Films


36 choses à faire avant l’an 2000

Jean-Frédéric de Hasque | 2000 | 54' | Belgique

Entre les bruyants préparatifs d’auto-célébration en occident et le silence du continent africain qui a d’autres préoccupations, le quotidien d’un village togolais au soir de l’an 2000. Leur projet d’achèvement de la bibliothèque, leur idéal que le village vive d’autres perspectives de développement. Même si pour cela ils doivent ranger les filets à papillon.


800 km de différence

Claire Simon | 2001 | 70'

Manon a quinze ans. En vacances, elle a rencontré Greg, dix-sept ans. Il habite Claviers, petit village du Haut-Var. Manon habite Paris et vient en vacances à Claviers où sa mère a grandi. Greg et Manon sont amoureux. Portrait d’un jeune homme dans le monde qui l’entoure quand sa petite amie est là, quand leur histoire existe et défie l’histoire et la géographie.


ACD

Thomas Sipp | 1996 | 14'

Dans la vitrine d’une papeterie du centre de Paris, s’inscrivent en lettres géantes, avec des noyaux de prunes séchés : « ACD ». Allusion à la cession imminente d’un petit commerce de quartier tenu depuis cinquante ans par un papetier pittoresque. Ce vieil homme, à l’aube d’une retraite bien méritée, compose chaque mois la vitrine de sa petite boutique comme un paysagiste, au gré de son inspiration ou de l’actualité, clin d’œil cynique et désabusé face à l’ère du marketing. Ce documentaire nous propose de le retrouver quelque temps avant la fermeture de sa papeterie, de participer à ses fantaisies et de surprendre le regard étonné des passants.


Addio Lugano Bella

Francesca Solari | 2000 | 70' | Suisse

Le récit au présent se fraie un chemin parmi les souvenirs du passé. Les personnages interprètent leur propre rôle à la frontière entre documentaire et fiction. Oreste Scalzone, condamné en Italie, exilé en France, incarne l’esprit du passé subversif. Giorgio Bellini, figure de 68 en Suisse, retiré dans une recherche sur les anciennes routes dans les Alpes, est tout à coup arrêté et accusé de terrorisme. Francesca Solari, réalisatrice et narratrice du film, blessée par la campagne de presse contre l’homme qu’elle apprend à aimer, élabore des fragments de mémoire pour donner sens à sa propre vie. Elle reprend le dialogue avec le père qui finit par donner du relief à l’image de la mère.


Ali Zaoua, prince de la rue 

Nabil Ayouch | 2001 | 100'

Trois années durant, Nabil Ayouch a préparé avec l’appui logistique des éducateurs de l’association BAYT ! (emmenée depuis six ans par le docteur M’Jid) le tournage d’Ali Zaoua.

« Les premières fois, je suis venu avec une caméra vidéo. Les gosses se sont immédiatement mis en scène, me racontant n’importe quoi. J’ai compris au bout d’un certain temps qu’on ne pouvait concevoir un juste savoir sur eux sans déposer ses armes, investir du temps et nouer une relation qui ne soit pas d’intérêt. Sinon, c’est foutu d’emblée. Ils savent donner à la société exactement ce qu’elle attend d’eux en termes de misérabilisme. Le film avait envie d’aller ailleurs. », Nabil Ayouch


Am I…

Show-Chun Lee | 2001 | 25'

« À travers le récit d’une jeune chinoise sans papier, Amaï, et le thème de la métamorphose, je souhaite parler du métissage des cultures, de la circulation des marchandises et des personnes dans le monde actuel, et de la toute puissance de l’aspect économique sur tous les autres systèmes de valeurs. », Show-Chun Lee


Amour humain, amour divin

Claude Graton | 2001 | 14'

Élise et Bruno vivent ensemble depuis neuf ans, leur histoire d’amour a commencé en même temps qu’une démarche spirituelle commune. Ils expérimentent l’amour au quotidien à travers leur relation et l’amour spirituel à partir d’un travail intérieur. Peut-on concilier ces deux formes d’amour ?


André et Nándi

Charlotte Grégoire | 2000 | 25'

André Reinitz, né en Hongrie, ne découvre son identité juive qu’à dix ans, lorsqu’il débarque en Belgique avec sa mère malade. Depuis lors, malgré le silence de ses parents, il s’est impliqué dans la communauté juive laïque, en tant que musicien klezmer. Entre Bruxelles et Budapest, il tente d’en savoir plus sur ses racines culturelles et son histoire familiale.


Apparatchiks et Businessmen

Stan Neumann | 2001 | 52'

Un voyage en Roumanie et dans l’ex-république soviétique de Moldavie, où ce que l’on appelle « la transition » est un terme poli pour décrire le chaos économique et social de l’ancien bloc socialiste. C’est aussi le temps des reconversions.

« J’ai voulu voir comment c’est quand ça commence, comment on passe de Marx au Marché, comment une usine de missiles se transforme en usine d’ouvre-boîtes, et des ouvriers socialistes en ouvriers capitalistes… », Stan Neumann


Asnières-Cormeilles ou les communes traverses

Aurélien Bras | 2001 | 21'

La ligne de train de banlieue Asnières – Cormeilles-en-Parisis relie, au départ de la gare Saint-Lazare, plusieurs villes de la petite et de la grande couronne. Pour des millions de personnes, le voyage en train rythme les allers-retours entre le domicile et le lieu de travail, entre la banlieue, minuscule village anonyme, et l’aimant mastodonte que représente la capitale.


Les autres c’est les autres

Mounir Fatmi | 1999 | 11' | France

Cette vidéo a été écrite et réalisée dans le cadre d’une résidence d’artiste, à la Cité Internationale des Arts en 1999, et présentée comme partie intégrante de l’installation « Médecine douce » au Couvent des Cordeliers à Paris (Mai-Juillet 1999). Qui sont les autres ? À cette question simple, livrée brutalement aux passants dans les rues de Paris ou de Mantes-la-Jolie, les réponses sont laconiques, fuyantes, tendres, complices… ou philosophiques. Un passant s’empare de la caméra et la tourne vers l’interviewer : « Les autres, c’est lui. »


Bakary et les autres…

Corinne Garfin | 1999 | 26'

Bakary et les autres… dresse les portraits de quelques enfants d’une douzaine d’années qui vivent à Tigana, un village de brousse très enclavé au Mali. Le film établit un parallèle entre deux parcours : celui d’enfants qui sont scolarisés et se rendent à l’école du village et celui de Bakary, qui comme beaucoup d’autres enfants des villages de brousse a quitté l’école et participe aux durs travaux du village pour subvenir aux besoins et charges de la famille. Les enfants nous parlent de leurs rêves, de ce qu’ils espèrent pour leur futur.


Les Baliseurs du désert

Les Baliseurs du désert

Nacer Khémir | 1986 | 95' | Tunisie

Le désert, magnifiquement filmé, attire irrésistiblement la population d’un village ainsi que son instituteur fraîchement nommé. À voir comme on lit un conte, ou comme on rêve.


Baobab

Baobab

Laurence Attali | 2000 | 25' | France

Tout avait commencé par un rêve : « Maintenant, il est temps pour toi de chercher à élucider les mystères. Trouve le griot qui t’amènera jusqu’à moi, et quand tu me reconnaîtras, fais trois fois le tour de ma taille, caresse-moi avec du lait caillé et fais-moi part de ta demande… » C’est ainsi que j’entrais comme aspirée dans l’esprit du baobab. C’était en l’an 2000. L’année du Sopi. Et si le baobab était l’emblème du Sénégal, à travers l’arbre, je voulais comprendre le pays.


Les Bêtes

Ariane Doublet | 2001 | 67'

Le cabinet de vétérinaire de Gonneville-la-Mallet, un gros bourg du pays de Caux. Quatre vétérinaires consultent. Le travail est varié : tantôt consultation de ville où l’on soigne les chats et les chiens, tantôt interventions dans les fermes où l’on s’occupe du bétail, dans la crainte de l’ESB. Au cabinet comme à la ferme, leur métier les confronte à la maladie des « bêtes » et à ce qu’elle révèle. Entre ces animaux de compagnie surinvestis affectivement et ces animaux de ferme transformés en fabrique de protéines, quels sont aujourd’hui les rapports que nous entretenons avec « les bêtes » ?


