Jean Rouch inédit

Intituler ce parcours dans l’œuvre Jean Rouch Inédit peut sonner comme une provocation : le cinéaste ethnologue disparu en février dans son « Cher Niger » est partout célébré. Du Japon aux États-Unis en passant par l’Italie, pas un festival qui ne programme un de ses films, comme dans le cadre du Mois du Documentaire. Notre prétention n’est ni l’inventaire, ni l’hommage, ni la rétrospective déjà réalisée au Jeu de Paume en 1996, ou à la Cinémathèque française en 1999. Mais alors quelle peut-être notre intention ? Une entrée dans l’univers incroyablement éclectique, protéiforme et novateur d’un cinéaste majeur, dans un pan d’histoire qui tait (re)considérer plus d’un demi-siècle de cinéma, mais aussi d’engagements, d’initiatives et de multiples amitiés. Soyons clairs d’emblée, sans la complicité érudite de ses proches collaborateurs du Comité du Film Ethnographique, Françoise Foucault et Laurent Pellé, rien n’aurait été possible. Sans leurs lumineux éclairages et leur mémoire vivace, nous en serions encore à l’innocence d’une filmographie « à trous » composée de ses films les plus connus, de La Chasse au lion à l’arc à Chronique d’un été, Moi un noir ou Cocorico monsieur poulet… Un corpus de près de cent-trente films de toutes durées, dont certains sont inachevés, d’autres introuvables, ne se cerne pas aisément.
Quelle que soit l’entrée qu’un cinéphile opère dans l’œuvre rouchienne, car il faut bien commencer un jour, et reprendre tout le parcours dans sa chronologie relève de la mission impossible, le malentendu guette, l’ethnologue efface « l’artisan du cinéma direct », le conteur fait oublier l’amateur d’art, de jazz ou de poésie, l’improvisateur supplante le chercheur, le cinéaste s’efface derrière ses multiples engagements. Pourtant jamais sans doute un créateur n’a suscité autant de dialogues et conversations, n’a goûté avec délectation et gourmandise le plaisir de narrer, conter, évoquer, distiller ses « trucs » et ses anecdotes, affirmer et douter, péremptoire et autocritique.
Toute la complexité du personnage se révèle dans deux scènes de Jean Rouch et sa caméra de Philo Bregstein que nous présentons en séance d’ouverture du cycle. Colérique, impatient devant l’imprécision momentanée de ses amis-collaborateurs africains, puis profondément attentif, humain, à l’écoute de Lam, un de ses amis nigériens qui revit une scène de possession, et intime avec tact au cinéaste l’ordre d’arrêter de filmer.
L’éthique, la réflexion sur la relation filmeur-filmé, « remords » et analyse compris sont aussi contenues dans Rouch premier film de Dominique Dubosc. Mortifié par le montage dramatisé et la « musique de marché persan » qui furent imposés par la production sur son premier film Au pays des mages noirs en 1947 Rouch reprend en direct, en visionnant ses images après une discussion avec ses amis africains, le commentaire tel que lui le conçoit, enrichi de quarante ans de recul, de pratique et d’expérience.
Quelques exemples pour dire le projet de cette programmation séquencée en dix volets. Pas la recherche d’un maître à penser, une programmation forcément lacunaire, mais différentes entrées dans un univers et un parcours (l’initiateur d’ateliers, le plan séquence, le cinétranse, le conteur, l’art…) à offrir en partage, des questions et des œuvres rarement diffusées (Enigma, Folie ordinaire d’une fille de cham), une rencontre avec des amis, collaborateurs et cinéastes inspirés par cette liberté, ce goût de l’expérience, cette curiosité insatiable qui reste inaliénable.

