L’Île de Symi

La beauté des îles de la mer Égée masque l’extrême précarité de leur situation. Le problème, pour chacune d’elles, a été de vivre de ses propres ressources, de son sol, de ses vergers, de ses troupeaux ; et, ne le pouvant pas, de s’ouvrir au dehors. Vivre sur une île, c’est vivre avec la mer. C’est ici, dans les Cyclades, que la navigation a pris son essor, au deuxième millénaire. Aujourd’hui, le développement du tourisme jugule l’hémorragie humaine qui vidait Symi. Mais alors que l’île avait résisté à des siècles d’invasions guerrières, ces déferlements pacifiques n’en laissent plus que l’apparence.

Bitche

Bitche

Moselle. Trois siècles de guerres ont laissé des marques dans ce paysage de frontière. Les plus visibles sont les fortifications dressées contre l’Allemagne Les contraintes militaires ont modelé le paysage en étouffant toute velléité de développement économique. À présent, la frontière est perméable. Bitche construite contre l’Allemagne ne vit plus aujourd’hui que par l’Allemagne. Progressivement, les raisons économiques l’emportent sur les divisions de l’histoire.

D’une rive à l’autre 

C’est l’histoire d’une jeune femme née et ayant vécu en Algérie après l’indépendance, fille de pieds-noirs naturalisés algériens, qui, « perturbée » par le retournement historique que représente l’exil actuel de ses parents en France, décide de revisiter leur histoire.

Elle le fait en interrogeant son père et sa mère, ses frères mais aussi certaines personnes qui ont été proches de ses parents à des moments cruciaux de l’histoire algérienne et qui ont emprunté d’autres itinéraires.

À travers le prisme minuscule d’un noyau familial, on entre-percevra certains je(ux) de cette union charnelle et sans espoir qui liât l’Algérie à la France ; union conflictuelle, passionnelle, ambivalente, qui ne cesse de résonner de chaque côté de la Méditerranée.

Une histoire d’exil singulier mais également une simple histoire de famille comme celle de tout un chacun.

Les Oliviers de la justice

Les Oliviers de la justice

« La représentation de la guerre d’Algérie a toujours fait problème aux cinéastes français. Les films de cette période, en particulier, frappent d’abord par leur vision simplifiée du conflit, souvent présenté comme un conflit classique opposant deux camps trop bien identifiés : d’un côté le FLN, de l’autre l’armée française (les appelés du contingent sont au centre de nombreuses œuvres signées par la Nouvelle Vague : Cavalier, Demy, Godard, Rozier, Varda). Ces films évacuent des images tous ceux que l’on n’évoque jamais ; réfugiés, algériens, pieds noirs, harkis, membres du Parti Communiste Algérien parqués dans des camps.

Les Oliviers de la Justice échappe à ce manichéisme. Sa force est de ne rien schématiser mais au contraire de tout complexifier, ménageant une place aux multiples figures de l’autre que les événements font apparaître, leur offrant à tous la dignité de plans de cinéma où faire entendre leur voix. Voilà sans doute ce qui rendit ce film irrécupérable et totalement incapable d’être exploité politiquement. Voilà sans doute ce qui déplut, la raison de sa condamnation à moisir dans un trou de l’histoire du cinéma français d’où il émerge aujourd’hui, l’explication d’une censure télévisée qui dure depuis 1965. »

Patrick Leboutte, Festival Filmer à tous prix, Bruxelles 1998

Une Maison à Prague

« Un grand siècle, celui qui se termine… Une grande ville, Prague… Une petite maison, celle où je suis né… La maison a traversé le siècle et le siècle a traversé la maison, comme un fil rouge qui a mené ses habitants de l’Anarchisme au Communisme, puis au Stalinisme, puis au Socialisme Réel, puis au réel tout court… », Stan Neumann

Fotoamator

Walter Genewein, intendant du Ghetto de Lodz en Pologne où furent enfermés des dizaines de milliers de juifs entre 1940 et 1942, était aussi photographe amateur et a pris quelques centaines de diapos couleurs du Ghetto… Arnold Mostowicz était médecin du Ghetto… Photos contre témoignage : confrontation.

Film pour un son imaginaire (Chronique Berlinoise)

« 1987 : nous avons passé la journée à Berlin Est. Ce qui m’a frappé, ce n’est pas ce que j’ai vu, mais ce que j’ai entendu, ou plutôt ce que je n’ai pas entendu. Depuis, il s’est passé beaucoup de choses, le mur est tombé, je suis retournée à Berlin. J’ai demandé à mes amis, de l’ex-Est et de l’ex-Ouest, ce qu’ils entendaient. À travers cette chronique sonore des années vingt à nos jours, entrelaçant imaginaire, souvenirs et témoignages d’inconnus acteurs de leur époque, se révèle la singularité d’une ville qui cristallise les mutations des dernières décennies. », Michèle Rollin

Berlin-cinéma (titre provisoire)

Berlin-cinéma (titre provisoire)

Une longue méditation sur le vide, celui de l’image, du cinéma, de la ville, du lieu. Berlin est une cité en creux et en noir et blanc. Wim Wenders y ballade sa carcasse penchée et sa voix douce, Jean-Luc Godard lâche quelques phrases et Jean Nouvel trace les bâtiments en devenir. Des plans fixes dessinent des frontières mouvantes. La réalisatrice filme un road-movie immobile où les longs travellings marquent des points de fuite. L’errance est seule certitude.

Berlin, symphonie d’une grande ville

Berlin, symphonie d’une grande ville

Inspiré par les recherches formelles des années vingt, le cinéaste scande les mouvements, les flux et le déroulement temporel de la vie d’une grande métropole de l’aube à la nuit.

D’une brousse à l’autre

Diplômé de l’Idhec, réalisateur depuis 1966, auteur notamment de Mémoire Arménienne en 1993, Jacques Kebadian a commencé à filmer la longue errance des Sans-Papiers Maliens depuis l’expulsion de l’église Saint-Ambroise. Comme il nous l’expliquait l’an dernier dans une séquence Film en Cours des Rencontres Documentaires de Gentilly, au fur et à mesure des « retrouvailles » de lieux de fuite en lieux de fuite, il a progressivement obtenu la confiance de Dodo Wagué. Avec lui, il reconstitue l’itinéraire d’un « sans-papiers » et de sa famille entre Paris et Bamako.