Marseille sans soleil

Marseille sans soleil

« Pour mémoire «. Film dans le film est tourné par une petite équipe. Le sujet : parler de Marseille et de l’ami mort à la guerre d’Algérie, celui-là même qui a écrit le scénario.

Paul Carpita se souvient que son père docker lui fit connaître sa ville natale, qu’à Marseille chez les dockers, revenir à la maison la gamelle pleine signifiait, pour le journalier, une journée sans embauche.

Marseille, sans soleil, c’est pour l’auteur, l’absence de maquillage et de clichés.

Si Marius et César sont présents, ils le sont de manière dérisoire. Film tourné à la vitesse d’un jour, qui n’a que vingt-quatre heures, l’histoire rebondit, sans cesse, entre le souhait et la réalité.

Dire l’amour pour un endroit qui a une âme que l’on ne voit pas. Penser rues, ruelles, avenues, boulevards sans s’y attarder,regarder le vieux port et la place aux huiles en 1960 alors que, de l’autre côté de la Méditerranée, c’est la guerre sans nom.

457 Marseillais(es) sur une chaise

Portrait de deux « tribus » marseillaises : celle, maghrebo-gitane, de Bassens, une cité de transit… depuis trente ans, dans les Quartiers Nord et celle des comoriens, les plus nombreux parmi les récents arrivants de ce flux qui irrigue Marseille depuis vingt-cinq siècles.

Portrait dont la parole témoigne de vécus, celui d’un supposé ghetto, celui d’une supposée incapacité à l’intégration, dont l’une des qualités est bien cette réjouissante énergie démocratique (comités des quartiers, associations) se nourrissant d’une longue tradition villageoise, pour les comoriens, ou d’une lutte contre leur propre abandon… par la société civile, pour Bassens.

À l’aune d’une valeur que notre monde contemporain a quelque mal à pratiquer : la solidarité… Et ce, dans la lumière revendiquée : la beauté.

Qu’alors cette parole démocratique et « tribale » ait été « appelée » – plutôt que « cadrée » – par des artistes dont deux artistes indiens américains, « archétypes » universels de l’homme tribal hollywoodien, quoi de plus normal puisqu’il s’agissait bien de retourner quelques clichés dans ce très vieux port ou cent vingt-huit tribus, un jour, ont entonné, ensemble, un chant nouveau : La Marseillaise…

Écoute, respect… voilà peut-être les deux notes fondamentales d’un nouvel hymne à travailler dans son écho originel et universel…

Que son air se doive d’être beau mais moins martial qu’un autre… sans nul doute, et c’est à notre sens, le moins que puissent faire des artistes, ensemble, aujourd’hui… Parole d’humanité ! Marseille(s) s’en voudrait un humble écho… où ont résonné en sympathie, sens musical compris.

Trois hommes dans le bus n° 26

Encore sous le choc du meurtre du jeune comorien Ibrahim Ali, trois jeunes témoignent… De la coutume, de la sagesse, de la solidarité, de la démocratie, de la musique… et de la diversité des opinions dans cette communauté marseillaise de cinquante mille personnes qui vit dans les Quartiers Nord et au Panier.

Deux hommes à Bassens

Ou la rencontre entre le poète indien américain Joe Dale Nevaquaya et l’artiste plasticien Malik Ben-Messaoud au cœur de la cité « de transit » de Bassens : « ces cages à cochons faites pour six mois… et toujours debout trente ans après ».

La Hauteur du silence

Bosnie. Tant de choses dites. Tant de drames évoqués, exposés, moulinés. Tant d’interprétations et de tentatives de décryptages. Tant de mauvaise conscience et de nécessaires (?) arrangements avec elle. La question du Regard et son insondable et définitive interrogation…
Quand un des pionniers de l’art vidéo en France, un créateur foisonnant de magies électroniques, choisit la seule forme possible pour son sujet, l’épure…

Algériennes, trente ans après

Algériennes, trente ans après

L’émancipation, les rôles, les droits, la reconnaissance de la femme dans l’espace social, culturel et politique arabo-musulman hantent les cinématographies du monde arabe depuis longtemps. Dans les années soixante-dix, la mise sous tutelle de la condition féminine arabe ou berbère était traitée sous une forme dénonciatrice, poétique et souvent elliptique, relevant archaïsmes sociaux et culturels : El Chergui, le silence violent de Moumen Smihi, en est l’exemple le plus brillant. Dans la veine militante, des films comme celui que la libanaise Heiny Srour réalisa sur la guérilla Omanaise du Dhofar, offrait une représentation féminine incroyablement émancipée, qui n’avait rien à envier aux guerrilleras latinas ou Viet-Cong. De quoi provient l’impression que l’horloge de l’histoire semble s’être mise à tourner à l’envers ? Sommes-nous frapper d’aveuglement par nos représentations, nos fantasmes, notre incapacité à penser « la complexité » ?
En 1966, Ahmed Lallem filme une classe de lycéennes algéroises lors de l’année du bac. Dans ce documentaire, Elles, ces jeunes filles témoignent de leurs espérances, de leurs convictions, de leur fierté de vivre dans une société en construction ; un pays affirmant sa dignité où semble pouvoir s’augurer une reformulation de la place de la sphère féminine dans la société…
Trente ans après, le cinéaste retrouve quatre d’entre elles, Badra, Fatima, Hassima, Souad. Il leur tend ce miroir, leur donne la parole…

Stories from the old ruin

La chute de Pompéi racontée par Pline le Jeune, dialogue avec un processus visuel d’altération et de colorisation fonctionnant comme une allégorie du processus de désintégration des civilisations.

Je suis de la grande Europe

Je suis de la grande Europe

« Pourquoi toujours la même souffrance ? Pourquoi toujours la même tristesse ? Je retourne dans mon pays et tout conserve son ordre… Tous les fantômes des guerres que je n’ai pas connues mais qui ont marqué ma chair avec leur mitraille. »

Da Trappani

« L’appel désespéré d’une veuve, canalisée par l’église, pas plus que l’inefficace beauté musicale du ballet des forces de l’ordre n’arrivent à ralentir le rythme des explosions qui secouent la Sicile. »