Le film trace le destin d’une vieille Peugeot qui débarque à Cotonou, au Bénin. Là, elle passe de propriétaire en propriétaire. On accompagne chacun d’eux dans sa vie quotidienne : Simon qui vit dans le monde clos des coopérants, puis son cuisinier, Joseph, qui en fait un taxi clandestin, puis des garagistes, qui tentent de lui redonner souffle chaque fois qu’elle tombe en panne.
Jusqu’au jour où, irréparable, elle finit en carcasse abandonnée dans la rue. C’est alors que Simonnet, forgeron sculpteur en récupère des pièces pour fabriquer une sculpture d’Agbo, dieu vaudou des « gardiens de la nuit », commandée par des sages du village de Ouassa. Après un long voyage en pirogue à travers les lagunes béninoises, la sculpture devient le fétiche protecteur des habitants d’Ouassa. À l’instar de son film précédent, Les noms n’habitent nulle part, (1994) Divine carcasse verse dans la fable anthropologique, « l’ethno-fiction » qui rappelle le travail de Jean Rouch dans les années soixante. Un film fait en complicité avec les Béninois, acteurs de leur propre rôle et dans une forme de récit qui rappelle l’art du griot africain.
Roumanie, été 1990, « Clejani city » à deux jets de pierre de Bucarest, un « village » tsigane où se raconte encore les ballades de haïdouks, bandits d’honneur d’antan. Querelles, misère, musiques et contes… Depuis la réalisation du film, le groupe musical « Taraf de Haïdouks » sillonne le monde pour de multiples concerts…
Certains se souviennent d’une fameuse « Nuit » d’été où ils se produisirent sous les lambris de l’Opéra Garnier avant de continuer la fête… sur la place.
Ils ne connaissent de la France que les terrains vagues coincés entre les lignes de RER et les périphériques, ou encore le métro où ils font la manche… Ils sont tsiganes, ils sont roumains, ils vivent ici dans des caravanes, là-bas dans des masures. Ils aiment leurs enfants et les exploitent, ils demandent l’asile et préparent leur retour… Sur les pas d’un photographe qui les côtoie depuis trois ans, ce film est l’histoire d’une improbable rencontre…
Bien sûr et nous en sommes, on peut avoir un souvenir ému du premier concert Raï de Bobigny en 1986. La sono était approximative mais la soirée et l’ambiance envoûtante avec Khaled encore émouvant et le couple Chaba Fadela, Cheb Sahraoui détonnant. Aujourd’hui le Raï fait recette, s’installe dans le sirupeux (Faudel), évite avec constance tout propos « politique » ou « engagé ». Il est loin le temps de la « Guerre du Golfe » où toute musique arabe était interdite d’ondes. Le film de Malek Bensmaïl, lui, explore la nouvelle scène musicale algérienne en exil derrière l’arbre Raï qui cache la forêt…
- Avec Amazigh Kateb et Gnawa Diffusion, influencé par le « blues » gnaoui, le zeste groove des musiques urbaines et des textes engagés et mordants.
- Djam et Fam, groupe Techno-Raï avec un violon électrique virtuose, celui de Djamel Benyelles et « une voix » exceptionnelle celle de Moumen.
- Malik, père sahraoui et mère celte, compose une techno perlée d’influences « orientales » et de sonorités alaoui et raï.
- Markunda, reprend et réinterprète parfois a cappella les chants traditionnels chaoui des Aurès.
- Le Diwan de Bechar.
Le film n’omet pas de rappeler les premières tentatives de « fusion musicale » des années quatre-vingt, celles de Raina Rai et de Carte de séjour…
Dans une société où le regard n’est que masculin, un autre œil est donc là… Le regard féminin, dérangeant, bousculant la pudeur, brisant les tabous, libérant la parole…Il sort de l’ombre : avec Assia Djebar, écrivain-historienne algérienne. Nous allons à la rencontre de femmes de toutes générations pour nous introduire dans leurs vies, dans leurs quotidiennetés, dans ce monde où le regard est interdit. Ces femmes se racontent, imposent leur regard à la caméra pour un voyage dans cette moitié de l’Algérie soumise au silence… à une vie clandestine.
Gérard, camionneur témoigne…
En octobre 1997, nous nous sommes rendues à Sa’ir, un village en Cisjordanie, pour filmer un projet destiné à devenir un centre de femmes autonomes. Celui-ci avait été créé deux ans plus tôt par le « Centre d’information alternative » (AIC), une organisation israélo-palestinienne. Au moment du tournage, l’AIC venait de décider que le projet avait trois mois pour devenir indépendant. Le film retrace les efforts des femmes et les difficultés qu’elles rencontrent dans un contexte politique et social qui les limite dans leur liberté de mouvement.
Vivre avec un SDF chez soi…
À quarante ans, Véronique fête un anniversaire d’importance : ses douze mois d’abstinence après des années dans l’alcool. Au travers d’une visite de sa maison chargée de souvenirs douloureux, et de brefs extraits du journal qu’elle a tenu pendant son sevrage, Véronique nous parle de sa maladie.
Une classe d’enfants de cinq ans en banlieue parisienne, s’exprime sur ce thème de la mort. Leurs regards et leurs paroles se croisent. Le film privilégie la force de leur imaginaire, la poésie de leur propos, et leur sens de l’évidence.