La Traversée de la France à pied

Un homme à pied, avec une caméra, seul, pendant un an, traverse la France, de Paris à la Méditerranée. Il fuit les grandes villes, les grandes routes, les endroits fréquentés. Il cherche des paysages secrets, des lieux inattendus, et surtout des gens – ces « petites gens », toujours là, même si personne n’en parle. Et à travers ces rencontres, se filme et se construit une image de la France.

Il était une fois la télé

Il était une fois la télé

À la Bastide en Val dans les années quatre-vingt, on regarde la télé, on l’aime, on la charrie, on l’envie, on en parle. Même le curé dans son sermon évoque la séduction et les dangers de « la petite image ». À travers ces personnages à l’accent rocailleux que la réalisatrice connaît bien, nous découvrons une télévision chaleureuse et humaine.

Eisenhüttenstadt

Eisenhüttenstadt

Eisenhüttenstadt. « La ville où on fait du fer » est une cité de cinquante mille habitants située en Allemagne Orientale, l’ex « RDA ». Bâtie ex-nihilo il y a un demi-siècle sur un site où se trouvait lors de la Guerre de 1939-45, un stalag et une usine de Zyklon 5. Son développement est lié intrinsèquement à l’implantation d’une usine sidérurgique à l’ère d’« un monde nouveau », alors proclamée dans l’Europe de l’Est. À travers les différentes strates de son architecture, se dévoilent les valses-hésitations – idéologiques, politiques, économiques, humaines – qui marquèrent l’évolution de la République Démocratique Allemande. Toujours dépendante de cette quasi mono-activité malgré les mutations qui sont advenues après la Réunification, Eisenhüttenstadt voit son sort indissolublement inscrit dans la perspective originelle qui l’a fait naître…

L’Île de Symi

La beauté des îles de la mer Égée masque l’extrême précarité de leur situation. Le problème, pour chacune d’elles, a été de vivre de ses propres ressources, de son sol, de ses vergers, de ses troupeaux ; et, ne le pouvant pas, de s’ouvrir au dehors. Vivre sur une île, c’est vivre avec la mer. C’est ici, dans les Cyclades, que la navigation a pris son essor, au deuxième millénaire. Aujourd’hui, le développement du tourisme jugule l’hémorragie humaine qui vidait Symi. Mais alors que l’île avait résisté à des siècles d’invasions guerrières, ces déferlements pacifiques n’en laissent plus que l’apparence.

Bitche

Bitche

Moselle. Trois siècles de guerres ont laissé des marques dans ce paysage de frontière. Les plus visibles sont les fortifications dressées contre l’Allemagne Les contraintes militaires ont modelé le paysage en étouffant toute velléité de développement économique. À présent, la frontière est perméable. Bitche construite contre l’Allemagne ne vit plus aujourd’hui que par l’Allemagne. Progressivement, les raisons économiques l’emportent sur les divisions de l’histoire.

D’une rive à l’autre 

D'une rive à l'autre

C’est l’histoire d’une jeune femme née et ayant vécu en Algérie après l’indépendance, fille de pieds-noirs naturalisés algériens, qui, « perturbée » par le retournement historique que représente l’exil actuel de ses parents en France, décide de revisiter leur histoire.

Elle le fait en interrogeant son père et sa mère, ses frères mais aussi certaines personnes qui ont été proches de ses parents à des moments cruciaux de l’histoire algérienne et qui ont emprunté d’autres itinéraires.

À travers le prisme minuscule d’un noyau familial, on entre-percevra certains je(ux) de cette union charnelle et sans espoir qui liât l’Algérie à la France ; union conflictuelle, passionnelle, ambivalente, qui ne cesse de résonner de chaque côté de la Méditerranée.

Une histoire d’exil singulier mais également une simple histoire de famille comme celle de tout un chacun.

Les Oliviers de la justice

Les Oliviers de la justice

« La représentation de la guerre d’Algérie a toujours fait problème aux cinéastes français. Les films de cette période, en particulier, frappent d’abord par leur vision simplifiée du conflit, souvent présenté comme un conflit classique opposant deux camps trop bien identifiés : d’un côté le FLN, de l’autre l’armée française (les appelés du contingent sont au centre de nombreuses œuvres signées par la Nouvelle Vague : Cavalier, Demy, Godard, Rozier, Varda). Ces films évacuent des images tous ceux que l’on n’évoque jamais ; réfugiés, algériens, pieds noirs, harkis, membres du Parti Communiste Algérien parqués dans des camps.

Les Oliviers de la Justice échappe à ce manichéisme. Sa force est de ne rien schématiser mais au contraire de tout complexifier, ménageant une place aux multiples figures de l’autre que les événements font apparaître, leur offrant à tous la dignité de plans de cinéma où faire entendre leur voix. Voilà sans doute ce qui rendit ce film irrécupérable et totalement incapable d’être exploité politiquement. Voilà sans doute ce qui déplut, la raison de sa condamnation à moisir dans un trou de l’histoire du cinéma français d’où il émerge aujourd’hui, l’explication d’une censure télévisée qui dure depuis 1965. »

Patrick Leboutte, Festival Filmer à tous prix, Bruxelles 1998

Une Maison à Prague

« Un grand siècle, celui qui se termine… Une grande ville, Prague… Une petite maison, celle où je suis né… La maison a traversé le siècle et le siècle a traversé la maison, comme un fil rouge qui a mené ses habitants de l’Anarchisme au Communisme, puis au Stalinisme, puis au Socialisme Réel, puis au réel tout court… », Stan Neumann

Fotoamator

Fotoamator

Walter Genewein, intendant du Ghetto de Lodz en Pologne où furent enfermés des dizaines de milliers de juifs entre 1940 et 1942, était aussi photographe amateur et a pris quelques centaines de diapos couleurs du Ghetto… Arnold Mostowicz était médecin du Ghetto… Photos contre témoignage : confrontation.

Film pour un son imaginaire (Chronique Berlinoise)

« 1987 : nous avons passé la journée à Berlin Est. Ce qui m’a frappé, ce n’est pas ce que j’ai vu, mais ce que j’ai entendu, ou plutôt ce que je n’ai pas entendu. Depuis, il s’est passé beaucoup de choses, le mur est tombé, je suis retournée à Berlin. J’ai demandé à mes amis, de l’ex-Est et de l’ex-Ouest, ce qu’ils entendaient. À travers cette chronique sonore des années vingt à nos jours, entrelaçant imaginaire, souvenirs et témoignages d’inconnus acteurs de leur époque, se révèle la singularité d’une ville qui cristallise les mutations des dernières décennies. », Michèle Rollin