Bonne nouvelle

Vincent Dieutre | 2001 | 60'

Nous sommes à Paris, près des Grands Boulevards, dans les premiers mois du XXe siècle. Il y a les rues qui s’animent, s’éveillent et s’endorment, l’alignement tranquille des immeubles, des cours, des passages. Un destin se dessine, par fragments. Les bribes tour à tour douloureuses ou tendres, d’une vie passée là, vers le métro Bonne Nouvelle. L’homme invente à son quartier une autre géographie, intime et secrète, que l’aident à révéler deux voix amies, celles de deux femmes. Alors le témoignage se mêle au discours de l’homme : nous invitant à pénétrer un autre temps, un autre espace : « Bonne Nouvelle ». Un lieu inouï, bruissant du son sec des machines à coudre, du sommeil paisible des mendiants, du ballet incessant des voitures, de la pluie, des toxicos égarés rue Saint-Denis, du filé des souvenirs, du travail au noir… Ici, maintenant, au cœur de la Ville-Lumière.


Boulevard du nord

Samuel Bester | 2001 | 17'

« L’expérience est indicible mais le langage cherche à en tirer un enseignement. Cette formulation de l’instant vécu par le langage parlé ou l’expression artistique, nous cherchons à la partager. Chaque objet aura ainsi un sens spécifique suivant notre propre héritage culturel. Mon langage est le film, mon objet : mon quartier. », Samuel Bester


Boxa de Isolare

Elena Raicu | 1994 | 12' | Roumanie

Les abattoirs de la ville de Bucarest, un jour ordinaire. Film de stage.


Le Calme de la rivière empoisonnée

Damien Fritsch | 2001 | 23'

Au Rwanda, entre un demi-million et un million et demi de personnes ont été tuées en un peu plus de trois mois. Le génocide perpétré durant l’année 1994 – le plus important après la Seconde Guerre mondiale – a été la mise en œuvre d’une opération planifiée des mois à l’avance, et qui a été menée d’une manière concertée, systématique et méthodique. Jean-Pierre, qui a échappé à la mort, nous raconte avec précision comment il a vécu les événements qui ont engendré ce génocide. Mais au-delà des faits, comment peut-on vivre après ?


Carreras

Film collectif | 1983 | 10' | Bolivie

La compétition annuelle entre les campements miniers, ou comment passer le plus rapidement possible de quatre mille à deux mille mètres sur quatre roues et sans moteur. Film de stage.


Le Chant du styrène

Alain Resnais | 1958 | 14'


Chergui ou le silence violent

Moumen Smihi | 1975 | 90' | Maroc

Tanger, 1950. Aïcha, jeune femme mariée, recourt à des pratiques magiques pour empêcher son mari d’épouser une seconde femme. Au cours d’un ultime rituel, elle meurt noyée…


Continuons la nuit…

Françoise Cros de Fabrique | 2001 | 10'

Une conversation entre filles autour des hommes, du sexe et de l’amour.


Cuba Son

Yves Billon | 2001 | 90'

Après avoir parcouru le monde avec sa salsa, le musicien panaméen Azuquita découvre Cuba, sa terre natale. Il y est accueilli par « Los Jubilados », les camarades musiciens de son père et stars septuagénaires du Son à Santiago. De l’enregistrement d’un disque aux bals populaires, des visites familiales aux improvisations de rue, ce voyage est une plongée dans l’univers de ces retraités infatigables.


Cyber Palestine

Elia Suleiman | 2000 | 16' | Palestine

Cyber Palestine est une parabole de notre temps dans laquelle Marie et Joseph, devenus un couple de palestiniens d’aujourd’hui, reviennent à Gaza où ils doivent vivre avec l’occupation israélienne.

Cyber Palestine est une commande de l’Autorité Palestinienne pour le Projet Bethléem 2000 destiné à célébrer l’entrée de Bethléem dans le nouveau millénaire.


D’ici on voit les pompiers

Jean-Charles Gosseries | 2001 | 47' | Belgique

Marie-Lou, Nele, Raymonde, Alain, Jean-Pol et Raymond vont durant une demi-année nous faire découvrir leur vie dans le foyer pour handicapés mentaux légers. Très vite, une relation se crée et l’on découvre des moments de leur vie, leurs passions pour les températures, les cartes météo, la chanson, les poupées… et les pompiers !  Une rencontre, un portrait de groupe.


Dallas (Roumanie)

Rip Hopkins | 2001 | 52'

La communauté des deux cents tsiganes de « Dallas » vit de la récupération des déchets de la décharge municipale de Cluj-Napoca, deuxième ville de Transylvanie. La famille Lacatus est une famille ordinaire de « Dallas » qui travaille en équipe. Les deux frères aînés, Nicolae (onze ans) et Ciprian (treize ans) sont partagés entre leurs propres désirs et l’attente de leurs parents, une situation qu’ils évoquent avec lucidité et ironie.


Dans la chambre de Vanda

Pedro Costa | 2000 | 170'

« Dans Ossos (1997), Pedro Costa filmait les exclus du quartier de Fontainhas, aux portes de Lisbonne. Mis au ban de la communauté des hommes, les personnages flottaient dans d’interminables stases entretenues par la drogue, la faim et l’indigence. […] Ici, la narration, le monde extérieur, et jusqu’à l’équipe du film ont disparu. Restent, face à face, Vanda Duarte, la jeune femme consumée d’Ossos, Pedro Costa, qui la filme avec une petite caméra numérique, et, hors champ, le fracas des pelleteuses qui, telle la mort au travail, effacent le quartier et ses habitants de la surface de la terre. »
Jacques Mandelbaum, critique cinéma au journal Le Monde.

« L’art de Pedro Costa consiste à rendre à cette vie de rien, son altérité en nous intimant d’en reconnaître la beauté envoûtante et d’aimer Vanda dans son innocence tranchante au-delà du lamento humanitaire… »
Vincent Dieutre, cinéaste-critique, dans Libération (19 septembre 2001).


Dans la ville blanche

Alain Tanner | 1982 | 107' | France, Portugal

Paul, mécanicien sur un navire en escale à Lisbonne, abandonne son poste. Il marche dans les rues au hasard de ses pas, filmant avec une caméra super-8. Il s’installe dans un petit hôtel où il se lie avec Rosa, la serveuse. Pourtant il aime toujours sa femme Elisa restée en Suisse. Deux voleurs lui dérobent son portefeuille, il est blessé, hospitalisé. À sa sortie Rosa, lassée de l’attendre, est partie. Elisa lui écrit une lettre en forme d’ultimatum – ou d’amour. Paul repart en Suisse.  Dans le train, deux femmes l’observent…


De la vie des enfants au XXIe siècle

De la vie des enfants au XXIe siècle

Papisthione | 2000 | 57'

La vie des enfants des rues de Dakar. Deux bandes errantes sont suivies jour et nuit dans la ville par une caméra qui enregistre les réactions, les regards et les pensées silencieuses d’enfants drogués, violés, détruits. Des enfants dont le destin s’est arrêté le jour même où il a commencé et que l’on voit réduits aux pires conditions de l’existence. Par sa forme (des images noir et blanc à la vitesse souvent contrariée, tantôt muettes, tantôt sonores), le film entretient et affirme sa distance avec le style documentaire, tout en restant pourtant fondé sur des moments de vie réelle, jamais mis en scène.


Des vacances malgré tout

Des vacances malgré tout

Malek Bensmail | 2001 | 68'

Immigré dans la région parisienne depuis 1957, Kader est électricien. Avec sa famille (son épouse et ses enfants, Youcef, Amar, Myriam et Soraya âgés d’une trentaine d’années), il décide de passer les vacances d’été dans son village natal, proche d’Alger. Sa dernière visite remonte à 1998, à l’occasion du mariage de sa nièce. Les enfants eux, n’y sont pas retournés depuis environ une dizaine d’années. Au sein même de cette famille, entre ceux qui sont restés au pays et ceux qui ont émigré vers la France, comment perçoit-on la situation de l’Algérie ? Quels espoirs les uns et les autres nourrissent-ils pour leur pays ? Qu’en est-il de la relation franco-algérienne ? De l’immigration contemporaine ? De l’envie d’exil des algériens aujourd’hui ? Des discours différents des deux côtés de la Méditerranée ? Des envies des uns et des autres… En somme, de petites histoires de familles qui nous parlent simplement de l’histoire franco-algérienne.


Detto Trasporto

Detto Trasporto

Margherita Caron | 2001 | 16'

Claudio transporte les cendres de son frère Lucio depuis Rome jusqu’au cimetière de Leni, dans l’île de Salina. « C’est un retour à l’enfance à travers la mort. »


La Direction d’acteurs

Jean Renoir et Gisèle Braunberger | 1968 | 22'


Dona Helena, Pailliri 

Cesar Alarcon | 1983 | 20' | Bolivie

Les Palliris sont les « glaneuses » qui récupèrent, à la sortie des galeries, quelques éclats de minerai. Pauvre parmi les pauvres, Dona Helena travaille et vit dans la plus haute mine de Bolivie à près de six mille mètres d’altitude. Film de stage.


