Nul mieux que Chris Marker n’incarne un cinéma pluriel, libre et ouvert à toutes les aventures, en interrogations constantes sur la Mémoire et l’Histoire. Un cinéma d’essai et de pensée, de correspondances, de liens et de fidélité. Un cinéma de critique et de retour sur images. Un auteur qui s’aventure et ne néglige aucuns possibles, circulant entre réel et fiction et leurs représentations. Un cinéma écrit qui se donne des voix pour le dire (Florence
Delay, Arielle Dombasle, Alexandra Stewart, Catherine Belkhodja etc.) et se compose avec des musiques comme une partition. S’appropriant, à l’heure où elles apparaissent, les « technologies-simples outils » de ce qui fait l’avancée du « cinétrain en marche ». Toujours distancié, et sachant aussi la rendre mouvante, mobile, critique à l’épreuve des faits (cf. Le Tombeau d’Alexandre).
Face à l’œuvre protéiforme, face à cinquante ans d’expérimentations, d’analyses, de découvertes, d’engagements et de déceptions assumées en préservant l’essentiel d’un « point de vue » sans reniement, quelle perspective adopter ? Chris Marker a su signaler (sa carte blanche à la Cinémathèque Française) que l’embaumement rétrospectif (une globalité qu’il n’a pas nécessairement le désir de montrer), ne lui convenait pas. Ce travail de Titan ne pouvait de toute façon être notre ambition. Symptomatiquement, l’œuvre de Marker a été abondamment sollicitée au cours de cette année 2000 à travers de nombreuses programmations thématiques. Et ce à très juste titre, tant elle peut servir de boussole à une création documentaire pléthorique mais souvent sans mémoire. Parce que cette « Année-bilan » du Millénaire à venir (que l’on oubliera bien vite) se prêtait à explorer Utopie et Histoire. Nous sommes donc partis de trois considérations :
- La prolifération et contamination de films en films, des questions posées au cinéma comme au « réel » et à la pensée par Marker est quasi inépuisable…
- Bestiaire, humour, correspondances, jeux de mots, zones mémoires. Où cliquer pour ouvrir une fenêtre sur l’œuvre ? Comment explorer sans réduire ?
- Comment être pour la première fois spectateur d’un film de Chris Marker ? En y accédant par La Jetée, en butant sur Le Tombeau d’Alexandre, en redécouvrant Tarkowski par Une journée dans la vie d’Andreï Arsenevitch ?
À notre tour comme François Porcile, de façon beaucoup plus modeste, nous avons imaginé un jeu de marelle où rentrer à cloche-pied, où zigzaguer sans prétendre circonscrire. Cinq entrées et des correspondances, des montages, des collisions avec d’autres œuvres, d’autres univers qui prolongent les questionnements.
Marker, point de départ…
Chris Marker, biofilmographie
Né en 1921, philosophe, poète, écrivain, créateur et directeur de la collection « Petite Planète » au Seuil, cinéaste, vidéaste, téléaste, auteur multimedia (installations, CD-ROM), compositeur, auteur de commentaires…
Olympia (1952), Dimanche à Pékin (1956), Lettre de Sibérie (1958), Description d’un combat (1960), Cuba si (1961), La Jetée (1962), Le Joli mai (1962), Le Mystère Koumiko (1965), Si j’avais quatre dromadaires (1966), Le deuxième procès d’Artur London (1969), Carlos Marighela (1970), Le Train en marche (1971), L’Ambassade (1973), La Solitude du chanteur de fond (1974), Le Fond de l’air est rouge (1977), Junkopia (1981), Sans soleil (1983), 2084 (1984), AK (1985), L’héritage de la chouette (1989), Berliner ballade (1990), Le Tombeau d’Alexandre (1993), Le Facteur sonne toujours Cheval (1994), CD Immemory (1995-1996), Level Five (1997), Une Journée dans la vie d’Andreï Arsenevitch (1999)…
Films
A Arca Dos Zo’e (Nos ancêtres les Zoe)
Vincent Carelli, Kasipirina Waiapi, Dominique Gallois | 1993 | 22'
Images vidéo à l’appui, Waï Waï, chef des indiens Waiapi, raconte à son village son voyage chez les Zo’e, ethnie jusqu’alors isolée dont le dialecte et les traditions sont similaires à ceux des Waiapi. Aller-retour entre deux mondes, l’un encore vierge mais déjà menacé, l’autre déjà imprégné de la civilisation blanche, connaissant ses technologies et ses dangers.
