Crise des vocations oblige, dans certaines paroisses belges, les curés sont africains. Savoureuse pirouette de l’histoire qui fait d’eux des Missionnaires chez les blancs, caustiques, lucides et critiques…
Le Roi, la Vache et le Bananier
Le réalisateur nous entraîne dans sa région natale, le Ngweshe, dans la province du Kivu. Dans cette région des Grands Lacs, la fortune s’évalue au nombre de vaches et à l’étendue de la bananeraie… Un éclairage original sur une région prise aujourd’hui dans la tourmente des conflits et génocides… et les déstructurations nées de la colonisation.
Diluvio
Patricio Lagos, sculpteur de l’éphémère, dans la réalisation d’une des ses œuvres. De l’aube au crépuscule, s’écoule sur une journée, un rite initiatique de préparation humaine, de création artistique et de destruction naturelle.
Œuvre née du sable et dépendant des marées, l’art de Patricio Lagos est gouverné par les lois immémoriales de l’astronomie. L’instant s’y fond dans l’éternité. Seuls, le sable, le lieu, l’eau et la pulsion créatrice décident de la nature de l’être qui va surgir.
Dix formules pour conjurer le diable
L’observation d’espaces, d’objets et de lieux, une fontaine, un tramway, un escalier, une cloche, un carrefour, traduits en autant de traductions poétiques, fantasques, chuchotées… Un autre regard sur le réel qui fait penser aux Sortilèges de Michel de Ghelderode. Et une musicalité des mots qui nous glisse dans une étrange torpeur au cours de cette pérégrination en dix étapes. « Rappelez-vous : vous devez vous arrêter un moment pour qu’une pensée puisse naître… Aussi longtemps que jouera le buggle tout ira bien. »
Mes entretiens filmés
« Je ne voulais plus faire de film, plus exactement, je voulais ne plus faire de film, en finir une bonne fois pour toutes. Et pour dire cela, j’avais besoin d’en faire un, je ne pouvais le dire qu’en en faisant… »
On peut voir ce film comme un manifeste du cinéma indépendant et artisanal, d’un cinéma libre des contraintes financières et professionnelles, ou comme une une introduction à l’œuvre filmée de Boris Lehman, ou encore comme une preuve d’amitié et un acte de fidélité envers des proches.
Love Sonnets
Adaptation cinématographique du spectacle, Sonatas 555 de Michèle-Anne de Mey, variation chorégraphique sur les tours et détours de l’amour.
Muet comme une carpe
De l’étang à l’assiette, le trajet et le destin d’une carpe parmi d’autres. Celle-ci sera mangée farcie au cours d’un repas de fête. La carpe farcie « à la polonaise » appelée aussi en yiddish « gefilte fish » est un plat traditionnel chez les juifs ashkénazes. Il est préparé et servi froid au début du repas. La tête du poisson est réservée au chef de famille.
Tourné à Bruxelles au moment du Nouvel An Juif (Roch Hachana), le film s’attache à montrer les préparatifs culinaires, ainsi que le rituel et les prières qui les accompagnent, mettant l’accent sur le sacrifice du poisson et sur la mort concentrationnaire.
Alechinsky d’après nature
Un film « avec », « autour de », « en complicité » avec l’un des fondateurs du Groupe Cobra. Immersion dans l’univers d’un grand créateur : son bestiaire, sa vie, ses goûts du voyage, de la flûte et du Japon.
Amours fous
Lierneux, petite cité rurale, reçoit depuis un siècle des personnes atteintes de « troubles mentaux ». En « milieu fermé » dans son « institution psychiatrique » et en « milieu ouvert » en résidence chez l’habitant…
Quand on n’a que l’amour ? Quand on n’a plus que l’amour ?
Quand on n’a même plus l’amour, alors qu’on habite hors de chez soi, dans un centre hospitalier spécialisé, qu’on réside en pavillon au fond d’un grand parc ou qu’on retourne chaque soir dans une famille d’accueil, qu’on est maniaco-dépressif ou schizonévrosé et qu’on attend tout du psychiatre auquel on se livre corps et âme et qu’il vous délivre du mal en vous mettant une camisole chimique anéantissant tout désir…
Une série d’amours croisés et contrariés. Comme si c’était nous, mais quelque part ailleurs dans un endroit qu’on appelait avant « asile ».
L’imitateur
L’intrusion de deux « handicapés mentaux », Jacques et Jean, dans le « monde de la normalité ». Ce court-métrage de Van Dormaël réalisé quatorze ans avant le Huitième jour, révèle déjà le talent du réalisateur. Plus « spontanée », plus incisive et moins fiction moralisante, cette fiction documentaire prend un caractère burlesque et garde un caractère un brin subversif.
