Sur le Grand Saint-Antoine, navire marchand venant du Levant, des cas de peste se sont déclarés. Pourtant, à l’entrée du port de la Joliette on enfreint le règlement de quarantaine… Un des propriétaires de la cargaison est un des premiers échevins de Marseille et « Les liaisons du sang, de l’amitié et de l’intérêt… » La maladie est aux Infirmeries et maintenant dans la cité, mais il faut « sauvegarder le commerce » de la troisième ville de France. Les médecins consultés parlent d’une fièvre maligne ordinaire. Las, l’épidémie explose, se répand, s’enfle, porte la désolation partout, provoquant la terreur et la fuite de ceux qui le peuvent…
« Dans ce journal imaginaire, les personnages, les faits, les événements rigoureusement exacts jusque dans leurs moindres détails, sont extraits des chroniques et des documents de l’époque ». Michelle Porte renouvelle ici avec subtilité le genre du documentaire historique. En jouant de somptueux panoramiques glissants sur la ville et les peintures de Michel Serre.
En donnant à écouter la palpitante et navrante chronique contée par Dionys Mascolo, avec en contrepoint les lamenti du prophète Jérémie dans La chute de Jérusalem, une composition musicale de Delalande.
C’est une recherche des racines dans une ville-labyrinthe campée au bord d’une mer originelle. Ce film n’est pas « un documentaire » annonce d’emblée Allio, mais une exploration sentimentale, une déambulation poétique dans la mémoire et les traces. C’est à une lecture intime de la ville à laquelle nous sommes conviés. Du vieux cinéma Kursaal aux « traverses » où se rencontraient les amoureux. Du quartier du Panier, l’image encore vivante « d’un port provençal du XVIIIe siècle » à la Canebière et au Vieux-Port, là où la ville est « le comble d’elle-même, le lieu de l’échange ». D’abord peintre et scénographe, René Allio est ainsi devenu le « conteur d’histoires qui souhaite laisser des traces ». Cet enfant d’émigrés piémontais et de ruraux provençaux qui en puisant dans le roman familial fait émerger à nouveau l’âme de cette ville de transit des cultures. Où l’émigré, « celui qui vient d’ailleurs, trop pauvre et parce qu’il fallait partir » se ressent « soi-même un passage, un entre deux et parfois une instabilité… »
La recréation visuelle et sonore du spectacle de Luc Ferrari Italies Passions. Un vidéo-roman-musical qui joue et se joue de manière virtuose des clichés.
En Égypte, sur le site de l’ancienne nécropole de Thèbes, face à Louxor, le village de Gurna, construit à la lisière du désert sur les tombes des nobles de Thèbes, ne vit que du tourisme et du trafic du patrimoine. C’est sur ces lieux, les plus beaux et les plus fréquentés d’Égypte, à travers la vie des habitants de ce village, que le miroir de Thèbes se propose d’observer les représentations et les traces du tourisme dans une société modelée par une histoire et une culture différente de celle des voyageurs. Regard du « Tiers-monde » sur nos attitudes de touristes qui agit comme un miroir.
Une aube ordinaire se lève dans ce bourg tunisien aux habitations troglodytes. Dans cette atmosphère entre chien et loup, dans cette lumière naissante et cette qualité de silence, se dévide l’écheveau des activités quotidiennes qui vont rythmer la journée. Ablutions, quête de l’eau, pétrissage des galettes, mise en route du métier à tisser, installation du marché…
Mais Matmata est inscrite depuis des lustres dans les circuits touristiques. Quand le soleil approche du zénith, les premiers cars se profilent à l’horizon…
En juillet 2020, un vraquier contenant 3800 tonnes de fuel s’échoue sur la côte est de l’île Maurice. Douze jours plus tard le pétrole se déverse sur les récifs provoquant la pire catastrophe écologique jamais survenue dans la région.
« Elors !? » Quel est ce mot Madame Jacquot ? Chaque semaine, je joue avec Madame Jacquot, une jeune centenaire, des parties de Scrabble étonnantes. Face à elle je m’amuse autant que je suis fasciné par son grand âge.
En installant son chapiteau à Chanteloup-les-Vignes, banlieue la plus pauvre d’île de France, la metteuse en scène Neusa Thomasi se lance un défi de taille : recréer du lien social grâce à l’art et à l’éducation populaire. Point d’ancrage du film, son cirque, La Compagnie des Contraires, est un véritable refuge pour les enfants de la cité ; une bulle de poésie, où l’art prend vie au milieu du béton.
Marine Chesnais, chorégraphe et interprète de danse contemporaine, part à la rencontre des baleines à bosse de l’île de la Réunion. De ces interactions dans le grand bleu naissent des improvisations dansées en apnée. Le film est un voyage chorégraphique et hypnotique se passant sous l’eau, sur les traces de cette démarche originale.
À travers le regard et les souvenirs de son aîné, un jeune manchot se prépare à vivre son premier voyage… Répondant par instinct au mystérieux appel qui l’incite à rejoindre l’océan, découvrez les incroyables épreuves qu’il devra à son tour traverser pour accomplir son destin et assurer sa survie et celle de son espèce. Marchez avec lui dans les paysages éphémères de l’Antarctique, ressentez la morsure du vent et du froid qui l’attendent à chaque pas et plongez avec lui dans les fonds marins jusqu’alors inexplorés.