L’amour peut-il se filmer ? Tentative pour exprimer cinématographiquement quelque chose de l’amour en train de se vivre. Circulation fluide de la caméra entre nous, fluidité du montage. Les rencontres d’images deviennent la respiration du film. Des images qui se reconnaissent, se mêlent amoureusement, basculent les unes dans les autres pour en faire naître d’inconnues.
L’Être à l’autre
Dans sa solitude, un homme rêve, imagine, fantasme, fulmine, éructe. Face à son ordinateur il écrit, il envoie des e-mails, comme des bouteilles à la mer. Robinson, il tente de s’évader, non d’une île déserte, mais d’un monde d’apparences, déserté, vidé, inconsistant, mirage d’un mirage.
Lettre à Johan van der Keuken
« Automne 2000, Documentaire sur Grand Écran m’avait invité à un débat sur la “filiation”, j’avais choisi Johan van der Keuken pour les voies qu’il m’avait ouvertes. Cet été, j’ai pris le train pour les Cévennes avec un gros sac et une petite caméra DV, j’ai marché, marché, en me bricolant mon chemin au fur et à mesure. », Denis Gheerbrant
Dona Helena, Pailliri
Les Palliris sont les « glaneuses » qui récupèrent, à la sortie des galeries, quelques éclats de minerai. Pauvre parmi les pauvres, Dona Helena travaille et vit dans la plus haute mine de Bolivie à près de six mille mètres d’altitude. Film de stage.
Triste année
Deux jours à regarder « Don Valentin », pasteur quechua de lamas et brebis des hauts plateaux. Film de stage.
Carreras
La compétition annuelle entre les campements miniers, ou comment passer le plus rapidement possible de quatre mille à deux mille mètres sur quatre roues et sans moteur. Film de stage.
Iosif
Les pérégrinations d’une petite église en bois de la campagne transylvaine. Délaissée, puis échangée contre un vieux vélo, puis déménagée par une sorte de guérisseur dans son jardin. Une source miraculeuse plus tard, les guérisons se multiplient. Mais le guérisseur meurt à son tour. Assassiné ? La petite église est désormais bien à l’abri du musée de la ville de Reghin.
La Ville de mon enfance (Orasul Copilariei Mele)
« Enfant, j’allais par le tram à l’école. La ligne longeait pendant un bon moment le quartier juif de Bucarest. J’y apercevais un monde inconnu qui me fascinait. Bien plus tard, je résolus de franchir le pas… »
Boxa de Isolare
Les abattoirs de la ville de Bucarest, un jour ordinaire. Film de stage.
Rome désolée
Rome, dans les années quatre-vingt. D’improbables paysages de la ville désertée se succèdent, filmés jusqu’à l’insoutenable, lacérés de publicités, d’actualités privées de leur sens… Pour nous guider dans cette Rome « désolée » où aucun touriste ne s’aventurera jamais, une voix, celle du narrateur. Sans chronologie véritable, sans états d’âmes, nous découvrons par bribes douloureuses l’implacable réalité de la vie d’un jeune homosexuel, la chronique linéaire du sexe et de la drogue comme seules perspectives… Le récit obsessionnel et précis de l’indifférence générale, des sincérités successives et du manque.
Images, sons et voix se cumulent en un collage fragile, coupant et radical. Si ce constat, pessimiste jusqu’à l’étouffement, ne semble proposer aucune issue, c’est qu’il faut savoir lire entre les plans : loin de Berlusconi et des dealers, un autre film est là, un film d’amour.