À propos de « Tristes Tropiques »
Jorge Bodanzky, Jean-Pierre Beaurenaud, Patrick Menget | 1991 | 46'
Prises de vue contemporaines de villages indiens du Brésil et images tournées en 1935 dont Lévi-Strauss n’avait plus souvenir. L’auteur de Tristes Tropiques, reconsidère sa démarche intellectuelle et personnelle d’anthropologue et analyse les séparations factices entre sens, connaissance et esthétique.
L’Ambassade
Chris Marker | 1975 | 22' | France
Un film Super 8, trouvé dans une ambassade, montre des réfugiés politiques qui organisent leur vie en transit dans ce territoire d’asile après un coup d’État militaire (on pense au Chili de Pinochet, mais rien ne le dit). La voix du commentateur parle de notes prises au jour le jour. Ses images à main levée nous communiquent leur émotion : arrivée des fuyards, organisation de la survie, les uns racontent l’horreur, d’autres restent prostrés. On rassure les enfants. Communistes et anarchistes se disputent, au loin la terrible tour de la police est allumée jour et nuit.
Berlin 10/90
Robert Kramer | 1990 | 64'
« Dans une série télévisuelle dont la figure imposée est le plan séquence, Robert Kramer invente un dispositif qui multiplie la narration. Enfermé dans la salle de bains d’un hôtel de Berlin, face à un téléviseur qui projette des extraits d’actualités et des séquences tournées par lui-même, le cinéaste se livre au difficile exercice d’autofilmage tandis qu’il improvise sur le sens de sa présence dans la ville de ses origines. Travail doublement magnifique d’une performance servie par l’imagination filmique, les images renvoyées par l’écran font écho aux pensées du cinéaste, lui donnent cette méditation à voix haute sur sa propre errance. Réflexion métaphysique sur les cicatrices laissées par la guerre, la Shoah, l’exil de sa famille, où il s’interroge sur les traces de l’histoire. »
Source Documentaire sur grand écran
La Bombe (The War Game)
Peter Watkins | 1966 | 60'
1966. Les Chinois envahissent le Vietnam. Pour prévenir l’intervention des États-Unis, les Russes occupent Berlin-Ouest. L’OTAN reçoit l’autorisation d’employer l’arme nucléaire contre l’agresseur. En Angleterre, prévoyant l’imminence du danger, les services de la Protection Civile distribuent un petit manuel d’avertissement à la population déconcertée. Une bombe nucléaire tombe dans le comté de Kent où se situe une base importante de missiles intercontinentaux. La Bombe (ou plus précisément Le Jeu de la guerre, traduction littérale du titre original) constitue, aujourd’hui encore, l’un des plus convaincants et des plus vigoureux plaidoyers contre la Guerre Nucléaire. À l’origine, le projet résulte d’une commande officielle de la chaîne britannique de télévision, la BBC. Devant l’horreur dégagée par la vision du film et l’impact percutant de ses images, la télévision refusa catégoriquement de le programmer, arguant que sa diffusion pourrait provoquer dans le pays une panique comparable à celle survenue en 1938 aux États-Unis. à la suite de l’émission de radio d’Orson Welles adaptant La Guerre des Mondes de H.G. Wells. La diffusion de l’œuvre fut donc uniquement autorisée au cinéma.
Images et Loisirs 92/5 ; Les Fiches de Monsieur Cinéma.
