Films


À bras le corps

Béatrice Chauvin | 1998 | 22' | France

Le cours de gym à l’école. Drôle de souvenir pour chacun de nous. Mais pour la Cinquième 5 de ce collège, turbulente, agitée et abonnée aux deux sur vingt, c’est là qu’on décide de se mettre au travail.


Agujetas, Cantaor

Dominique Abel | 1999 | 58' | France

Manuel Agujetas est un des plus grands chanteurs de Flamenco de tous les temps. Un des derniers de « l’école » de Jerez et du Cante Jondo dans ce qu’il a de plus ancien et de plus pur, farouche ennemi de la modernité, personnalité très libre et originale, mythique, pour le meilleur et pour le pire, à !’intérieur du monde gitan. Ne sachant ni lire ni écrire Agujetas vit « en flamenco » dans les environs de Jerez dans la maison qu’il a lui-même construite. C’est là que nous l’avons filmé, dans |’intimité de son environnement familier, avec sa femme japonaise qu’il fait danser, dans son jardin, et lans la forge que lui a léguée son père où il chante tout en martelant l’enclume. Il chante aussi en concert dans une « venta » du village voisin, accompagné par Moraito à la guitare. Des amis d’Agujetas, véritables aficionados, nous aident à comprendre son art en évoquant ses débuts, sa personnalité si particulière, son père, grand chanteur lui-même, dont il a tout appris et à qui il est resté fidèle.


Beau comme un camion

Antony Cordier | 1999 | 42' | France

Ce film trace l’évolution de la perception du travail intellectuel au sein d’une famille ouvrière grâce aux études et aux choix de l’un de ses enfants.


Berlin, symphonie d’une grande ville

Berlin, symphonie d’une grande ville

Walter Ruttmann | 1927 | 50'

Inspiré par les recherches formelles des années vingt, le cinéaste scande les mouvements, les flux et le déroulement temporel de la vie d’une grande métropole de l’aube à la nuit.


Berlin-cinéma (titre provisoire)

Berlin-cinéma (titre provisoire)

Samira Gloor-Fadel | 1998 | 106'

Une longue méditation sur le vide, celui de l’image, du cinéma, de la ville, du lieu. Berlin est une cité en creux et en noir et blanc. Wim Wenders y ballade sa carcasse penchée et sa voix douce, Jean-Luc Godard lâche quelques phrases et Jean Nouvel trace les bâtiments en devenir. Des plans fixes dessinent des frontières mouvantes. La réalisatrice filme un road-movie immobile où les longs travellings marquent des points de fuite. L’errance est seule certitude.


Bienvenue au grand magasin

Bienvenue au grand magasin

Julie Bertuccelli | 1999 | 104' | France

À Paris, sur le Boulevard Haussmann, le grand magasin des Galeries Lafayette est au même titre que la Tour Eiffel ou les Champs Élysées un symbole de la vie parisienne. Mais le magasin Haussmann est aussi le « vaisseau amiral » de l’un des groupes commerciaux les plus importants de France. Des réunions de direction aux scènes de la vente quotidienne, rythmées par les joies et les peines des uns et des autres, ce feuilleton documentaire nous plonge au sein des mécanismes d’une grande entreprise et de ses contradictions. En suivant nos personnages, en s’attachant à leur personnalité et à leurs parcours, se dessine un portrait des enjeux qui agitent notre société.

  • 1er épisode : Piercing interdit (26′)
  • 2e épisode : 5 millions à l’heure (26′)
  • 3e épisode : L’apprentie sorcière (26′)
  • 4e épisode : Les larmes de Madame Gourband (26′)

Bitche

Bitche

Jean-Loïc Portron | 1996 | 26'

Moselle. Trois siècles de guerres ont laissé des marques dans ce paysage de frontière. Les plus visibles sont les fortifications dressées contre l’Allemagne Les contraintes militaires ont modelé le paysage en étouffant toute velléité de développement économique. À présent, la frontière est perméable. Bitche construite contre l’Allemagne ne vit plus aujourd’hui que par l’Allemagne. Progressivement, les raisons économiques l’emportent sur les divisions de l’histoire.


Blending emotions

Fernando Alvim | 1999 | 18' | Belgique

Explore la tragédie de la guerre angolaise et ses conséquences. Fernando Alvim, artiste angolais, en invitant Carlos Garaicoa (Cuba) et Gavin Younge (Afrique du Sud), a créé un dialogue symbolique entre une jambe, une mine et une prothèse.

Ce film contient des images susceptibles de modifier « le poids de la conscience ».


Le Cas Howard Phillips Lovecraft

Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard | 1998 | 45' | France

Est-ce le jour, est-ce la nuit ? Le temps ne passe pas entre ces quatre murs sales, maculés de taches d’humidité, de traces de doigts. Sommes-nous à New-York ? Ailleurs ?

Un appartement new-yorkais, mettons. Un appartement hanté par une chose qui vit là. Ou ne vit pas. Un appartement rempli par les peurs et les haines de cette chose. Qu’est-ce que c’est ? Lovecraft ? Pas sûr. Est-ce que c’est vivant ? Ça bouge en tout cas. Ça bouge mais furtivement. Ça vit, donc. Mais à peine. Ça ne respire pas (peut-être par crainte d’attirer l’attention).

