Été 2003, un homme sur une moto, une lame de rasoir à la main, rôde dans les rues de Tunis. Il s’est donné pour mission de balafrer les plus belles paires de fesses des femmes qui arpentent les trottoirs de la ville. On l’appelle le Challat. D’un café à l’autre, d’un quartier à l’autre, les histoires les plus folles circulent à son égard. Le Challat est devenu une sorte de figure mystérieuse entouré d’un halo de fascination, de fantasme et de terreur. Tout le monde en parle mais personne ne l’a jamais vu. Dix ans plus tard, alors qu’avec la Révolution la vérité semble accessible, une jeune réalisatrice obstinée mène l’enquête. Elle se fait un point d’honneur d’élucider ce mystère. Le Challat de Tunis raconte avec humour les dessous d’un fait divers devenu légende urbaine et dresse ainsi le portrait d’une société tunisienne en pleine effervescence où les hommes semblent peiner à trouver une place et où le corps féminin reste un enjeu politique de taille.
La Cité Raymond Queneau
Selon un mode de narration qui n’est pas sans rappeler Exercices de style de Raymond Queneau, le film montre deux fois les mêmes images montées d’une façon identique. Seul le commentaire et la musique changent.
Ainsi, une publicité niaiseuse vantant les avantages d’une cité de banlieue peut basculer dans la reconstitution racoleuse d’un fait divers épouvantable.
Frialdad
Un pays qui est aussi un immense lieu de villégiature peut-il devenir le cadre idéal d’une histoire d’horreur ? Quand les avenues se vident et que la ferveur commerciale retombe, quelque chose s’agite au cœur de l’Andorre. Le Spectre de Justine, film maudit qui n’a jamais vu le jour… jusqu’à présent, en est la preuve.
Sud
« Ce film heurté, hétérogène, tourné dans le Sud des États-Unis est sans doute pourtant à sa manière à la fois un écho et un contrepoids à un autre film que j’ai tourné au début des années quatre-vingt-dix en Europe de l’Est, c’est lui aussi un voyage, mais dans un été chaud et humide qui parfois fait perdre la tête. Au cœur de ce voyage et hanté par lui, il a le meurtre de James Byrd Jr. Ce film n’est pas l’autopsie de ce meurtre du lynchage d’un noir par trois jeunes blancs, mais plus comment celui-ci vient s’inscrire dans un paysage tant mental que physique. » C. A.
A Fidai film
À l’été 1982, l’armée israélienne a envahi Beyrouth. Pendant cette période, elle a attaqué le Centre de recherche palestinien et a pillé l’intégralité de ses archives. Elles contenaient des documents historiques sur la Palestine, y compris une collection d’images fixes et en mouvement. Partant de cette prémisse, A Fidai film explore la mémoire visuelle de ce pillage et se réapproprie des images désormais aux mains des archives israéliennes.
Точка . Зору
Installation vidéo
Точка . Зору (Point de vue) est un projet de co-création documentaire au cours duquel des smartphones voyagent de la France à l’Ukraine, passant d’une personne à l’autre comme un bâton de relais et recueillant leurs témoignages vidéo. Le projet est tourné dans un format innovant : une double caméra – tournage simultané champ-contre champ avec à la fois la caméra frontale et la caméra arrière du téléphone – à la fois le portrait de la personne et ce qu’elle voit. D’une personne à l’autre, d’une ville à l’autre, d’une communauté à l’autre, ce voyage à travers des liens, visages et de lieux se tisse au contexte de la guerre en Ukraine.
Notes sur un fait divers
Bref essai d’une extrême rigueur intellectuelle sur le meurtre barbare d’une petite fille de douze ans, Annarella Bracci. Plutôt que de reconstituer le crime, les images de Visconti et le commentaire de l’écrivain Vasco Pratolini cherchent à analyser les causes sociales du geste terrible qui s’est déroulé à Primavalle, à la limite de la périphérie romaine, dans un contexte d’extrême pauvreté. L’un des plus beaux exemples d’enquête sociologique et politique du cinéma italien.
Pays barbelé
Souvenir d’enfance du Mesnil-Amelot où il faisait bon faire du vélo… Une frontière entre la ville et la campagne. Aujourd’hui cette ville accueille le plus grand centre de rétention de sans-papiers en attente d’expulsion.
La Cage
Depuis une loi de 2003, « le fait d’occuper en réunion les espaces communs ou les toits des immeubles collectifs d’habitation en entravant délibérément l’accès ou la libre circulation des personnes […] est puni de deux mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende. »
Festival Panafricain d’Alger, 1969
Le Festival Panafricain d’Alger, qui s’est tenu en juillet 1969, a donné lieu à un film produit par l’Oncic. Et c’est William Klein, qui s’est chargé de donner une cohérence à un large matériau composé de prises de vues tournées par diverses équipes et d’archives de luttes anticolonialistes en Afrique.
