La Photo déchirée, chronique d’une émigration clandestine

La Photo déchirée, chronique d’une émigration clandestine

Au début des années soixante, des milliers de Portugais débarquent clandestinement en France. Ils fuient la misère, la guerre et la répression. Livrés à des passeurs sans scrupules, ils doivent traverser la péninsule ibérique traqués par les polices portugaises et espagnoles. Pour beaucoup, le voyage vers la France va virer au naufrage. L’auteur se souvient avoir entendu, lorsqu’il était enfant au bidonville, le récit de ces terribles odyssées.
Trente ans après, il part à la recherche des histoires de son enfance et enquête pour comprendre ce qui a provoqué cette émigration sans précédent qui fut appelée le « plébiscite par les pieds » contre Salazar. Entre souvenirs d’enfance et investigation historique, il cherche les images de cet exode sans précédent de l’Europe d’après guerre.

Si-gueriki, la reine-mère

Si-gueriki, la reine-mère

L’auteur est né il y a trente-trois ans au Nord du Bénin dans la tribu des Wassangaris. Jadis de grands et farouches guerriers aux traditions très rigides, les Wassangaris ont réussi à maintenir au sein de leur clan dans la société Béninoise actuelle un patriarcat d’une autre époque.
Après dix ans d’absence, l’auteur retourne dans son village. Il est bouleversé par la disparition de son père et par les conditions de vie de ses sœurs et de ses nièces. Il est tout aussi surpris par la place qu’occupe sa mère aujourd’hui. Dans son enfance, elle n’était qu’une des femmes de son père, une ombre dans la maison… Aujourd’hui elle porte le nom de Si-Gueriki (la reine-Mère), l’équivalent du roi pour les femmes.

Le Mariage d’Alex

Le Mariage d’Alex

Chronique d’une après-midi particulière pendant laquelle la vie de trois personnes bascule. Alex, le mari, va chercher sa seconde épouse pour la ramener chez lui. Élise, son amour de jeunesse et sa première épouse, l’accompagne comme l’exige la tradition. Et enfin, Joséphine, la nouvelle épouse, va quitter ses parents pour rejoindre son foyer. « Soucieux de respecter les choix des uns et des autres, d’éviter tout regard accusateur, je me suis placé en témoin pour filmer cette cérémonie et en saisir le plus justement possible la réalité, les significations explicites et cachées .», Jean-Marie Teno

Le Dieu noir et le diable blond

Le Dieu noir et le diable blond

Le bouvier Manuel et sa femme Rosa s’enfuient à la suite d’un conflit sanglant avec leur « coronel ». Le couple rejoint des mystiques autour du Noir Sebastião, qui prédit un apocalyptique retournement par lequel le sertão deviendra mer et la mer sertão. L’insistance de Rosa, délaissée par Manuel, précipite une rupture violente avec le prédicateur messianique. Au cours de sa pérégrination, le couple rencontre les survivants de la bande de cangaceiros dirigée par Lampião. Son lieutenant, Corisco, veut mettre le sertão à feu et à sang. Il est poursuivi par Antonio das Mortes, homme de main des fazendeiros tout imbu de la fatalité de son destin meurtrier. Le dénouement, annoncé par un aveugle et chanté par le chœur, montre à Manuel que la terre n’appartient ni à Dieu ni au Diable.

Rocha que voa

Rocha que voa

Film-essai sur le rôle des intellectuels en Amérique Latine. À travers la période cubaine du cinéaste brésilien Glauber Rocha – un des maîtres du cinéma novo – son fils Eryk Rocha retrace le débat qui a existé dans les années soixante-dix sur le rôle des Arts dans la révolution politique et sociale dans les pays du tiers-Monde. Glauber Rocha a été celui qui a permis la création d’un dialogue entre les deux principaux mouvements cinématographiques des années soixante en Amérique Latine : le nouveau cinéma brésilien et le cinéma cubain révolutionnaire. À travers des témoignages de cinéastes et de Cubains interviewés dans la rue, nous percevons l’influence de ce réalisateur et de ses films.