Dust

Michale Boganim | 2001 | 29'

Le film est une exploration onirique, ironique et poétique d’un passé et d’un présent autour d’une ville et trois personnages au bord du tragique.

Odessa à la croisée des chemins fut à la fois cette ville somptueuse construite par les tsars et l’objet de nombreux tourments pendant la révolution russe. Les juifs interdits de séjour à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Kiev s’installent dans cette ville en plein essor. […] Sur la devanture des magasins, des caricatures de juifs, de grecs sont encore visibles décrivant ce que formait l’Odessite typique.

De ce mélange d’influences, les Odessites tiennent peut-être leur défiance à l’égard du pouvoir central – hier Moscou aujourd’hui Kiev – leur impertinence, leur sens de la dérision et de l’humour.

Les Contes d’Odessa d’Isaac Babel, les poèmes de Frug et les récits de Mendele Mokher Sefarim firent de cette ville le berceau de la culture yiddish.


E 183 213

Pere Llibre, Aurore Casalis, Frédéric Jeanne | 2001 | 15'

L’envers du décor de la bibliothèque universitaire de Strasbourg. Ombres, silences, chuchotements…


El Batalett – Femmes de la Médina

Dalila Ennadre | 2001 | 60'

« Je suis née de parents marocains immigrés en France dans les années cinquante, nous passions tous les étés dans le quartier populaire de l’ancienne Médina de Casablanca et c’est dans ce milieu que se sont gravés en moi les ingrédients de ma culture d’origine. Je suis retournée régulièrement au Maroc et j’ai partagé avec les femmes de la Médina et leurs filles certaines joies et certaines peines. À chaque fois qu’elles me voyaient avec une caméra à la main, elles ne pouvaient s’empêcher de me lancer toujours cette même phrase : mais c’est notre vie que tu devrais filmer… », Dalila Ennadre


En amour

En amour

Gérard Leblanc et Catherine Guéneau | 2001 | 30'

L’amour peut-il se filmer ? Tentative pour exprimer cinématographiquement quelque chose de l’amour en train de se vivre. Circulation fluide de la caméra entre nous, fluidité du montage. Les rencontres d’images deviennent la respiration du film. Des images qui se reconnaissent, se mêlent amoureusement, basculent les unes dans les autres pour en faire naître d’inconnues.


En attendant la rivière, tout ce qu'un petit homme peut apprendre

En attendant la rivière, tout ce qu’un petit homme peut apprendre

Yanira Yariv | 2001 | 14'

À dix ans, Arold apprend à grandir sans avoir de père. Auprès de deux hommes vivant seuls dans la montagne, pendant quelques jours de vacances, la solitude, l’ennui et la nature deviennent ses plus proches compagnons.


Essai de reconstitution des 46 jours qui précédèrent la mort de Françoise Guigniou

Christian Boltanski | 1972 | 25'

Une femme s’enferme avec ses deux enfants dans son appartement.
Reconstitution des quarante-six jours de la vie cloîtrée de la famille.


L’Être à l’autre

Marcel Hanoun | 2001 | 30'

Dans sa solitude, un homme rêve, imagine, fantasme, fulmine, éructe. Face à son ordinateur il écrit, il envoie des e-mails, comme des bouteilles à la mer. Robinson, il tente de s’évader, non d’une île déserte, mais d’un monde d’apparences, déserté, vidé, inconsistant, mirage d’un mirage.


Eux et moi

Eux et moi

Stéphane Breton | 2001 | 52'

La Nouvelle-Guinée est à la mode : « les dernières tribus de l’âge de pierre », « La vallée perdue », « L’ombre des missionnaires »… On met le sauvage dans son costume et on lui demande de ne pas bouger pendant la photo. On regarde le Papou comme on regarde un oiseau de paradis. On a oublié qu’il parlait et qu’il avait des mots choisis. Mais qui peut le comprendre ?

Le propos du film est d’inverser ce regard et de montrer comment la tribu sauvage voit celui qui la regarde. Il est étrange en effet cet ethnologue qui se donne tant de mal pour être à l’aise ; qui s’efforce d’apprendre une langue qu’il ne parlera pas chez lui ; qui perd parfois son calme quand on ne comprend pas ce qu’il dit : qui pose des questions indiscrètes et ne cesse d’écrire sur un carnet qui ne le quitte jamais. Que nous veut-il cet étranger ? Qu’est-ce qu’il cherche ? Est-ce un voleur, un chasseur de mots, un missionnaire ?

Il ne s’agit pas d’un documentaire sur une société exotique, très exotique, mais sur l’exotisme de celui qui l’observe, et sur l’art, peut être, d’échanger des regards.


Fado, ombre et lumière

Yves Billon | 1995 | 57'

Le Fado est un chant qui possède celui qui l’écoute. Aller à sa rencontre – à travers son histoire, ses rites et ses protagonistes – c’est découvrir la plus vive manifestation de l’âme du peuple portugais. Prendre le temps de l’écouter, dans une « Tasca » – petit restaurant populaire – à Lisbonne, c’est ressentir une émotion perceptible bien au-delà des rives du Tage.


La Famille Bartos (série Hongrie privée n°1)

Peter Forgacs | 1988 | 60' | Hongrie

De la fin des années trente jusqu’à la guerre, une tranche de vie vue à travers les yeux de Zoltan Bartos, l’aîné d’une riche famille bourgeoise de Budapest. La joie de vivre, la florissante fabrique de bois familiale, les vacances en Europe, rythment avec légèreté une vie libre, douce et heureuse.

Zoltan s’amuse avec sa caméra : il réalise en amateur des films muets burlesques dont les personnages sont ses amis et sa famille. Il est aussi compositeur de chansons populaires traditionnelles de l’époque. 1940, la tragédie survient : le fascisme en Europe, les raids aériens, les préparatifs militaires. Une voix-off énumère avec une précision toute objective, en complet contraste avec l’histoire subjective familiale, les destructions, les morts, les exterminations des 600 000 juifs hongrois, avant la nouvelle tragédie à venir, celle de la dictature communiste.


Les Feuilles mortes

Céline Pagny | 2000 | 17'

Quelle est la place, la fonction du livre dans notre société ? Des enfants d’une classe de cinquième répondent tandis que des adultes travaillent consciencieusement à la disparition de tonnes de livres.


Ganga Maya

Agathe de Valence | 2001 | 20'

Varanasi est une ville qui émeut, essentiellement parce qu’on y découvre la puissance de la religion sur les mentalités, parce que l’Inde entière vient s’y purifier et y mourir. Varanasi, on ne la visite pas. On s’assoit dans les ruelles, au bord du Gange et on regarde.


Les Gens des baraques

Robert Bozzi | 1995 | 88'

« En 1970, j’ai filmé la communauté portugaise du bidonville de Saint-Denis. Je la voyais en danger de mort, pourtant au fond d’une baraque, il y avait une mère et son enfant nouveau-né. Leurs regards amoureux ne m’ont jamais quitté. Vingt cinq ans plus tard, j’ai voulu retrouver “Les Gens des Baraques”, savoir comment ils avaient traversé ce temps. »

Robert Bozzi


Les Grandes vacances

Tatiana Nigout | 2000 | 19'

Août 2000, la famille Lachaize est la dernière à habiter la cité de la Saussaie de Saint-Denis promise à la démolition. N’ayant pas les moyens de partir, ils passent leurs vacances chez eux.


Grass : a Nation’s Battle for Life

Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack | 1925 | 70' | États-Unis

Les réalisateurs étaient en route vers l’Inde quand ils furent bloqués au Khouzistan, en 1924, à cause de la situation politique agitée du sud de l’Iran. Ils eurent la chance de rencontrer les Bakhtiari dont ils ignoraient qu’ils étaient des éleveurs nomades migrant deux fois par an et représentaient également une puissante force politique iranienne. En dépit de leur naïveté, de leur ignorance et des conditions difficiles dans lesquelles se déroula le voyage, ils ont réalisé un documentaire remarquablement authentique et réaliste, d’un style moderne, structuré non par le montage, mais par les événements eux-mêmes. Ils étaient si ignorants de ce qu’ils étaient en train de filmer, que la caméra ne pouvait mentir.


L’Homme aux semelles d’or

Omar Amiralay | 2000 | 54'

Portrait du richissime homme d’affaires libanais Rafiq Hariri, qui bâtit sa fortune dans les pays du Golfe. Premier ministre de la « reconstruction » qui a voulu faire de Beyrouth une Mecque des investisseurs et spéculateurs arabes et occidentaux. Un film qui se veut, sur un ton ironique, un pamphlet sur l’argent, le bien et le mal, une sorte de western sur fond de ruines et de spéculations.


