C’est une histoire qui tient une place particulière dans le répertoire des horreurs concentrationnaires du XXe siècle. Elle se déroule en Roumanie au début des années cinquante alors que se mettent en place les démocraties populaires. Dans une prison, à Pitesti, où sont regroupés des détenus étudiants, va être menée une expérience, dite de rééducation, qui n’a pas d’équivalent à son époque, ni après, ni de nos jours.
Expérience unique en ce qu’elle force les détenus de la prison à se torturer les uns, les autres. Tous. De façon à ce qu’il n’y ait pas une victime qui ne devienne bourreau, pas un innocent qui ne devienne coupable. Expérience de violence absolue sur les corps et les esprits, emblématique de la nature profonde des régimes de l’Europe de l’Est. La vie, par la suite, pour ces anciens prisonniers politiques ne sera tolérable qu’au prix d’un mutisme absolu. Aux amis, proches, il leur sera impossible de dire : j’ai torturé. J’ai été torturé. Aujourd’hui, trois survivants brisent le tabou tacite. Trois récits intimes pour transmettre l’indicible. Comme une confession.
Au cours de l’année 1999, l’Hôpital Broussais intégrera le nouvel Hôpital Européen Georges Pompidou en construction dans le 15e arrondissement de Paris. Un film sur l’entre deux : les soignants et les soignés, la vie et la mort, le dedans et le dehors, le départ et le retour… le passage. Un film sur l’écoute. Sur le silence et l’oubli.
« Après la vision de Misère au Borinage de Storck et Ivens, je décide de retourner au Borinage, lieu de mon enfance, pour écrire une lettre-film à Henri Storck à propos de la misère sociale qui s’est perpétuée jusqu’à mon époque. Faux candide, je découvre dans les quartiers les plus pauvres, les conséquences les plus ignobles de l’horreur économique. Jour après jour, la lettre fait découvrir une réalité de plus en plus brutale, parfois insoutenable. Elle tente de lever le voile sur un système social et économique qui justifie la misère totale ou pire, la dissimule. La juxtaposition de ces images de 1933 et d’aujourd’hui me surprend. Pauvres de générations en générations, les personnages sont des “désaffiliés” : pauvres parce qu’inutiles à l’intérieur d’une société qui n’a plus besoin de leur main d’œuvre non qualifiée, ils sont tout simplement oubliés. Leur misère est avant tout intellectuelle, leurs enfants se retrouvent dans des écoles pour handicapés mentaux légers parce qu’ils ne sont pas stimulés par leur milieu. D’autres ne vont pas à l’école du tout. Privés d’éducation et d’instruction, les générations se suivent et perdent jusqu’à leur capacité de revendiquer. À force d’être méprisés, ils se méprisent eux-mêmes. Ils souffrent en silence dans une violence de tous les jours. », Patric Jean
Un voyage au Mali, voyage quête, voyage enquête sur une Afrique saisie en son climat, sa temporalité et ses relations d’une autre nature que celles que nous connaissons.
« Moi je crois que ce qui est important dans cette histoire c’est la rencontre de deux hommes. Deux hommes appartenant à des cultures différentes, qui deviennent des amis, et qui se séparent pour suivre chacun leur destin. Je pense qu’il n’y a pas grand chose à inventer. Il faut seulement se fier à ce qui s’est réellement passé et nous le raconter. L’histoire de deux hommes, de deux familles, de deux mondes. Une histoire qui peut arriver partout. C’est l’histoire d’une amitié en fin de compte. », Adama Drabo, cinéaste
Joueur inimitable de hautbois et d’üçtelli, petit luth à trois cordes, le vieux Hayri Dev vit à Tasavlu, au sud-ouest de la Turquie. Un soir, au détour d’une conversation, il décide de traverser dès le lendemain les montagnes de Çameli pour rendre visite à son ami de jeunesse, Mehmet Sakir Akkulak, rude berger et violoniste impétueux, qui habite à un jour de route. Après l’avoir retrouvé dans la montagne, Hayri convainc Mehmet de rentrer avec lui à Tasavlu pour faire la fête. Une mémorable fête de retrouvailles à l’esprit d’enfance transfigurera ces hommes âgés, épris d’une souveraine liberté. Une fête où se conjugueront l’ivresse de la danse et une énergie musicale inépuisable.