Didier Husson


« Le cinéma est pour moi une sorte de création poétique immédiate, et il est nécessaire d’être en contact physique avec le monde, comme avec la caméra. »

« Le cinéma lui-même peut s’appeler cinéma-vérité, d’autant plus qu’il aura détruit tout modèle du vrai pour devenir créateur, producteur de vérité : ce ne sera pas un cinéma de la vérité, mais la vérité du cinéma. »

« Pour moi le seul moyen d’affronter un film de fiction c’est de traiter la fiction comme je crois savoir traiter la réalité. Ma règle d’or est : « Take one », c’est-à-dire une seule prise par plan, et avancer dans l’ordre établi par l’histoire. »

« Faire un film c’est l’écrire avec ses yeux, avec ses oreilles, avec son corps, c’est entrer dedans : être à la fois invisible et présent. »

« Aucun de mes films n’a été écrit. C’est un cinéma d’analphabètes. »

« Une ambiance, une ville, un paysage, ne sont pas de simples décors, mais vraiment ce qui inspire l’action qui se déroule dans ce décor. »

« C’est le choc de la réalité qui m’inspire. Mon film se construit à travers le viseur de la caméra. Je fais un cinéma en liberté. Est-ce de l’art ? Je n’en sais rien. Mais pour comprendre et approcher les hommes, alors là je ne vois pas mieux. »

« Comment représenter, au cinéma, une ville ? Et qu’est-ce qu’une ville ?
L’Hypothèse : rendre compte de la ville comme d’un décor où d’infinis plans convergent pour en créer l’épaisseur, la profondeur perspective, le sens : en un mot, la ville comme lieu réel de la représentation collective. La Méthode : construire un film de fiction en travaillant sur la réalité. »

« La société des masques, c’est le monde entier, tous les nommes, tous les animaux. Et quand elle se met en marche, elle danse le système du monde. »


Le Comité du film ethnographique

Il se perche au premier étage du Musée de l’Homme, dans un recoin en forme de caverne qui sent bon le thé et la pellicule. Créé en 1953 à l’initiative de l’Unesco par des documentaristes et des ethnologues Jean Rouch, Luc de Heuseh, André Leroi-Gourhan), il a pour but de développer les relations entre les sciences de l’Homme et de la société et le cinéma. Gardien du temple du film ethnologique, il conserve des milliers de photographies, des archives textuelles, et veille sur une collection de bobines.
Il organise des Regards Comparés depuis 1978, malgré une longue interruption de treize ans, où sont confrontés sur une même population ou sur un même thème différents points de vue cinématographiques, depuis les origines du cinéma jusqu’à nos jours, aussi bien de cinéastes confirmés que de documentaristes, ethnologues, scientifiques, journalistes ou simples voyageurs.
Au cours du festival Bilan du Film Ethnographique », créé en 1982, il présente les dernières tendances du cinéma anthropologique et devient pour un temps le dernier salon où l’on cause. Résistant à tous les vents et marées des multiplexes ronflants, il défend un cinéma à portée d’homme qui fait avancer la connaissance de l’homme par l’homme.


Les Ateliers Varan

Varan est né d’une expérience de formation initiée par Jean Rouch au Mozambique. En 1978, le jeune État, puisqu’il manque pratiquement de tout, souhaite constituer un groupe de documentaristes.
Mais la formation de cinéastes est une entreprise coûteuse en écoles de cinéma, en études longues, en matériel lourd.
Pour le Mozambique, Il faudra inventer quelque chose de bien plus léger, faire bref mais intensif (un stage de trois mois), bon marché (matériel léger Super-8), décisif (chaque stagiaire réalise tout de go son premier film en grandeur nature lors du stage), pratique (le matériel reste sur place pour la poursuite de l’apprentissage).
Ainsi, mis en place par Jacques d’Arthuys, a lieu un premier stage. Les Ateliers Varan, créés en 1981, vont affiner et enrichir ce module qui va permettre, partout où n’existe aucune pratique de cinéma documentaire, de jeter les bases d’une structure de réalisation et de production.
Partout, c’est-à-dire tout autour du monde : depuis 1981, près de vingt-cinq stages ont été organisés dans vingt pays en Afrique, Asie, Amérique latine, Europe, Océanie.
D’autres projets encore, aujourd’hui. Ces projets sont le cœur de l’investissement (grandement bénévole) des Ateliers Varan, leur première raison d’être, leur ligne de conduite.


Débats et conversations autour de Jean Rouch en présence de Philippe Lourdou, cinéaste-anthropologue, Inoussa Ousseini, cinéaste, Laurent Pellé et Françoise Foucault, du Comité du Film Ethnographique (CFE), Steef Meyknecht, cinéaste-anthropologue, Philippe Costantini, cinéaste, Vladimir Perovic, cinéaste, Séverin Blanchet, cinéaste, Chantal Roussel, des Ateliers Varan, Jean-André Fieschi, cinéaste, Julius-Amédée Laou, écrivain et cinéaste, Jenny Alpha, comédienne, Jean-Paul Colleyn, cinéaste-anthropologue, Nadine Wanono, cinéaste-anthropologue, Eliane de Latour, cinéaste-anthropologue, Dominique Paini, directeur du développement culturel du Centre Pompidou.

