En Inde, dans un quartier du vieux Delhi, un homme se bat chaque jour sans relâche contre l’Histoire, contre l’époque, contre les faiblesses des hommes mais aussi contre Dieu. Guru Hanuman a choisi d’offrir sa vie à son pays, aux enfants de son peuple. Fondateur d’une école, il enseigne la lutte aux orphelins des rues. La lutte traditionnelle « Kushti », celle qui se pratique dans l’arène de boue et celle du combat de tous les jours, de l’homme face à son destin. Rencontre avec un homme de quatre-vingt-dix-huit ans, né avec le siècle et nourri de sentiment de libération pour l’indépendance : une légende vivante de la lutte en Inde.
Dear Adamir
Ademir Kenovic est cinéaste à Sarajevo ; pendant toute la durée de la guerre en Bosnie, il reste à Sarajevo et filme les habitants de la ville assiégée. Ses images ont été diffusées notamment par la BBC et Arte (Deux minutes pour Sarajevo). Daniel Coche avait invité Ademir Kenovic au festival du Film de Strasbourg avant la guerre ; il lui adresse une lettre très personnelle, en forme de film, mêlant les images de la défunte Yougoslavie et des manifestations strasbourgeoises de soutien aux démocrates bosniaques. Cette lettre est une tentative pour donner du sens à notre mémoire.
Clean Time le soleil en plein hiver
Marc a trente-quatre ans. Pendant dix ans, il a été toxicomane. Depuis deux ans, il a tout arrêté, il ne prend plus « aucune molécule pouvant modifier le comportement ». Tourné sur quatre ans, ce film est une chronique d’un retour vers la normalité. C’est l’histoire d’une errance qui a changé de sens. D’une dérive sans espoir de retour, elle est devenue le champ de tous les possibles.
Cathédrale
À Mejorada, tout près de Madrid et son aéroport, Justo a entrepris, voici trente ans, de construire tout seul la dernière cathédrale d’Espagne. Une « forteresse romane, en moins massif », qu’il bâtit sans plans préalables, avec des matériaux de récupération et le renfort de deux garçons du village, Sergio et Antonio. Touristes et voisins en visite défilent sur le chantier immense, tandis que le maître d’œuvre et ses apprentis, indifférents aux regards, s’activent sous la coupole inachevée. « On accepte les dons pour finir les travaux. »
Beaivi
Une lapone projetée dans la vie suédoise raconte les rennes, le bruit des rennes, tout au fond du cercle polaire, mais surtout les paroles de son grand-père, l’Histoire d’une mythologie, de la naissance du monde chez les Saames.
Arch’Ange
Fil d’Ariane – Démarche ethnologique – Autodidacte – Image et Son – Immersion/Lieux – Investigation/Temps – Intégration/Groupe – Intention – Intuition – Doutes – Arche – Guide – Lumière – Recherche – Histoire – Matière – Hommes – Archives – Techniques – Mémoire – Porte paroles – Poétique – Trouver – Chimie – Révélation – Supports – Décomposition – Dégradation – Blanc -Lampe-Noirs-A Arc – Artisan – Ombres – Fabrication – Machines – Conservation – Boites – Émulsion – 21 – Expression – Magnétique – Argentine – Couleurs – Trace – Trame – 3 – Feu
Plutôt la vie !
Je lui ai dit : « Myriam, raconte-moi une histoire. » Elle en avait les larmes aux yeux. Raconter des histoires, c’est exactement ce qu’elle aime. Elle s’appelle Myriam Mallié. Elle est une de nos meilleures conteuses. Elle m’a parlé de Gilgamesh, « l’homme qui ne voulait pas mourir » et de son voyage « au-delà du bout du monde » pour obtenir le secret de la vie sans fin. J’ai eu envie de faire connaître ce qu’est le travail d’une conteuse et l’acte de raconter, car elle m’avait ouvert les portes d’un bien étrange domaine. C’est ainsi que j’ai décidé de filmer la (re)création, par Myriam, de cette histoire vieille de cinq mille ans, depuis l’écriture de son adaptation jusqu’à la première présentation en public.
