La Tehora, l’ensemble des règles anciennes qui régissent minutieusement les rites de purification féminine, est au cœur de la vie des familles juives orthodoxes. Selon ces lois, une femme ne peut avoir aucun contact charnel avec son époux pendant une période allant jusqu’à deux semaines après la fin de son cycle. Parler de ce sujet en public est proscrit. À travers le récit de la cinéaste et celui d’autres femmes, émergent peu à peu des interrogations profondes et une révolte.
Racines lointaines
« J’ai voyagé à travers la Mauritanie pour retrouver un arbre que je vois de ma fenêtre en Belgique. Non pas un arbre mythique mais un arbre comme il pourrait en exister partout. Sur ma route, j’ai rencontré des hommes et des femmes qui m’ont fait part de leur perception de cette quête. Ce film est une traversée poétique à la recherche d’un ailleurs et d’autres manières de penser. Mais il est aussi le récit d’un amour inachevé, adressé à une femme restée au pays… »
Nosotros (Nous)
En 1900 des millions d’immigrés arrivent au port de Buenos Aires. Ils ont tous le même rêve, faire fortune. Ils n’imaginaient pas qu’ils allaient créer quelque chose de plus important : une musique, une danse, une façon de marcher et d’aimer, une manière d’exister dans le monde… Nos grands-parents ont créé le tango. Aujourd’hui, nous, les héritiers de cette culture, nous continuons à danser comme nous vivons. Éternellement à Buenos Aires.
Lettres à Francine
Le voyage en Turquie d’un photographe avec, en filigrane, le récit d’une maladie… Le film s’organise autour de deux trames : le carnet de voyage composé essentiellement de photos en noir et blanc prises en Turquie et l’évocation de la maladie à travers quelques plans filmés entre maison et hôpital et surtout des conversations enregistrées.
Le Goût du koumiz
Kolia tente de rassembler sensations et souvenirs épars qui ont présidés à la déportation de son père. Mais suturée au fer rouge, sa mémoire bute contre un mur. « Je ne me rappelle rien d’autre. Au-delà, c’est comme un rideau noir » constate-t-il. D’échecs en échecs, poussé par le vent, Kolia cherche à obtenir la réhabilitation de son père. Découvrant le lieu où celui-ci avait été déporté, une mine aujourd’hui abandonnée, Kolia décide de s’y rendre. Là, affrontant les démons refoulés, il se forge à son insu un autre avenir.
Fleurette
« Connaissons-nous les personnes qui nous sont les plus proches ? Voulons-nous vraiment les connaître ? Et elles ? Est-ce qu’elles veulent que nous les connaissions ? » Un fils cherche à comprendre le passé tourmenté de sa mère, Fleurette, âgée de soixante-dix-neuf ans. Malgré les obstacles aux questions de son fils, la mère dévoile peu à peu, au long du film, des événements secrets ou qu’elle a volontairement oubliés ; une autre vie, presque, qui apparaît comme une révélation.
Facteur toubab
Yelli est travailleur clandestin en Italie. Le reste de la famille vit sans moyen au Sénégal. Le réalisateur, qui seul peut voyager librement, est au centre d’un échange de lettres filmées dont il est à la fois l’initiateur et le messager, et ce dispositif apparaît comme l’expression la plus juste de sa place et de son point de vue, car il lui permet d’expérimenter ce qui lui semble essentiel dans l’acte de filmer : relier ce qui est séparé…
Et les arbres poussent en Kabylie
Chronique attentive et chaleureuse du quotidien d’une petite ville d’Algérie avec, en toile de fond, l’aménagement et l’embellissement d’un des quartiers par ses habitants. On y rencontre le mécanicien amateur, le retraité France, le médecin, les vieilles femmes, les jeunes hommes… Tout le monde joue le jeu face à la caméra. Même quand les émeutes qui embrasent la Kabylie viennent bouleverser le cours des jours à la Cité des Martyrs.
De sable et de ciment
Le point de départ du film est la mort d’une femme, d’une amie. Ana est née à Lisbonne et a fui la dictature de Salazar à l’âge de seize ans, enceinte. Marco, son fils, naîtra à Bruxelles, ville où Ana obtient le statut de réfugiée politique et ville où elle se suicide en 1993. « Il est impossible de construire une vie sur des fondations pourries », ce constat, Ana me l’a légué avant de se donner la mort, comme on lègue un testament. Le film rend compte d’un voyage vers ce que devraient être les fondations de la vie d’Ana : Lisbonne, la ville blanche. « Que reste-t-il d’une vie lorsqu’on décide d’y mettre fin ? Que reste-t-il d’une vie quand la mémoire se l’approprie ? » Le film soulève ces questions et se construit sur les images et les sons que ces interrogations génèrent.
19 histoires
« Pendant l’hiver 2003, nous sommes allés à la rencontre du 19e arrondissement de Paris, avec le désir de recueillir dix-neuf histoires. Très vite est apparu le thème de l’exil, l’exil par rapport à la langue, à la terre, mais aussi au passé, à l’enfance… Il est vrai que cet arrondissement de Paris est inépuisable en voix et récits d’ailleurs… »