I could have been human (Mo Glem Byc Czlowiekiem)

Barbara Madejska | 2000 | 15' | Pologne

À proximité d’une centrale nucléaire, des hommes survivent, se consument dans la misère et l’alcool sur une décharge, au rythme des trains qui viennent débarquer les déchets.


L’Idiote dans la chambre

Alexandra Rojo | 2001 | 18'

Michigan. Durell, après son kidnapping, écrit à son fils de huit ans. Tout en s’entraînant à la survie et à la guerre (maniement des armes et exercices d’endurance), elle lui parle de ses changements physiques et mentaux. Son fils Kevin resté seul à la maison, pour sa part, communique avec les animaux.


Images cinématographiques de Bartók (Mozgokepek Bartókrol)

Péter Sülyi | 1989 | 22' | Hongrie

La veuve de Tibor Serly ayant mis à disposition les rares minutes de documents cinématographiques qui nous reste de Bela Bartók, documents dont le son est perdu, deux musicologues, Erzsébet Tusa et Ernö Lendvai, tentent de retrouver le passage de piano que Bartók joua à New-York chez les Serly ce 26 septembre 1942.


Interprète de la muerte

Maria Isabel Ospina et Victoria Valencia | 2000 | 25' | Colombie, France

Yolanda Sarmiento est l’une des deux femmes qui pratiquent des autopsies à l’institut de médecine légale de Cali, la ville la plus violente de Colombie. Elle s’occupe également d’un programme d’aide sociale en faveur des femmes enceintes d’un quartier très pauvre.

Ce film nous dévoile la terrible situation que traverse la ville, et plus généralement le pays, tout en dressant le portrait d’une femme hors du commun.


losif

Iosif

Calin Uta | 1998 | 25' | Roumanie

Les pérégrinations d’une petite église en bois de la campagne transylvaine. Délaissée, puis échangée contre un vieux vélo, puis déménagée par une sorte de guérisseur dans son jardin. Une source miraculeuse plus tard, les guérisons se multiplient. Mais le guérisseur meurt à son tour. Assassiné ? La petite église est désormais bien à l’abri du musée de la ville de Reghin.


Isla

Sonia Pastecchia | 2001 | 26' | Belgique

Nous sommes sur une île. Une île qui ne cesse de confronter son regard à l’immensité de la mer qui l’entoure. Nous sommes à La Havane en 1996. Cuba se raconte par la voix du Chinois (quatre-vingt-un ans), celle d’Andres (quarante-huit ans), de Leslie (trente ans)… de Katiouchka (treize ans). Des générations d’émotions se croisent entre mots et photographies. De ces portraits de liberté, de leur vision du bonheur s’élève un chant qui traverse l’immensité de la mer et questionne notre vision du monde.


Jaime

António Reis | 1973 | 35'

De la vie, des trente années d’internement dans un hôpital psychiatrique de Lisbonne, et des dessins de Jaime Fernandes.
« Né en 1900 dans la paroisse de Barcos, dans la région de Covilha, il était travailleur rural. Il s’est marié, on ne nous dit pas s’il a eu des enfants. Le 1er janvier 1938, il est interné à l’hôpital Miguel Bombarda. On lui donne le numéro 2434. Et on diagnostique une schizophrénie. Il avait trente-huit ans. C’est là qu’il a été détenu (« il ne m’appartient pas de rester ici » écrit-il) pendant trente ans. […] Il est mort le 27 mars 1969. Il avait soixante-neuf ans. On dit qu’il a commencé à peindre à soixante-cinq ans. Il a peint sans cesse (« il a toujours travaillé ») avec un stylo-bille et un crayon ». João Benard da Costa, in Expresso (9 février 1974) (source : Zeuxis)


Les Jardiniers de la rue des Martyrs

Leïla Habchi et Benoît Prin | 2001 | 80'

Près de quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, dans un jardin ouvrier, quartier du Pont Rompu à Tourcoing, français et algériens cultivent leur bout de terre. Ces hommes ont été les appelés, les militants du FLN ou les « harkis » d’une guerre coloniale menée par la République française.

Ce jardin est donc le lieu d’une mémoire multiple où se retrouvent des hommes qui auraient pu se rencontrer à la guerre ou à l’usine. C’est la culture d’un potager, activité universelle s’il en est, qui les rassemble ici. Contemporains à distance d’une histoire commune, parfois indifférents voire hostiles les uns aux autres pour des motifs culturels, sociaux ou politiques, ils travaillent côte à côte le même morceau de terrain.


Kaldrma (Pavé)

Ivan Blazhev | 2000 | 15' | Macédoine

Libre traversée dans Skopje, Macédoine. Une polyphonie de voix raconte l’amitié, l’ennui, les échos sourds d’un conflit qui menace insidieusement.

Film réalisé dans le cadre du projet « Villes et valises » (thème 2000 : Traverser) conçu par l’action culturelle de l’Université Marc Bloch et la revue Transeuropéennes.


Kayam al Hurbano (Existant sur ses ruines)

Alon Bosmat, Tirtza Even | 2000 | 35' | Israël

Le matériau de cette œuvre a été tourné sur plusieurs mois à Dheisheh, un camp de réfugiés près de Bethléem, ainsi que dans la banlieue d’Hébron pendant l’été et l’automne 1998. Nous sommes allés interviewer des personnes dont les maisons avaient été démolies ou étaient menacées de démolition par le gouvernement  israélien, comme c’est le cas pour beaucoup de réfugiés du camp. Des bribes de leurs histoires et des commentaires se mêlent à nos images, ainsi qu’à un court texte onirique écrit par Bosmat Alon. Celui-ci reflète la complexité de notre position en tant que témoins de la situation – tour à tour indiscrets, distants, étrangers ou coupables. Cependant, ce travail est surtout marqué par le silence pesant d’une attente permanente, d’un moment figé ; une marge de non-manœuvre.


Khiam

Joana Hadjithomas, Khalil Joreige | 2000 | 52'

Comment survivait-on au camp de détention de Khiam au Sud Liban avant son démantèlement en mai 2000 avec le retrait israélien ? Six anciens détenus racontent comment on vit, dort, rêve, pense entre quatre murs dans une cellule d’isolement d’1,80 m par 0,8 m pendant six ou dix ans.

Face à l’absence des choses élémentaires et nécessaires, ils ont désobéi, inventé et fabriqué clandestinement une aiguille, un crayon, des chapelets d’olives, des fleurs, un jeu d’échecs.

Avec les témoignages de Rajaé Abou Hamain, Kifah Afifé, Sonia Beydoun, Soha Bechara, Afif Hammoud, Neeman Nasrallah.


Là-bas où le diable vous souhaite bonne nuit

Là-bas où le diable vous souhaite bonne nuit

Edyta et Vincent Sorrel | 1999 | 34' | France

Le bout du monde. La Pologne et son monde paysan vivent une rupture. La grand-mère se meurt et avec elle la ferme. Ce n’est plus possible de vivre de si peu (pour si peu). Son fils, l’homme du bout du rang, ne restera pas seul au milieu de cette forêt. Quel en est le sens ? Il se souvient de cette période où il travaillait « en ville », il y a quinze ans. Il n’arrive pas à regretter et pourtant il sait bien qu’il ne peut pas rester sur ce sable. À Varsovie, les bouleversements économiques sont ce qu’ils sont. On ressent un vide insupportable. Cette mort puissante devant laquelle on reste les bras ballants. Alors, il va partir, on ne voit pas ce qu’il peut faire d’autre. Nous ne savons pas ce qui l’attend.

Une photographie de l’instant. Un essai documentaire, à travers une simple histoire, sur les événements humains et économiques qui se déroulent en ce moment en Pologne.

Encore une image de la vie traditionnelle paysanne qui disparaît sous nos yeux, bouleversée par une évolution des sociétés qui, dans les pays occidentaux, a mis quarante ans à se réaliser.


Latcho drom

Tony Gatlif | 1993 | 100'

« Latcho Drom » signifie « bonne route » et retrace la longue route musicale et historique des gitans depuis les origines, du Nord-Ouest de l’Inde, en passant par l’Égypte, la Turquie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et la France.


