Un petit village perché dans les montagnes de Ketama, dans le Nord du Maroc. Depuis des siècles, la vie quotidienne des habitants est liée au haschisch.
Le film aborde une série de questions : à propos du travail, de la vie quotidienne familiale, de la drogue, de la liberté dans un monde globalisé…
Simple poème du quotidien d’un séjour, composition audiovisuelle impressionniste réalisée à partir d’éléments du réel captés à l’improviste. Il s’agit avant tout d’un film de regard et d’écoute, dont le but est, par la manière de filmer et de monter, de tracer comme des esquisses de la beauté et de laisser l’imaginaire du spectateur faire le reste.
Être ailleurs, dans un pays étranger… Observer, rapporter, raconter des histoires… Le voyage commence. De l’Amérique du Nord à l’Afrique de l’Ouest, et de l’Afrique à l’Amérique. C’est un voyage imaginaire. Nous traversons l’espace, mais nous n’arrivons jamais. Les images flottent en territoire inconnu : des lieux et des non-lieux.
L’enseignement au quotidien du professeur Raya avec sa classe d’enfants orphelins à Oulan-Bator en Mongolie. Moments de vie de ces enfants protégés d’une société en grande difficulté.
Le film n’est pas seulement un portrait de trois femmes VRP (une policière des Midlands, une grand-mère patineuse et une mère de Newcastle). Il exprime aussi la confusion entre sujet et ami, projet et relation… C’est également une vision totalement subjective sur la culture britannique vue par une photographe allemande.
Oser la vie « autrement » pour ne pas glisser dans la pire des nostalgies, « celle du regret de ce qui n’a jamais existé ». Marie-Anne à l’approche de la cinquantaine décide de quitter Bruxelles pour Buenos Aires. Alfred, le cinéaste l’accompagne dans quelques unes des étapes cruciales de ce « Retour » où elle cherche à inscrire ses rêves dans le réel, aimer, sentir, ressentir, écrire. Au bord du doute, dans le chassé croisé des bonheurs et des pleurs, avec des projets et « le monde autour de soi ». Un film portrait, un film parcours, en complicité sensible où s’évoque l’enfance, l’image du père, les rencontres, sur un rythme tango. D. H.
Un taxi file de l’aéroport vers Lima, Pérou. Dans l’habitacle, le voyageur et son double. Le premier a l’accent des « gringos », l’autre, comme un passeur, un ange-gardien, l’écoute et l’accompagne dans cette quête intranquille. Le cinéaste, à plus de trente ans, a retrouvé au consulat du Pérou en Suisse, l’adresse de sa vraie mère. Ni péripéties, ni pathos, mais une sobre mise en scène pour narrer cette rencontre nécessaire. Instants fragiles, apprivoisements, échanges discrets, promesses suspendues… Le taxi peut retourner vers l’aéroport. D. H.
À la manière énigmatique d’un conte persan qui multiplie les pistes et les signes, emboîte les témoignages contradictoires, les ellipses et mystères, le film évoque Tarhti, le plus grand lutteur iranien du XXe siècle. Une légende à la mesure du chevalier Rostam, figure de résistance emblématique et ancestrale. Il y a trente ans, Tahrti fut retrouvé mort dans une chambre d’hôtel, alors que son fils Babak était nouveau-né. Qu’est-ce que celui ci pourra transmettre à son propre fils de cette image-mirage vers lequel il tend sans jamais pouvoir l’atteindre ? Tarhti fut-il écrasé par le poids de sa popularité, ou une victime politique de l’Histoire ? D. H.
En 1975, le cinéaste filmait les clans Kanalas et Linguara, Roms de Hongrie. II revient dans ces familles qui se revendiquent toujours « Baïach », ce qui dans leur langue en déshérence et seulement parlée par les anciens, signifie « creuseurs de bois ». Andras Solymos les confronte à une vision en miroir et en noir et blanc, de ce qu’était leur vie âpre, violente et libre. Ce quart de siècle d’écart semble des années lumière, mêlant pourtant figures disparues, témoins vivants et nouvelles générations imprégnées de cette culture mais porteuses d’autres rêves. Le dernier « creuseur de bois », en faisant voler les copeaux, semble effeuiller comme des strates de temps que rien ne saurait mesurer et un devenir difficilement déchiffrable. D. H.
Une datcha près de Kiev. Rachetée au kolkhoze il y a cinq ans, elle réunit toute une famille autour de la culture des fruits et légumes, Une maison de campagne ou un ranch ? L’amour de la terre contrecarre l’envie de vacances. Frères et sœurs ne s’accordent pas sur la fonction à donner à cette folie d’un père haltérophile. Soudain, quelqu’un évoque la « catastrophe ». Malgré la musique exaltée de Chostakovitch, on se dit alors que cette datcha ne tourne pas si rond. M. D.