Yelli est travailleur clandestin en Italie. Le reste de la famille vit sans moyen au Sénégal. Le réalisateur, qui seul peut voyager librement, est au centre d’un échange de lettres filmées dont il est à la fois l’initiateur et le messager, et ce dispositif apparaît comme l’expression la plus juste de sa place et de son point de vue, car il lui permet d’expérimenter ce qui lui semble essentiel dans l’acte de filmer : relier ce qui est séparé…
Et les arbres poussent en Kabylie
Chronique attentive et chaleureuse du quotidien d’une petite ville d’Algérie avec, en toile de fond, l’aménagement et l’embellissement d’un des quartiers par ses habitants. On y rencontre le mécanicien amateur, le retraité France, le médecin, les vieilles femmes, les jeunes hommes… Tout le monde joue le jeu face à la caméra. Même quand les émeutes qui embrasent la Kabylie viennent bouleverser le cours des jours à la Cité des Martyrs.
De sable et de ciment
Le point de départ du film est la mort d’une femme, d’une amie. Ana est née à Lisbonne et a fui la dictature de Salazar à l’âge de seize ans, enceinte. Marco, son fils, naîtra à Bruxelles, ville où Ana obtient le statut de réfugiée politique et ville où elle se suicide en 1993. « Il est impossible de construire une vie sur des fondations pourries », ce constat, Ana me l’a légué avant de se donner la mort, comme on lègue un testament. Le film rend compte d’un voyage vers ce que devraient être les fondations de la vie d’Ana : Lisbonne, la ville blanche. « Que reste-t-il d’une vie lorsqu’on décide d’y mettre fin ? Que reste-t-il d’une vie quand la mémoire se l’approprie ? » Le film soulève ces questions et se construit sur les images et les sons que ces interrogations génèrent.
19 histoires
« Pendant l’hiver 2003, nous sommes allés à la rencontre du 19e arrondissement de Paris, avec le désir de recueillir dix-neuf histoires. Très vite est apparu le thème de l’exil, l’exil par rapport à la langue, à la terre, mais aussi au passé, à l’enfance… Il est vrai que cet arrondissement de Paris est inépuisable en voix et récits d’ailleurs… »
La Raison du plus fort
Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres. L’Europe : ses quartiers riches et ses banlieues de misère où se généralise la « tolérance zéro ». On construit une prison quand on ferme une usine. Les pauvres en général et les jeunes issus de l’immigration en particulier sont l’objet de toutes les peurs. Passant de l’autre côté du miroir et brisant les clichés, le film les montre dans leur humanité, dans une rue, une prison, un tribunal ou une cave de cité, avec leurs émotions, leurs envies, leurs peurs et leur désespoir. Loin d’une image de la démocratie européenne où tous ont leur chance, le film, prenant à témoin la France et la Belgique, offre un regard critique et émouvant sur une société parfois sordide et brutale, la nôtre.
Paroles d’intermittents
L’idée de ce film a germé dans la tête de quelques comédiens et techniciens au début de l’année 2003. Il leur paraissait important, alors que le statut de l’intermittent était à nouveau discuté, d’expliquer les conditions économiques et sociales de vie d’intermittents. Il semblait nécessaire que cette réalité émerge de la parole même de ces professionnels, lorsque le statut d’intermittents constitue une pierre angulaire de leur existence.
La Face cachée de la terre
D’après les conclusions du Rapport 2000-2001 de la Banque Mondiale sur la pauvreté dans le monde, « la moitié de l’Humanité vit avec moins de deux dollars par jour dans la vulnérabilité, la crainte, l’impuissance. » Face à cette incapacité à se faire entendre, nous avons décidé d’agir avec nos moyens, en initiant cette série de films courts sur cette face cachée de la terre. Car pour nous, donner à voir, donner la parole, c’est briser un silence complice. Chaque film traduit la qualité d’une rencontre, notre disponibilité, notre justesse de regard, notre capacité d’écoute, de dialogue. Des films comme autant de fenêtres sur cette face cachée.
Kuoleman kasvot
Engagée comme volontaire dans un hospice pour malades cancéreux en phase terminale, la cinéaste recueille avec tact leurs paroles et leur manière d’apprivoiser la mort. L’un planifie ses funérailles en détail, l’autre affronte la tristesse de devoir laisser son fils seul… Une réflexion sur la mort pour les « vivants ».
La Quatrième génération
L’histoire d’une famille mosellane liée au commerce du bois : son ascension et son déclin, de 1870 à nos jours. Cette saga familiale est emblématique parce qu’elle reflète l’aventure d’une région et les aléas de sa prospérité. Elle révèle aussi une étrange destinée nationale : celle de tous les lorrains qui, en un siècle ont vécu cinq fois écartelés entre leur identité française et leur annexion à l’Allemagne. La quatrième génération – à laquelle appartient le réalisateur – est celle qui vient « après », lorsque tout est joué, et qu’il ne reste que le souvenir.
Madame Veuve Isoppo
Mme Veuve Isoppo, ma mère, fait le récit de son histoire d’amour avec M. Isoppo, mon père. Ils se sont rencontrés pour la première fois à Saint-Fons, près de Lyon, dans le café-hôtel-restaurant que tenaient ses parents et où elle faisait le service.