Lettre à Johan van der Keuken

Denis Gheerbrant | 2001 | 15'

« Automne 2000, Documentaire sur Grand Écran m’avait invité à un débat sur la “filiation”, j’avais choisi Johan van der Keuken pour les voies qu’il m’avait ouvertes. Cet été, j’ai pris le train pour les Cévennes avec un gros sac et une petite caméra DV, j’ai marché, marché, en me bricolant mon chemin au fur et à mesure. », Denis Gheerbrant


Lettre à ma mère, naître et renaître

Joële van Effenterre | 2001 | 31'

Chère Maman, c’était il y a un an : une belle journée d’été où nous étions presque tous réunis pour fêter vos soixante-quinze ans… Ce sont les dernières images que j’ai filmées de vous. Aujourd’hui, ces images me poussent à vous écrire cette lettre. J’espère que l’intime de notre relation amoureuse résonnera chez d’autres : filles, fils, mère, père, frère ou sœur… Merci Maman, de m’avoir fait comprendre, que tant que l’on n’a pas accepté d’où l’on vient, il n’y a peut-être pas d’avenir…


Lettre d’amour

Marcello Battaglia | 2000 | 22'

Une voix-off établit un dialogue d’amour avec l’église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, miroir d’une quête de soi et de l’autre. En elle et autour d’elle, de multiples présences : fidèles et touristes, mendiants et danseurs, époux et curieux…


Lettre d’un cinéaste à sa fille

Eric Pauwels | 2000 | 50' | Belgique

Un film artisanal et libre, personnel et ludique sous forme de lettre. Un film tissé de mille histoires et cousu de différentes textures, un livre d’images où un cinéaste prend position par rapport au cinéma et donne à voir les images et les histoires qu’il veut partager.


Lieu essentiael Place

Bernard Dresse et Colette Sparkes | 2000 | 23' | Belgique, Canada

Un documentaire sur le rapport qu’entretient l’homme, la femme à la ville. Une vingtaine d’habitants de Bruxelles et de Montréal nous font découvrir leur lieu essentiel et nous parlent de la façon dont ils vivent la ville au quotidien. De la nervosité à la sérénité, du noir au blanc, d’une voix murmurée à une sirène d’ambulance.


Life is on earth

Pascaline Simar | 2000 | 71'

« Raconté à la première personne, le film est le récit de la traversée que j’ai effectuée à bord d’un supertanker de trois cent mille tonnes, du Havre jusqu’au Golfe pendant un mois sans escale en compagnie d’Anne-Françoise Brillot, une amie photographe. J’ai suivi la vie et le travail dans cet espace clos, les relations entre les hommes de nationalités et de positions hiérarchiques différentes : onze français et vingt-et-un bulgares. Leur coexistence est difficile. J’ai tenté de comprendre ce qui les opposait et ce qui pouvait les rapprocher. Les marins parlent peu, leurs confidences sont précieuses. Elles m’ont permis de trouver progressivement ma place au milieu de leur histoire, petite histoire parmi toutes celles qui racontent la division internationale du travail. », Pascaline Simar


La Lueur

Patrice Dubosc, Valérie Gaudissart | 1995 | 14'

Un voyage en Pologne, un moment de trêve, loin des guerres et des morts. Là-bas, des rencontres, des regards, l’histoire inattendue du sauvetage d’un cygne pendant l’état de guerre. Peut-être une lueur…


Marrakech (série Voyages, voyages)

Evelyne Ragot | 2000 | 43'

« Chacun des mes voyages au Maroc est une épreuve de liberté et de solitude. Si ce pays m’est familier, pour autant, il me refuse toute familiarité. L’exotisme, ici, est dans la confrontation avec un autre jamais apprivoisé, dans une irréductible différence. », Évelyne Ragot

La réalisatrice a cherché les signes du Maroc nouveau, depuis l’arrivée de Mohammed VI au pouvoir. Mais sans doute faut-il du temps pour que le pays change et livre une nouvelle image. Marrakech, la Ville Rouge, est toujours la même pour la cinéaste : mystérieuse, secrète, fascinante.


Matrilineal

Caterina Klusemann | 2001 | 30'

« Matrilineal est l’histoire de ma grand-mère, ma mère, ma sœur et moi. Après la mort de mon père nous sommes allées vivre toutes les quatre dans une villa en Toscane. Ma sœur et moi allions à l’école italienne, nos amis étaient italiens. Mais dans notre maison, on parlait une multitude de langues, espagnol, polonais, allemand et ma grand-mère cuisinait d’étranges plats qu’elle appelait borsht et kasha. J’ai étudié les passeports vénézuéliens de ma mère et ma grand-mère et me suis demandé ce que signifiait que ma mère soit née à Lvov en Pologne en 1940, pourquoi était-il indiqué que ma grand-mère s’appelait Toporowska alors qu’on l’appelait Hochmann ? », Caterina Klusemann.

Une vie de déni menace de détruire trois générations de femmes. La cinéaste éprouve la nécessité de se confronter aux forces du passé et de finalement libérer sa famille de l’étreinte de ses secrets.


Matti Ke Lal, fils de la terre 

Elisabeth Leuvrey | 1998 | 20' | France

En Inde, dans un quartier du vieux Delhi, un homme se bat chaque jour sans relâche contre l’Histoire, contre l’époque, contre les faiblesses des hommes mais aussi contre Dieu. Guru Hanuman a choisi d’offrir sa vie à son pays, aux enfants de son peuple. Fondateur d’une école, il enseigne la lutte aux orphelins des rues. La lutte traditionnelle « Kushti », celle qui se pratique dans l’arène de boue et celle du combat de tous les jours, de l’homme face à son destin. Rencontre avec un homme de quatre-vingt-dix-huit ans, né avec le siècle et nourri de sentiment de libération pour l’indépendance : une légende vivante de la lutte en Inde.


Middle of the moment

Werner Penzel, Nicolas Humbert | 1995 | 80' | Allemagne, Suisse

Après Step Across the Border, Nicolas Humbert et Werner Penzel ont passé environ deux ans à suivre trois groupes nomadiques très différents les uns des autres. Échappant au piège de la nostalgie, ils ont voulu créer une nouvelle œuvre dans l’esprit « cinénomade ». Le résultat est un long voyage en compagnie des artistes du Cirque O, de nomades Touaregs du Sud-Sahara, et du poète américain Robert Lax. Ce qui relie ces individus apparemment très différents ? C’est probablement que leur état de nomades et leur vie dépouillée au minimum en font les êtres humains les plus centrés sur eux-mêmes…

Réalisé avec l’idée de s’initier à des modes de vie nomades, traditionnels ou modernes, le film est devenu lui-même une aventure nomade. Une sorte de « ciné-poème » d’une pure beauté, excluant toute généralisation et soucieux des détails, allant ainsi bien au-delà d’une simple étude comparative de modes de vies nomades. Mis en musique par Fred Frith.


Le Moindre geste

Jean-Pierre Daniel, Fernand Deligny | 1970 | 100'

« Nous étions quelques-uns à mener, depuis une dizaine d’années, la même existence. Parmi nous Yves G. Un jour, une caméra s’est trouvée là. Une caméra et un magnétophone. À partir de quoi, l’existence que nous menions s’est prêtée à devenir ce dont caméra et magnétophone ont gardé en mémoire. Yves G., José Manenti, Guv et Marie-Kose Aubert, Any, Anita et Numa Durand et Fernand Deligny ont vécu Le moindre geste. Dix heures d’images et des heures de la parole d’Yves G. Bien des années après, Jean-Pierre Daniel a tenté, à son tour, de faire un film avec ce document. », Fernand Deligny

Un document sur les observations et la pratique de Fernand Deligny qui dévoile un autre visage de l’autisme. Une œuvre rare, riche d’enseignement où l’image renoue avec l’essence du cinéma.


Mon doux chez moi

Aurélien Py | 2001 | 20'

Tour à tour, cinq personnes décrivent le lieu qu’elles habitent. Cet espace n’est jamais montré, nous n’en voyons que ce qui apparaît derrière les personnages filmés en gros plan. Se construit alors à travers le discours de chacun, un espace semi-fantasmatique, dans lequel se reflètent angoisses et attentes.


Monsieur Scié

Dominique Henry et Vincent Detours | 2000 | 26' | Belgique

Avez-vous déjà essayé d’imaginer concrètement quel effet ça fait d’avoir quatre-vingt ans ? Les médias nous montrent des vieillards dynamiques, sportifs et souriants. Il s’agit là d’une fiction rassurante, mais grossièrement inexacte. Le vieillissement, en particulier dans sa phase finale, est un processus pénible physiquement et éprouvant psychologiquement. Le film prend le contre-pied des clichés idylliques en montrant une journée d’un vieillard ordinaire.


