Cathédrale

Cathédrale

À Mejorada, tout près de Madrid et son aéroport, Justo a entrepris, voici trente ans, de construire tout seul la dernière cathédrale d’Espagne. Une « forteresse romane, en moins massif », qu’il bâtit sans plans préalables, avec des matériaux de récupération et le renfort de deux garçons du village, Sergio et Antonio. Touristes et voisins en visite défilent sur le  chantier immense, tandis que le maître d’œuvre et ses apprentis, indifférents aux regards, s’activent sous la coupole  inachevée. « On accepte les dons pour finir les travaux. »

Beaivi

Beaivi

Une lapone projetée dans la vie suédoise raconte les rennes, le bruit des rennes, tout au fond du cercle polaire, mais surtout les paroles de son grand-père, l’Histoire d’une mythologie, de la naissance du monde chez les Saames.

Arch’Ange

Fil d’Ariane – Démarche ethnologique – Autodidacte – Image et Son – Immersion/Lieux – Investigation/Temps – Intégration/Groupe – Intention – Intuition – Doutes – Arche – Guide – Lumière – Recherche – Histoire – Matière – Hommes – Archives – Techniques – Mémoire – Porte paroles – Poétique – Trouver – Chimie – Révélation – Supports – Décomposition – Dégradation – Blanc -Lampe-Noirs-A Arc – Artisan – Ombres – Fabrication – Machines – Conservation – Boites – Émulsion – 21 – Expression – Magnétique – Argentine – Couleurs – Trace – Trame – 3 – Feu

Plutôt la vie ! 

Je lui ai dit : « Myriam, raconte-moi une histoire. » Elle en avait les larmes aux yeux. Raconter des histoires, c’est exactement ce qu’elle aime. Elle s’appelle Myriam Mallié. Elle est une de nos meilleures conteuses. Elle m’a parlé de Gilgamesh, « l’homme qui ne voulait pas mourir » et de son voyage « au-delà du bout du monde » pour obtenir le secret de la vie sans fin. J’ai eu envie de faire connaître ce qu’est le travail d’une conteuse et l’acte de raconter, car elle m’avait ouvert les portes d’un bien étrange domaine. C’est ainsi que j’ai décidé de filmer la (re)création, par Myriam, de cette histoire vieille de cinq mille ans, depuis l’écriture de son adaptation jusqu’à la première présentation en public.

C’est la plus ancienne histoire du monde, une légende qui brasse les aspirations essentielles, Vie, Amour, Mort, Éternité. Celle de Gilgamesh dont s’empare avec passion et doute la conteuse Myriam Mallié. Un film en résonance magique avec l’éclosion hors de sa chrysalide d’un spectacle de paroles, d’écoutes et de silences. Sensible, lumineux. intense.

La Forteresse sentimentale

Louis, un aventurier de l’esprit. À sa façon. Il a traversé l’histoire de la psychiatrie française comme un météore, une pierre tombale plutôt. Pour se retrouver là, parmi les vivants, après quarante années d’asile et de misère. Les images de Louis, filmé par l’équipe qui l’a suivi dix années, sont bouleversantes. Il parle comme écrivait Céline, avec des raccourcis saisissants. On le retrouve aujourd’hui, avec ces mots et ces gestes qui n’appartiennent qu’à lui. Il n’a plus de compte à rendre, ni à lui, ni à l’hôpital. Il est vivant. Et il le sait. Qui est fou ?

Louis Mahé a « vécu » quarante-cinq ans en « HP ». Le cinéaste construit avec lui, minutieusement, comme une ballade triste, l’itinéraire d’une libération. Ainsi s’instruit en filigrane le dossier noir de l’histoire de psychiatrie. Mais sommes-nous si sûrs d’être sortis de l’ère du Surveiller et Punir analysée par Foucault ?

Makom Avoda

En 1981, vingt-cinq familles israéliennes fondent le moshav Shekef, un village agricole coopératif, à côté du très grand village palestinien Beth Awah, de part et d’autre de la ligne verte – la frontière d’avant juin 1967 – le moshav et ce village se font face. En 1988, au début de l’Intifada, un des membres du moshav est assassiné. Jusqu’à aujourd’hui, malgré les enquêtes, les assassins n’ont jamais été identifiés. Pourtant du jour au lendemain, les jeunes travailleurs palestiniens sont renvoyés du moshav, et remplacés par une main d’œuvre agricole étrangère, notamment thaïlandaise. Le film raconte l’histoire d’une relation triangulaire dans un lieu-makom autour du travail-avoda.