Non, cette chose n’est pas Lovecraft. Elle n’en est pas l’incarnation. Elle en est une traduction. Voici Lovecraft, tel qu’il se voit lui-même. Réel, mais si peu. Vivant, mais à peine.

Toute marche mystérieuse vers un destin est une tentative de portrait psychique de celui qu’on appelait le « reclus de Providence ». Écrivain dépressif, jamais filmé, jamais enregistré, il ne reste de lui que quelques photographies pieusement regroupées par ses admirateurs. Et puis sa correspondance, innombrable. Et son œuvre immense, qui opère un renouvellement pur et simple de la littérature fantastique.


Cathédrale

Xavier Baudouin | 1998 | 27' | France

À Mejorada, tout près de Madrid et son aéroport, Justo a entrepris, voici trente ans, de construire tout seul la dernière cathédrale d’Espagne. Une « forteresse romane, en moins massif », qu’il bâtit sans plans préalables, avec des matériaux de récupération et le renfort de deux garçons du village, Sergio et Antonio. Touristes et voisins en visite défilent sur le  chantier immense, tandis que le maître d’œuvre et ses apprentis, indifférents aux regards, s’activent sous la coupole  inachevée. « On accepte les dons pour finir les travaux. »


Le Chagrin et la Pitié, chronique d'une ville française sous l'Occupation

Le Chagrin et la Pitié, chronique d’une ville française sous l’Occupation

Marcel Ophüls | 1969 | 256' | Allemagne, Suissse

Deux époques :  L’effondrement, Le choix.
Une ville sous l’Occupation, Clermont-Ferrand. Témoignages. Ceux des fermiers maquisards Louis et Alexis Grave, de l’ancien Waffen SS de la division Charlemagne, Christian de la Mazière mis en scène dans le symbolique château de Sigmaringen. Des figures de la scène politique de l’époque… Pour une évocation plus que contrastée de la Résistance et du régime de Vichy…


Chroniques d’un balayeur

Brahim Fritah | 1999 | 22' | France

Buvons un thé… Portrait conté et évocation onirique d’Ali balayeur, le « maître d’un royaume désert »… Entre passé et présent, fiction et réalité.


Le Cri de l’encre

Caroline d'Hondt | 1998 | 12' | Belgique

Un papier, une plume, de l’encre, des lignes, des courbes, et… la création. Dessiner des formes, des éclairs, freiner sec, doucement tracer une courbe puis, repartir en ligne droite. Propositions de plume, arêtes dorsales, cris écrits de femmes, d’objets.


D’une rive à l’autre 

Marie Colonna | 1999 | 57'

C’est l’histoire d’une jeune femme née et ayant vécu en Algérie après l’indépendance, fille de pieds-noirs naturalisés algériens, qui, « perturbée » par le retournement historique que représente l’exil actuel de ses parents en France, décide de revisiter leur histoire.

Elle le fait en interrogeant son père et sa mère, ses frères mais aussi certaines personnes qui ont été proches de ses parents à des moments cruciaux de l’histoire algérienne et qui ont emprunté d’autres itinéraires.

À travers le prisme minuscule d’un noyau familial, on entre-percevra certains je(ux) de cette union charnelle et sans espoir qui liât l’Algérie à la France ; union conflictuelle, passionnelle, ambivalente, qui ne cesse de résonner de chaque côté de la Méditerranée.

Une histoire d’exil singulier mais également une simple histoire de famille comme celle de tout un chacun.


D'une rive à l'autre

D’une rive à l’autre

Patrice Dubosc | 1999 | 52' | France

Au cours de l’année 1999, l’Hôpital Broussais intégrera le nouvel Hôpital Européen Georges Pompidou en construction dans le 15e arrondissement de Paris. Un film sur l’entre deux : les soignants et les soignés, la vie et la mort, le dedans et le dehors, le départ et le retour… le passage. Un film sur l’écoute. Sur le silence et l’oubli.


De Bombay à Tel Aviv

Amrita David | 1998 | 62' | France

Mêlant bandes d’actualité et films d’amateurs, le film raconte l’immigration des Bnei Israël en Israël. Les Bnei Israël constituent une des trois communautés juives indiennes. Dès la création de l’État d’Israël en 1948, ils partent s’y installer. Comment sont-ils accueillis par la société israélienne ? Comment réagissent-ils à celle-ci ? Au bout de cinquante ans sont-ils devenus de vrais israéliens ? Ou restent-ils des indiens ? Il n’y a pas de réponses simples. De Bombay à Tel Aviv tente de réinscrire la complexité du sujet, tout en favorisant un ton personnel et humain.


De la chute 

Jean Lefaux et Anca Hirte | 1999 | 53' | France

C’est une histoire qui tient une place particulière dans le répertoire des horreurs concentrationnaires du XXe siècle. Elle se déroule en Roumanie au début des années cinquante alors que se mettent en place les démocraties populaires. Dans une prison, à Pitesti, où sont regroupés des détenus étudiants, va être menée une expérience, dite de rééducation, qui n’a pas d’équivalent à son époque, ni après, ni de nos jours.