Mort à Vignole

Olivier Smolders | 1999 | 25' | Belgique

À quelques clapotis nostalgiques de la langueur théâtralisée de Venise, une simple île dans la lagune, Vignole. Un film de famille. Des regards qui interrogent le temps, la vie qui file, les souvenirs et les oublis. Des naissances, des enfants, des histoires d’amour et de mort. « Filmer ceux qu’on aime, se prétendre à la mémoire et défier la mort ». Un film qui interroge les images familiales et par delà, le cinéma et la temporalité indécise de nos perceptions.


Natal 71

Margarida Cardoso | 2000 | 52'

« Natal 71 est le nom d’un disque offert aux militaires qui faisaient la guerre dans les anciennes colonies portugaises, à Noël 1971.

Cancioneiro do Niassa est le titre d’une cassette audio, enregistrée clandestinement par des militaires, au long des années de guerre, au Mozambique. C’était l’époque où le Portugal était un grand empire colonial – c’est en tous cas ce que je lisais dans mes livres d’école – et, pour qu’il le reste, mon père et une grande partie de sa génération ont combattu dans cette guerre qui a duré treize ans.

Aujourd’hui. nous transportons ces mémoires, en silence. Je regarde en arrière et j’essaie de me souvenir. Chez mon père, j’ai retrouvé quelques photos, la cassette, le disque. La cassette, c’est la voix de la révolte. Et le disque, c’est une pièce de propagande nationaliste. Ce sont les mémoires d’une dictature fasciste.

Des mémoires d’un pays replié sur lui-même, pauvre et ignorant, bercé par une propagande mielleuse et primaire qui s’efforçait de nous cacher tous les conflits, et qui nous empêchait de penser et de reconnaître la nature répressive du régime sous lequel nous vivions. »
Margarida Cardoso


Ne réveillez pas le chat qui dort

Marianne Gosset | 2000 | 80'

C’est au travers d’Ice Cream, chat cancéreux de la cinéaste, et donc d’un regard délibérément subjectif, que va s’entamer une visite très particulière à Alfort. L’école vétérinaire d’Alfort, arche de Noé en pleine ville, entre instinct et machine, est aussi un gigantesque vivier où observer les lois qui nous régissent, nos animaux et nous. Au gré de disciplines de plus en plus « éclairantes », allant de plus en plus profond ou de plus en plus loin vers l’abstrait – anatomie, chirurgie, imagerie médicale – vers la connaissance et la guérison, le film génère un trouble opaque et grandissant, poétique et enfantin, celui-là même provoqué par le regard animal où se lit comme une énigme enfuie. Peut-être, simplement, celle d’une mémoire douloureuse et lointaine qui ferait de la bête, comme le dit le beau mot de Walter Benjamin : « La réserve de l’oublié »…


Neige sur l'Yili

Neige sur l’Yili

Lei Feng | 2001 | 40' | Chine

Aux confins de l’Ouest de la Chine dans le Xinjiang, le mode de vie traditionnel des Kazakh est au bord de l’effacement. Au travers du regard sur le monde de la petite Baheila, une ode pastorale et nostalgique comme des flocons de neige fondus sur la Terre.


Nezha la bonne

Anne Villacèque | 2001 | 55'

Nezna, quarante-six ans, travaille comme bonne chez des coopérants français, à Marrakech. Le film est construit sur cinq journées de travail, articulées autour des tâches quotidiennes. La réalisatrice regarde Nezha regarder ses patrons français qui, eux, la regardent assez peu en retour. Mais Nezha rit de tout, résiste à tout. Son histoire nous parle d’un certain ordre du monde.


Nihonbashi, le pont japonais

Pascal Auger | 2001 | 40'

« En 1996 j’ai séjourné durant quatre mois à Kyoto, au Japon, dans le cadre d’une résidence d’artistes du Ministère des Affaires étrangères. Cette vidéo est une sorte de voyage filmé de mon retour au Japon, quatre ans après, et l’occasion de m’expliquer sur mon travail d’alors : des polyptyques cinématographiques. Mais il s’agit aussi de comprendre l’importance des ponts et des passerelles dans la culture japonaise, qui m’apparaissent comme des traductions dans le paysage du temps, comme des images d’une forme de l’éternité que la culture japonaise a su manifester. », Pascal Auger


No hay cama para tanta gente

Hemel Atehortua | 2000 | 30' | Colombie

Bogota, Colombie. Un homme marié est au chômage. N’arrivant pas à s’en sortir, il vend tout ce qu’il peut, y compris l’enfant qui est dans le ventre de sa femme.


Non ou la vaine gloire de commander (Non o a vã glória de mandar)

Manoel de Oliveira | 1990 | 110' | Portugal

En Afrique, au cours d’une patrouille, des soldats évoquent la mission du Portugal au travers de quatre défaites historiques.


Nous portons tous la mer sur nos épaules

Sarah Génot | 2001 | 24'

« Ma mère a vécu toute son enfance au Maroc. Depuis son retour en France, à l’indépendance du Maroc, la famille s’est dispersée et la mémoire familiale s’est tue. Le film est une tentative d’interrogation de cette mémoire, liée à la colonisation, à la rencontre d’une fratrie : ma mère, son frère et sa sœur. Chacun évoque un rapport particulier à cette histoire familiale et à sa transmission. C’est aussi mon questionnement en tant qu’héritière de cette mémoire. », Sarah Génot


La Nuit du coup d’état – Lisbonne avril 74

Ginette Lavigne | 2001 | 57'

« Le 25 avril 1974, au Portugal, un coup d’état militaire renversait le régime de Marcelo Caetano et mettait fin à la plus longue dictature européenne.

Ce coup d’état a été conçu et dirigé par Otelo Saraiva de Carvalho. Le mois précédent il avait écrit un plan des opérations détaillé où rien n’avait été laissé au hasard : l’évaluation des forces en présence, les mouvements de troupes, les communications, les objectifs, etc. Le poste de commandement des opérations était installé à Pontinha, une caserne de la périphérie de Lisbonne. Otelo Saraiva de Carvalho est entré à Pontinha le 24 avril vers 22 heures et n’en est ressorti que le 26.

Il n’a rien vu du 25 avril. Il ne pouvait qu’imaginer, à partir de ce qui lui était raconté par les hommes chargés des transmissions, ce qui se passait dans les rues de Lisbonne : la foule en liesse envahissant les rues, les soldats décorés d’œillets rouges. On entendait les cris de victoire de la foule que par les communications téléphoniques.

C’est pour cette raison que j’ai choisi de filmer Otelo Saraiva de Carvalho seul, dans un lieu unique, imprécis. Il ne s’agit pas d’une reconstitution précise et réaliste du poste de commandement de Pontinha mais d’une tentative de recréation d’un espace où Otelo Saraiva de Carvalho raconte comment il y a 26 ans, il a vécu le 25 avril. »

Ginette Lavigne


Off the road

Laurence Petit-Jouvet | 2001 | 72'

Le film retrace la tournée aux États-Unis en 2000 du contrebassiste Peter Kowald, un des piliers de la musique improvisée. À l’image de cette musique sans partition, ce « free improvised road movie » saisit au vol les péripéties de ce grand tour au volant d’une vieille Chevrolet Caprice. Nombreuses rencontres avec de grands noms du Free :George Lewis, William Parker, « Kidd » Jordan, Hamid Drake, Fred Anderson, Rashied Ali…


Oliveira, l’architecte (Cinéaste de notre temps)

Paulo Rocha | 1993 | 60'

Portrait-conversation avec le maître du cinéma portugais. Un parcours dans le siècle à travers des extraits de ses films, et une parole libre, incisive, simple et brillante. Pour Oliveira la première vertu du cinéma est de « commencer à voir ce que l’on n’a pas vu »… Il insiste sur le temps du cinéma… son impact sur le spectateur, se souvient du public de Porto, ville cinéphile dans les années trente, un public « ouvert » qui acceptait de ne pas comprendre…


On va encore parler d’amour

Hervé Kern | 2001 | 17'

J’ai souvent envie de partir ailleurs pour faire semblant de chercher des réponses sur l’amour. Cette fois-ci, je suis allé voir d’où je viens. Trois femmes de ma famille, ma grand-mère, ma mère et ma sœur aînée ont accepté de m’aider en me parlant d’elles, de leur regard sur l’amour.


Optimum

Henry Colomer | 2000 | 55'

Optimum rapproche les destins de trois visionnaires anglais du XIXe siècle, qui ont partagé le credo devenu pour nous si familier : tout doit être utile, toutes les ressources humaines doivent être optimisées et rentabilisées. Jeremy Bentham (juriste), Charles Babbage (inventeur) et Francis Galton (statisticien) ont tendu leur force vers un « zéro défaut » appliqué à l’ensemble de la société. Le film retrace leur histoire, donne corps à leurs projets les plus audacieux, en reconstituant notamment par des animations les dispositifs dont ils ont rêvé. Ce faisant, il montre comment le calcul du bonheur peut se renverser ironiquement dans la plus noire des fantasmagories.


