d’histoires que nous racontons, assis sous l’arbre à palabres, en réinventant le jeu des cadavres exquis des Surréalistes. »

Un drôle de zouave à l’Alma

Un drôle de zouave à l’Alma

Dans la profondeur de la nuit, Luc et Laurent arpentent la ville déserte et les musées (Paris, Arles, Amsterdam). Ils remontent le fil de la vie d’Eugène Druet, cafetier et photographe amateur aujourd’hui complètement oublié. Pourtant. il fut le premier à photographier des œuvres, d’abord celles de Rodin, en 1896, puis de nombreux autres chefs-d’œuvres, de Van Gogh à Van Dongen, en passant par Picasso ou encore Matisse : une collection de quarante mille plaques de verre photographiques.

Une autre vie

Une autre vie

Minsk, capitale de Biélorussie, hiver 1999. La neige enjolive à peine un pays à la dérive. Au troisième étage du collège musical d’état, dans un couloir ordinaire et sombre, un salon, avec un piano à queue recouvert de partitions et d’objets souvenirs en pacotille, un canapé, une bibliothèque, quatre ou cinq violoncelles, une télé, des tableaux, des portraits, de quoi écouter la musique et prendre le thé. Ici, Vladimir Perline enseigne le violoncelle à quatre jeunes musiciens. Jouer du violoncelle est un acte de création, au plus près du corps et des sens.

Petits oiseaux et grands savants

Petits oiseaux et grands savants

Il était une fois un royaume, peuplé de tout petits oiseaux. Ils chantaient, volaient, libres comme l’air, disait-on. Quel mystère habitait donc leur vie ? Un beau jour, le Roitelet, Roi de tous les petits oiseaux qui chantent, se met à conter leur histoire, et nous emmène là où personne ne va jamais… Au fil des saisons, il nous fait découvrir son royaume, niché sur la grande dune de Courlande, en pleine mer Baltique. Il observe les savants qui, depuis plus de cent ans tentent de comprendre l’épopée de son petit peuple ailé. En leur mettant une bague à la patte, ils ont découvert que les petits oiseaux migraient. Migrer ! Pourquoi ? À quel prix ?

Pinochet et ses trois généraux

Pinochet et ses trois généraux

Le 11 septembre 1973, l’armée chilienne se soulève et renverse le gouvernement élu d’Unité Populaire de Salvador Allende. Une junte militaire commandée par le général Augusto Pinochet s’empare du pouvoir. Le Chili – dont on vante en Amérique latine l’exception démocratique – va connaître vingt-sept ans de dictature militaire.

En 1976/1977, le réalisateur José-Maria Berzosa parvient à approcher le général Pinochet à l’occasion d’un voyage dans l’Antarctique à l’extrême sud du Chili. De retour à Santiago, Pinochet accepte d’accueillir l’équipe de tournage et de livrer à la caméra une partie de ses souvenirs et de sa pensée politique. Trois des principaux membres de la junte, l’amiral Merino, le général Leigh (chef de l’aviation), et le général Mendoza (chef des carabiniers) acceptent également de se confier à la caméra. Ils parlent tranquillement de leurs goûts artistiques, de leurs idées politiques, de leur vie de famille. Ces entretiens menés avec une apparente bonhomie dressent un portrait ironique et sans concession des principaux dirigeants de la junte : leur goût de l’ordre, de l’efficacité, une sorte de « fascisme ordinaire ». En contrepoint, les familles des victimes et des disparus témoignent d’une autre réalité…

The Man

The Man

Trois colocataires dans une banlieue bétonnée, aussi loin des images du triomphe de l’économie chinoise que de la Chine millénaire et de ses traditions : le réalisateur, qui partage son appartement avec un jeune chômeur et un ex-professeur de dessin, filme leur quotidien pendant un an.

Technik des Glücks

Technik des Glücks

La centrale électrique de Zschornewitz, en Allemagne de l’Est, a disparu à la chute du communisme, et avec elle des milliers d’emplois. À travers les films amateurs tournés par les ouvriers et des images d’archives, anthologie de la culture officielle de la RDA : les petites joies privées se mesurent à la promesse – jamais tenue – d’un monde nouveau, plus juste.

Pizzet, forsa l’ultim on

Pizzet, forsa l’ultim on

Pizzet désigne un coin, un terrain, ni trop grand ni trop petit. C’est le nom de la ferme de Tumasch et Antonetta, deux vieux paysans qui ont passé leur vie dans le Val Müstair à s’occuper de leurs vaches et de leur terre. Mais les cinq hectares ne suffisent plus et peut-être faudra-t-il partir.

Ombra di Venezia

Ombra di Venezia

Pour le visiteur qui arrive à Venise, le train s’arrête au bord du temps. Voyage dans une ville où passé et présent se confondent, où un reflet chasse l’autre, à travers une fresque mystérieuse de Giandomenico Tiepolo, Il Mondo Novo (1791) : son monde et le nôtre, le temps, la danse…