Commencés en 1993, les travaux du Barrage des Trois Gorges sur le Yang Tse, dureront vingt ans. À la fin des travaux, 159 villes, 326 villages, 1350 hameaux, des temples, des paysages seront inondés et deux millions de personnes auront été déplacées. La réalisatrice entreprend le voyage à la source avec sa mère et sa fille…
Vivre après, paroles de femmes
« Survivre… Survivre ? Comment survivre sans mari, sans père, sans fils, sans frères, ni cousins, des dizaines d’hommes de la famille ? Comment survivre quand l’univers s’est effondré ? Quand la maison, la terre, le village, le pays ont été emportés dans la tourmente ? Quand le cours de la vie semble suspendu ? Depuis les crimes perpétrés par les Serbes tchetniks, entre 1992 et 1995, de Zvornik à Foca, de Prijedor à Srebrenica, des centaines de milliers de femmes et d’enfants de Bosnie s’interrogent ainsi… À Tuzla, si proche des lieux du crime, elles sont quinze chaque année à quitter les camps de réfugiés en quête de sens, en quête de leur vie. Accueillies par les psychothérapeutes de l’association Vive Zene, elles s’engagent pour un an sur le chemin de la parole. Chronique de Sedina, Jasmina et Senada, trois jeunes femmes parmi tant d’autres. Quatre saisons du deuil, de la vie, de l’amour. », Laurent Bécue-Renard
Un ticket de bains-douches
Institution quasiment unique en Europe, les dix-neuf bains-douches de la capitale sont les espaces privilégiés de préservation de la dignité humaine. Héritiers des thermes de Cluny et des étuves du Moyen Âge, ils sont aujourd’hui devenus le carrefour de destinées aléatoires, le lieu de passage des blessures provisoires et des fractures définitives. Mais les bains publics constituent aussi le lieu convivial qui permet pour un temps de rompre la solitude en échangeant quelques mots avec le garçon de cabine ou un usager de passage.
La Terre des âmes errantes
En 1999, les travaux de pose de la première fibre optique du Sud-Est asiatique traversent le Cambodge de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne. Ce câble va rejoindre celui qui part d’Europe et suit la Route de la Soie. Ces travaux sont l’occasion pour de nombreux cambodgiens de s’employer sur ce chantier. Paysans sans terre, soldats démobilisés, familles sans ressources ont ainsi nomadisé au gré de l’avancée des travaux. Outre la confrontation entre l’arrivée d’une « autoroute de l’information » dont le but est l’intégration dans l’économie mondiale et une culture traditionnelle ravagée par trente années de guerre, le film explore les questions du travail et de l’avenir dans un pays où le futur prend bien souvent la forme élémentaire de recherche de nourriture pour le présent.
Pardevant Notaire
Histoires croisées de quatre situations notariales dans une étude rurale de Haute-Auvergne. À travers le récit de deux ventes négociées, un inventaire et un dossier de succession, l’étude du notaire devient le règne des histoires de propriété et d’argent, des conversations intimes et des échanges secrets. L’importance de la parole et la mise en lumière des détails tels que gestes, attitudes et regards dévoilent certaines manières de faire et de lier à la mort et à l’argent. L’approche précise et minutieuse de ce huis-clos notarial fait pénétrer le spectateur dans une série de tableaux composés de plusieurs actes dans lesquels les personnages et leurs comportements paraissent appartenir à un autre monde, si proche et si lointain du nôtre, si différent et pourtant si semblable à nous.
Loin, la-bas…
De Moscou à Saint-Pétersbourg en passant par la Sibérie et la Bohème de Puccini, le train mythique du Transsibérien bouleverse les paysages intérieurs de l’histoire personnelle et familiale de la réalisatrice, créant un jeu de miroir insolite avec la Russie présente et passée.
Les Illuminations de Madame Nerval
Ce film est le portrait de Madame Nerval, une célèbre Mambo, nom créole que l’on donne en Haïti aux prêtresses du Vaudou. Elle reçoit au temple les habitants de Jacmel qu’elle soulage avec des pratiques thérapeutiques et des rituels mystiques. Une chronique quotidienne au sein du temple vaudou, de la cohabitation des Dieux et des hommes. Le film est en même temps le récit subjectif de sa vie, de ses rêves, de ses contacts avec les esprits…
Le Grand nettoyage
Les propriétaires d’un pressing de quartier voient un jour s’installer à deux pas de chez eux la concurrence agressive d’une nouvelle enseigne discount. Celle-ci ne tarde pas à menacer la pérennité de leur entreprise. À travers l’histoire de cette guerre des pressing, le film décrit l’impact de la nouvelle logique économique qui voit désormais les marchés, même les plus traditionnels, tomber dans les mains de nouveaux opérateurs dotés d’importants moyens financiers.
Goulag (Carré blanc sur fond blanc)
« Ces écrits sont le fruit de plus de quinze ans de travail et de voyages. Bornée d’abord à la vieille Europe, mon attention s’est tournée peu à peu vers le monde slave et la Russie plus particulièrement. Catholiques ou protestants, libéraux ou démocrates, il nous est malaisé de ne point laisser nos idées occidentales donner des couleurs fausses à nos peintures de cet Empire. Comment comprendre un pays qui, selon un de ses proverbes, a quitté une rive et n’a point atteint l’autre ? », Hélène Châtelain.
Ces lignes ont été écrites il y a plus d’un siècle, entre 1870 et 1880, entre Commune et Marxisme – par l’essayiste français Anatole Leroy-Beaulieu, qui avait mis la Russie, sa démesure, son mystère, son énigme – au centre de ses réflexions. Elles nous ont servi de guide et de référence pour ce voyage autour du mot Goulag – un des plus polémiques peut-être de tous ceux que le siècle ait inventé. C’est ce « pays entre deux rives » que nous avons cherché, cherchant l’ombre portée de ce qui ne fut ni une prison, ni un lieu géographiquement définissable : mais la forme administrative d’une pensée.
Le film s’est construit au fil d’un voyage, rythmé par l’immensité de la terre russe, perpétuellement en quête d’une ouverture sur une mer qui le sauverait de cette immensité. « L’Archipel du Goulag », « L’URSS est un Goulag » : une série d’affirmations qui souvent, plus que d’interroger ce mot, l’utilise pour maçonner ses propres convictions. Ce voyage fut une tentative d’échapper à de telles affirmations. Pour s’enfoncer dans une Russie différente, plus profonde, plus secrète – celle des silencieux qui n’ont écrit ni mémoires ni témoignages, le petit peuple des villages et des ateliers qui a constitué pendant près de quarante ans, la population majoritaire des camps et des régions entières que la Direction Centrale administrait.
Fantaisie – un autre pays
Samy Gaber, « Samantha », palestinien, israélien originaire de la ville arabe de Jaffa et Michaël Shimon, « Chris », juif yéménite du village religieux Bneï-Darom, préparent ensemble un spectacle de drag queens à Tel-Aviv. Tous les deux sont venus s’installer à Tel-Aviv parce qu’étant homosexuels, ils ne se voyaient vivre nulle part ailleurs en Israël. Ils sont tous deux confrontés quotidiennement à des problèmes de racisme, pas seulement en tant qu’homo, mais aussi en tant qu’arabe et que séfarade. Ils croisent aussi du racisme au sein de la communauté gay, qui semble refléter précisément les tensions et les rejets entre les différents groupes nationaux et ethniques en Israël.
