Une longue méditation sur le vide, celui de l’image, du cinéma, de la ville, du lieu. Berlin est une cité en creux et en noir et blanc. Wim Wenders y ballade sa carcasse penchée et sa voix douce, Jean-Luc Godard lâche quelques phrases et Jean Nouvel trace les bâtiments en devenir. Des plans fixes dessinent des frontières mouvantes. La réalisatrice filme un road-movie immobile où les longs travellings marquent des points de fuite. L’errance est seule certitude.
Berlin, symphonie d’une grande ville
Inspiré par les recherches formelles des années vingt, le cinéaste scande les mouvements, les flux et le déroulement temporel de la vie d’une grande métropole de l’aube à la nuit.
D’une brousse à l’autre
Diplômé de l’Idhec, réalisateur depuis 1966, auteur notamment de Mémoire Arménienne en 1993, Jacques Kebadian a commencé à filmer la longue errance des Sans-Papiers Maliens depuis l’expulsion de l’église Saint-Ambroise. Comme il nous l’expliquait l’an dernier dans une séquence Film en Cours des Rencontres Documentaires de Gentilly, au fur et à mesure des « retrouvailles » de lieux de fuite en lieux de fuite, il a progressivement obtenu la confiance de Dodo Wagué. Avec lui, il reconstitue l’itinéraire d’un « sans-papiers » et de sa famille entre Paris et Bamako.
Les Petites ombres d’Alger
Journaliste à l’Agence Im’media, collaborateur de La Cinquième, le réalisateur est allé à la rencontre des enfants orphelins des rues d’Alger et des responsables des quelques organisations caritatives indépendantes qui, contre vents et marées, tentent de leur apporter un soutien.
Matamata et Pilipili
En 1950, au Congo Belge, un missionnaire flamand fou de cinéma, réalise une vingtaine de films, la série des Matamata et Pilipili, les « Laurel et Hardy africains ».
Lez-arts Hip-Hop
Rap, Smurf, Break, Tag, Graffe, Zulu Nation… Véritable culture, le Hip Hop a un langage, un état d’esprit, des signes de reconnaissance, une mémoire, une prospective, le sentiment d’une appartenance revendiquée ou attribuée. Afrika Bambaata, NTM, HB2, Storm, NBS, Mode 2… À travers les paroles et les gestes de ses acteurs, anonymes ou reconnus, participant au festival Lez-arts Hip-Hop à Bruxelles, nous explorons les différentes disciplines artistiques du mouvement et leur inscription sociale et urbaine. Bien au-delà d’un simple phénomène de mode, le Hip-Hop est un formidable mouvement de création, révélateur à la fois des fonctionnements et des blocages de notre société…
Divine carcasse
Le film trace le destin d’une vieille Peugeot qui débarque à Cotonou, au Bénin. Là, elle passe de propriétaire en propriétaire. On accompagne chacun d’eux dans sa vie quotidienne : Simon qui vit dans le monde clos des coopérants, puis son cuisinier, Joseph, qui en fait un taxi clandestin, puis des garagistes, qui tentent de lui redonner souffle chaque fois qu’elle tombe en panne.
Jusqu’au jour où, irréparable, elle finit en carcasse abandonnée dans la rue. C’est alors que Simonnet, forgeron sculpteur en récupère des pièces pour fabriquer une sculpture d’Agbo, dieu vaudou des « gardiens de la nuit », commandée par des sages du village de Ouassa. Après un long voyage en pirogue à travers les lagunes béninoises, la sculpture devient le fétiche protecteur des habitants d’Ouassa. À l’instar de son film précédent, Les noms n’habitent nulle part, (1994) Divine carcasse verse dans la fable anthropologique, « l’ethno-fiction » qui rappelle le travail de Jean Rouch dans les années soixante. Un film fait en complicité avec les Béninois, acteurs de leur propre rôle et dans une forme de récit qui rappelle l’art du griot africain.
La Ballade du serpent, une histoire tsigane
Roumanie, été 1990, « Clejani city » à deux jets de pierre de Bucarest, un « village » tsigane où se raconte encore les ballades de haïdouks, bandits d’honneur d’antan. Querelles, misère, musiques et contes… Depuis la réalisation du film, le groupe musical « Taraf de Haïdouks » sillonne le monde pour de multiples concerts…
Certains se souviennent d’une fameuse « Nuit » d’été où ils se produisirent sous les lambris de l’Opéra Garnier avant de continuer la fête… sur la place.
Qui a peur des Tsiganes roumains
Ils ne connaissent de la France que les terrains vagues coincés entre les lignes de RER et les périphériques, ou encore le métro où ils font la manche… Ils sont tsiganes, ils sont roumains, ils vivent ici dans des caravanes, là-bas dans des masures. Ils aiment leurs enfants et les exploitent, ils demandent l’asile et préparent leur retour… Sur les pas d’un photographe qui les côtoie depuis trois ans, ce film est l’histoire d’une improbable rencontre…
Décibled
Bien sûr et nous en sommes, on peut avoir un souvenir ému du premier concert Raï de Bobigny en 1986. La sono était approximative mais la soirée et l’ambiance envoûtante avec Khaled encore émouvant et le couple Chaba Fadela, Cheb Sahraoui détonnant. Aujourd’hui le Raï fait recette, s’installe dans le sirupeux (Faudel), évite avec constance tout propos « politique » ou « engagé ». Il est loin le temps de la « Guerre du Golfe » où toute musique arabe était interdite d’ondes. Le film de Malek Bensmaïl, lui, explore la nouvelle scène musicale algérienne en exil derrière l’arbre Raï qui cache la forêt…
- Avec Amazigh Kateb et Gnawa Diffusion, influencé par le « blues » gnaoui, le zeste groove des musiques urbaines et des textes engagés et mordants.
- Djam et Fam, groupe Techno-Raï avec un violon électrique virtuose, celui de Djamel Benyelles et « une voix » exceptionnelle celle de Moumen.
- Malik, père sahraoui et mère celte, compose une techno perlée d’influences « orientales » et de sonorités alaoui et raï.
- Markunda, reprend et réinterprète parfois a cappella les chants traditionnels chaoui des Aurès.
- Le Diwan de Bechar.
Le film n’omet pas de rappeler les premières tentatives de « fusion musicale » des années quatre-vingt, celles de Raina Rai et de Carte de séjour…
