Le Mystère Koumiko

Le Mystère Koumiko

« Kumiko Muroka, secrétaire, plus de vingt ans, moins de trente, née en Mandchourie, aimant Giraudoux, détestant le mensonge, élève de l’Institut franco-japonais, aimant Truffaut, détestant les machines électriques et les français trop galants, rencontrée par hasard à Tokyo, pendant les Jeux Olympiques. Autour d’elle, le Japon… », Chris Marker

La Bombe

La Bombe

1966. Les Chinois envahissent le Vietnam. Pour prévenir l’intervention des États-Unis, les Russes occupent Berlin-Ouest. L’OTAN reçoit l’autorisation d’employer l’arme nucléaire contre l’agresseur. En Angleterre, prévoyant l’imminence du danger, les services de la Protection Civile distribuent un petit manuel d’avertissement à la population déconcertée. Une bombe nucléaire tombe dans le comté de Kent où se situe une base importante de missiles intercontinentaux. La Bombe (ou plus précisément Le Jeu de la guerre, traduction littérale du titre original) constitue, aujourd’hui encore, l’un des plus convaincants et des plus vigoureux plaidoyers contre la Guerre Nucléaire. À l’origine, le projet résulte d’une commande officielle de la chaîne britannique de télévision, la BBC. Devant l’horreur dégagée par la vision du film et l’impact percutant de ses images, la télévision refusa catégoriquement de le programmer, arguant que sa diffusion pourrait provoquer dans le pays une panique comparable à celle survenue en 1938 aux États-Unis. à la suite de l’émission de radio d’Orson Welles adaptant La Guerre des Mondes de H. G. Wells. La diffusion de l’œuvre fut donc uniquement autorisée au cinéma.

Images et Loisirs 92/5 ; Les Fiches de Monsieur Cinéma.

Le Tableau noir

Le Tableau noir

À la suite d’un bombardement au Kurdistan iranien, des instituteurs errent de villages en villages à la recherche d’élèves. L’un deux croise sur son chemin un groupe d’adolescents qui passent clandestinement la frontière entre l’Iran et l’Irak. Il essaie de leur apprendre à lire et à écrire mais aucun d’entre eux ne s’y intéresse vraiment. Un autre instituteur rencontre un groupe de vieillards qui cherchent à rejoindre leur terre natale pour y finir leurs jours. Ils ne manifestent pas, eux non plus, le moindre désir d’apprendre à lire ou à écrire sauf peut-être une jeune veuve… L’instituteur s’éprend d’elle et suit le groupe vers la frontière…

Mokarrameh, mémoires et rêves

Mokarrameh, mémoires et rêves

Une femme possédait une vache à laquelle elle vouait une grande tendresse. Mais pour la nourrir, elle se devait de lui chercher de l’herbe très loin, ce qui la fatiguait. Un jour, ses enfants ont décidé de vendre l’animal sans la prévenir. Pour conjurer sa grande tristesse, elle s’est mise à peindre sur tous les supports qu’elle pouvait trouver : les murs de sa maison, des citrouilles, la porte du frigidaire… Aujourd’hui, comme chaque mois, son fils lui rend visite et lui amène du papier et des couleurs.

Le film montre en quoi l’imaginaire de Mokarrameh se mêle à sa réalité. Tous ses dessins content une histoire : la sienne, celle des co-épouses de son mari, le travail, la vie des femmes au village…

Et la création fut…

Et la création fut…

En Iran, être femme est un combat au quotidien. Être peintre aussi. À travers cette « situation extrême », ce combat peut devenir la raison même de la création artistique… Car la société iranienne, malgré ses interdits et ses tabous islamistes, connaît depuis peu un véritable renouveau culturel où les femmes ont pris sans conteste une place prédominante. Le cinéaste rencontre à Téhéran quelques-unes des trois mille femmes peintres que compte la capitale de la République Islamique. Comment concilie-t-on préceptes islamiques et création ? Quelle liberté intérieure, quelles contradictions, s’immiscent sous le tchador. Quel miroir en retour, sur le regard occidental qui jauge, juge et interprète. Confessions à plusieurs voix, feutrées ou tranchantes, attendues ou elliptiques…

Zinat, une journée particulière 

Zinat, une journée particulière 

Zinat est la première femme de l’île de Qeshm, dans le sud de l’Iran (Golfe Persique), qui retira le voile traditionnel (borqué) porté dans cette région pour exercer sa profession d’infirmière. Il y a treize ans, elle devient responsable du dispensaire du village et s’implique dans des activités sociales et politiques.

