Mes Vidéos 91-95

  • Série : À quatre ans, je dessinais comme Picasso (1991)
    • Film de famille, 3′
    • Tout le monde meurt, 2’26
    • Souvenir rêvé, 1’22
  • Série : Petites scènes de la vie ordinaire I (1992-1993)
    • Le jeudi de l’Ascension, 1’52
    • Papa gros con, 1’25
    • Filme ma poupée,1’41
    • La vache qui parle, 5’19
  • Série : Les grands moments de la photo de famille (1992-1993)
    • Famille B, 4’26
    • Maintenant, 1’05
    • Épilogue, 50”
  • Série : Petites scènes de la vie ordinaire II (1994-1995)
    • La tarte au citron, 4’23
    • La forêt de Rambouillet, 2′
    • Les joujoux de Noël, 5’34

La Vision théorique

« … Du plan serré au plan large, du cinéma primitif (L’Arroseur arrosé) avec ses séries de plan-séquence autonomes. Aux mises en scène avec personnage pour lesquelles il conçoit à chaque fois des micro-scénarios. Un cadrage et un montage. On peut voir se dessiner une forme linéaire qui vise, sur la base des mêmes éléments, un vocabulaire structuré de la relation à l’autre, avec tout ce que cela implique de rapport de force ou de séduction. Ce qui demeure tout au long de ce parcours demeure l’ambiguïté et la tension de la position de l’artiste Bord-Cadre, entre absence et présence. En y ajoutant de l’intérieur, de nouveaux syntagmes, Joël Bartoloméo s’applique à élargir un corpus initialement restreint, à le desserrer de son emprise avec le genre, de la photo de famille au cinéma amateur. », Stéphanie Moisdon-Trembley, présentation de l’édition vidéo

La Vision « People »

« Volubile, passionnée et adepte des équations insensées, voici Lili, belle comme une héroïne de Woody Allen. Timide, rire de ventriloque et lunettes-bicyclette, tout droit sorti d’une comédie de Jacques Tati, voilà Joël, son mari. Nom de couple, les Bartoloméo, tous deux nés à Bonneville (Haute-Savoie), dans la même maternité, accouchés par la même sage-femme, elle en 1956, lui, un an plus tard. C’est lui, l’artiste, lui qui depuis dix ans filme en vidéo et presque en huis clos leur vie quotidienne avec les jumeaux, Coline et Fabian, onze ans et bien sûr Lili. » En fait, précise Joël Bartoloméo ce sont des films de famille anti famille qu’il a commencé sans vraiment savoir ce qu’il allait en faire, absorbé par cette caméra qui est devenue un outil à enregistrer les rites et rituels de sa petite tribu, Toujours prête à entrer en action. « Un chien » ajoute Lili.
Portrait par Brigitte Ollier, série Duos intimes (Libération, 19 août 1997).

La Vision des « Écrans Documentaires »

Au-delà de l’originalité du dispositif artistique posé par Joël Bartoloméo, ses travaux vidéos interrogent les perspectives du « cinéma des familles » à l’ère caméscope. Contiguïté et détournement, décalage et subversion, effet de loupe sur l’intime… Des films à priori sans visée « documentaire ». Comme semblerait l’attester d’ailleurs le circuit artistique dans lequel ils sont diffusés : Semaine internationale de la vidéo de Genève, Centre Georges Pompidou, Espace Croisé de Lille, etc. Pourtant la porosité des « genres », des actes, tels qu’ils sont par habitude dûment étiquetés en est d’autant plus questionnée. En fonction du contexte de diffusion, la maîtrise d’une œuvre échappe-t-elle à son auteur ? De quel point de vue la découvre-t-on et dans quelle perspective ? Qu’est-ce qui fait l’acte artistique et sa reconnaissance ? Les Archives Bartoloméo deviendront-elles documentaires ?