Ouarzazate movie

Ali Essafi | 2001 | 57'

Ouarzazate est une ville de cinéma qui vit du tournage des grands films internationaux. De Kundun à Astérix, de Gladiator à toutes les versions imaginables de la Bible, la population tout entière fait de la figuration pour des films qu’elle ne verra jamais… Dans les vestiaires et au détour des castings, le réalisateur regarde vivre le petit peuple des tournages, ses rêves d’Hollywood et ses humiliations. Et sans quitter l’humour et la dérision, le film dresse le constat grinçant d’un cinéma mondial qui impose ses images et ses façons de voir.


Palestine Palestine

Palestine Palestine

Dominique Dubosc | 2001 | 90' | France

Palestine Palestine se présente comme un triptyque, à la manière de certaines peintures flamandes d’autrefois : dans la partie centrale foisonnent des petites scènes de la vie quotidienne dans le camp de réfugiés de Dheisheh, à côté de Bethléem, tandis que dans les deux parties latérales, un marionnettiste et sa femme montrent leur spectacle de villages en villages, malgré les barrages et les dangers de plus en plus grands.


Passing Drama

Passing Drama

Angela Melitopoulos | 2000 | 66' | Allemagne, Grèce, France

Passing Drama est basé sur différents témoignages de réfugiés. « Drama » est une petite ville située au nord de la Grèce. « Drama », en grec, peut aussi bien signifier scène, narration ou pièce de théâtre. Drama est habitée par des réfugiés (y compris mes grands parents) qui sont des survivants de la déportation d’Asie Mineure vers la Grèce en 1923. Pendant la deuxième guerre mondiale, leurs enfants ont fui l’occupation bulgare et sont devenus des travailleurs esclaves dans l’Allemagne de Hitler. Les entretiens avec ces réfugiés, liés au récit de mon père lorsqu’il a quitté la Grèce pour Vienne, retracent un parcours diagonal qui traverse l’Europe. Bien que, pour la première fois, les réfugiés aient été considérés comme un phénomène de masse avec le déclin des empires Austro-Hongrois, Ottoman et Russe, l’idée que ces réfugiés étaient sans nationalité n’a jamais été considérée dans l’histoire des États impliqués. Passing drama a été conçu comme une structure hypertexte d’images et de sons visualisant la mémoire et le souvenir grâce à des techniques de montage non linéaire. Le film exprime le point de vue d’une minorité, dont le passé semble avoir été dévoré par les machines industrielles, privilégiant ainsi la majorité.


Pour mémoire

Jean-Daniel Pollet | 1979 | 62'

Deux journées dans une forge du Perche, datant de 1876, où sont mis en œuvre les mêmes procédés technologiques qu’à sa création. Hommage au travail ancestral des fondeurs, des gestes qu’ils ont répétés des années durant et d’un métier est sur le point de disparaître. On suit pas à pas chacune des phases de la fabrication d’un objet.


Quatuor pour un atome

Fabian Gaudissart | 2000 | 8' | Belgique

Que ferait le violoniste virtuose jouant pour un public de connaisseurs dans une salle dont l’acoustique est parfaite, interprétant l’œuvre d’un compositeur génial, s’il n’avait à sa disposition un violon fait par un maître luthier tout aussi génial, cet artisan trop souvent inconnu et méconnu ? Entre tradition et modernité, le triangle s’impose, reste le regard… Les yeux peuvent entendre, parfois…


Que du bonheur ?

Agnès Petit | 2001 | 18'

Quelques jours auprès de ma grand-mère à évoquer mon grand-père qui fut son mari, son patron, son amant, pendant soixante années. Un tête à tête ou je m’entête à apprendre les secrets de l’amour qui lia si longtemps ces deux êtres. En apprendre la recette ? Comment vivre ensemble et être heureux si longtemps ? Que du bonheur ? Vraiment ?


Raddem

Danielle Arbid | 1998 | 17'

Une jeune femme cherche dans Beyrouth ravagée par la guerre et la reconstruction, un homme qui a pris des photos de sa maison. Maison qu’elle n’a jamais connue qu’à l’état de ruine.


Rêve d’usine

Luc Decaster | 2001 | 98'

En septembre 1999, une nouvelle tombe de Zurich : la direction du groupe Slumberland, auquel appartient l’entreprise Epeda, a décidé la fermeture totale de l’usine de Mer, fondatrice des matelas Epeda, au cœur du Loir-et-Cher. Une décision inattendue qui touche 294 ouvriers. Un conflit s’ouvre. La vie se réorganise à l’intérieur des ateliers. Proche des corps, des regards, le récit d’une résistance au quotidien contre une fermeture que les ouvriers découvrent comme déjà programmée loin de Mer. En avril 2000, les camions qui partent d’Epeda n’emportent pas de matelas mais les machines les plus performantes de « l’usine ».


Rome désolée

Vincent Dieutre | 1996 | 68'

Rome, dans les années quatre-vingt. D’improbables paysages de la ville désertée se succèdent, filmés jusqu’à l’insoutenable, lacérés de publicités, d’actualités privées de leur sens… Pour nous guider dans cette Rome « désolée » où aucun touriste ne s’aventurera jamais, une voix, celle du narrateur. Sans chronologie véritable, sans états d’âmes, nous découvrons par bribes douloureuses l’implacable réalité de la vie d’un jeune homosexuel, la chronique linéaire du sexe et de la drogue comme seules perspectives… Le récit obsessionnel et précis de l’indifférence générale, des sincérités successives et du manque.

Images, sons et voix se cumulent en un collage fragile, coupant et radical. Si ce constat, pessimiste jusqu’à l’étouffement, ne semble proposer aucune issue, c’est qu’il faut savoir lire entre les plans : loin de Berlusconi et des dealers, un autre film est là, un film d’amour.


La Roumanie

François Magal | 2001 | 35'

« En 1987 j’avais vingt-et-un ans. Je voulais faire du cinéma. Tout de suite. Je voulais filmer les tsiganes en Roumanie. C’était du temps de Ceausescu. Durant l’hiver. Dans le train je rencontrais une jeune femme qui revenait en Roumanie se marier. Je descendis à Brasov avec elle…  Ainsi commence La Roumanie. À partir de là va s’ouvrir une relation de près de quinze années… avec un pays. J’ai aimé ce pays, l’ai détesté aussi. Ses hommes et sa géographie. Je m’y suis souvent égaré, sous la neige, dans ses plaines et montagnes. La Roumanie, une part de moi y a élu domicile. », François Magal


Scardovari

Christian Barani | 2000 | 21'

Vidéogramme sur le Delta du Pô (Italie). Un lieu où la vie est conditionnée par une activité maritime. Un lieu où un système industriel en ruine et un système agricole tourné vers la mécanisation, repoussent les hommes à l’eau pour survivre. Scardovari est le troisième élément d’un triptyque issu d’un voyage dans cette région.


Scènes d’hôpital

Jean-Michel Pancin | 2001 | 48'

Deux acteurs de la compagnie Mise en scène interviennent à l’hôpital d’Avignon. Ils viennent à la rencontre des patients gravement malades pour partager avec eux un instant insolite, les divertir.

Comment insuffler de la vie dans un lieu d’où elle s’échappe ? Comment vivre et partager ces moments d’intensité alors que le patient approche de la mort ? Que signifie se divertir dans les derniers instants de sa vie ?


Seule avec la guerre

Danielle Arbid | 2000 | 58'

« Beyrouth est une ville formidable. On se croirait au centre de tout. À Beyrouth, entre 1975 et 1990, il y avait une guerre civile, c’est-à-dire que tout le monde voulait exterminer tout le monde. Aujourd’hui, la guerre est finie. Elle s’est arrêtée un jour, comme ça, après avoir gangrené nos vies. J’ai voulu filmer le vide qu’elle a laissé. Sa présence fantomatique. Cette plaie… », Danielle Arbid


La Sixième face du Pentagone

La Sixième face du Pentagone

Chris Marker | 1968 | 28' | France

La marche des partisans de la paix au Vietnam à Washington et l’attaque du Pentagone.