Films


Bataille sur le grand fleuve

Bataille sur le grand fleuve

Jean Rouch | 1952 | 34' | France

En 1951, vingt-et-un grands pêcheurs Sorko des îles de Firgoun, Ayorou et Koutougou se réunissent sous les ordres du chef Oumarou pour livrer une grande bataille sur le fleuve Niger contre les hippopotames. De la construction des pirogues à la fabrication des armes, en passant par les rituels de possession, Jean Rouch raconte toute l’aventure de cette chasse dangereuse. Deux ans après le tournage, quand ils ont vu le film, les pêcheurs Sorko ont critiqué certains choix : « la musique était une faute puisqu’un hippopotame entend très bien sous l’eau et que ça allait lui donner du courage. »


Le Beau navire

Jean Rouch | 1990 | 4' | France

Petit essai autour de la tour Eiffel.


Bronx Barbès

Bronx Barbès

Eliane de Latour | 2000 | 110' | France

À la lisière d’une grande ville, dans l’Afrique contemporaine, deux amis sans le sou, Toussaint et Nixon, passent leur temps à errer en quête d’un larcin à commettre. Responsables d’un meurtre accidentel, ils se réfugient dans le ghetto du Bronx et entrent dans les gangs, une société très codée : les « vieux pères » sont les chefs et les « fistons », qui font office de lieutenants, doivent encore faire leurs preuves. Dans cette quête initiatique, des acteurs professionnels interprètent les petits rôles, mais on a confié les rôles principaux à des gens de la rue. Le scénario a reçu l’aval de trois vieux pères, qui ont repris des scènes d’action, ajoutant des détails, suggérant des dialogues, dans la langue des ghettos, truffée d’anglicismes, le nouchi. Le documentaire a fini par surgir du dispositif fictionnel, soutenu par une longue enquête sociologique. Il s’agissait de « trouver une forme de justesse qui rende hommage à ce qu’ils sont sans abolir mon regard sur eux. »


La Chasse au lion à l’arc

La Chasse au lion à l’arc

Jean Rouch | 1965 | 80' | France

« Les chasseurs Songhaï sont une caste héréditaire, eux seuls ont le droit de tuer le lion. Les bergers ne peuvent que lui lancer des pierres pour le faire fuir. Les Peul estiment que le lion est nécessaire au troupeau, et ils savent identifier chaque lion à ses traces. Mais quand un lion exagère, quand il a mangé trop de bœufs, il faut le supprimer, parce que c’est un lion tueur. » Jean Rouch a suivi les chasseurs Gao de la région de Yatakala, au Niger, de 1957 à 1964. Le film retrace les épisodes de cette chasse où technique et magie sont intimement liées.


Ciné portrait de Raymond Depardon

Ciné portrait de Raymond Depardon

Jean Rouch, Raymond Depardon et Philippe Costantini | 1981 | 10' | France

Rencontre au sommet : les deux grands maîtres du documentaire français déambulent au Louvres entre les statues de Maillol, chacun esquissant un portrait de l’autre.


Cocorico ! Monsieur Poulet

Cocorico ! Monsieur Poulet

Jean Rouch | 1974 | 93' | France

Dans une 2CV bringuebalante baptisée Cocorico parce qu’elle reproduit le cri du coq quand elle arrive à démarrer, Lam, surnommé Monsieur Poulet, s’en va dans les villages de la brousse chercher les poulets qu’il vendra à Niamey. Il est accompagné par son apprenti Tallou. Un ami désœuvré, Damouré, se joint à eux, espérant faire des affaires juteuses. Mais le voyage est plein de péripéties, les poulets sont introuvables, le fleuve se met toujours en travers du chemin et une femme-diable ne cesse de leur jeter des sorts.