Joe et Maxi

Joe et Maxi

« Faire le film, c’était voir mon père, c’était me voir moi-même » déclare à la fin de Joe et Maxi, la jeune réalisatrice (vingt-trois ans à l’époque) Maxi Cohen. Comprendre un père et le regard qu’il porte sur vous. Se comprendre. Ce « rêve de film » remontait dix ans en arrière quand Maxi Cohen imaginait faire le portrait d’un « héros énigmatique », aventureux, candide et charismatique. Deux événements décideront de l’accomplissement de son projet : la mort prématurée de sa mère atteinte d’un cancer et la rencontre d’un complice, Joël Gold permettant d’envisager ce portrait. Mais si intimement lié à la vie, le film tourne au journal de bord d’une rencontre et de la maladie…

Osaka Story

Malgré une mise à distance volontaire dans son exil anglais, son immersion dans une autre culture et d’autres modes relationnels, le réalisateur éprouve le besoin du Retour pour solder ses doutes et faire le point… Un film pour éloigner de ces questionnements et un miroir aussi, pour les membres de sa famille.

Après quelques années à l’étranger, Toichi, le réalisateur retourne dans sa ville natale d’Osaka pour filmer les siens. Dans les mille et un détails de la vie quotidienne vont se révéler les fractures visibles et les problèmes plus secrets de cette famille prise entre deux cultures, la japonaise et la coréenne, dont les relations ont toujours été difficiles. Le père entretient une autre famille en Corée, la mère se pose des questions sur son présent et son avenir. Le frère est pris entre ses affaires dans l’entreprise paternelle et la secte dont il est adepte. Une des sœurs a fait ses choix et assume son indépendance. Quant à Toichi, son dilemme n’est pas moindre : doit-il pour de bon rentrer au Japon et jouer le rôle traditionnellement dévolu à l’aîné des fils ? Ou peut-il retourner en Occident, et assumer seul ses choix de vie ?

Héritages

Héritages

Ce qui est dit, ce qui est tu. Ce qui fait souffrance pour les uns, pour les autres. Ce qui se transmet. Et le temps qu’il faut pour le dire. Trois générations face au travail de mémoire. Intensité et pudeur… Trois rescapés d’Auschwitz racontent de quelle façon et dans quelles circonstances, ils ont révélé leur histoire depuis leur retour. Leurs descendants expriment ce qu’ils ont ressenti en la découvrant, en quoi elle a marqué leur identité et ce dont ils se sentent investis. Ainsi se constitue un récit complexe, quelquefois contradictoire, qui met en lumière les effets de la parole et des non-dits sur trois générations et plus généralement soulève la question de la transmission de l’histoire.

Asmara

Asmara

Un fils, un père. Une mémoire à trous et caches. Un voyage à deux pour la réactiver, la soumettre à la question. Pour tenter de comprendre, de se comprendre aussi sans doute… « Je me souviens des dimanches froids et gris où toute ma famille se réunissait autour de l’album de photos. Pendant ce temps, la vie du petit village suisse s’écoulait lentement. Parmi les innombrables photos de vacances en Italie, notre pays d’origine, l’une m’attirait de manière inquiétante, sinistre. On y voyait six personnes pendues. C’étaient des noirs aux longs vêtements blancs. On distinguait la corde autour de leur cou. La photo resta gravée dans ma mémoire… et je grandis. Peu à peu, le mystère de cette image se révéla : mon père avait participé comme soldat à la guerre d’Éthiopie en 1936. Ensuite il vécut quinze ans à Asmara, la capitale de la colonie italienne d’Érythrée, avant de rentrer en Italie puis d’émigrer en Suisse. Je n’ai jamais rien su de cette longue période. On n’en parlait pas. C’était une période tabou pour nous comme d’ailleurs pour tous les italiens. Un jour, je décidais de tourner un film autour de ces deux tabous, le privé et l’historique. »

Quand j’étais petit, le Liban pour moi c’était ça

Par l’auteur (avec Corine Miret) des cartes postales vidéos du « Voyage en Orient ». Un film de (par, pour la) famille et pour soi à travers elle. Un voyage comme une « lettre au père » qui musarde dans la mémoire et les clichés de l’Orient. Et une tentative de décryptage de certaines des représentations imaginaires que nous en avons.