Sur la « ligne verte » entre Israël et Entité palestinienne, les colons Moshav de Shaker, imprégnés de l’idéologie de droite du Betar lorgnent le village de Beit Awah. L’heure n’est plus, après l’Intifada et les accords d’Oslo en perdition, de « faire confiance » à la main d’œuvre palestinienne, plongée dans un chômage endémique avec le bouclage récurrent des Territoires. Des ouvriers Thaïlandais sont venus les remplacer ; des immigrés économiques comme ils s’en trouvent partout par le monde… Sauf qu’ici, ils transitent dans le no man’s land d’une Histoire déboussolée…

Al Qantara ou vacances d’exil

Al Qantara ou vacances d’exil

Chaque été, l’Europe entreprend sa transhumance vers le sud. Elle ignore toutefois que des milliers d’individus empruntent eux aussi la route du soleil pour un périple obéissant au  même rituel : celui de milliers de familles d’Afrique du nord vers leur pays d’origine.  Mokhtar prépare, en Belgique, ses vacances au Maroc. Depuis sa retraite, il n’a qu’un espoir : rentrer au pays pour toujours. Mais il sait que ses enfants lui manqueront au bout de quelques mois. Aïcha passe l’été au Maroc, dans la maison qu’elle a acheté avec son mari. Depuis sa mort, elle sait qu’elle ne finira pas ses jours dans ce quartier d’émigrés. À Tanger, elle se sent aujourd’hui une étrangère. Entre ici et là-bas, Fatima voyage. Elle rêve sans doute d’un pays qui serait deux pays…

Mémoire d’exil, mémoire de labeur et de retour saisonnier au pays, le Maroc. Frédéric Fichefet trouve la juste distance et le dispositif adéquat en accompagnant avec discrétion Mokhtar et sa famille de Bruxelles à Tanger, dans son périple au fil des autoroutes. « Être chez soi, c’est être là où le regard de quelqu’un vous importe »…

Les Amoureux de Dieu

En Macédoine, ex-Yougoslavie, deux Cheikhs se disputent le pouvoir sur une confrérie de Derviches-hurleurs. Loin de Dieu et du soufisme traditionnel, dans cette société fragilisée et chancelante, leur querelle prend un caractère banal : qui a le droit de transpercer pendant la grande cérémonie de Nevruz ? À travers la rivalité entre les deux personnages, qui correspondent à deux archétypes opposés du leader religieux, le documentaire offre un aperçu vivant d’une spiritualité vécue, réelle et populaire, qui peut choquer nos habitudes, malgré l’humour des situations et l’insolite des images.

Dans la Macédoine exsangue subsiste des confréries soufies aux rituels d’extase « impressionnants » pour nos sensibilités détachées du spirituel. Évitant le piège exotique, Alexe Dan nous permet de « rencontrer » dans un dispositif d’anthropologie participative non dénué d’humour et de savoureuses mises en scène par ses personnages même les rituels et traditions des derviches Halvétis. Sans négliger en toile de fond discret, le contexte économique de la Macédoine ex-Yougoslave…

Au fil de l’eau

Un siècle plus tard, le voyage que Robert Louis Stevenson avait fait à la fin du XIXe siècle en bateau sur les rivières de Anvers (Belgique) à Pontoise (France). Un carnet de voyage et de rencontres filmées, au rythme des canaux et des rivières du nord.

Un étrange boat-movie sur les canaux du Nord. Jeux de cache-cache entre journées lumineuses et rencontres-confidences des nuits solitaires. Une caméra-conversation pour un temps documentaire sans contraintes.

Ulaanbaatar, tombeau des steppes

Ulaanbaatar, tombeau des steppes

Ulaanbaatar, capitale de la Mongolie compte près de 548 000 habitants parmi lesquels trois femmes, Imée, Biamba et Horolsaren, trois âges de la vie, vivant chacune différemment dans cette même ville. Imée, une grand-mère veuve venant de la campagne et qui s’est installée depuis peu dans un quartier de yourtes, n’arrive pas à s’habituer à un rythme de vie urbain et moderne. Biamba, une étudiante de vingt et un ans, citadine depuis toujours, reste partagée entre les coutumes traditionnelles et un rêve américain inspiré de la télévision russe et des magazines occidentaux périmés. Horolsaren, une enfant des rues parmi des milliers d’autres, qui erre dans cette ville, sans référence et sans identité. Un triptyque pour parler d’une ville et du malaise mongol en 1998.

Trois portraits croisés, trans générationnels et au féminin pour scruter les mutations de la société mongole, de la vie nomade des steppes aux illusions du libéralisme loves dans le béton de l’ex « socialisme réel ». Mémoire, espoirs et nostalgie. Le regard sensible d’un premier film…