Avant son départ en retraite et son déménagement, les derniers mois du couple Marcaillou dans son exploitation agricole familiale et traditionnelle des environs de Limoges. Après des générations d’une vie répétée à l’identique, on assiste à la fin d’un mode de production agricole et à la tentative d’une relève par les jeunes.
Le Boulanger
Du fournil au magasin : les déambulations du boulanger et de son mitron.
Dans les fils d’argent de tes robes
Je ne nie pas la douleur de mon père, celle de ses frères. Je ne nie pas le déchirement de la perte du pays de leur enfance, de leur jeunesse, la blessure de la disparition de leur frère… Je reconnais leur chagrin légitime. Mais ce drame de l’Algérie a pris trop de place. Enfants, nous les avons considérés comme de grands malades, des malades de chagrin, chargés de leur peine. Nous avons tous eu des pères absents, l’un disparu, les autres fantômes bienveillants auprès de nous. Silencieux, comme tenus au secret. Aujourd’hui, je pense qu’il aurait pu en être autrement.
Les Gens de Migdal
Entre 1963 et 1991, quatre familles allemandes s’installent à Migdal, petit village en Israël. Ces familles décident d’y créer des activités qui permettront de faire travailler les handicapés mentaux, habitants du village. Le réalisateur questionne, sur fond de l’opération des Raisins de la Colère, Günther, premier Allemand à s’être installé à Migdal, les raisons de son départ d’Allemagne, le sentiment de culpabilité qui l’anime, son attitude envers le nationalisme, l’exclusion et l’appartenance à une nouvelle culture. Alors que ces familles se sont créées une vie empruntée au respect de la nature et de l’amour des handicapés, Les gens de Migdal nous fait découvrir les limites de l’utopie.
Nestor Makhno, paysan d’Ukraine
Paysan révolutionnaire, organisateur de l’émancipation prolétarienne, l’anarchiste russe Nestor Makhno est à l’origine d’une révolution libertaire ukrainienne réprimée dans le sang. Hélène Châtelain a exhumé les textes, les photos et les documents qui jalonnent la vie étonnante de Nestor Makhno, qui finit ses jours à Paris dans un hôtel près de la gare de l’Est. De cette épopée, restent des textes qui dorment dans les bibliothèques. Souvenirs de N. Makhno l’anarchiste-communiste ou comme le décrivent et l’Histoire officielle et les films qui en témoignent, le « psychopate-anarcho-bandit-antisémite ». Une nuisance à détruire, pas un ennemi à combattre. C’est l’histoire du retour de ces textes à Gouliaïpole (et l’écho qu’ils y trouvent aujourd’hui, par delà la diabolisation qui frappa pendant soixante-dix ans le mouvement makhnoviste), qui forme la trace de ce film.
Héros désarmés
Des milliers de soldats français se sont portés volontaires pour partir en Ex-Yougoslavie sous la bannière de l’Onu. Pour beaucoup d’entre eux, s’engager était une façon de trouver un sens à leur vie, et le moyen d’échapper à une société dans laquelle ils ne se sentaient pas reconnus. Partis la fleur au fusil, gonflés de désirs et d’ambitions, ils ont passé six mois au cœur du conflit yougoslave, et sont revenus brisés, souvent malades. Ils se sentent aujourd’hui encore plus marginalisés qu’avant. Dans ce film, la parole est donnée à deux de ces ex-soldats.
Lune criminelle
Tondue à la libération, Esther ne sortait plus de chez elle et vivait depuis quarante ans en recluse avec Hubert et Rémi, ses frères. Quand les dix-neuf gendarmes du GIGN ont plastiqué la porte, le 21 octobre 1983, ils ont trouvé deux vieillards hébétés et le corps de Rémi mort depuis quatre ans. La vengeance d’Esther, la tondue, et de son frère s’adressait à toute la ville de Saint-Flour, accusée de les avoir emmurés vivants dans l’oubli.
Ce serait tronquer cette étonnante affaire que de la réduire à ces aspects sociaux et pathologiques, en ignorant la dimension historique et humaine que lui confère son caractère de fait divers hors du commun. Le passé que traîne une nation n’est pas seulement fait de moments glorieux. Il revient parfois à l’improviste nous cracher au visage.
Autour de la mort d’un cochon
Comment dire, face au sang, au cri de la bête qui meurt, à cette peau rose qui nous ressemble, à ce ventre que l’on ouvre, ces images venues de l’inconscient, cette descente aux entrailles de la vie, où dans un même râle, se côtoient meurtre et accouchement… Comment traverser ces peurs, si ce n’est en osant s’éprouver comme « viande de boucherie », en s’autorisant à entendre ce cri de Bacon cité par Deleuze : « Pitié pour la viande… parce que tout homme qui souffre est de la viande ».
Gongonbili de l’autre côté de la colline
Gongonbili est un village isolé vers lequel aucune piste ne conduit. À la frontière de la Côte d’Ivoire et du Burkina-Faso, les Lobis ont toujours eu la réputation d’être rebelles à toute forme d’autorité centralisée. Le village est accusé par la rumeur d’être le repère des voleurs, des meurtriers et des sorciers aux pouvoirs puissants qui sévissent dans la région. Débattant de leur histoire, leur vie actuelle et leurs espoirs, les habitants de Gongonbili pensent que le temps est venu pour eux de s’ouvrir au monde. Malheureusement, un serment interdit tout contact avec l’étranger, qu’il soit blanc ou noir. De l’autre côté de la colline, dans les grottes, les génies cohabitent avec les armes volées…
Close-Up Long Shot
Cinq ans après le tournage de Close-Up par Abbas Kiarostami, Close-Up Long Shot refait la focale sur Hossain Sabzian, protagoniste fabulateur. Il s’explique : loin d’être un imposteur, il nous communique son amour du septième art, la conception qu’il en a. Il nous raconte comment sa vie a changé depuis le tournage. Il nous livre ses réflexions sur sa condition, ses désirs, ses peurs et nous apparaît comme le miroir où peuvent se retrouver les cinéphiles et acteurs anonymes. Close Up Long Shot est une succession d’interviews et d’entretiens. Un peu comme une pyramide. Interviews entrecroisés des personnes qui le côtoient. Isolement. Puis, un long plan séquence sur Sabzian lui-même. Les cadres sont serrés, saisissent les émotions au plus près. Enfermement.