« Lam nous proposa de faire un film documentaire sur le petit commerce du poulet en brousse. Nous décidâmes d’en faire un sujet de fiction. C’est à ce moment aussi qu’est né un nouveau réalisateur, Dalarou, multinational et tricéphale : Damouré Zika Lam Ibrahim Dia, Jean Rouch. En fait, nous nous connaissons tous depuis plus de trente ans et notre société de “vieux cons” est devenue spécialiste d’histoires que nous racontons, assis sous l’arbre à palabres, en réinventant le jeu des cadavres exquis des Surréalistes. »


Le Dama d’Ambara, enchanter la mort

Le Dama d’Ambara, enchanter la mort

Jean Rouch | 1974 | 60' | France

Tous les cinq ans, la société des masques des Dogons du Sanga, au Mali, organise un grand Dama, levée de deuil pour chasser la « chose dangereuse ». Les paroles de Marcel Griaule, qui avait observé et analysé cette cérémonie (le film a été tourné « livre en main » dit Rouch), et les images d’un mort, Ambara, se mêlent à celles des vivants qui célèbrent le mythe dogon, selon lequel dieu a donné aux hommes, en même temps, la parole et la mort.


Damouré parle du sida

Damouré parle du sida

Jean Rouch | 1992 | 10' | France

« On se met devant la caméra, lui derrière, et voilà ! » Damouré.


La Danse des reines à Porto Novo

La Danse des reines à Porto-Novo

Jean Rouch et Gilbert Rouget | 1969 | 26'

Analyse des rapports de la musique et de la danse, grâce à la technique du ralenti synchrone, à travers le répertoire des danses exécutées dans la cour intérieure du Palais, à Porto-Novo, au Bénin, par les femmes du Roi : d’abord les danses rituelles « obligées », puis les danses profanes sur les airs dits du « chant long ».


En une poignée de mains amies, fleuve qui par dessous les ponts, ouvre les portes de la mer

En une poignée de mains amies, fleuve qui par dessous les ponts, ouvre les portes de la mer

Jean Rouch et Manoel de Oliveira | 1996 | 35' | France, Portugal

« En dégustant un vieux porto, je parlai avec Manoel des ponts du Douro, et tout de suite, nous fûmes du même avis : de tous ces ponts, la grande œuvre d’art, dans cette capitale de l’architecture moderne, était le pont que Gustave Eiffel y avait jeté avant de construire sa tour à Paris. En mois de cinq minutes, le projet fut construit : Manoel écrirait un poème que nous filmerions avec nos copains. Et comme dans tous les rêves d’enfants, nous le réalisâmes en moins d’une semaine, en sillonnant les rives du Douro à pied, en voiture, en hélicoptère, revenant sur nos pas, à la poursuite de nuages merveilleux, Manoel et moi hurlant les stances d’un poème inspiré par le vent, le fleuve et l’amitié. »


Enigma

Enigma

Jean Rouch | 1986 | 80' | France, Italie

Z, un mécène, fait appel à A, faussaire de génie, pour qu’il réalise les tableaux de Turin que de Chirico aurait dû peindre lors de son séjour dans cette ville en 1911. Tentative d’approche d’un espace urbain fantasmatique à travers Nietzsche, qui passa ici les dernières années de sa vie avant d’être enfermé à l’asile, Alessandro Antonelli, qui construisit le Môle, édifice absurde justifié seulement par son immensité, et de Chirico, pour qui le court séjour à Turin devint un tournant vers la peinture métaphysique.


Estrela da tarde

Estrela da tarde

Madalena Miranda | 2004 | 24' | Portugal

Chaque fois qu’elle s’affaire dans sa maison, une femme fait le point sur sa vie au son des musiques qui ont marqué son chemin, jusqu’à ce que la journée s’achève.


Faire-part musée Henri Langlois – cinémathèque française (8 juillet 1997)

Faire-part musée Henri Langlois – cinémathèque française (8 juillet 1997)

Jean Rouch | 1997 | 55' | France

« Ce film réalisé en un après-midi est une “promenade inspirée”, c’est-à-dire la découverte d’une exposition où j’improvise le commentaire. Les cinq plans-séquences successifs suivent l’ordre chronologique de l’Histoire du Cinéma tel que Langlois l’avait conçu il y a une trentaine d’années. Deux semaines plus tard, le Musée était dévasté à jamais par suite de l’incendie du Palais de Chaillot. Alors le petit bout de film que l’on a fait c’est un peu se souvenir. »

