En mai 1981, une famille juive soviétique quitte l’URSS pour les États-Unis, emportant quantité de valises au contenu hétéroclite. De Moscou à Los Angeles, en passant par Vienne et par Rome, Jean-Luc Léon a filmé la chronique souvent cocasse de la découverte de l’Occident par cette famille, d’émerveillements en petits désenchantements jusqu’à l’installation définitive. Dix ans plus tard, le cinéaste retrouve trois citoyens américains : après la chute du mur, Isabelle et Ilya Lapirov, et leur fils Innokenti devenu Ken retournent pour la première fois en vacances à Moscou…
Family Viewing
C’est l’un des premiers films de l’auteur de De beaux lendemains, prix du jury à Cannes cette année et sur les écrans depuis octobre. Issu d’une famille arménienne installée à Toronto, Atom Egoyan n’a cessé depuis ses premiers films au début des années quatre-vingt, d’installer dans ses scenarii, un principe de mise en abîme des images où télévision et vidéo (familiale, de surveillance) fabriquent mémoires et effets de miroir. Réfléchissant traumatismes, fantasmes pervers ou nostalgies bienheureuses. Mais Family Viewing est en sus une fable moderne : sur le primat du télévisuel et de l’irréalité « écranique », tyrannique, absorbante au sens littéralement physique du terme. Sur la désagrégation (mais aussi la possible recomposition imaginaire) de la cellule familiale nucléaire. C’est encore l’inventaire du mensonge et du faux-semblant, de l’hypocrisie et de l’enfermement quasi mutique, régissant nombre de relations humaines. Et en prime un regard sur la vieillesse et la manière dont elle est considérée. Mais dans cet apparent processus d’accablement, Egoyan nous ménage des points de fuite dans ces impasses.
Free Fall
Peter Forgacs a entrepris depuis 1989 l’exploration de la mémoire collective hongroise à partir d’archives cinématographiques privées. Il donne à celle-ci une traduction originale avec la série Hongrie Privée, un véritable « feuilleton vidéo » retraçant à partir de « films de famille » des destinées individuelles. Dixième opus de cette série, Free Fall, prend la forme d’un opéra-vidéo composé sur une musique originale de Tibor Szemzö à partir des images privées de György Peto filmant sa famille entre 1938 et mars 1944.
Au printemps 1944, toutes les communautés juives de l’Europe occupée par les nazis sont emportées dans le maelström. Malgré l’édiction de lois antisémites en Hongrie depuis 1938, la communauté juive hongroise n’est pas encore touchée… Comment cela a-t-il été possible ? Comment ont-ils été emportés dans la tourmente nazie ? Vue de l’intérieur, quelle était la vie de ces « futures victimes » dans cette étouffante atmosphère ? Quelle compréhension peut-on avoir du langage brutal de la loi si elle vous est soufflée à l’oreille par des voix angéliques ? Malgré le rétrécissement de l’espace vital et les signes de plus en plus effrayants d’une réalité, pourquoi subsiste jusqu’à la fin l’espoir… ?
Peter Forgacs est né en 1950 à Budapest. Après des études de sculpture et de graphisme, il est entré aux studios Bela Balazs en 1978. Il pratique la photo, réalise des films expérimentaux et, pour la télévision hongroise, des fictions documentaires. Peter Forgacs séjourne deux ans en Angleterre et commence la série Hongrie Privée en 1989. Les quatre premiers épisodes sont présentés au cours de « Parcours du Double, ethnologie de l’imaginaire » une manifestation organisée par Pierre Ponant et Arts Rencontres Internationales au Musée National des Monuments Français au Palais de Chaillot « Wittgenstein-Tractatus, le Dictionnaire Bourgeois » est présenté à Gentilly il y a trois ans dans le thème, « Les territoires de la mémoire ».
Tibor Szemzö a suivi des études musicales au Conservatoire Bartok, à l’Académie Franz Liszt et à la Schola Hungarica. Il joue des musiques improvisées avec son propre quatuor dès 1970 et a créé au début des années quatre-vingt, le groupe 180, Ensemble de musique nouvelle. Il s’est engagé dans un courant utilisant « l’électronique primitive », des instruments expérimentaux, des voix et éléments verbaux. Compositeur et interprète, il se produit en concert et lors de performances. Invité à Parcours du Double, manifestation citée plus haut.
À la recherche de Vera Bardos
« Le jour où j’ai réalisé que je ne savais pas le nom de ma tante, morte à quinze ans en camp de concentration, j’ai été saisie d’effroi. Ceci est un film sur la mémoire qui revient, sur l’impossible oubli. »
Le Kougelhopf
« J’ai filmé ma mère en train de confectionner un kougelhopf, gâteau traditionnel de Transylvanie. Elle pétrit la pâte, et remue ses souvenirs : la vie d’une femme juive en Roumanie, l’exil, l’histoire de sa famille disparue dans les camps nazis. »
Faille
Faille est l’espace de silence entre deux civilisations, deux générations, deux êtres… Faille est le chemin par le langage, vers la parole. Faille est la mémoire préservée, la filiation douloureuse dans l’exil. Entre France et Vietnam.
L’Effet Transsibérien
Au début du siècle, juste avant la révolution de 1905, Blaise Cendrars vit et voyage en Russie. En 1913, de retour à Paris, il écrit La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Dix jours durant, Moscou-Tchita aller et retour, nous nous sommes plongés à notre tour dans la Russie de cette fin de siècle avec pour feuille de route le poème de Blaise Cendrars. Ne nous demandez surtout pas quel jour nous sommes ni quelle heure il est ! C’est le début de l’Effet Transsibérien.
Trois histoires d’amour de Vanessa
Trois moments dans l’éducation sentimentale de Vanessa, adolescente de Champigny-sur-Marne. Trois instantanés, filmés à trois différentes périodes de son évolution : treize ans, quinze ans, seize ans. Trois garçons, objets de son amour : Willy, Jonathan, Yacine. De ses balbutiements amoureux de petite fille à ses premiers désirs de femme, Vanessa grandit et construit son histoire.
Folle Patience
Dans un foyer, Jacques vit avec Alexandra une histoire d’amour… Jacques parle beaucoup, Alexandra pas du tout. Jacques a cinquante-neuf ans, Alexandra vingt-quatre. Jacques et Alexandra sont tous les deux paralysés.
L’Ours et la Petite Mariée
Que sont devenus les tsiganes en ex-Yougoslavie ? Je ne le sais pas. Alors je me souviens… Demain…
