La pensée de André S. Labarthe est aujourd’hui emblématique d’une forme cinématographique singulière où le documentaire est bouleversé par la fiction. La mise en scène de conversations avec André S. Labarthe se donne comme objectif de révéler comment fonctionne cette hybridation dans ses films, dans ses essais. La forme de ce film, tourné en vidéo et Super 8 mm, travaille cette mixité de document et de fiction, selon diverses strates de réalités. Documents écrits, extraits de films, viennent ponctuer la parole au présent.
Étrangère
Sophie est seule. Elle partage sa vie entre des petits boulots et son déménagement. Pour combler ce vide, Sophie sculpte son corps.
The Very Minute Unfinished 1 – 7
Les images sont des ombres. Les souvenirs qui hantent sont des ombres. Les migrants sont des ombres. Les minutes qui passent sont des ombres. Les éclats de lumière dans la nuit qui viennent du fond des temps sont des ombres. Un film en sept fragments traversés par l’idée de la disparition, de l’absence, de la survivance, de ce qui s’est effondré et reste comme le vestige d’un deuil.
Noé
Le spectateur est à la place de Noé, en plein rêve. Il se réveille dans un lieu clos, avec autour de lui une énorme quantité de graines visiblement conservées à l’abri. L’espace est trop étroit, il décide de sortir. Dehors le monde a disparu sous la glace. Il est seul. Alors qu’il est partagé entre la peur et un sentiment de plénitude face à cette nouvelle découverte, des images désordonnées lui soufflent le souvenir de son monde. Métaphore poétique d’un état de folie lucide, le film suggère la possibilité d’un monde inhabité et stérile, un cauchemar blanc…
Disorient
Par une polyphonie de récits, ce documentaire est la mémoire vivante de personnes qui après avoir vécu un autre bout du monde, retournent vivre dans leur pays d’origine. Quels sentiments accompagnent ce retour ? Nouvel exil ? Ce documentaire expérimental habille cette polyphonie d’histoires d’un travail visuel minimaliste et impressionniste. Seules quelques traces d’images Super 8, de photographies de leur culture matérielle, de voyage, apparaissent par-delà des voix et de paysages sonores. Seuls subsistent quelques ombres et souvenirs de leur présence à l’étranger.
Fleurs noires
La mémoire de la bombe atomique et de ses terribles effets constitue l’identité de la ville de Hiroshima, reconstruite autour du Parc du Mémorial de la Paix. Mais l’herbe a repoussé et le temps a effacé les traces de la désolation atomique. Le long de la rivière, les arbres du jardin Shukkeien traversé par l’écrivain Tamiki Hara le matin du 6 août 1945, semblent se dresser depuis toujours. J’ai filmé quelques fragments des multiples mémoires qui se sont déposées dans la ville.
Walking Through Paradise
Deux cinéastes cherchent à se rendre dans un village palestinien, mais l’armée israélienne leur barre le chemin. Comment contourner cet obstacle ? Et d’où peut venir l’aide dont ils ont besoin ?
Rond point
Promenade monomaniaque d’un mystérieux personnage dans l’univers des rond- points, cette France des rocades, des noeuds autoroutiers, des banlieues périphériques, des ZAC, des ZI, des ZUP… Son voyage, de la Bretagne au Sud de la France, au pays des « logiques de rationalisation », en compagnie d’un représentant en fleurissement urbain, d’un lama tibétain, d’urbanistes, de maires, d’un joueur de vielle, d’un derviche tourneur, d’un sculpteur, d’un anthropologue…, révèle l’absurdité de notre monde « aménagé ».
Le Corps amazone
En 2000, suite à un cancer, Annick a subi l’ablation d’un sein. Elle a choisi de rester “asymétrique”. Mais le regard que porte les autres sur son corps reste blessant. Pour rompre le tabou et le silence sur les conséquences du cancer, elle monte avec d’autres femmes un projet d’exposition artistique autour de l’idée du “corps amazone.” Le film questionne au-delà de la maladie cette réappropriation du corps qui est aussi un retour à la vie et interroge la vision de la femme et de la beauté féminine.
Détour – Johan from Foula
« Mesurer et arpenter, c’est inventer un diagramme, c’est organiser le temps et l’espace, recoudre le passé et le futur, l’ici et le là-bas. Dans un diagramme, le centre c’est soi. Mais il se déplace, le centre n’est pas propriétaire, il est voyageur. Le monde est une infinité de centres. » Vincent Barré