De la chute
Jean Lefaux et Anca Hirte | 1999 | 53' | France
C’est une histoire qui tient une place particulière dans le répertoire des horreurs concentrationnaires du XXe siècle. Elle se déroule en Roumanie au début des années cinquante alors que se mettent en place les démocraties populaires. Dans une prison, à Pitesti, où sont regroupés des détenus étudiants, va être menée une expérience, dite de rééducation, qui n’a pas d’équivalent à son époque, ni après, ni de nos jours.
Expérience unique en ce qu’elle force les détenus de la prison à se torturer les uns, les autres. Tous. De façon à ce qu’il n’y ait pas une victime qui ne devienne bourreau, pas un innocent qui ne devienne coupable. Expérience de violence absolue sur les corps et les esprits, emblématique de la nature profonde des régimes de l’Europe de l’Est. La vie, par la suite, pour ces anciens prisonniers politiques ne sera tolérable qu’au prix d’un mutisme absolu. Aux amis, proches, il leur sera impossible de dire : j’ai torturé. J’ai été torturé. Aujourd’hui, trois survivants brisent le tabou tacite. Trois récits intimes pour transmettre l’indicible. Comme une confession.
L’Évangile selon les papous
Thomas Balmès | 2000 | 100'
La tribu des Hulis est une des neuf cents tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Vivant dans une des parties les plus reculées de l’île, elle a vu les premiers Blancs, des missionnaires méthodistes, arriver en 1955. Ces missionnaires sont depuis en concurrence avec d’autres Églises pour évangéliser le plus grand nombre possible de Papous. Si les femmes voient, dans les baptêmes, la possibilité d’accéder à une nouvelle reconnaissance, il n’en est pas de même pour les hommes. Le baptême implique, en effet, de renoncer à la polygamie, aux guerres tribales et à une grande partie de leurs traditions. Les missionnaires réussissent à convaincre les derniers réfractaires, en leur annonçant, pour la fin du millénaire le retour du Christ, de l’Antéchrist, et donc l’heure du Jugement dernier. Le film accompagne Ghini et d’autres vieux guerriers qui, sous la pression des missionnaires, ont détruit la maison des ancêtres pour y construire une église et s’y faire baptiser le jour de Noël.
Gbanga Tita
Thierry Knauff | 1994 | 7'
« Lengé, Pygmée Baka, connaît les récits du monde et les mélodies de Tibola, l’éléphant blanc… Il restait juste assez de pellicule pour un seul plan. Quatre minutes pour le visage et la voix qui, du fond des âges, se souviennent de Gbanga Tita, la calebasse de Dieu… », Thierry Knauff
Intervista, quelques mots pour le dire
Anri Sala | 1998 | 26' | France, Albanie
« L’absence de son pourrait être un accident… Une femme a laissé derrière elle avec les années, les événements, les naissances, les joies, les malheurs, l’optimisme, la peur, les informations, les vieux journaux, le communisme, les conjonctures, les déceptions, les rébellions et aussi une interview… muette, le son ayant été perdu. L’interview réalisée il y a vingt ans alors que cette femme était responsable de l’Alliance des jeunes communistes en Albanie. Cette femme est ma mère et j’ai retrouvé cette interview lors d’un déménagement. La clé est dans la lecture des mouvements de ses lèvres. J’ai fait appel à une école de sourds-muets. Vingt ans après, ma mère se voit confrontée à son discours d’alors. », Anri Sala
La Jetée
Chris Marker | 1962 | 28' | France
L’histoire débute à Paris, après la « Troisième Guerre mondiale » et la destruction nucléaire de toute la surface de la Terre. Le héros est le cobaye de scientifiques qui cherchent à rétablir un couloir temporel afin de permettre aux hommes du futur de transporter des vivres, des médicaments et des sources d’énergies, d’appeler le passé et l’avenir au secours du présent. Il a été choisi en raison de sa très bonne mémoire visuelle, il garde une image très forte et présente d’un événement vécu pendant son enfance, lors d’une promenade avec sa mère sur la jetée de l’aéroport d’Orly.