Expérience unique en ce qu’elle force les détenus de la prison à se torturer les uns, les autres. Tous. De façon à ce qu’il n’y ait pas une victime qui ne devienne bourreau, pas un innocent qui ne devienne coupable. Expérience de violence absolue sur les corps et les esprits, emblématique de la nature profonde des régimes de l’Europe de l’Est. La vie, par la suite, pour ces anciens prisonniers politiques ne sera tolérable qu’au prix d’un mutisme absolu. Aux amis, proches, il leur sera impossible de dire : j’ai torturé. J’ai été torturé. Aujourd’hui, trois survivants brisent le tabou tacite. Trois récits intimes pour transmettre l’indicible. Comme une confession.


Le Départ

Le Départ

Damien De Pierpont | 1998 | 52' | Belgique

En 1987, un jeune européen a vécu pendant plusieurs mois à Tokyo, dans une famille japonaise. Très vite, ces gens sont devenus pour lui une seconde famille. Quelques années plus tard, Otosan, le père, meurt d’un cancer. Trois ans après cette mort, ce jeune européen, devenu réalisateur, nous emmène à la rencontre de sa famille d’adoption. Ce regard privilégié nous dévoile un Japon inattendu, bien éloigné des idées reçues, un Japon vu de l’intérieur, dans l’intimité d’une famille qui, doucement, apprend à dire au revoir à l’absent. Ces peines et ces joies, vécues au quotidien font étonnamment écho à nos propres questions et aux réponses que chacun tente d’y apporter.


Derniers mots, ma sœur Joke (1935-1997)

Johan van der Keuken | 1998 | 51' | France

« Ma sœur Joke, de deux ans et demi mon aînée, est morte d’un cancer le 8 août 1997. Huit jours avant sa mort, ma femme Noshka et moi avions eu une longue conversation avec elle que j’ai filmée avec une caméra vidéo digitale. Deux jours avant sa mort, j’ai filmé une deuxième conversation, courte cette fois-ci, avec elle. J’avais demandé à Joke, non sans une certaine timidité, la permission de la filmer. Le film s’est avéré être son dernier « projet », d’une très grande importance pour elle. Juste avant qu’elle ne meure en notre présence, elle me demanda encore si j’avais bien pu réaliser toutes les prises de vue dont j’avais besoin. Les conversations parlent du sens de la vie, de la métaphysique ou de son absence, de la vitalité, de la transmission des expériences et des consciences – pour elle peut-être la plus importante. Et aussi de notre relation au sein de la famille, de la lutte et des rapprochements à un âge plus avancé. J’ai aussi filmé sa maison, sa collection d’objets, le vent dans son jardin. Et aussi ses filles (mes nièces) et ma sœur plus âgée, des photos et les tableaux que Joke peignait. », Johan van der Keuken


Derrière la forêt

Derrière la forêt

Gulya Mirzoeva | 1999 | 75' | France

Joueur inimitable de hautbois et d’üçtelli, petit luth à trois cordes, le vieux Hayri Dev vit à Tasavlu, au sud-ouest de la Turquie. Un soir, au détour d’une conversation, il décide de traverser dès le lendemain les montagnes de Çameli pour rendre visite à son ami de jeunesse, Mehmet Sakir Akkulak, rude berger et violoniste impétueux, qui habite à un jour de route. Après l’avoir retrouvé dans la montagne, Hayri convainc Mehmet de rentrer avec lui à Tasavlu pour faire la fête. Une mémorable fête de retrouvailles à l’esprit d’enfance transfigurera ces hommes âgés, épris d’une souveraine liberté. Une fête où se conjugueront l’ivresse de la danse et une énergie musicale inépuisable.


Diego

Frédéric Goldbronn | 1999 | 39' | France

La guerre civile espagnole (1936-1939) fut aussi une tentative inédite de révolution libertaire. Diego Camacho est l’un des derniers témoins de cette expérience, qui a marqué toute sa vie. Je lui ai proposé de commenter une sélection de photos de l’époque, dont certaines s’attachent à des souvenirs directement vécus, tandis que d’autres renvoient aux scènes de son « roman familial », le film sera monté comme s’il s’agissait d’une seule nuit, et se déroulera entièrement dans un vieux café de Barcelone. C’est un film sur le travail de la mémoire, qui repose sur un double dispositif : il prend appui sur une iconographie originale de la guerre d’Espagne pour interroger la mémoire de l’un de ses derniers survivants et en même temps se sert de la mémoire vivante pour questionner la mémoire photographique.


Doulaye, une saison des pluies

Doulaye, une saison des pluies

Henri-François Imbert | 1999 | 88' | France

Un voyage au Mali, voyage quête, voyage enquête sur une Afrique saisie en son climat, sa temporalité et ses relations d’une autre nature que celles que nous connaissons.

« Moi je crois que ce qui est important dans cette histoire c’est la rencontre de deux hommes. Deux hommes appartenant à des cultures différentes, qui deviennent des amis, et qui se séparent pour suivre chacun leur destin. Je pense qu’il n’y a pas grand chose à inventer. Il faut seulement se fier à ce qui s’est réellement passé et nous le raconter. L’histoire de deux hommes, de deux familles, de deux mondes. Une histoire qui peut arriver partout. C’est l’histoire d’une amitié en fin de compte. », Adama Drabo, cinéaste


Éboueurs

Jean-Christophe Yu | 1998 | 30' | Belgique

« Être heureux, c’est être estimé pour ce qu’on est. », « Il faut rechercher le frisson, la beauté… »,  Alain, éboueur.