« Il faut essayer de tout conserver, de tout sauver. Les générations futures apprécieront peut-être ce que nous ignorons. » Henri Langlois


Folie ordinaire d’une fille de cham

Folie ordinaire d’une fille de cham

Jean Rouch et Philippe Costantini | 1987 | 75' | France

Cham, deuxième fils de Noé, ayant vu la nudité de son père, fut maudit : ses descendants sont condamnés à devenir les serviteurs de Shem et Yafet, les « bons » fils de Noé. Kouch, fils de Cham, est l’ancêtre des Noirs : ses fils et ses filles portent à travers l’histoire de l’esclavage la malédiction de Cham.
Travaillant sur le texte d’un jeune auteur antillais, Julius-Amédée Laou, mis en scène au théâtre par Daniel Mesguich, Jean Rouch a transposé l’action dans le décor de l’hôpital Sainte-Anne et lui a donné comme cadre « scientifique » une présentation de cas : un psychiatre nommé Charcot présente à ses collègues un cas spectaculaire qu’ils pourront apprécier de visu. Les spectateurs du film assistent avec les médecins à cette (re)présentation : un dialogue délirant s’engage entre une vieille Antillaise internée depuis cinquante ans et une jeune aide-soignante venue de la Martinique Ce psychodrame montre la dépossession d’un peuple, interroge la notion de négritude et le rapport aux textes saints, utilisés par les oppresseurs pour justifier les pires exactions.

« Un film qui révélera peut-être une autre manière de filmer le théâtre, un “ciné-théâtre” où la scène ne sera plus italienne, où, comme dans la tragédie grecque de la haute époque, le spectacle ne sera donné qu’une fois pour toutes, au vent de l’éventuel. », Jean Rouch


Gare du Nord

Gare du Nord

Jean Rouch | 1964 | 16'

Un jeune couple vit modestement dans le quartier de la Gare du Nord. La jeune femme, ambitieuse, rêve d’une vie meilleure. Elle rencontre par hasard, rue de Maubeuge, un jeune bourgeois qui lui propose de partager avec elle la vie dont elle rêve. Deux plans-séquences, tournés caméra à la main, en son direct, pour cet épisode du film à sketches Paris vu par.


Hommage à Marcel Mauss : taro okamoto

Hommage à Marcel Mauss : taro okamoto

Jean Rouch | 1973 | 15'

Conversation dans l’atelier de Taro Okamoto, artiste japonais exubérant qui fut aussi l’élève de Marcel Mauss en 1938, pour rendre hommage à ce grand sociologue français. « L’art est une explosion. » Taro Okamoto


Hotline

Hotline

Dragan S. Nikolic | 2004 | 30' | Serbie

Après la mort de mon père j’ai envoyé ma mère travailler dans une « hotline ». Je voulais l’aider à surmonter la crise dans laquelle elle était entrée après que son amant l’eut quittée. Je voulais aussi me venger de sa « trahison » après la mort de papa.


Jean Rouch en zijn kamera in het hart van Afrika

Jean Rouch en zijn kamera in het hart van Afrika

Philo Bregstein | 1977 | 74' | Pays-Bas

Philo Bregstein suit Jean Rouch au Musée de l’Homme à Paris et à l’Institut de recherche en sciences humaines à Niamey, au Niger, où il a créé un secteur cinéma.


Madame l’eau

Madame l’eau

Jean Rouch | 1993 | 120' | France, Pays-Bas, Royaume-Uni

À la recherche de solutions pour lutter contre la sécheresse dans leur Sahel natal, Lam, Damouré et Tallou, trois vieux messieurs du Niger, partent en Hollande, pays de l’eau et des moulins. Ils ramènent dans leurs bagages un ingénieur néerlandais et le moulin démontable qu’il a inventé.


Les Maîtres fous

Les Maîtres fous

Jean Rouch | 1955 | 36' | France

Les Haoukas (maîtres du vent, maîtres de la folie) sont les adeptes d’une secte qui se réunit tous les dimanches dans les faubourgs d’Accra pour des danses de possession au cours desquelles les participants entrent en transe et sont habités par celui qu’ils invoquent. Ce culte a pour génies et pour dieux non plus ceux de la forêt ou des eaux, du feu ou de la pluie, mais les mythes de la puissance colonialiste à l’échelle de l’expérience des Noirs : le « gouverneur », le « médecin », la « femme du médecin », le « chauffeur de locomotive », ou le « caporal de garde », directement inspirés par l’armée et les administrations coloniales françaises et britanniques.