« Ceci est l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance… La scène qui le troubla par sa violence et dont il ne devrait comprendre le sens que beaucoup plus tard eut lieu sur la Grande Jetée d’Orly quelques années avant le début de la Troisième Guerre Mondiale ». Des savants enquêtent sur cette mémoire et notre relation au temps. Photo-Roman.
Level Five
Chris Marker | 1997 | 106'
Une femme (Laura), un ordinateur, un interlocuteur invisible. À partir de ce dispositif conçu comme un jeu vidéo avec « ses niveaux » et navigations dans les archives et témoignages, le film resitue le rôle de la bataille d’Okinawa, épisode tragique de la seconde guerre mondiale pratiquement inconnu en Occident qui pourtant eut une influence considérable sur la façon dont elle s’acheva.
La Marelle de Chris Marker
François Porcile | 1994 | 13'
« Une aire de jeu sans limites, un champ uniformément quadrillé que viendront occuper progressivement, en lignes horizontales et verticales se recoupant, les lettres formant les titres des films de (ou co-signés par) Chris Marker. Dans les espaces délimités par les titres qui se succèdent et s’entrecroisent, apparaissent les photogrammes des films concernés aux rythmes des phrases du commentaire. »
Le Mystère Koumiko
Chris Marker | 1965 | 54'
« Kumiko Muroka, secrétaire, plus de vingt ans, moins de trente, née en Mandchourie, aimant Giraudoux, détestant le mensonge, élève de l’Institut franco-japonais, aimant Truffaut, détestant les machines électriques et les français trop galants, rencontrée par hasard à Tokyo, pendant les Jeux Olympiques. Autour d’elle, le Japon… », Chris Marker
Nawa Huni
Patrick Deshayes, Barbara Keifenheim | 1986 | 60'
« Les indiens Huni Kuin vivent en isolement relatif et volontaire par rapport à la société nationale péruvienne, en forêt amazonienne, car les rencontres avec les blancs, les incas et les conquérants espagnols du passé, comme les péruviens et les brésiliens du temps actuel, ont toujours été violentes. L’image de cet homme blanc a profondément marqué l’imaginaire des Huni Kuin : il apparaît comme maître du métal, habitant des zones froides de la terre, fondateur de l’État, et porteur de maladies et de la mort. Cette image s’exprime à tous les niveaux du discours indien y compris lors de leurs cérémonies, où la drogue est largement employée. Ceci donna l’idée à deux ethnologues de filmer les réactions des Huni Kuin lorsque, un jour, ceux-ci leur demandèrent d’apporter un film sur leur propre grand village. Nawa Huni raconte cette rencontre avec des images du monde blanc et de ses techniques (port, sidérurgie, rues, intérieurs, télévision). Le film s’ouvre sur une introduction à la situation de ce peuple à l’aide d’images tournées en 1951 par un ethnologue allemand. Les réactions pendant les projections puis les réflexions des porte-parole offrent une vision distanciée de notre civilisation. »
Patrick Deshayes, Barbara Keifenheim
Out of the present
Andreï Ujica | 1995 | 96'
« Le premier space trip sur pellicule. L’absence de pesanteur n’est pas un handicap pour faire un film. Ici, deux caméras 35 mm ont été envoyées dans l’espace : opération spectaculaire, exclusivement cinématographique. À terre Vadim Lussaw, le chef opérateur de Solaris (le film de Tarkovski) dirige la prise de vue… En orbite, deux cosmonautes suivent ses indications durant un space walk. Action…