Le 26 février 1999, elle se présente aux premières élections locales organisées en Iran sous l’impulsion du président Khatami. Son mari, lui aussi se présente aux suffrages… Comme il est interdit de filmer en public le jour même des élections, Ebrahim Mokhtari installe sa caméra dans la maison de Zinat et filme les réactions exprimées par les visiteurs, en particulier sur la place des femmes dans la société iranienne.

Nalan Turkeli, une femme des bidonvilles

Nalan Turkeli, une femme des bidonvilles

Dans les « gecekondu » de la banlieue d’Istanbul, une femme écrit la nuit, en cachette de son mari et de ses enfants. Le jour, elle fait mille métiers pour nourrir sa famille, au gré des saisons et de l’embauche. Son premier livre, publié en 1994, l’a faite connaître dans tout le pays mais n’a rien changé à sa situation matérielle. Elle continue à écrire, parce que c’est la seule chose qui puisse donner un sens à sa vie et parce qu’elle veut témoigner. Ce film raconte l’histoire et le combat d’une femme singulière et émouvante et relève de l’intérieur la réalité quotidienne de ces quartiers, dominés par l’anarchie et la violence, où l’exode rural massif a entraîné la prolifération d’un habitat « spontané » totalement illégal. Sur fond de campagne électorale, il met en évidence les mécanismes mafieux et politiques qui régissent l’organisation et le développement des « gecekondu ». Plus qu’une chronique de la misère ordinaire ce film est aussi le portrait d’une femme en rupture, en quête d’un ailleurs immatériel qu’elle aperçoit dans les pages d’un cahier.

Algérie, la vie quand même

Algérie, la vie quand même

Abdenour et Sadek ont vingt-sept ans. Ils vivent dans une petite ville algérienne, à l’ombre de la guerre. Tous les deux sont « hitistes », c’est-à-dire que, selon la fameuse formule inspirée par l’humour du désespoir, ils calent les murs (« hit », en arabe). Touchés par la crise, ils ne vivent que de combines pour se procurer l’indispensable.

Comment se construire soi-même, élaborer des projets ? Ici, le quotidien ne laisse plus de place au rêve. Les copains d’Abdenour et Sadek sont tout aussi paumés. Pas de travail, pas de loisirs, pas d’espoir… L’humour et l’amitié sont les armes d’Abdenour et de Sadek, un refuge où s’épanouissent encore quelques rêves de jeunesse. Une errance sans fin, dans l’attente de l’improbable.

« Si l’Algérie occupe régulièrement la une de l’actualité, c’est plus souvent à travers les échos ensanglantés de la guerre qui la déchire. Parfois avec les petites et grandes manœuvres de ses dirigeants pour se maintenir au pouvoir. Rarement pour le quotidien de son peuple, qui tente de survivre malgré la crise et la guerre. », Djamila Sahraoui

Debout ! Une histoire du mouvement de libération des femmes (1970-1980) 

Debout ! Une histoire du mouvement de libération des femmes (1970-1980) 

La deuxième moitié du siècle a donné naissance à l’un des plus extraordinaires mouvements sociaux : le mouvement de libération des femmes. Dans le sillage de mai 68, en France et Suisse Romande comme dans de nombreux autres pays occidentaux puis du Tiers-Monde, elles sont d’abord deux ou trois femmes à se réunir, puis une petite poignée et très rapidement des centaines, de manière spontanée et non hiérarchisée. Mais ce mouvement, qui a profondément chamboulé notre société, n’est pourtant ni connu, ni reconnu. Blanc médiatique, histoire ignorée, peu revendiquée, ces militantes des années soixante-dix sont passées de la caricature à l’oubli. Traitées à l’époque de « toutes des mal baisées », on les considère aujourd’hui comme « ringardes ». C’est un hommage aux femmes qui ont créé et porté ce Mouvement. Une vingtaine de témoignages évoquant les acquis et leurs limites, sans donner de leçon, ni culpabiliser.

Debout ! parie sur la transmission et l’invention de nouvelles formes d’engagement, comme un appel aux jeunes générations.

Ce qui touche le cœur se grave dans la mémoire

Une jeune cinéaste appartenant à la génération des quinze-vingt-cinq ans s’interroge sur la transmission de la mémoire entre les générations. Elle rencontre plusieurs intervenantes qui ont vécu la naissance des groupes de femmes au début des années soixante-dix en France. Ces femmes retracent les luttes concernant la contraception, l’avortement, l’égalité professionnelle, la législation contre le viol, les violences conjugales… et s’expriment sur le problème de la transmission de cette histoire aux jeunes générations.