« Lengé, Pygmée Baka, connaît les récits du monde et les mélodies de Tibola, l’éléphant blanc… Il restait juste assez de pellicule pour un seul plan. Quatre minutes pour le visage et la voix qui, du fond des âges, se souviennent de Gbanga Tita, la calebasse de Dieu… », Thierry Knauff
Tokyo
Dans l’esprit de la série Voyages Voyages proposé par Arte, le réalisateur de Tokyo eyes nous livre ses notes de voyages sur la métropole nippone. Secrète, mutante, techno, pressée…
Tokyo-Ga
Profusions d’images menaçantes, cacophonie des salons de pachinko (machines à sous). Et puis la tombe sans nom du cinéaste Yasujiro Ozu, avec un simple signe chinois ancien Mu. Le vide. Traces, mémoires, réminiscences, absences, monde disparu. L’auteur d’Au fil du temps pérégrine, se perd, médite et rêve à travers Tokyo dans la ville du cinéaste qu’il admire.
Le Mystère Koumiko
« Kumiko Muroka, secrétaire, plus de vingt ans, moins de trente, née en Mandchourie, aimant Giraudoux, détestant le mensonge, élève de l’Institut franco-japonais, aimant Truffaut, détestant les machines électriques et les français trop galants, rencontrée par hasard à Tokyo, pendant les Jeux Olympiques. Autour d’elle, le Japon… », Chris Marker
La Bombe (The War Game)
1966. Les Chinois envahissent le Vietnam. Pour prévenir l’intervention des États-Unis, les Russes occupent Berlin-Ouest. L’OTAN reçoit l’autorisation d’employer l’arme nucléaire contre l’agresseur. En Angleterre, prévoyant l’imminence du danger, les services de la Protection Civile distribuent un petit manuel d’avertissement à la population déconcertée. Une bombe nucléaire tombe dans le comté de Kent où se situe une base importante de missiles intercontinentaux. La Bombe (ou plus précisément Le Jeu de la guerre, traduction littérale du titre original) constitue, aujourd’hui encore, l’un des plus convaincants et des plus vigoureux plaidoyers contre la Guerre Nucléaire. À l’origine, le projet résulte d’une commande officielle de la chaîne britannique de télévision, la BBC. Devant l’horreur dégagée par la vision du film et l’impact percutant de ses images, la télévision refusa catégoriquement de le programmer, arguant que sa diffusion pourrait provoquer dans le pays une panique comparable à celle survenue en 1938 aux États-Unis. à la suite de l’émission de radio d’Orson Welles adaptant La Guerre des Mondes de H.G. Wells. La diffusion de l’œuvre fut donc uniquement autorisée au cinéma.
Images et Loisirs 92/5 ; Les Fiches de Monsieur Cinéma.
Le Tableau noir
À la suite d’un bombardement au Kurdistan iranien, des instituteurs errent de villages en villages à la recherche d’élèves. L’un deux croise sur son chemin un groupe d’adolescents qui passent clandestinement la frontière entre l’Iran et l’Irak. Il essaie de leur apprendre à lire et à écrire mais aucun d’entre eux ne s’y intéresse vraiment. Un autre instituteur rencontre un groupe de vieillards qui cherchent à rejoindre leur terre natale pour y finir leurs jours. Ils ne manifestent pas, eux non plus, le moindre désir d’apprendre à lire ou à écrire sauf peut-être une jeune veuve… L’instituteur s’éprend d’elle et suit le groupe vers la frontière…
Mokarrameh, mémoires et rêves
Une femme possédait une vache à laquelle elle vouait une grande tendresse. Mais pour la nourrir, elle se devait de lui chercher de l’herbe très loin, ce qui la fatiguait. Un jour, ses enfants ont décidé de vendre l’animal sans la prévenir. Pour conjurer sa grande tristesse, elle s’est mise à peindre sur tous les supports qu’elle pouvait trouver : les murs de sa maison, des citrouilles, la porte du frigidaire… Aujourd’hui, comme chaque mois, son fils lui rend visite et lui amène du papier et des couleurs.
Le film montre en quoi l’imaginaire de Mokarrameh se mêle à sa réalité. Tous ses dessins content une histoire : la sienne, celle des co-épouses de son mari, le travail, la vie des femmes au village…
Et la création fut…
En Iran, être femme est un combat au quotidien. Être peintre aussi. À travers cette « situation extrême », ce combat peut devenir la raison même de la création artistique… Car la société iranienne, malgré ses interdits et ses tabous islamistes, connaît depuis peu un véritable renouveau culturel où les femmes ont pris sans conteste une place prédominante. Le cinéaste rencontre à Téhéran quelques-unes des trois mille femmes peintres que compte la capitale de la République Islamique. Comment concilie-t-on préceptes islamiques et création ? Quelle liberté intérieure, quelles contradictions, s’immiscent sous le tchador. Quel miroir en retour, sur le regard occidental qui jauge, juge et interprète. Confessions à plusieurs voix, feutrées ou tranchantes, attendues ou elliptiques…
Zinat, une journée particulière
Zinat est la première femme de l’île de Qeshm, dans le sud de l’Iran (Golfe Persique), qui retira le voile traditionnel (borqué) porté dans cette région pour exercer sa profession d’infirmière. Il y a treize ans, elle devient responsable du dispensaire du village et s’implique dans des activités sociales et politiques.
Le 26 février 1999, elle se présente aux premières élections locales organisées en Iran sous l’impulsion du président Khatami. Son mari, lui aussi se présente aux suffrages… Comme il est interdit de filmer en public le jour même des élections, Ebrahim Mokhtari installe sa caméra dans la maison de Zinat et filme les réactions exprimées par les visiteurs, en particulier sur la place des femmes dans la société iranienne.
Nalan Turkeli, une femme des bidonvilles
Dans les « gecekondu » de la banlieue d’Istanbul, une femme écrit la nuit, en cachette de son mari et de ses enfants. Le jour, elle fait mille métiers pour nourrir sa famille, au gré des saisons et de l’embauche. Son premier livre, publié en 1994, l’a faite connaître dans tout le pays mais n’a rien changé à sa situation matérielle. Elle continue à écrire, parce que c’est la seule chose qui puisse donner un sens à sa vie et parce qu’elle veut témoigner. Ce film raconte l’histoire et le combat d’une femme singulière et émouvante et relève de l’intérieur la réalité quotidienne de ces quartiers, dominés par l’anarchie et la violence, où l’exode rural massif a entraîné la prolifération d’un habitat « spontané » totalement illégal. Sur fond de campagne électorale, il met en évidence les mécanismes mafieux et politiques qui régissent l’organisation et le développement des « gecekondu ». Plus qu’une chronique de la misère ordinaire ce film est aussi le portrait d’une femme en rupture, en quête d’un ailleurs immatériel qu’elle aperçoit dans les pages d’un cahier.