Ensuite les caméras seront désintégrées lors de leurs rentrées dans l’atmosphère. Le trip fini, les images conservées, voici l’histoire. En mai 1991, les cosmonautes Anatoli Artsebarski et Sergueï Krikalev quittent la terre à destination de la station Mir dans le cadre de la mission Ozon. Tandis que le commandant de bord retourne comme prévu sur terre après cinq mois, l’ingénieur de bord ne devait revenir qu’après dix mois, contraint de rester en orbite du fait des événements politiques. En effet en août 1991, pendant que Sergueï Krikalev séjourne dans la station, se déroule à Moscou le putsch qui entraîne non seulement la disparition de l’empire soviétique mais aussi la fin d’une époque historique. L’idée du film est simple : son motif est classique : l’Odyssée… Ici, ce ne sont plus les dieux de l’Olympe qui se disputent sur le déclin de Troie, mais des techniciens qui, depuis le ciel, assistent à la décomposition d’un empire. Leur vision globale ne perçoit certes pas les chars qui perturbent le trafic dans les rues de Moscou. Mais depuis la station, ils captent tout autre chose : le rythme de la nature, les changements de la couleur du globe au gré des saisons. En août 1991, une époque a pris fin, sans qu’une autre ait vraiment commencé : les terriens règlent leurs comptes avec le passé alors que dans la station spatiale, la Révolution d’Octobre a survécu… », Catalogue Vue sur Les Docs, 1996
Sans soleil
Chris Marker | 1982 | 100'
Une femme (Florence Delay) lit les lettres du « cameraman hongrois » Sandor Krasna qui parcourt le monde du Japon à la Guinée-Bissau. Le cinéaste, à son synthétiseur, articule entre musique, photo, cinéma et vidéo une composition mosaïque qui navigue entre histoire et mémoire.
Section
Harun Farocki | 1995 | 25'
L’auteur de La vie RFA, et Vidéogramme d’une révolution, se met à sa table de mixage pour réaliser un panoramique sur ses films. Et disséquer à partir de fragments la composition des images et des sons.
Si j’avais quatre dromadaires
Chris Marker | 1966 | 49'
« En 1966, au moment de la remise en cause du Stalinisme et de l’idéologie communiste, le photographe Chris Marker décide de revisiter les photos qu’il a prises au cours de ses nombreux voyages, d’en reconsidérer le sens, la subjectivité. L’autocritique est prétexte à un tour du monde. Nous passons de l’URSS à la Corée, de la Grèce à Cuba, tandis que le cinéaste interroge les images et s’interroge sur la photographie, sur son rôle de double. Fidèle à lui-même, Chris Marker nous apprend à regarder. Loin de se poser en pédagogue, il nous entraîne dans une sorte de jeu des erreurs plein d’humour – le commentaire à trois voix y contribue – où se dessiller les yeux est un bonheur. »
Source : Documentaire sur grand écran
Les Statues meurent aussi
Alain Resnais et Chris Marker | 1950-1953 | 30' | France
Deux lectures : un pamphlet anti-colonialiste célèbre, censuré pendant plus de dix ans. Ou une méditation à partir de « l’art nègre » sur notre considération de l’altérité, des cultures « différentes », de ce que certains appellent aujourd’hui les « arts premiers ».
Tokyo
Jean-Pierre Limosin | 1998 | 45'
Dans l’esprit de la série Voyages Voyages proposé par Arte, le réalisateur de Tokyo eyes nous livre ses notes de voyages sur la métropole nippone. Secrète, mutante, techno, pressée…
Tokyo-Ga
Wim Wenders | 1983 | 80'
Profusions d’images menaçantes, cacophonie des salons de pachinko (machines à sous). Et puis la tombe sans nom du cinéaste Yasujiro Ozu, avec un simple signe chinois ancien Mu. Le vide. Traces, mémoires, réminiscences, absences, monde disparu. L’auteur d’Au fil du temps pérégrine, se perd, médite et rêve à travers Tokyo dans la ville du cinéaste qu’il admire.
