La communauté des deux cents tsiganes de « Dallas » vit de la récupération des déchets de la décharge municipale de Cluj-Napoca, deuxième ville de Transylvanie. La famille Lacatus est une famille ordinaire de « Dallas » qui travaille en équipe. Les deux frères aînés, Nicolae (onze ans) et Ciprian (treize ans) sont partagés entre leurs propres désirs et l’attente de leurs parents, une situation qu’ils évoquent avec lucidité et ironie.
Bonne nouvelle
Nous sommes à Paris, près des Grands Boulevards, dans les premiers mois du XXe siècle. Il y a les rues qui s’animent, s’éveillent et s’endorment, l’alignement tranquille des immeubles, des cours, des passages. Un destin se dessine, par fragments. Les bribes tour à tour douloureuses ou tendres, d’une vie passée là, vers le métro Bonne Nouvelle. L’homme invente à son quartier une autre géographie, intime et secrète, que l’aident à révéler deux voix amies, celles de deux femmes. Alors le témoignage se mêle au discours de l’homme : nous invitant à pénétrer un autre temps, un autre espace : « Bonne Nouvelle ». Un lieu inouï, bruissant du son sec des machines à coudre, du sommeil paisible des mendiants, du ballet incessant des voitures, de la pluie, des toxicos égarés rue Saint-Denis, du filé des souvenirs, du travail au noir… Ici, maintenant, au cœur de la Ville-Lumière.
Les Bêtes
Le cabinet de vétérinaire de Gonneville-la-Mallet, un gros bourg du pays de Caux. Quatre vétérinaires consultent. Le travail est varié : tantôt consultation de ville où l’on soigne les chats et les chiens, tantôt interventions dans les fermes où l’on s’occupe du bétail, dans la crainte de l’ESB. Au cabinet comme à la ferme, leur métier les confronte à la maladie des « bêtes » et à ce qu’elle révèle. Entre ces animaux de compagnie surinvestis affectivement et ces animaux de ferme transformés en fabrique de protéines, quels sont aujourd’hui les rapports que nous entretenons avec « les bêtes » ?
Apparatchiks et Businessmen
Un voyage en Roumanie et dans l’ex-république soviétique de Moldavie, où ce que l’on appelle « la transition » est un terme poli pour décrire le chaos économique et social de l’ancien bloc socialiste. C’est aussi le temps des reconversions.
« J’ai voulu voir comment c’est quand ça commence, comment on passe de Marx au Marché, comment une usine de missiles se transforme en usine d’ouvre-boîtes, et des ouvriers socialistes en ouvriers capitalistes… », Stan Neumann
Addio Lugano Bella
Le récit au présent se fraie un chemin parmi les souvenirs du passé. Les personnages interprètent leur propre rôle à la frontière entre documentaire et fiction. Oreste Scalzone, condamné en Italie, exilé en France, incarne l’esprit du passé subversif. Giorgio Bellini, figure de 68 en Suisse, retiré dans une recherche sur les anciennes routes dans les Alpes, est tout à coup arrêté et accusé de terrorisme. Francesca Solari, réalisatrice et narratrice du film, blessée par la campagne de presse contre l’homme qu’elle apprend à aimer, élabore des fragments de mémoire pour donner sens à sa propre vie. Elle reprend le dialogue avec le père qui finit par donner du relief à l’image de la mère.
800 km de différence
Manon a quinze ans. En vacances, elle a rencontré Greg, dix-sept ans. Il habite Claviers, petit village du Haut-Var. Manon habite Paris et vient en vacances à Claviers où sa mère a grandi. Greg et Manon sont amoureux. Portrait d’un jeune homme dans le monde qui l’entoure quand sa petite amie est là, quand leur histoire existe et défie l’histoire et la géographie.
Middle of the moment
Après Step Across the Border, Nicolas Humbert et Werner Penzel ont passé environ deux ans à suivre trois groupes nomadiques très différents les uns des autres. Échappant au piège de la nostalgie, ils ont voulu créer une nouvelle œuvre dans l’esprit « cinénomade ». Le résultat est un long voyage en compagnie des artistes du Cirque O, de nomades Touaregs du Sud-Sahara, et du poète américain Robert Lax. Ce qui relie ces individus apparemment très différents ? C’est probablement que leur état de nomades et leur vie dépouillée au minimum en font les êtres humains les plus centrés sur eux-mêmes…
Réalisé avec l’idée de s’initier à des modes de vie nomades, traditionnels ou modernes, le film est devenu lui-même une aventure nomade. Une sorte de « ciné-poème » d’une pure beauté, excluant toute généralisation et soucieux des détails, allant ainsi bien au-delà d’une simple étude comparative de modes de vies nomades. Mis en musique par Fred Frith.
Latcho drom
« Latcho Drom » signifie « bonne route » et retrace la longue route musicale et historique des gitans depuis les origines, du Nord-Ouest de l’Inde, en passant par l’Égypte, la Turquie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et la France.
Grass : a Nation’s Battle for Life
Les réalisateurs étaient en route vers l’Inde quand ils furent bloqués au Khouzistan, en 1924, à cause de la situation politique agitée du sud de l’Iran. Ils eurent la chance de rencontrer les Bakhtiari dont ils ignoraient qu’ils étaient des éleveurs nomades migrant deux fois par an et représentaient également une puissante force politique iranienne. En dépit de leur naïveté, de leur ignorance et des conditions difficiles dans lesquelles se déroula le voyage, ils ont réalisé un documentaire remarquablement authentique et réaliste, d’un style moderne, structuré non par le montage, mais par les événements eux-mêmes. Ils étaient si ignorants de ce qu’ils étaient en train de filmer, que la caméra ne pouvait mentir.
Les Baliseurs du désert
Le désert, magnifiquement filmé, attire irrésistiblement la population d’un village ainsi que son instituteur fraîchement nommé. À voir comme on lit un conte, ou comme on rêve.
