Vaincre ou périr

Sandrine, arrivée à Paris depuis seulement un an, galère. Elle décide de rentrer chez Médiations pour faire du porte à porte. À peine arrivée, elle décroche ses deux premières ventes…

La Candidate

La Candidate

Jeanine, directrice financière âgée de cinquante et un ans, vient de perdre son emploi. Comment accepter cette nouvelle situation et les conseils peu convaincants que lui donnent la consultante de son cabinet de placement…

Portraits (sélection)

L’auteur de Thérèse et La Rencontre, entreprend durant quatre ans d’« archiver le travail féminin ». En résulte une série de vingt-quatre portraits, attentifs aux mains, aux gestes, aux visages…

« Ce sont les mains de Madame Bouvrais… Les mains de Madame Bouvrais travaillent depuis l’âge de treize ans. Donc… la déformation du doigt, là, des deux doigts, tient à quoi ? »

« Les mains, je m’en suis occupé quand j’ai fait la série documentaire Portraits sur le travail féminin et je me suis aperçu qu’il y a trois choses qui m’intéressent : le visage, la main, un objet qui est manipulé et qui est l’âme de la personne. », Alain Cavalier

Alain Cavalier envisageait d’archiver le travail féminin en 100 Portraits. Avec pour chacun la même unité de durée : ils oscillent entre 11 et 13 minutes. Les mêmes règles de tournage : une seule journée en équipe réduite cadre-image-réalisation. La série en compte en fait 24 dont les trois que nous avons choisis… mais aussi l’archetière, la gaveuse, la dame-lavabo, la bistrote… Janséniste, voire mystique pour certains, le cinéma d’Alain Cavalier est au fil de sa filmographie devenu un cinéma de l’épure, de l’instant juste, d’une tentative de révélation d’« une certaine vérité humaine ».

  • La Matelassière
  • L’Orangère
  • La Souffleuse de verre.

La Boucane

En 1972, Jean Gaumy, photographe de l’agence Magnum, réalise un reportage sur les filletières d’une fabrique de harengs fumés, une boucane de Fécamp. Dix ans plus tard, il revient filmer ces femmes qui vident le poisson et le découpent en filets : mains expertes, gestes répétés parfois depuis plus de vingt ans. Des ouvrières qui, par leur vitalité, leurs chansons et leurs rires, échappent au quotidien des poissons.

Leur dextérité, la précision de leurs gestes pourraient faire oublier la dureté du travail si leurs doigts rougis et écorchés ne la rappelaient constamment. Les unes face aux autres. Autour d’une grande table, elles combattent par leur gaieté et leur entrain l’environnement froid et obscur de l’atelier dans lequel elles ont introduit l’atmosphère chaleureuse de femmes entre elles. Lorsqu’elles réclament au réalisateur les photos prises il y a dix ans, les moqueries fusent, les souvenirs reviennent, l’émotion les étreint à revoir telle femme morte depuis, telle autre partie à la retraite, et elles s’étonnent que cette petite fille travaille aujourd’hui à la boucane… Une première expérience cinématographique pour elles comme pour le réalisateur, à la fois ludique et sensible.

Les Matinales

Comme des ombres furtives, elles sortent du métropolitain à l’aube, souvent âgées, portant le fichu qui leur donne des airs de babouchka, elles témoignent de la condition de « femmes de ménage » dans la France en pleine « modernisation » des années soixante…

Ce « reportage » (le documentariste savait se faire modeste à l’époque) de Jacques Krier fait partie de la série conçue par Eliane Victor, « Les femmes aussi » qui au mitan des années soixante, esquissait un portrait à facettes de la condition féminine. Au temps de l’ORTF, d’une télévision noir et blanc de service public, plutôt audacieuse dans la France des « Trente glorieuses » aux « valeurs » étriquées et confites.

« Une caméra de télévision » inspirée par le cinéma direct qui sait recueillir avec empathie les témoignages de ces septuagénaires, de ces immigrées espagnoles ou italiennes qui précédèrent nos modernes « techniciens et techniciennes de surface ».

La Guerre d’un seul homme

En 1940, Ernst Jünger, écrivain, aristocrate et officier allemand, est affecté au commandement militaire de Paris. La Guerre d’un seul homme conjugue les extraits de son journal intime (de 1940 à 1944) aux images d’archives de l’époque. Évocations de massacres, manifestations officielles, scènes de la vie quotidienne, spectacles culturels et mondains défilent au son claironnant de la propagande et se mêlent aux phrases douloureuses du narrateur.

Le Temps détruit, Lettres d’une guerre 1939-40

Pendant de longs mois d’attente de la « drôle de guerre », trois soldats ont écrit presque chaque jour à celles qu’ils aimaient. Maurice Jaubert était musicien, Paul Nizan, écrivain et Roger Beuchot – père de Pierre Beuchot – était ouvrier. Ils sont morts tous les trois dans les combats du printemps 1940. Le Temps détruit, c’est l’histoire de ce quotidien vécu par ces trois hommes, raconté à travers les lettres d’amour qu’ils envoient inlassablement à leurs femmes, avant d’être tués.

Parmi les hommes 1940-1943

Recueil et mise en scène de petits films d’amateurs tournés entre 1940 et 1943 dans l’Europe occupée. L’existence au quotidien, la vie de famille aussi bien que les grands événements, voilà ces Temps de guerre… Les documents sont passionnants parce que tournés sans but esthétique ni souci de propagande. Dans chacun des pays occupés, les réactions sont très différentes, selon qu’on résiste ou qu’on plie l’échine. En Europe de l’est, les populations sont réduites à l’état d’esclaves. Ailleurs, la collaboration des États penche du côté d’une Europe asservie.

Hôtel Terminus, Klaus Barbie, sa vie, son œuvre

« Mon film n’est bien entendu pas un film sur l’Holocauste, ce n’est pas non plus la biographie d’un criminel contre l’humanité. C’est essentiellement un film sur le comportement des gens face à la réalité de cette carrière : les phénomènes de rejet, de complicité ou d’indifférence calculée. Comment les gens se définissent face à cet homme qu’on ramène à Lyon et qui est sans doute le dernier grand criminel à être jugé avant la solution biologique… », Marcel Ophüls

The Memory of Justice

Le procès de Nuremberg et sa portée symbolique. « Nuremberg dans la structure du film joue le même rôle que Clermont-Ferrand dans Le Chagrin et la Pitié : c’est le lieu où les destins individuels et les destins collectifs se rencontrent. Pour la construction du film, c’est le manche de l’éventail. À partir de là, l’enquête permet des retours en arrière mais aussi des réflexions sur le présent et débouche sur l’avenir. Vietnam, Algérie, bombe atomique, stalinisme, CIA, tortures en Amérique Latine et ailleurs. Hitler, semble être à la fois le grand vaincu et le grand vainqueur du XXe siècle. », Marcel Ophüls