Le Tombeau d’Alexandre
Chris Marker | 1993 | 104'
Né en 1900, Alexandre Medvedkine resta toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. Mais le fondateur du ciné-train de l’agit-prop des années trente, ne manqua pas de dénoncer de manière corrosive les aberrations du système comme dans son film satirique culte Le Bonheur. Marker « rembobine » le film d’une œuvre, d’un engagement, d’une esthétique. Mais le siècle s’achève dans la confusion de l’après-putsch de 1991 qui signe la fin de l’Union Soviétique. Une « conclusion » que Medvedkine ne connaîtra pas…
Tragédie, ou l’illusion de la mort
Chris Marker | 1988 | 26'
À travers les interventions diverses de spécialistes éminents de la tragédie grecque, c’est-à-dire athénienne, (Jean-Pierre Vernant et Cornelius Castoriadis, pour ne citer qu’eux), et, en contrepoint, des extraits d’une représentation de Médée au théâtre antique d’Épidaure par une troupe japonaise, un film didactique qui en dit très long sur les racines archaïques et
rituelles, et d’autre part sur le lien culturel que la tragédie entretient avec le politique, et notamment ce qu’on a nommé la « démocratie ». En quoi le miracle d’Athènes a l’air de confiner, de nos jours, à l’universel. Une espèce de mondialisation des signes. Un regard étonnant sur la modernité de ce théâtre antique-là.
Séances
lundi 13 novembre 2000 à 11h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Plus d'informations sur cette séanceDevant la catastrophe annoncée / politique-fiction
- La Jetée
Chris Marker | 1962 | 28’ | France - La Bombe (The War Game)
Peter Watkins | 1966 | 60’
lundi 13 novembre 2000 à 13h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Plus d'informations sur cette séanceJapon, le labyrinthe des signes
- Le Mystère Koumiko
Chris Marker | 1965 | 54’ - Tokyo-Ga
Wim Wenders | 1983 | 80’ - Tokyo
Jean-Pierre Limosin | 1998 | 45’ - Tragédie, ou l’illusion de la mort
Chris Marker | 1988 | 26’
mardi 14 novembre 2000 à 10h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Représentation / dépossession
- Les Statues meurent aussi
Alain Resnais et Chris Marker | 1950-1953 | 30’ | France - Gbanga Tita
Thierry Knauff | 1994 | 7’ - A Arca Dos Zo’e (Nos ancêtres les Zoe)
Vincent Carelli, Kasipirina Waiapi, Dominique Gallois | 1993 | 22’ - À propos de « Tristes Tropiques »
Jorge Bodanzky, Jean-Pierre Beaurenaud, Patrick Menget | 1991 | 46’
mardi 14 novembre 2000 à 13h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Représentation / dépossession
- Nawa Huni
Patrick Deshayes, Barbara Keifenheim | 1986 | 60’ - L’Évangile selon les papous
Thomas Balmès | 2000 | 100’
mardi 14 novembre 2000 à 16h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Plus d'informations sur cette séanceReprésentation / dépossession, Débat
mardi 14 novembre 2000 à 21h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Représentation / dépossession
- Sans soleil
Chris Marker | 1982 | 100’
mercredi 15 novembre 2000 à 10h30
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Plus d'informations sur cette séanceUn idéal, des idéologies
- L’Ambassade
Chris Marker | 1975 | 22’ | France - Intervista, quelques mots pour le dire
Anri Sala | 1998 | 26’ | France, Albanie - De la chute
Jean Lefaux et Anca Hirte | 1999 | 53’ | France
mercredi 15 novembre 2000 à 14h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Plus d'informations sur cette séanceMonter, séquencer, l’écrire du dire
- La Marelle de Chris Marker
François Porcile | 1994 | 13’ - Si j’avais quatre dromadaires
Chris Marker | 1966 | 49’ - Berlin 10/90
Robert Kramer | 1990 | 64’ - Section
Harun Farocki | 1995 | 25’
mercredi 15 novembre 2000 à 20h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Plus d'informations sur cette séanceUn idéal, des idéologies
- Le Tombeau d’Alexandre
Chris Marker | 1993 | 104’ - Out of the present
Andreï Ujica | 1995 | 96’
jeudi 16 novembre 2000 à 20h30
Cinéma le Kosmos, Fontenay-sous-bois
Plus d'informations sur cette séanceMonter, séquencer, l’écrire du dire
- La Jetée
Chris Marker | 1962 | 28’ | France - Level Five
Chris Marker | 1997 | 106’