Utile, nécessaire, indispensable, c’est de loin le plus souvent, que nous le regardons, « protégé » de sa rencontre par l’heure tardive ou matinale durant laquelle, de préférence, il se déplace dans nos rues. L’éboueur est celui qui reste dans les coulisses, celui qu’on ne voit que peu ou pas du tout, celui qui, faisant table nette de notre quotidien fébrile, permet que la fête recommence au lever du jour. Notre gratitude à son égard est à la mesure de la « discrétion » avec laquelle il travaille. Rarement exprimée, elle repose sur une certitude tangible : nos restes et nos rebuts seront emportés, éliminés, oubliés quand le jour nouveau se lèvera. Il importe à notre inconscient collectif de savoir que, derrière le tour de magie qui s’opère dans le noir, un homme rythme et gagne durement sa vie.


Eisenhüttenstadt

Jean-Loïc Portron | 1999 | 26'

Eisenhüttenstadt. « La ville où on fait du fer » est une cité de cinquante mille habitants située en Allemagne Orientale, l’ex « RDA ». Bâtie ex-nihilo il y a un demi-siècle sur un site où se trouvait lors de la Guerre de 39-45, un stalag et une usine de Zyklon 5. Son développement est lié intrinsèquement à l’implantation d’une usine sidérurgique à l’ère d’« un monde nouveau », alors proclamée dans l’Europe de l’Est. À travers les différentes strates de son architecture, se dévoilent les valses-hésitations – idéologiques, politiques, économiques, humaines – qui marquèrent l’évolution de la République Démocratique Allemande. Toujours dépendante de cette quasi mono-activité malgré les mutations qui sont advenues après la Réunification, Eisenhüttenstadt voit son sort indissolublement inscrit dans la perspective originelle qui l’a fait naître…


Les Enfants du Borinage

Patric Jean | 1999 | 54' | Belgique

« Après la vision de Misère au Borinage de Storck et Ivens, je décide de retourner au Borinage, lieu de mon enfance, pour écrire une lettre-film à Henri Storck à propos de la misère sociale qui s’est perpétuée jusqu’à mon époque. Faux candide, je découvre dans les quartiers les plus pauvres, les conséquences les plus ignobles de l’horreur économique. Jour après jour, la lettre fait découvrir une réalité de plus en plus brutale, parfois insoutenable. Elle tente de lever le voile sur un système social et économique qui justifie la misère totale ou pire, la dissimule. La juxtaposition de ces images de 1933 et d’aujourd’hui me surprend. Pauvres de générations en générations, les personnages sont des “désaffiliés” : pauvres parce qu’inutiles à l’intérieur d’une société qui n’a plus besoin de leur main d’œuvre non qualifiée, ils sont tout simplement oubliés. Leur misère est avant tout intellectuelle, leurs enfants se retrouvent dans des écoles pour handicapés mentaux légers parce qu’ils ne sont pas stimulés par leur milieu. D’autres ne vont pas à l’école du tout. Privés d’éducation et d’instruction, les générations se suivent et perdent jusqu’à leur capacité de revendiquer. À force d’être méprisés, ils se méprisent eux-mêmes. Ils souffrent en silence dans une violence de tous les jours. »,  Patric Jean


Ernesto Che Guevara : le Journal de Bolivie

Ernesto Che Guevara : le Journal de Bolivie

Richard Dindo | 1994 | 90' | Suisse, France

En octobre 1967, le monde entier apprend la mort du guérillero légendaire Ernesto « Che » Guevara. L’armée bolivienne prétend que le « Che » est mort au combat et présente, lors d’une conférence de presse, le journal qu’il a écrit pendant les onze mois de sa guérilla. Le film suit le « Che » pas à pas et le fait revivre à travers son journal.


Film pour un son imaginaire (Chronique Berlinoise)

Michèle Rollin | 1998 | 60'

« 1987 : nous avons passé la journée à Berlin Est. Ce qui m’a frappé, ce n’est pas ce que j’ai vu, mais ce que j’ai entendu, ou plutôt ce que je n’ai pas entendu. Depuis, il s’est passé beaucoup de choses, le mur est tombé, je suis retournée à Berlin. J’ai demandé à mes amis, de l’ex-Est et de l’ex-Ouest, ce qu’ils entendaient. À travers cette chronique sonore des années vingt à nos jours, entrelaçant imaginaire, souvenirs et témoignages d’inconnus acteurs de leur époque, se révèle la singularité d’une ville qui cristallise les mutations des dernières décennies. », Michèle Rollin


Le Fils du pressing

Pierre-Yves Moulin | 1998 | 54'

Pour sauver de la faillite le pressing de ses parents, Imad interrompt ses études de psychologie. Implanté au cœur d’une cité populaire, le commerce avait perdu une grande partie de sa clientèle, de plus en plus touchée par la crise économique. Pour ce jeune homme d’origine tunisienne, il n’est pas acceptable de perdre un patrimoine familial, symbole d’une ascension sociale réussie. Face à la crise, Imad fait preuve d’une énergie et d’une imagination exemplaires, inventant une politique de prix adaptée : « le tout à quinze francs »…


Fotoamator

Dariusz Jabłoński | 1998 | 56'

Walter Genewein, intendant du Ghetto de Lodz en Pologne où furent enfermés des dizaines de milliers de juifs entre 1940 et 1942, était aussi photographe amateur et a pris quelques centaines de diapos couleurs du Ghetto… Arnold Mostowicz était médecin du Ghetto… Photos contre témoignage : confrontation.


