C’est un portrait du photographe Jacques Windenberger, membre de l’Agence Rapho, qui, depuis trente-cinq ans, dresse la chronique des gens et de leur cadre de vie. Avec eux, il engage une réflexion sur l’utilisation de l’image dans notre société.
Le tournage s’est effectué à Marseille, dans les quartiers nord et le centre ville, et dans les collèges où les photographies donnèrent lieu à un travail d’expression. Mais aussi à Sarcelles où le photographe engagea son métier, à Cap d’Aïl dans un foyer pour travailleurs immigrés, à Carros dans une ville nouvelle, à Niolon dans des cabanons…
Un film dont la simple ambition est de partager le désir de rencontre comme source du travail d’image.
Le film trouve son origine dans le travail photographique Images de Marseille, question de fraternité, publié aux éditions Alternatives.
Chère Grand-mère
Des films 8 mm tournés par une mère disparue, une grand-mère polonaise inconnue, un « voyage de retour », une femme aimée : des fragments à partir desquels il s’agit, pour le héros, de renouer les fils rompus de la vie.
Un automne en Pologne
« Un peu avant l’hiver, le jour de la Toussaint, j’arrivais en Pologne avec un ami. Mais qu’est-ce que la Pologne ? La Pologne, c’est le pays où l’on va chercher ses origines. Mais pour moi, rien de près ou de loin ne me liait avec ce pays. Aucune origine polonaise, aucun juif dans ma famille, aucun déporté. Rien. Rien ou presque. Cet ami qui m’accompagne a une grand-mère, une grand-mère juive polonaise, elle est tellement discrète là-dessus qu’on l’oublierait presque. La Pologne, c’est le pays où l’on va chercher ses origines, si on n’en a pas, on va chercher celles des autres, et puis aussi, on regarde. »
Le Dossier Melbouci
Monsieur Melbouci se présente à l’association pour le Droit à l’initiative économique (ADIE) pour demander un prêt de trente mille francs. Les étapes pour l’établissement d’un dossier ressemble à une course d’obstacle.
Moments tibétains
Un regard lent scrute la vie aux abords de grands lieux de culte tibétains. Une tension sourde s’étire et aplatit sans répit les hommes sur les murs dans le braiment des ânes. L’œil fouille, défait les formes, assiste à la défiguration des êtres dans la lumière, participe à la beauté d’un monde et à son sommeil de chien, transforme le rire d’un jour en un énorme chant d’espoir.
Khaled
En 1993, avant ses dérives vers la variété et les marchés internationaux, la superstar du raï est en pleine ascension. Né dans un quartier périphérique d’Oran, grand amateur de fêtes, le « jeune » Khaled s’échappe par la fenêtre quand sa mère verrouille la porte et s’en va chanter. Ses escapades le conduisent jusqu’en France, où une équipe de passionnés le met sur la voie du succès. Jean-Paul Guirado s’est attaché à faire de Khaled un portrait plus psychologique que musical. Pas d’archives sur l’histoire du raï, qui nous permettent de comprendre d’où vient cette musique et quelles transformations la génération de Khaled a opérées. En revanche, il nous présente de rares images de la famille du chanteur, de son quartier d’Oran. On le voit rire ou s’attrister devant une projection d’images d’Algérie, piétiner de trac avant de monter en scène, retenir ses larmes à certains souvenirs. Les extraits de concerts reflètent des ambiances plus que l’art du chanteur. Évitant les clichés sociologiques ou ethnologiques généralement associés aux « cultures immigrées », voici un portrait « pop » de Khaled, destiné au grand public.
Accords de guerre
Tourné en Bosnie (Mostar et Sarajevo) en novembre 1995, peu avant la signature des accords de paix, ce documentaire aborde le thème de la création et de l’expression musicale comme refuge et issue de secours pour une jeunesse éprouvée par la guerre.
Dans un contexte hostile, de jeunes adultes, essentiellement des Bosniaques musulmans, expliquent comment la musique rock leur a permis de « tenir le coup », de résister psychologiquement. Une résistance morale en forme d’évasion, pour mieux fuir, par instants, la réalité.
Le rock fonctionna aussi comme un exutoire, leur permettant d’extérioriser les sentiments les plus douloureux, d’évacuer la violence accumulée, et à présent d’exprimer leurs angoisses, leur colère et le désir de jouir d’une jeunesse dont on les a dépossédés.
Je n’ai jamais vu de marocaines à vélo
À Bruxelles, un atelier théâtral réunit jeunes femmes et jeunes filles marocaines, plate-forme qui leur permet de s’exprimer et de briser les clichés simplistes véhiculés sur la femme d’origine arabe.
Qui je suis ?
Le portrait par eux-mêmes des stagiaires, interprètes de la pièce d’Armand Gatti : le Cinécadre de l’esplanade Loreto reconstitué a Marseille pour la grande parade des pays de l’Est.
Les Soleils de Sadia
Portrait d’une femme maghrébine vivant seule avec ses quatre enfants dans une cité de la banlieue parisienne.