Makwayela

Makwayela

Jean Rouch et Jacques d’Arthuys | 1977 | 20'

Tous les matins, avant le travail, les ouvriers mozambicains chantent et dansent devant leur usine.


Moi, un noir

Moi, un noir

Jean Rouch | 1958 | 80'

La vie et les espoirs de jeunes Nigériens venus a Treichville, faubourg d’Abidjan, pour « faire fortune ». « Nous vous montrerons ce que c’est que la vie de Treichville, ce que c’est que Treichville en personnel » dit Robinson. Le travail qu’il faut chercher quotidiennement au port, le dancing Espérance, la plage, la boxe, les filles, la prison : le quotidien de ces immigrés dans une « fiction » improvisée où les personnages ont « le droit de tout faire et de tout dire ».
« Dans Moi un noir j’ai essayé de donner la parole à un Noir d’une certaine manière : j’ai écrit sous la dictée, j’ai servi de porte-plume. Mon but est de montrer la vie, non de la reconstituer. »


Mosso, mosso (Jean Rouch comme si…)

Mosso, mosso (Jean Rouch comme si…)

Jean-André Fieschi | 1998 | 73'

De la série Cinéastes de notre temps.
Un matin de février 1997, à la terrasse du café Bullier à Montparnasse, Jean Rouch trempe son troisième croissant dans une grande tasse de café noir. Il monologue : « Chez les Dogon, j’ai appris une règle de vie extraordinaire, qui est finalement sans doute ma règle de vie : faire comme si… Faire comme si ce qu’on raconte était vrai… Et en faisant “comme si” on est je crois beaucoup plus proche de la réalité. Qu’en penses-tu camarade ? »


Noces de feu

Noces de feu

Nicole Echard | 1968 | 32' | France

Au Niger, quelques forgerons hawsas fabriquent encore traditionnellement du minerai de fer. Boubé Marinassara, forgeron “fils des hommes”, est le maître du campement du feu.


Olhos de Cana

Olhos de Cana

Philippe Lourdou | 1987 | 17' | France

Différentes phases de la récolte de cannes à sucre et de la fabrication de briques de sucre, dans l’État du Piaui, Nordeste, Brésil.


La Pyramide humaine

La Pyramide humaine

Jean Rouch | 1961 | 90' | France

D’après le poème de Paul Éluard, le problème des relations entre Blancs et Noirs en Côte d’Ivoire, à la fin des années cinquante : des jeunes africains et européens du lycée d’Abidjan essaient d’aller les uns vers les autres. Cet effort de compréhension se heurte à leurs préjugés respectifs.
« Pour moi la seule façon de faire un film est la méthode d’approximations successives. Il n’y avait pas à proprement parler de scénario ou de dialogue, mais une improvisation continuelle devant les caméras. Je suggérais un thème aux jeunes, et la caméra tournait sans arrêt pendant toute une bobine de film, c’est-à-dire dix minutes : la caméra n’était pas un obstacle à l’expression, mais au contraire le témoin indispensable qui motivait cette expression. »
Ils jouaient « des personnages qui n’étaient pas totalement ou pas exactement les leurs, dans une situation complètement inventée, elle, puisqu’une telle coexistence était impensable en temps normal ».


Rendez-vous à Sharkamen

Rendez-vous à Sharkamen

Vladimir Perovic | 2001 | 8' | Yougoslavie

Shakamen est un petit hameau de Serbie orientale, oublié du monde. Un jour pourtant, trois hommes arrivent dans une voiture rutilante pour enregistrer le chant de sept vieilles femmes. Ils repartent sans un mot, sans un regard, avec ces voix enfermées au fond d’un ordinateur. Mais l’âme du chant est restée à Sharkamen.


Rouch’s Gang

Rouch’s Gang

Steef Meyknecht, Dirk Nijland, Joost Verhey | 1993 | 70' | Pays-Bas

Ce film suit Jean Rouch et l’équipe du film Madame l’eau au cours de la préparation et du tournage, et permet d’entrevoir sa façon d’approcher le cinéma, avec sa bande de copains, qui le suit depuis quarante ans :
Damoure zika, Lam Ibrahim Dia, Tailou Mouzourane, acteurs du film, et Moussa Hamidou, preneur de son.