Greetings from Jerusalem

Alain-Paul Mallard | 1998 | 27' | France

Dix minutes dans la vie d’une ville  (10 minutes)
Rarement une ville ressemble à ses cartes postales : elle est moins limpide, moins lisible, moins lisse. Quand, par accident, le touriste s’égare des sentiers qui relient les monuments, une autre ville lui saute au visage. Plus terne peut-être, mais plus authentique. Cette ville autre, modeste, offre, dans ses interstices triviaux, paysages urbains d’une beauté non normative, non consensuelle : il faut chercher leur beauté possible à l’intérieur de nous.

Auto-portrait d’une ville (17 minutes)
Auto-portrait de Jérusalem. À travers ses cartes postales – ses cartes de visite – la ville se vend, se vante, s’exporte au monde, exhibe ses bons profils. Sur chaque chromo se dresse un fragment d’une représentation flatteuse : la ville comme ville idéale. Une Jérusalem céleste.


La Guerre d’un seul homme

Edgardo Cozarinsky | 1981 | 105'

En 1940, Ernst Jünger, écrivain, aristocrate et officier allemand, est affecté au commandement militaire de Paris. La Guerre d’un seul homme conjugue les extraits de son journal intime (de 1940 à 1944) aux images d’archives de l’époque. Évocations de massacres, manifestations officielles, scènes de la vie quotidienne, spectacles culturels et mondains défilent au son claironnant de la propagande et se mêlent aux phrases douloureuses du narrateur.


L’Homme qui écoute

François Caillat | 1998 | 90' | France

« Je suis l’homme qui écoute…
Du matin au soir, sans aucun répit…
Quelques fois je me bouche les oreilles, mais j’écoute quand même »…

« … Ainsi commence le récit de L’Homme qui écoute, journal documenté du monde sonore, exploration de tous les sons formant notre univers auditif : la musique, les sons du langage, les différents bruits (naturels ou fabriqués) de notre quotidien. D’une pièce de Boulez aux “langues à cliks” des bushmen africains, du grésillement d’un banc de crevettes aux sons imaginaires de nos rêves, un même désir entraîne ce récit : “J’aimerais comprendre tout ce que j’écoute, comment je l’entends, pourquoi c’est là…”. L’Homme qui écoute chronique le monde sonore, de Paris à New-York, de Québec à Marseille… Il fait surtout un voyage intérieur dans le monde de la pensée : il démontre notre machine à entendre. », François Caillat


Hôtel Terminus, Klaus Barbie, sa vie, son œuvre

Marcel Ophüls | 1988 | 267'

« Mon film n’est bien entendu pas un film sur l’Holocauste, ce n’est pas non plus la biographie d’un criminel contre l’humanité. C’est essentiellement un film sur le comportement des gens face à la réalité de cette carrière : les phénomènes de rejet, de complicité ou d’indifférence calculée. Comment les gens se définissent face à cet homme qu’on ramène à Lyon et qui est sans doute le dernier grand criminel à être jugé avant la solution biologique… », Marcel Ophüls


Il était une fois la télé

Il était une fois la télé

Marie-Claude Treilhou | 1988 | 52'

À la Bastide en Val dans les années quatre-vingt, on regarde la télé, on l’aime, on la charrie, on l’envie, on en parle. Même le curé dans son sermon évoque la séduction et les dangers de « la petite image ». À travers ces personnages à l’accent rocailleux que la réalisatrice connaît bien, nous découvrons une télévision chaleureuse et humaine.


L’Île de Symi

Jean-Loïc Portron | 1997 | 26'

La beauté des îles de la mer Égée masque l’extrême précarité de leur situation. Le problème, pour chacune d’elles, a été de vivre de ses propres ressources, de son sol, de ses vergers, de ses troupeaux ; et, ne le pouvant pas, de s’ouvrir au dehors. Vivre sur une île, c’est vivre avec la mer. C’est ici, dans les Cyclades, que la navigation a pris son essor, au deuxième millénaire. Aujourd’hui, le développement du tourisme jugule l’hémorragie humaine qui vidait Symi. Mais alors que l’île avait résisté à des siècles d’invasions guerrières, ces déferlements pacifiques n’en laissent plus que l’apparence.


Images

Pascale Diez | 1999 | 78' | France

« Dix enfants pas tout à fait comme les autres. Dix enfants à l’âge de la pré-adolescence, au moment où l’image est le centre de toutes les préoccupations. L’image de soi, l’image du monde et surtout, celle que nous renvoient les autres. J’ai filmé une année scolaire durant le croisement de tous ces regards en cherchant et quelquefois en provoquant la parole de ces dix mômes qui m’ont pris la tête puis le cœur », Pascale Diez


Là-bas où le diable vous souhaite bonne nuit

Là-bas où le diable vous souhaite bonne nuit

Edyta et Vincent Sorrel | 1999 | 34' | France

Le bout du monde. La Pologne et son monde paysan vivent une rupture. La grand-mère se meurt et avec elle la ferme. Ce n’est plus possible de vivre de si peu (pour si peu). Son fils, l’homme du bout du rang, ne restera pas seul au milieu de cette forêt. Quel en est le sens ? Il se souvient de cette période où il travaillait « en ville », il y a quinze ans. Il n’arrive pas à regretter et pourtant il sait bien qu’il ne peut pas rester sur ce sable. À Varsovie, les bouleversements économiques sont ce qu’ils sont. On ressent un vide insupportable. Cette mort devant puissante devant laquelle on reste les bras ballants. Alors, il va partir, on ne voit pas ce qu’il peut faire d’autre. Nous ne savons pas ce qui l’attend.