Best Boy

Best Boy

Ira Wohl filme son cousin Phil, handicapé mental adulte, qui jusqu’à ses cinquante-deux ans, a été complètement protégé du monde par ses parents. Une caméra témoin mais aussi participative qui accompagne le processus d’ouverture d’une chrysalide durant plus de trois ans. Si Best Boy est l’histoire d’une « émancipation » et d’une découverte du monde, tous les acteurs du cercle familial évoluent avec lui…

Ira Wohl a commencé sa carrière de cinéaste au début des années soixante-dix en tant qu’assistant sur le film d’Orson Welles Don Quichotte avant de travailler en télévision et de réaliser plusieurs courts et longs métrages documentaires. Depuis 1990, Ira Wohl est devenu psychothérapeute et réalise des séries documentaires sur les diagnostics psychologiques.

Il réalisera ensuite Best Man : Best Boy et chacun d’entre nous vingt ans après, puis Best Sister.

Jours d’été

Dans le même esprit et le même principe du montage de films amateurs que leur précédent film Terre Neuvas (avec Manuela Fresil en plus dans l’équipe)…Les auteu·rices évoquent cette fois un demi-siècle de congés payés. Une douce balade entre fête villageoise et bord de mer, entre farniente et randonnées. Avec des madeleines d’enfance, des romances adolescentes. Une partition savamment articulée, pour fusionner après un long travail de collecte – une myriade de mémoires intimes qui peuvent ainsi rencontrer notre imaginaire collectif.

Omelette (pied de nez)

Sur les traces de Joseph Morder, cinéaste expérimental qu’il admire, Rémi Lange filme en Super 8 son ciné-journal, tenaillé par la nécessité d’une révélation… Film-démarche. Film-questions à tiroirs. Qui brassent… la question d’identité. Celle du rapport à l’autre quand tourne la caméra. Celle de la restitution de l’échange. Celle encore de la diffusion d’un travail filmique. Car Omelette, existe aussi dans une version « abrégée », en durée comme en sens : Les anges de nos campagnes, qui fut diffusé dans l’Œil du Cyclone sur Canal+. Le même film et un autre aussi…

Demain et encore demain – Journal 1995

Demain et encore demain - Journal 1995

Ainsi une « documentariste », une cinéaste, nous place face à une réflexion en action. Produit du sens, des sentiments, des impressions, des questionnements, interroge des engagements, des relations, ses émotions, le temps qu’il fait, l’air du temps. Les siens et peut-être une part du nôtre. Une caméra Hi8 pour faire une « mise au point ». Pour elle, pour nous. Libres à nous. C’est du cinéma, donc des images en mouvement, une voix, des sons, des lumières, une aube, le paysage d’un corps, de la brume en montagne. Des paroles et des silences. Les siens, les siennes que rien ne nous oblige à faire nôtres. C’est du cinéma qui parle de la vie. En direct, en différé. Cela reste donc de la représentation. Du passé déjà, des indices, des signes, des détails infimes qui permettent peut-être de « voir venir » l’avenir. De refuser ou nous approprier ce qui est dit dans cet acte. Qui ne nous objurgue pas à communiquer mais à prendre le temps, le temps du film comme il vient, comme on le ressent. Chacun, seul et ensemble comme toujours au cinéma. « De janvier à septembre 1995, j’ai voulu filmer ma vie en Hi-8. Cette année j’ai aimé un homme et j’ai filmé ma mère. Comme beaucoup d’autres, je me suis demandée pour qui il fallait voter et dans quel collège je devais envoyer mon fils ; c’était la même question, celle de notre devenir collectif et du libéralisme triomphant. J’ai aussi filmé le soleil sur le plancher, la dépression, les fleurs et les vacances. Je voulais surtout saisir le temps qui passe et nous transforme, j’aurais pu appeler le film : Devenir. En le faisant, chemin faisant, j’ai repris goût à la vie. J’avais fait un film sur le manque et il me semble que c’est un film sur le bonheur d’une femme banale mais cinéaste, cinq ans avant l’an 2000. »