« En 1987 j’avais vingt-et-un ans. Je voulais faire du cinéma. Tout de suite. Je voulais filmer les tsiganes en Roumanie. C’était du temps de Ceausescu. Durant l’hiver. Dans le train je rencontrais une jeune femme qui revenait en Roumanie se marier. Je descendis à Brasov avec elle… Ainsi commence La Roumanie. À partir de là va s’ouvrir une relation de près de quinze années… avec un pays. J’ai aimé ce pays, l’ai détesté aussi. Ses hommes et sa géographie. Je m’y suis souvent égaré, sous la neige, dans ses plaines et montagnes. La Roumanie, une part de moi y a élu domicile. », François Magal
Une petite cantate
Un film qui affronte la mort et l’absence. Construit sur le fil du chagrin, ce film se fait dans l’après, là où toute la difficulté d’être consiste à faire « avec », alors qu’il est juste question d’arriver à vivre « sans ». Il raconte le voyage solitaire qu’il faut faire pour accepter de vivre malgré la douleur. Il essaie de rendre visible et audible de quoi sont faits les lendemains, de dire ce qu’il reste de l’autre quand il n’est plus là, ce que cela modifie dans le regard que l’on porte sur le monde, comment on peut tout à la fois se laisser submerger par le chagrin et l’apprivoiser.
Nihonbashi, le pont japonais
« En 1996 j’ai séjourné durant quatre mois à Kyoto, au Japon, dans le cadre d’une résidence d’artistes du Ministère des Affaires étrangères. Cette vidéo est une sorte de voyage filmé de mon retour au Japon, quatre ans après, et l’occasion de m’expliquer sur mon travail d’alors : des polyptyques cinématographiques. Mais il s’agit aussi de comprendre l’importance des ponts et des passerelles dans la culture japonaise, qui m’apparaissent comme des traductions dans le paysage du temps, comme des images d’une forme de l’éternité que la culture japonaise a su manifester. », Pascal Auger
Monsieur Scié
Avez-vous déjà essayé d’imaginer concrètement quel effet ça fait d’avoir quatre-vingt ans ? Les médias nous montrent des vieillards dynamiques, sportifs et souriants. Il s’agit là d’une fiction rassurante, mais grossièrement inexacte. Le vieillissement, en particulier dans sa phase finale, est un processus pénible physiquement et éprouvant psychologiquement. Le film prend le contre-pied des clichés idylliques en montrant une journée d’un vieillard ordinaire.
Matrilineal
« Matrilineal est l’histoire de ma grand-mère, ma mère, ma sœur et moi. Après la mort de mon père nous sommes allées vivre toutes les quatre dans une villa en Toscane. Ma sœur et moi allions à l’école italienne, nos amis étaient italiens. Mais dans notre maison, on parlait une multitude de langues, espagnol, polonais, allemand et ma grand-mère cuisinait d’étranges plats qu’elle appelait borsht et kasha. J’ai étudié les passeports vénézuéliens de ma mère et ma grand-mère et me suis demandé ce que signifiait que ma mère soit née à Lvov en Pologne en 1940, pourquoi était-il indiqué que ma grand-mère s’appelait Toporowska alors qu’on l’appelait Hochmann ? », Caterina Klusemann.
Une vie de déni menace de détruire trois générations de femmes. La cinéaste éprouve la nécessité de se confronter aux forces du passé et de finalement libérer sa famille de l’étreinte de ses secrets.
Lieu essentiael Place
Un documentaire sur le rapport qu’entretient l’homme, la femme à la ville. Une vingtaine d’habitants de Bruxelles et de Montréal nous font découvrir leur lieu essentiel et nous parlent de la façon dont ils vivent la ville au quotidien. De la nervosité à la sérénité, du noir au blanc, d’une voix murmurée à une sirène d’ambulance.
Kaldrma
Libre traversée dans Skopje, Macédoine. Une polyphonie de voix raconte l’amitié, l’ennui, les échos sourds d’un conflit qui menace insidieusement.
Film réalisé dans le cadre du projet « Villes et valises » (thème 2000 : Traverser) conçu par l’action culturelle de l’Université Marc Bloch et la revue Transeuropéennes.
Isla
Nous sommes sur une île. Une île qui ne cesse de confronter son regard à l’immensité de la mer qui l’entoure. Nous sommes à La Havane en 1996. Cuba se raconte par la voix du Chinois (quatre-vingt-un ans), celle d’Andres (quarante-huit ans), de Leslie (trente ans)… de Katiouchka (treize ans). Des générations d’émotions se croisent entre mots et photographies. De ces portraits de liberté, de leur vision du bonheur s’élève un chant qui traverse l’immensité de la mer et questionne notre vision du monde.
Interprète de la muerte
Yolanda Sarmiento est l’une des deux femmes qui pratiquent des autopsies à l’institut de médecine légale de Cali, la ville la plus violente de Colombie. Elle s’occupe également d’un programme d’aide sociale en faveur des femmes enceintes d’un quartier très pauvre.
Ce film nous dévoile la terrible situation que traverse la ville, et plus généralement le pays, tout en dressant le portrait d’une femme hors du commun.
Dust
Le film est une exploration onirique, ironique et poétique d’un passé et d’un présent autour d’une ville et trois personnages au bord du tragique.
Odessa à la croisée des chemins fut à la fois cette ville somptueuse construite par les tsars et l’objet de nombreux tourments pendant la révolution russe. Les juifs interdits de séjour à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Kiev s’installent dans cette ville en plein essor. […] Sur la devanture des magasins, des caricatures de juifs, de grecs sont encore visibles décrivant ce que formait l’Odessite typique.
De ce mélange d’influences, les Odessites tiennent peut-être leur défiance à l’égard du pouvoir central – hier Moscou aujourd’hui Kiev – leur impertinence, leur sens de la dérision et de l’humour.
Les Contes d’Odessa d’Isaac Babel, les poèmes de Frug et les récits de Mendele Mokher Sefarim firent de cette ville le berceau de la culture yiddish.