Une photographie de l’instant. Un essai documentaire, à travers une simple histoire, sur les événements humains et économiques qui se déroulent en ce moment en Pologne.

Encore une image de la vie traditionnelle paysanne qui disparaît sous nos yeux, bouleversée par une évolution des sociétés qui, dans les pays occidentaux, a mis quarante ans à se réaliser.


Lettres de papi

Inneke Van Waeyenberghe | 1998 | 16' | Belgique

Un film basé sur des lettres de mon grand-père, qu’il écrivait à ma grand-mère au début de la guerre. Le souvenir de mon grand-père devient palpable. Des images minimales de la nature, des changements de lumière et de rythme, des images d’un vieux fort de guerre.


La Maison protégée

Olivier Pairoux | 1999 | 12' | Belgique

Philippe, Huguette, Charles, Dieudonné, Sylvain et Joséphine, définis comme « malades mentaux », découvrent aujourd’hui une issue à leur internement en quittant l’hôpital. Dans la maison protégée où ils cohabitent, ils apprennent la vie en société avec ses contraintes, ses joies et surtout ses libertés. Comme pour tout individu, la cohabitation n’est pas toujours facile. Elle s’avère peut-être encore plus complexe lorsqu’il faut à la fois combattre sa pathologie et côtoyer celle de l’autre. Mais cette maison représente avant tout un passage obligatoire entre l’autonomie de groupe et la liberté individuelle à laquelle ils aspirent.


La Mémoire de mon père

La Mémoire de mon père

Patrick Zachmann | 1998 | 30' | France

Le film d’un fils à son père, avec son père. Le photographe de l’agence Magnum prend la caméra pour tenter de rompre le silence qui s’est installé entre lui et ce père qui arrive au terme de sa vie. Un film sur la mémoire, la transmission intime, la filiation. Mémoire de la déportation des grands-parents, mémoire du camp de prisonniers où le père tente de cacher ses origines juives… À la faveur de ce dialogue renoué, Patrick Zachmann va plus loin, il essaie de comprendre ses propres interrogations. Pourquoi est-il devenu photographe ? Que signifie véritablement être juif ?… Les réponses sont au-delà des souvenirs douloureux que ce père livre à son fils comme un dernier cadeau. Bien plus qu’un travail de mémoire, c’est une transmission qui s’opère et c’est en cela que ce film personnel atteint une dimension universelle.


Mémoires de pierre

Emmanuelle Démoris | 1998 | 59' | France

Où il est question d’une carrière de pierre, qui change aussi brutalement que le monde qui nous entoure. Cette même pierre qui a servi à édifier l’église de la Trinité sert aujourd’hui à remblayer les autoroutes. Et ce sont les « travailleurs de la pierre » qui racontent le passé et le présent de la carrière. Les mouvements de la mémoire sont contradictoires, chargés à la fois d’amour et de haine pour ce lieu de travail et de souvenirs. La nostalgie reste, mais l’âge d’or se fissure en un passé moins idyllique qu’il n’y paraît. On peut alors aussi s’interroger sur ce sentiment mélancolique qui nous ferait regretter les églises ou palais d’autrefois au détriment d’une autoroute ou d’une piste d’avion.


The Memory of Justice

Marcel Ophüls | 1976 | 268'

Le procès de Nuremberg et sa portée symbolique. « Nuremberg dans la structure du film joue le même rôle que Clermont-Ferrand dans Le Chagrin et la Pitié : c’est le lieu où les destins individuels et les destins collectifs se rencontrent. Pour la construction du film, c’est le manche de l’éventail. À partir de là, l’enquête permet des retours en arrière mais aussi des réflexions sur le présent et débouche sur l’avenir. Vietnam, Algérie, bombe atomique, stalinisme, CIA, tortures en Amérique Latine et ailleurs. Hitler, semble être à la fois le grand vaincu et le grand vainqueur du XXe siècle. », Marcel Ophüls


Mort à Vignole

Olivier Smolders | 1999 | 25' | Belgique

À quelques clapotis nostalgiques de la langueur théâtralisée de Venise, une simple île dans la lagune, Vignole. Un film de famille. Des regards qui interrogent le temps, la vie qui file, les souvenirs et les oublis. Des naissances, des enfants, des histoires d’amour et de mort. « Filmer ceux qu’on aime, se prétendre à la mémoire et défier la mort ». Un film qui interroge les images familiales et par delà, le cinéma et la temporalité indécise de nos perceptions.


