Le Tombeau d’Alexandre

Né en 1900, Alexandre Medvedkine resta toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. Mais le fondateur du ciné-train de l’agit-prop des années trente, ne manqua pas de dénoncer de manière corrosive les aberrations du système comme dans son film satirique culte Le Bonheur. Marker « rembobine » le film d’une œuvre, d’un engagement, d’une esthétique. Mais le siècle s’achève dans la confusion de l’après-putsch de 1991 qui signe la fin de l’Union Soviétique. Une « conclusion » que Medvedkine ne connaîtra pas…

Intervista, quelques mots pour le dire

« L’absence de son pourrait être un accident… Une femme a laissé derrière elle avec les années, les événements, les naissances, les joies, les malheurs, l’optimisme, la peur, les informations, les vieux journaux, le communisme, les conjonctures, les déceptions, les rébellions et aussi une interview… muette, le son ayant été perdu. L’interview réalisée il y a vingt ans alors que cette femme était responsable de l’Alliance des jeunes communistes en Albanie. Cette femme est ma mère et j’ai retrouvé cette interview lors d’un déménagement. La clé est dans la lecture des mouvements de ses lèvres. J’ai fait appel à une école de sourds-muets. Vingt ans après, ma mère se voit confrontée à son discours d’alors. », Anri Sala

Sans soleil

Une femme (Florence Delay) lit les lettres du « cameraman hongrois » Sandor Krasna qui parcourt le monde du Japon à la Guinée-Bissau. Le cinéaste, à son synthétiseur, articule entre musique, photo, cinéma et vidéo une composition mosaïque qui navigue entre histoire et mémoire.

L’Évangile selon les papous

L'Évangile selon les papous

La tribu des Hulis est une des neuf cents tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Vivant dans une des parties les plus reculées de l’île, elle a vu les premiers Blancs, des missionnaires méthodistes, arriver en 1955. Ces missionnaires sont depuis en concurrence avec d’autres Églises pour évangéliser le plus grand nombre possible de Papous. Si les femmes voient, dans les baptêmes, la possibilité d’accéder à une nouvelle reconnaissance, il n’en est pas de même pour les hommes. Le baptême implique, en effet, de renoncer à la polygamie, aux guerres tribales et à une grande partie de leurs traditions. Les missionnaires réussissent à convaincre les derniers réfractaires, en leur annonçant, pour la fin du millénaire le retour du Christ, de l’Antéchrist, et donc l’heure du Jugement dernier. Le film accompagne Ghini et d’autres vieux guerriers qui, sous la pression des missionnaires, ont détruit la maison des ancêtres pour y construire une église et s’y faire baptiser le jour de Noël.

Nawa Huni

« Les indiens Huni Kuin vivent en isolement relatif et volontaire par rapport à la société nationale péruvienne, en forêt amazonienne, car les rencontres avec les blancs, les incas et les conquérants espagnols du passé, comme les péruviens et les brésiliens du temps actuel, ont toujours été violentes. L’image de cet homme blanc a profondément marqué l’imaginaire des Huni Kuin : il apparaît comme maître du métal, habitant des zones froides de la terre, fondateur de l’État, et porteur de maladies et de la mort. Cette image s’exprime à tous les niveaux du discours indien y compris lors de leurs cérémonies, où la drogue est largement employée. Ceci donna l’idée à deux ethnologues de filmer les réactions des Huni Kuin lorsque, un jour, ceux-ci leur demandèrent d’apporter un film sur leur propre grand village. Nawa Huni raconte cette rencontre avec des images du monde blanc et de ses techniques (port, sidérurgie, rues, intérieurs, télévision). Le film s’ouvre sur une introduction à la situation de ce peuple à l’aide d’images tournées en 1951 par un ethnologue allemand. Les réactions pendant les projections puis les réflexions des porte-parole offrent une vision distanciée de notre civilisation. »
Patrick Deshayes, Barbara Keifenheim

À propos de « Tristes Tropiques »

À propos de « Tristes Tropiques »

Prises de vue contemporaines de villages indiens du Brésil et images tournées en 1935 dont Lévi-Strauss n’avait plus souvenir. L’auteur de Tristes Tropiques, reconsidère sa démarche intellectuelle et personnelle d’anthropologue et analyse les séparations factices entre sens, connaissance et esthétique.

A Arca Dos Zo’e

A Arca Dos Zo'e

Images vidéo à l’appui, Waï Waï, chef des indiens Waiapi, raconte à son village son voyage chez les Zo’e, ethnie jusqu’alors isolée dont le dialecte et les traditions sont similaires à ceux des Waiapi. Aller-retour entre deux mondes, l’un encore vierge mais déjà menacé, l’autre déjà imprégné de la civilisation blanche, connaissant ses technologies et ses dangers.

Gbanga Tita

Gbanga Tita

« Lengé, Pygmée Baka, connaît les récits du monde et les mélodies de Tibola, l’éléphant blanc… Il restait juste assez de pellicule pour un seul plan. Quatre minutes pour le visage et la voix qui, du fond des âges, se souviennent de Gbanga Tita, la calebasse de Dieu… », Thierry Knauff

Tokyo

Dans l’esprit de la série Voyages Voyages proposé par Arte, le réalisateur de Tokyo eyes nous livre ses notes de voyages sur la métropole nippone. Secrète, mutante, techno, pressée…

Tokyo-Ga

Profusions d’images menaçantes, cacophonie des salons de pachinko (machines à sous). Et puis la tombe sans nom du cinéaste Yasujiro Ozu, avec un simple signe chinois ancien Mu. Le vide. Traces, mémoires, réminiscences, absences, monde disparu. L’auteur d’Au fil du temps pérégrine, se perd, médite et rêve à travers Tokyo dans la ville du cinéaste qu’il admire.