La Peine perdue de Jean Eustache

La Peine perdue de Jean Eustache

Le film est un hommage à Jean Eustache, grand cinéaste français peu connu et disparu. Au fil des lieux, des témoignages, des images et des sons, ce film esquisse le portrait du cinéaste et fait revivre, pour un moment, son œuvre et sa vie. On retrouve ici le principaux opus du cinéaste, au premier rang desquels La Maman et la Putain (1973). Mais aussi des films moins connus tels La Rosière de Pessac (1968 et 1979) ou un inédit tel Numéro Zéro (1971) consacré par le réalisateur à sa mère. Peu à peu, s’élabore ou transparaît la méthode empruntée par Eustache. Une fidélité quasi obsessionnelle au réel, héritée selon ses propres aveux de Lumière. Toujours en marque de la Nouvelle Vague, Eustache a influencé et marqué toute une génération, et son cinéma reste une source de savoir et d’inspiration.

Faire un film sur un cinéaste que l’on admire présente un risque à double facette : soit l’on verse dans le portrait didactique et prétendument savant ou dans l’hagiographie béate. Un « qui perd gagne » soit pour l’auteur célébré ou pour le réalisateur qui s’escamote… Ángel Diez Alvarez, lui, fait un film avec Jean Eustache, en osmose…

Numéro zéro

Numéro zéro

Film entretien de près de deux heures que Jean Eustache réalisa en 1971 avec sa grand-mère, Numéro Zéro connut une version tronquée pour la télévision : Odette Robert.

« Il s’agit (donc) d’une traversée du temps par une vieille femme, entre ses arrière grands-parents et ses arrières petits-enfants, et l’on voit six générations de l’histoire de France racontées par elle, Odette Robert, ma grand-mère. », Jean Eustache

Le Bruit, l’odeur et quelques étoiles…

Le Bruit, l’odeur et quelques étoiles…

Par une froide nuit d’hiver, un jeune adolescent est tué à bout portant par un policier lors d’une tentative de vol. Ce gosse de dix-sept ans s’appelait Habib et tous ses copains de la cité dans laquelle il vivait à Toulouse le surnommaient Pipo. À l’annonce de cette tragédie, la cité s’embrase : quatre jours d’émeutes, une répression policière extrêmement importante. Lorsque l’émotion et la colère retombent, un groupe de jeunes, parallèlement à l’enquête judiciaire, tente de réclamer justice jusqu’au moment où ce groupe de copains, lassé de toutes les promesses non tenues, entre dans une spirale de folie qui va les conduire de la cité à la prison.
Trois garçons, la République, une bavure policière, un pays où tout va bien tout va mal. Une œuvre chantée par Zebda, une histoire actuelle, une tragédie. Un film de cinéma pour dire et chanter comment on peut être français, vigilants, différents et bien ensemble.

Elsewhere

Elsewhere

Le réalisateur est parti chaque mois de l’année 2000 dans douze régions du monde. Des rencontres éloignées du monde urbain, avec des hommes aux traditions et aux langues différentes. « L’Ailleurs » est une question de point de vue.

In The Mirror of Maya Deren

In The Mirror of Maya Deren

Ce documentaire retrace la biographie surprenante de l’artiste légendaire Maya Deren. Née à Kiev en 1917, elle devint un personnage central de l’avant-garde américaine après la Deuxième Guerre mondiale. Surtout connue pour son travail anticonformiste dans le film expérimental, elle était très active dans d’autres domaines politiques et culturels : elle fut poète, danseuse, et par-dessus tout une ethnographe renommée et une adepte des pratiques vaudou. En suivant les traces de cette pionnière du XXe siècle, le film visite les lieux et les personnes de sa vie pour dresser le portrait d’un mythe moderne.