Moules frites et marée basse

Nausicaa Hennebelle | 1999 | 25' | France

« En 1982, j’ai douze ans. Je passe mes vacances à Bray-Dunes, petite station balnéaire populaire du nord de la France. Mon corps se transforme. Je me sens bizarre. À travers les images de cette ville qui se sont fixées cet été là dans ma tête et à travers les vacances de deux enfants d’aujourd’hui qui vivent à leur tour l’été des douze ans, je veux illustrer le trouble de l’adolescence. », Nausicaa Hennebelle


November days

Marcel Ophüls | 1990 | 130'

« L’idée de November days était de se servir des souvenirs d’hommes politiques à présent retirés du pouvoir pour porter un regard sur une Europe en pleine évolution. Durant les deux derniers mois de l’année 1989, sans que personne ne s’y attende, la période de l’après-guerre a pris fin avec l’effondrement du mur de Berlin. Ce film est un kaléidoscope de pensées, d’images, d’intelligences, tourné dans des bars, des restaurants, des taxis, des chambres, des rues… Avec des extraits d’actualité pris sur cette nuit-là, l’image inoubliable de l’homme au marteau, celle du couple buvant du champagne, et les Vopos qui les encourageaient… Suivre ensuite ces mêmes hommes et les filmer dans leur quotidien, mettre en parallèle leurs problèmes personnels et politiques qui résultent de ce moment magique et historique. Passer de l’euphorie au désenchantement puis recommencer. » Marcel Ophüls


Les Oliviers de la justice

Les Oliviers de la justice

Jean Pélégri et James Blue | 1962 | 81'

« La représentation de la guerre d’Algérie a toujours fait problème aux cinéastes français. Les films de cette période, en particulier, frappent d’abord par leur vision simplifiée du conflit, souvent présenté comme un conflit classique opposant deux camps trop bien identifiés : d’un côté le FLN, de l’autre l’armée française (les appelés du contingent sont au centre de nombreuses œuvres signées par la Nouvelle Vague : Cavalier, Demy, Godard, Rozier, Varda). Ces films évacuent des images tous ceux que l’on n’évoque jamais ; réfugiés, algériens, pieds noirs, harkis, membres du Parti Communiste Algérien parqués dans des camps.

Les Oliviers de la Justice échappe à ce manichéisme. Sa force est de ne rien schématiser mais au contraire de tout complexifier, ménageant une place aux multiples figures de l’autre que les événements font apparaître, leur offrant à tous la dignité de plans de cinéma où faire entendre leur voix. Voilà sans doute ce qui rendit ce film irrécupérable et totalement incapable d’être exploité politiquement. Voilà sans doute ce qui déplut, la raison de sa condamnation à moisir dans un trou de l’histoire du cinéma français d’où il émerge aujourd’hui, l’explication d’une censure télévisée qui dure depuis 1965. »

Patrick Leboutte, Festival Filmer à tous prix, Bruxelles 1998


Parmi les hommes 1940-1943

Peter Forgacs | 1995 | 52'

Recueil et mise en scène de petits films d’amateurs tournés entre 1940 et 1943 dans l’Europe occupée. L’existence au quotidien, la vie de famille aussi bien que les grands événements, voilà ces Temps de guerre… Les documents sont passionnants parce que tournés sans but esthétique ni souci de propagande. Dans chacun des pays occupés, les réactions sont très différentes, selon qu’on résiste ou qu’on plie l’échine. En Europe de l’est, les populations sont réduites à l’état d’esclaves. Ailleurs, la collaboration des États penche du côté d’une Europe asservie.


Les Passagers

Patricia E. Kajnar | 1998 | 26' | France

La narratrice prépare un film de fiction, pendant l’été 1998, à Tokyo. En attendant l’argent, les acteurs, elle fait des images de « repérages » sans savoir si ces images feront partie ou non du film à venir. La ville réelle semble filmée comme un espace mental, inscrit sous le signe du « Passage » : passage d‘un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un film à l’autre, passage d’un visage à l’autre, de la veille au sommeil, de la vie à la mort, du singulier au pluriel, de la fiction au documentaire (ou vice versa…). Le sommeil collectif si léger et anodin, caractéristique du Japon et le mortel sommeil, évoqué par la catastrophe de 1995, (attentat au gaz sarin), servent de fil conducteur émotionnel à ces « repérages ».

À travers les attitudes ensommeillées des passagers du train de Tokyo, le film  enregistre des détails infimes de vies quotidiennes jusqu’à ce que les visages deviennent des masques plus abstraits.

Sommeil ; à la fois métaphore de la distance qui nous sépare les uns des autres et de ce qui nous unit collectivement au « devenir humain » (Héraclite : Dormir, c’est participer au devenir humain) sans distinction de race et de culture.

Les Passagers pourrait être l’approche ethnographique d’un état intérieur fait d’associations sur les thèmes conjoints de l’intime, de la rencontre, du mystère de l’Autre, à l’intérieur et au-delà de toute menace de perte et de destruction.


Le Plat de sardines

Omar Amiralay | 1998 | 18' | France

Où la première fois que j’ai entendu parler d’Israël. Au début, il y avait… le plat de sardines. C’était chez ma tante, dans un quartier populaire de l’ancienne Beyrouth. Un jour de canicule de l’été 1950, j’avais six ans, et l’État d’Israël en avait à peine deux !


