« La représentation de la guerre d’Algérie a toujours fait problème aux cinéastes français. Les films de cette période, en particulier, frappent d’abord par leur vision simplifiée du conflit, souvent présenté comme un conflit classique opposant deux camps trop bien identifiés : d’un côté le FLN, de l’autre l’armée française (les appelés du contingent sont au centre de nombreuses œuvres signées par la Nouvelle Vague : Cavalier, Demy, Godard, Rozier, Varda). Ces films évacuent des images tous ceux que l’on n’évoque jamais ; réfugiés, algériens, pieds noirs, harkis, membres du Parti Communiste Algérien parqués dans des camps.
Les Oliviers de la Justice échappe à ce manichéisme. Sa force est de ne rien schématiser mais au contraire de tout complexifier, ménageant une place aux multiples figures de l’autre que les événements font apparaître, leur offrant à tous la dignité de plans de cinéma où faire entendre leur voix. Voilà sans doute ce qui rendit ce film irrécupérable et totalement incapable d’être exploité politiquement. Voilà sans doute ce qui déplut, la raison de sa condamnation à moisir dans un trou de l’histoire du cinéma français d’où il émerge aujourd’hui, l’explication d’une censure télévisée qui dure depuis 1965. »
Patrick Leboutte, Festival Filmer à tous prix, Bruxelles 1998
« Un grand siècle, celui qui se termine… Une grande ville, Prague… Une petite maison, celle où je suis né… La maison a traversé le siècle et le siècle a traversé la maison, comme un fil rouge qui a mené ses habitants de l’Anarchisme au Communisme, puis au Stalinisme, puis au Socialisme Réel, puis au réel tout court… », Stan Neumann
Walter Genewein, intendant du Ghetto de Lodz en Pologne où furent enfermés des dizaines de milliers de juifs entre 1940 et 1942, était aussi photographe amateur et a pris quelques centaines de diapos couleurs du Ghetto… Arnold Mostowicz était médecin du Ghetto… Photos contre témoignage : confrontation.
« 1987 : nous avons passé la journée à Berlin Est. Ce qui m’a frappé, ce n’est pas ce que j’ai vu, mais ce que j’ai entendu, ou plutôt ce que je n’ai pas entendu. Depuis, il s’est passé beaucoup de choses, le mur est tombé, je suis retournée à Berlin. J’ai demandé à mes amis, de l’ex-Est et de l’ex-Ouest, ce qu’ils entendaient. À travers cette chronique sonore des années vingt à nos jours, entrelaçant imaginaire, souvenirs et témoignages d’inconnus acteurs de leur époque, se révèle la singularité d’une ville qui cristallise les mutations des dernières décennies. », Michèle Rollin
Une longue méditation sur le vide, celui de l’image, du cinéma, de la ville, du lieu. Berlin est une cité en creux et en noir et blanc. Wim Wenders y ballade sa carcasse penchée et sa voix douce, Jean-Luc Godard lâche quelques phrases et Jean Nouvel trace les bâtiments en devenir. Des plans fixes dessinent des frontières mouvantes. La réalisatrice filme un road-movie immobile où les longs travellings marquent des points de fuite. L’errance est seule certitude.
Inspiré par les recherches formelles des années vingt, le cinéaste scande les mouvements, les flux et le déroulement temporel de la vie d’une grande métropole de l’aube à la nuit.
Diplômé de l’Idhec, réalisateur depuis 1966, auteur notamment de Mémoire Arménienne en 1993, Jacques Kebadian a commencé à filmer la longue errance des Sans-Papiers Maliens depuis l’expulsion de l’église Saint-Ambroise. Comme il nous l’expliquait l’an dernier dans une séquence Film en Cours des Rencontres Documentaires de Gentilly, au fur et à mesure des « retrouvailles » de lieux de fuite en lieux de fuite, il a progressivement obtenu la confiance de Dodo Wagué. Avec lui, il reconstitue l’itinéraire d’un « sans-papiers » et de sa famille entre Paris et Bamako.
Journaliste à l’Agence Im’media, collaborateur de La Cinquième, le réalisateur est allé à la rencontre des enfants orphelins des rues d’Alger et des responsables des quelques organisations caritatives indépendantes qui, contre vents et marées, tentent de leur apporter un soutien.
En 1950, au Congo Belge, un missionnaire flamand fou de cinéma, réalise une vingtaine de films, la série des Matamata et Pilipili, les « Laurel et Hardy africains ».
Rap, Smurf, Break, Tag, Graffe, Zulu Nation… Véritable culture, le Hip Hop a un langage, un état d’esprit, des signes de reconnaissance, une mémoire, une prospective, le sentiment d’une appartenance revendiquée ou attribuée. Afrika Bambaata, NTM, HB2, Storm, NBS, Mode 2… À travers les paroles et les gestes de ses acteurs, anonymes ou reconnus, participant au festival Lez-arts Hip-Hop à Bruxelles, nous explorons les différentes disciplines artistiques du mouvement et leur inscription sociale et urbaine. Bien au-delà d’un simple phénomène de mode, le Hip-Hop est un formidable mouvement de création, révélateur à la fois des fonctionnements et des blocages de notre société…