Avez-vous déjà essayé d’imaginer concrètement quel effet ça fait d’avoir quatre-vingt ans ? Les médias nous montrent des vieillards dynamiques, sportifs et souriants. Il s’agit là d’une fiction rassurante, mais grossièrement inexacte. Le vieillissement, en particulier dans sa phase finale, est un processus pénible physiquement et éprouvant psychologiquement. Le film prend le contre-pied des clichés idylliques en montrant une journée d’un vieillard ordinaire.
Matrilineal
« Matrilineal est l’histoire de ma grand-mère, ma mère, ma sœur et moi. Après la mort de mon père nous sommes allées vivre toutes les quatre dans une villa en Toscane. Ma sœur et moi allions à l’école italienne, nos amis étaient italiens. Mais dans notre maison, on parlait une multitude de langues, espagnol, polonais, allemand et ma grand-mère cuisinait d’étranges plats qu’elle appelait borsht et kasha. J’ai étudié les passeports vénézuéliens de ma mère et ma grand-mère et me suis demandé ce que signifiait que ma mère soit née à Lvov en Pologne en 1940, pourquoi était-il indiqué que ma grand-mère s’appelait Toporowska alors qu’on l’appelait Hochmann ? », Caterina Klusemann.
Une vie de déni menace de détruire trois générations de femmes. La cinéaste éprouve la nécessité de se confronter aux forces du passé et de finalement libérer sa famille de l’étreinte de ses secrets.
Lieu essentiael Place
Un documentaire sur le rapport qu’entretient l’homme, la femme à la ville. Une vingtaine d’habitants de Bruxelles et de Montréal nous font découvrir leur lieu essentiel et nous parlent de la façon dont ils vivent la ville au quotidien. De la nervosité à la sérénité, du noir au blanc, d’une voix murmurée à une sirène d’ambulance.
Kaldrma (Pavé)
Libre traversée dans Skopje, Macédoine. Une polyphonie de voix raconte l’amitié, l’ennui, les échos sourds d’un conflit qui menace insidieusement.
Film réalisé dans le cadre du projet « Villes et valises » (thème 2000 : Traverser) conçu par l’action culturelle de l’Université Marc Bloch et la revue Transeuropéennes.
Isla
Nous sommes sur une île. Une île qui ne cesse de confronter son regard à l’immensité de la mer qui l’entoure. Nous sommes à La Havane en 1996. Cuba se raconte par la voix du Chinois (quatre-vingt-un ans), celle d’Andres (quarante-huit ans), de Leslie (trente ans)… de Katiouchka (treize ans). Des générations d’émotions se croisent entre mots et photographies. De ces portraits de liberté, de leur vision du bonheur s’élève un chant qui traverse l’immensité de la mer et questionne notre vision du monde.
Interprète de la muerte
Yolanda Sarmiento est l’une des deux femmes qui pratiquent des autopsies à l’institut de médecine légale de Cali, la ville la plus violente de Colombie. Elle s’occupe également d’un programme d’aide sociale en faveur des femmes enceintes d’un quartier très pauvre.
Ce film nous dévoile la terrible situation que traverse la ville, et plus généralement le pays, tout en dressant le portrait d’une femme hors du commun.
Dust
Le film est une exploration onirique, ironique et poétique d’un passé et d’un présent autour d’une ville et trois personnages au bord du tragique.
Odessa à la croisée des chemins fut à la fois cette ville somptueuse construite par les tsars et l’objet de nombreux tourments pendant la révolution russe. Les juifs interdits de séjour à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Kiev s’installent dans cette ville en plein essor. […] Sur la devanture des magasins, des caricatures de juifs, de grecs sont encore visibles décrivant ce que formait l’Odessite typique.
De ce mélange d’influences, les Odessites tiennent peut-être leur défiance à l’égard du pouvoir central – hier Moscou aujourd’hui Kiev – leur impertinence, leur sens de la dérision et de l’humour.
Les Contes d’Odessa d’Isaac Babel, les poèmes de Frug et les récits de Mendele Mokher Sefarim firent de cette ville le berceau de la culture yiddish.
Le Calme de la rivière empoisonnée
Au Rwanda, entre un demi-million et un million et demi de personnes ont été tuées en un peu plus de trois mois. Le génocide perpétré durant l’année 1994 – le plus important après la Seconde Guerre mondiale – a été la mise en œuvre d’une opération planifiée des mois à l’avance, et qui a été menée d’une manière concertée, systématique et méthodique. Jean-Pierre, qui a échappé à la mort, nous raconte avec précision comment il a vécu les événements qui ont engendré ce génocide. Mais au-delà des faits, comment peut-on vivre après ?
Wild blue, notes à quelques voix
Tel un journal de voyage, le film est une succession de fragments de vie. Jalonné de voix de femmes, il accueille enfants, arbres et vents comme autant de motifs musicaux. De cette variation naît l’évocation d’un monde meurtri par l’horreur civile ou religieuse, approché au gré de gestes, de silences, de regards et de chants. Ces notes à quelques voix composent au fil du temps un simple poème de l’écoute.
Trois soldats allemands
À partir d’un fait divers, l’exhumation d’un cadavre de soldat inconnu, le film tire les fils d’une histoire complexe et mouvementée qui s’est déroulée en Lorraine pendant cent ans. On y croise des destins contrariés, des morts brutales et des exils. Par delà quelques figures romanesques, c’est l’aventure du siècle vue dans le prisme des guerres franco-allemandes et les derniers soubresauts de la nation française avant qu’elle glisse dans une identité qui la dépasse. Une enquête sur les « lieux du crime ».