« Vers la mer est une traversée de l’Europe, un passage par delà les frontières politiques, un chemin qui relie l’Ouest et l’Est, une épopée vers la mer. Le film débute dans les paysages de la Forêt Noire et se termine au bord de la Mer Noire. Entre ces deux points extrêmes, le film propose la rencontre et des récits avec des gens et des paysages de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Roumanie. Paraît-il qu’aller vers l’Est, c’est aller vers le soleil, donc vers la lumière… Ce film est non pas vécu comme une aventure, mais bien comme une expérience dans le temps, une occasion de se documenter, de recueillir ce qui est en voie de disparition et aussi d’enregistrer les événements du présent. Le fleuve ne serait-il qu’un prétexte à autre chose ? Le Danube met en parallèle l’intemporel de son parcours et le temporel des personnages. Que ce film puisse être le reflet des petites et des grandes histoires de la vie par delà la diversité des pays et des populations traversées par ce fleuve. », Annick Leroy
« Je suis l’homme qui écoute…
Du matin au soir, sans aucun répit…
Quelques fois je me bouche les oreilles, mais j’écoute quand même »…
« … Ainsi commence le récit de L’Homme qui écoute, journal documenté du monde sonore, exploration de tous les sons formant notre univers auditif : la musique, les sons du langage, les différents bruits (naturels ou fabriqués) de notre quotidien. D’une pièce de Boulez aux “langues à cliks” des bushmen africains, du grésillement d’un banc de crevettes aux sons imaginaires de nos rêves, un même désir entraîne ce récit : “J’aimerais comprendre tout ce que j’écoute, comment je l’entends, pourquoi c’est là…”. L’Homme qui écoute chronique le monde sonore, de Paris à New-York, de Québec à Marseille… Il fait surtout un voyage intérieur dans le monde de la pensée : il démontre notre machine à entendre. », François Caillat
Est-ce le jour, est-ce la nuit ? Le temps ne passe pas entre ces quatre murs sales, maculés de taches d’humidité, de traces de doigts. Sommes-nous à New-York ? Ailleurs ?
Un appartement new-yorkais, mettons. Un appartement hanté par une chose qui vit là. Ou ne vit pas. Un appartement rempli par les peurs et les haines de cette chose. Qu’est-ce que c’est ? Lovecraft ? Pas sûr. Est-ce que c’est vivant ? Ça bouge en tout cas. Ça bouge mais furtivement. Ça vit, donc. Mais à peine. Ça ne respire pas (peut-être par crainte d’attirer l’attention).
Non, cette chose n’est pas Lovecraft. Elle n’en est pas l’incarnation. Elle en est une traduction. Voici Lovecraft, tel qu’il se voit lui-même. Réel, mais si peu. Vivant, mais à peine.
Toute marche mystérieuse vers un destin est une tentative de portrait psychique de celui qu’on appelait le « reclus de Providence ». Écrivain dépressif, jamais filmé, jamais enregistré, il ne reste de lui que quelques photographies pieusement regroupées par ses admirateurs. Et puis sa correspondance, innombrable. Et son œuvre immense, qui opère un renouvellement pur et simple de la littérature fantastique.
À Paris, sur le Boulevard Haussmann, le grand magasin des Galeries Lafayette est au même titre que la Tour Eiffel ou les Champs Élysées un symbole de la vie parisienne. Mais le magasin Haussmann est aussi le « vaisseau amiral » de l’un des groupes commerciaux les plus importants de France. Des réunions de direction aux scènes de la vente quotidienne, rythmées par les joies et les peines des uns et des autres, ce feuilleton documentaire nous plonge au sein des mécanismes d’une grande entreprise et de ses contradictions. En suivant nos personnages, en s’attachant à leur personnalité et à leurs parcours, se dessine un portrait des enjeux qui agitent notre société.
- 1er épisode : Piercing interdit (26′)
- 2e épisode : 5 millions à l’heure (26′)
- 3e épisode : L’apprentie sorcière (26′)
- 4e épisode : Les larmes de Madame Gourband (26′)
Pour sauver de la faillite le pressing de ses parents, Imad interrompt ses études de psychologie. Implanté au cœur d’une cité populaire, le commerce avait perdu une grande partie de sa clientèle, de plus en plus touchée par la crise économique. Pour ce jeune homme d’origine tunisienne, il n’est pas acceptable de perdre un patrimoine familial, symbole d’une ascension sociale réussie. Face à la crise, Imad fait preuve d’une énergie et d’une imagination exemplaires, inventant une politique de prix adaptée : « le tout à quinze francs »…