Sigui 69 : la caverne de bongo

Sigui 69 : la caverne de bongo

Jean Rouch et Germaine Dieterlen | 1969 | 40' | France

Les cérémonies du Sigui, célébrées tous les soixante ans pendant sept années successives par les Dogons de la falaise de Bandiagara au Mali, commémorent la révélation de la parole orale aux hommes, ainsi que la mort et les funérailles du premier ancêtre. La troisième année des fêtes a lieu au village Bongo.
Troisième épisode de la série des Sigui.


Stolat

Stolat

Bike Johnstone et Pengau Nengo et Martin Maden | 1985 | 28' | Papouasie-Nouvelle-Guinée

Des étudiants cinéastes de Papouasie-Nouvelle-Guinée choisissent de faire un film sur le troisième âge en France, une condition qui dans notre société les intrigue. Leur quête les conduira à un fringant jeune homme de quatre-vingt ans, polonais. Sans la plus petite bribe de langue commune, ils vont communiquer et même bien s’entendre.


Les Tambours d’avant (Tourou et Bitti)

Les Tambours d’avant (Tourou et Bitti)

Jean Rouch | 1971 | 9' | France

Une danse de possession se déroule dans la concession du Zima Dauda Sido, au Niger. Lors de cette fête, où les participants demandent au génie de la brousse de protéger les récoltes contre les sauterelles, les tambours archaïques Tourou et Bitti vont battre. Un essai de cinéma ethnographique à la première personne.


Tinpis Run

Tinpis Run

Pengau Nengo | 1990 | 85' | Papouasie-Nouvelle-Guinée

Premier long-métrage de l’histoire du cinéma papou : tinpis est un plat national qui se déguste sur du riz fumant. Un vieux traditionaliste et un jeune anticonformiste conquis par les valeurs du monde moderne parcourent le pays dans un tinpis (boîte à maquereau en langue pidgin), appellation familière du taxi-brousse collectif.


Truong phuong Thanh Công cò làng Thanh Công…

Truong phuong Thanh Công cò làng Thanh Công…

Phan Thi Vang Anh | 2004 | 33' | Vietnam

Dans un vieux quartier de Hanoi, autrefois un village, de nouveaux hauts-parleurs doivent être réparés et installés. En observant la vie quotidienne, Vang Anh filme avec humour l’animation suscitée par cet événement et nous plonge au cœur des contradictions vietnamiennes.


Séances

samedi 4 décembre 2004 à 20h00

Espace Jean Vilar - salle 1
Plus d'informations sur cette séance

dimanche 5 décembre 2004 à 14h30

Espace Jean Vilar - salle 1

Un film et son making-of

  • Madame l’eau
    Jean Rouch | 1993 | 120’ | France, Pays-Bas, Royaume-Uni
  • Rouch’s Gang
    Steef Meyknecht, Dirk Nijland, Joost Verhey | 1993 | 70’ | Pays-Bas

lundi 6 décembre 2004 à 10h00

Espace Jean Vilar - salle 1

Le conteur

lundi 6 décembre 2004 à 14h30

Espace Jean Vilar - salle 1

L'initiateur d'ateliers

lundi 6 décembre 2004 à 20h30

Espace Jean Vilar - salle 1
Plus d'informations sur cette séance

mardi 7 décembre 2004 à 10h00

Espace Jean Vilar - salle 1

Le conteur

mardi 7 décembre 2004 à 14h30

Espace Jean Vilar - salle 1

Le plan séquence

mercredi 8 décembre 2004 à 20h30

Espace Jean Vilar - salle 1

Le cinétranse

jeudi 9 décembre 2004 à 14h00

Espace Jean Vilar - salle 2

Le conteur

jeudi 9 décembre 2004 à 20h30

Espace Jean Vilar - salle 1

L'Afrique

vendredi 10 décembre 2004 à 19h00

Espace Jean Vilar - salle 1

Regards comparés

samedi 11 décembre 2004 à 16h00

Espace Jean Vilar - salle 1

L'art

dimanche 12 décembre 2004 à 16h00

Espace Jean Vilar - salle 1

Le conteur