C’est la plus ancienne histoire du monde, une légende qui brasse les aspirations essentielles, Vie, Amour, Mort, Éternité. Celle de Gilgamesh dont s’empare avec passion et doute la conteuse Myriam Mallié. Un film en résonance magique avec l’éclosion hors de sa chrysalide d’un spectacle de paroles, d’écoutes et de silences. Sensible, lumineux. intense.
La Forteresse sentimentale
Louis, un aventurier de l’esprit. À sa façon. Il a traversé l’histoire de la psychiatrie française comme un météore, une pierre tombale plutôt. Pour se retrouver là, parmi les vivants, après quarante années d’asile et de misère. Les images de Louis, filmé par l’équipe qui l’a suivi dix années, sont bouleversantes. Il parle comme écrivait Céline, avec des raccourcis saisissants. On le retrouve aujourd’hui, avec ces mots et ces gestes qui n’appartiennent qu’à lui. Il n’a plus de compte à rendre, ni à lui, ni à l’hôpital. Il est vivant. Et il le sait. Qui est fou ?
Louis Mahé a « vécu » quarante-cinq ans en « HP ». Le cinéaste construit avec lui, minutieusement, comme une ballade triste, l’itinéraire d’une libération. Ainsi s’instruit en filigrane le dossier noir de l’histoire de psychiatrie. Mais sommes-nous si sûrs d’être sortis de l’ère du Surveiller et Punir analysée par Foucault ?
Makom Avoda
En 1981, vingt-cinq familles israéliennes fondent le moshav Shekef, un village agricole coopératif, à côté du très grand village palestinien Beth Awah, de part et d’autre de la ligne verte – la frontière d’avant juin 1967 – le moshav et ce village se font face. En 1988, au début de l’Intifada, un des membres du moshav est assassiné. Jusqu’à aujourd’hui, malgré les enquêtes, les assassins n’ont jamais été identifiés. Pourtant du jour au lendemain, les jeunes travailleurs palestiniens sont renvoyés du moshav, et remplacés par une main d’œuvre agricole étrangère, notamment thaïlandaise. Le film raconte l’histoire d’une relation triangulaire dans un lieu-makom autour du travail-avoda.
Sur la « ligne verte » entre Israël et Entité palestinienne, les colons Moshav de Shaker, imprégnés de l’idéologie de droite du Betar lorgnent le village de Beit Awah. L’heure n’est plus, après l’Intifada et les accords d’Oslo en perdition, de « faire confiance » à la main d’œuvre palestinienne, plongée dans un chômage endémique avec le bouclage récurrent des Territoires. Des ouvriers Thaïlandais sont venus les remplacer ; des immigrés économiques comme ils s’en trouvent partout par le monde… Sauf qu’ici, ils transitent dans le no man’s land d’une Histoire déboussolée…
Al Qantara ou vacances d’exil
Chaque été, l’Europe entreprend sa transhumance vers le sud. Elle ignore toutefois que des milliers d’individus empruntent eux aussi la route du soleil pour un périple obéissant au même rituel : celui de milliers de familles d’Afrique du nord vers leur pays d’origine. Mokhtar prépare, en Belgique, ses vacances au Maroc. Depuis sa retraite, il n’a qu’un espoir : rentrer au pays pour toujours. Mais il sait que ses enfants lui manqueront au bout de quelques mois. Aïcha passe l’été au Maroc, dans la maison qu’elle a acheté avec son mari. Depuis sa mort, elle sait qu’elle ne finira pas ses jours dans ce quartier d’émigrés. À Tanger, elle se sent aujourd’hui une étrangère. Entre ici et là-bas, Fatima voyage. Elle rêve sans doute d’un pays qui serait deux pays…
Mémoire d’exil, mémoire de labeur et de retour saisonnier au pays, le Maroc. Frédéric Fichefet trouve la juste distance et le dispositif adéquat en accompagnant avec discrétion Mokhtar et sa famille de Bruxelles à Tanger, dans son périple au fil des autoroutes. « Être chez soi, c’est être là où le regard de quelqu’un vous importe »…