Récits d’Ellis Island, histoires d’errances et d’espoir (1re partie)

Récits d’Ellis Island, histoires d’errances et d’espoir (1re partie)

Robert Bober et Georges Perec | 1979 | 60' | France

De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants venus d’Europe, chassés par la misère, la famine, l’oppression politique, religieuse ou raciale, passèrent par Ellis Island, petit lot à quelques encablures de la statue de la Liberté, où le secrétariat d’État à l’Immigration avait construit un centre d’accueil. Robert Bober et Georges Perec décrivent ce qui reste aujourd’hui de ce lieu unique et recueillent les traces, de plus en plus rares, qui demeurent dans la mémoire de ceux qui, au début du siècle, accomplirent ce voyage sans retour.


Tant qu’il y aura de la danse

Bruno Maruani | 1999 | 58' | France

Thony Maskot est danseur et chorégraphe hip-hop. Ce pionnier, loin des cercles académiques, défend sa passion en transmettant son art aux plus jeunes. Le film est la découverte de ce personnage à la trajectoire hors du commun.


Le Temps détruit, Lettres d’une guerre 1939-40

Pierre Beuchot | 1985 | 73'

Pendant de longs mois d’attente de la « drôle de guerre », trois soldats ont écrit presque chaque jour à celles qu’ils aimaient. Maurice Jaubert était musicien, Paul Nizan, écrivain et Roger Beuchot – père de Pierre Beuchot – était ouvrier. Ils sont morts tous les trois dans les combats du printemps 1940. Le Temps détruit, c’est l’histoire de ce quotidien vécu par ces trois hommes, raconté à travers les lettres d’amour qu’ils envoient inlassablement à leurs femmes, avant d’être tués.


Tête de file

Luc Decaster | 1998 | 2'

Visages de tous les continents. Comme la Terre, ils tournent. Des regards interrogent, bousculent. Des mots évoquent quelques bribes d’Histoire… Et l’espoir des Sans-Papiers.


La Traversée de la France à pied

Jean-Paul Andrieu | 1993 | 55'

Un homme à pied, avec une caméra, seul, pendant un an, traverse la France, de Paris à la Méditerranée. Il fuit les grandes villes, les grandes routes, les endroits fréquentés. Il cherche des paysages secrets, des lieux inattendus, et surtout des gens – ces « petites gens », toujours là, même si personne n’en parle. Et à travers ces rencontres, se filme et se construit une image de la France.


Une Maison à Prague

Stan Neumann | 1998 | 70'

« Un grand siècle, celui qui se termine… Une grande ville, Prague… Une petite maison, celle où je suis né… La maison a traversé le siècle et le siècle a traversé la maison, comme un fil rouge qui a mené ses habitants de l’Anarchisme au Communisme, puis au Stalinisme, puis au Socialisme Réel, puis au réel tout court… », Stan Neumann


Veillées d’armes, histoire du journalisme en temps de guerre

Marcel Ophüls | 1994 | 233' | France

Ce film sur les correspondants de guerre et la manipulation de l’information par les médias, est le fruit de six voyages de Marcel Ophüls dans Sarajevo assiégé. L’hôtel Hollyday Inn, lieu de séjour des journalistes devient le premier « décor du film ». Marcel Ophüls accompagne des journalistes comme John Burns, correspondant du New York Times dans et hors la ville assiégée… Et comme contrepoint usuel dans la méthode du cinéaste, différents témoignages tissent un vaste panoramique sur l’évolution des rapports entre journalisme et censure depuis la Guerre de Crimée, moment « fondateur » du reportage de guerre : Martha Gellhorn durant la guerre d’Espagne, Robert Capa au Vietnam, la Guerre du Golfe…

« C’est une phrase en exergue du livre de Philip Knightley, The first casualty, qui m’a donné l’envie de faire un film sur les reporters : “La première victime de la guerre, c’est la vérité”. C’est un projet auquel je tenais et il n’y a pas depuis quinze ans un producteur à qui je ne l’ai proposé. » Marcel Ophüls


Vers la mer

Vers la mer

Annick Leroy | 1999 | 87' | Belgique

« Vers la mer est une traversée de l’Europe, un passage par delà les frontières politiques, un chemin qui relie l’Ouest et l’Est, une épopée vers la mer. Le film débute dans les paysages de la Forêt Noire et se termine au bord de la Mer Noire. Entre ces deux points extrêmes, le film propose la rencontre et des récits avec des gens et des paysages de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Roumanie. Paraît-il qu’aller vers l’Est, c’est aller vers le soleil, donc vers la lumière… Ce film est non pas vécu comme une aventure, mais bien comme une expérience dans le temps, une occasion de se documenter, de recueillir ce qui est en voie de disparition et aussi d’enregistrer les événements du présent. Le fleuve ne serait-il qu’un prétexte à autre chose ? Le Danube met en parallèle l’intemporel de son parcours et le temporel des personnages. Que ce film puisse être le reflet des petites et des grandes histoires de la vie par delà la diversité des pays et des populations traversées par ce fleuve. », Annick Leroy


La Vie n'est pas faite que des anges

La Vie n’est pas faite que des anges

Marie-Christine André | 1999 | 27' | France

Kada a trente-cinq ans, Aram six ans. Père et fils, l’un est né en Algérie, l’autre en France. Aram a la naïveté des anges, Kada le vécu d’un homme qui a galéré mais que la musique a sauvé de l’amertume. C’est la relation de ces deux personnages et leur complicité que ce film tente de nous dévoiler à travers leur quotidien.