Song on a narrow path (Un chant pour Jérusalem)

Akram Safadi | 2001 | 52' | Belgique

« Les images les plus belles ont toujours été celles que je n’ai pas réussi à capturer et de cette façon, j’ai pu remplir ma mémoire de circonstances, lieux et personnages dont j’ai toujours voulu raconter l’histoire », Akram Safadi

Du cœur d’une Jérusalem disputée, lacérée et divisée, quatre personnages, loin des clameurs de la politique et des premières pages des journaux, racontent leur vie et leurs aspirations. Le film tire un portrait d’une des villes les plus difficiles du monde contemporain, en forçant les sentiments, les ambitions entêtées ou les douloureux renoncements avec lesquels les personnages vivent quotidiennement. L’intimité entre le réalisateur et le milieu conduit l’histoire à la recherche de sensations, d’émotions et d’amour que le contraste entre deux mondes semble contrecarrer. La rhétorique et l’arrogance : l’Est où survivent les palestiniens, l’Ouest où se sont auto-emprisonnés les juifs.


Le Songe de la Lumière (El sol del membrillo)

Victor Erice | 1992 | 138' | Espagne

« Peu d’arbres auront été aimés autant que le cognassier du Songe de la Lumière. Sujet du tableau que peint Antonio Lopez, il importe infiniment plus que le tableau qui restera inachevé… Depuis sa position de géomètre, d’architecte de la lumière, Antonio Lopez ne veut pas tant posséder son sujet que l’accompagner dans le temps… », Les Cahiers du Cinéma


Le Souffle (Breath)

Safi Yazdanian | 2000 | 24' | Iran

Des poissons, des poissonniers et des chats sur le marché de Rasht en Iran, au bord de la mer Caspienne.


Sous le ciel lumineux de son pays natal

Franssou Prenant | 2001 | 46'

Évocation de Beyrouth avant, pendant et après la guerre par trois témoins sur des images Super 8 de la cinéaste tournées dans les années quatre-vingt.


Sur les cendres du vieux monde

Sur les cendres du vieux monde

Laurent Hasse | 2001 | 73'

Hayange, la vallée de la Fensch en Lorraine, « berceau et fleuron de la sidérurgie française », peut-on lire dans les encyclopédies, mais à l’aube du troisième millénaire, le constat est plutôt amer. Les usines, poumons économiques de la région et qui en avaient façonné le paysage, sont aujourd’hui détruites à 95 % et la population touchée de plein fouet par la crise. Attirées par les primes et les exonérations de charges, des entreprises de pointe s’y installent pour quelques années avant de délocaliser vers d’autres eldorados à la main d’œuvre bon marché. Qu’importe alors les chômeurs, les angoisses, et les vies brisées…

Telle est la vallée aujourd’hui : désemparée, abandonnée, sacrifiée sur l’autel de la mondialisation. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ? Comment vit-on à Hayange aujourd’hui ? Et puisque le XIXe siècle sera celui du néolibéralisme, qu’adviendra-t-il de cette population érigée dans le culte de la mono-industrie, du paternalisme des maîtres de forge et désormais orpheline de l’ère de fer ?


Tous les garçons s’appellent Patrick

Jean-Luc Godard | 1958 | 22'


Trás-os-montes

António Reis et Margarida Cordeiro | 1976 | 100' | Portugal

« Une pérégrination de l’imaginaire qui rencontre la dimension du mythe dans chaque geste, chaque rituel ou chaque saga. » João Benard da Costa


Traverse de l’oubli

Mariadèle Campion | 2001 | 14'

Un village en Ardèche. Arpenter la nuit à sa recherche, à leur recherche.


Triste année

Magdaleno Lena | 1983 | 20' | Bolivie

Deux jours à regarder « Don Valentin », pasteur quechua de lamas et brebis des hauts plateaux.  Film de stage.


Trois soldats allemands

François Caillat | 2001 | 75'

À partir d’un fait divers, l’exhumation d’un cadavre de soldat inconnu, le film tire les fils d’une histoire complexe et mouvementée qui s’est déroulée en Lorraine pendant cent ans. On y croise des destins contrariés, des morts brutales et des exils. Par delà quelques figures romanesques, c’est l’aventure du siècle vue dans le prisme des guerres franco-allemandes et les derniers soubresauts de la nation française avant qu’elle glisse dans une identité qui la dépasse. Une enquête sur les « lieux du crime ».


Un crime à Abidjan

Mosco | 1998 | 90'

Abidjan : un meurtre consécutif à un vol à main armée est signalé au siège de la police. Le commissaire Kouassi se rend sur les lieux du crime. Le documentaire commence.


Un Mondo diverso è possible ! (Un autre monde est possible)

Collectif | 2001 | 70' | Italie

« Nous avons fait un film pour raconter ce qui s’est produit d’extraordinaire à Gênes pendant les journées du G8. Nous étions avant tout animés du désir de contribuer à donner un visage et une voix à ceux qui représentent des milliards d’êtres humains à qui l’on refuse le droit de participer aux décisions considérables dont dépend leur avenir, l’avenir du monde. Et aussi du désir de comprendre ce mouvement nouveau (ceux que l’on appelle le « peuple Seattle ») qui est multiple et complexe. Tous, nous sommes allés à Gênes pour connaître, comprendre et raconter ce nouveau sujet social, culturel et politique. Notre désir était (est) de connaître et de faire connaître ces grandes masses de jeunes qui jugent le système capitaliste, tel que nous le connaissons, incapable d’assurer ce “passage de civilisation” dans l’histoire de l’homme (…) », Déclaration collective des auteurs


Un siècle de progrès sans merci (Histoire, physique et XXe siècle)

Jean Druon | 2001 | 312'

Essai politique et historique audiovisuel, ce film examine quels sont les moteurs de l’histoire et comment s’articulent le progrès des connaissances et l’évolution des luttes auxquelles doit se confronter le vivant. Il propose la lecture simultanée de l’histoire sociale et politique d’une part, de l’histoire des sciences d’autre part ; deux histoires qui ne peuvent plus être dissociées. Il faut désormais les rapprocher pour s’autoriser une appréhension de la complexité du monde et de son évolution.

Le cadre de cette réflexion est l’histoire du XXème siècle, son cadre scientifique est la physique, discipline reine du XXème siècle. Si le caractère historique de ce sujet est évident, l’aspect intemporel de la recherche des connaissances, la façon dont l’homme les organise et les utilise, demeurent les véritables questions du film.

  • Partie 1 : 1900-2000, l’accélération d’une destinée
  • Partie 2 : Les révolutionnaires au pouvoir (non projetée)
  • Partie 3 : Le diktat de la rationalité
  • Partie 4 : Ce que nous fabriquons
  • Partie 5 : Des grains de sable (non projetée)
  • Partie 6 : Un pacte indéfectible ?
  • Épilogue : Le combat vital

Un voyage au Portugal

Pierre Primetens | 2000 | 13'

« Ma mère est morte lorsque j’avais cinq ans. Mon père ne m’a jamais parlé d’elle. L’année dernière, c’est la famille portugaise de ma mère qui m’a retrouvé. Je pars au Portugal, retrouver cette famille que je n’ai pas vue depuis vingt ans. », Pierre Primetens


Une petite cantate

Nicole Zeizig | 2001 | 26'

Un film qui affronte la mort et l’absence. Construit sur le fil du chagrin, ce film se fait dans l’après, là où toute la difficulté d’être consiste à faire « avec », alors qu’il est juste question d’arriver à vivre « sans ». Il raconte le voyage solitaire qu’il faut faire pour accepter de vivre malgré la douleur. Il essaie de rendre visible et audible de quoi sont faits les lendemains, de dire ce qu’il reste de l’autre quand il n’est plus là, ce que cela modifie dans le regard que l’on porte sur le monde, comment on peut tout à la fois se laisser submerger par le chagrin et l’apprivoiser.


La Ville de mon enfance (Orasul Copilariei Mele)

Elena Raicu | 1997 | 30' | Roumanie

« Enfant, j’allais par le tram à l’école. La ligne longeait pendant un bon moment le quartier juif de Bucarest. J’y apercevais un monde inconnu qui me fascinait. Bien plus tard, je résolus de franchir le pas… »


La Ville Louvre

La Ville Louvre

Nicolas Philibert | 1990 | 85'

À quoi ressemble le Louvre quand le public n’y est pas ? On accroche des tableaux, on réorganise les salles, les œuvres se déplacent, les gardiens essaient leurs nouveaux costumes… Peu à peu, des personnages apparaissent, se multiplient, se croisent pour tisser les fils d’un récit. Des ateliers de restauration aux galeries souterraines, des réserves de sculptures à la Joconde qu’on époussette, le film nous fait découvrir la vie secrète d’un des plus grands musées du monde.


Les Vivants et les Morts de Sarajevo

Radovan Tadic | 1993 | 75'

Radovan Tadic vit en France depuis vingt-cinq ans. Il a filmé à Sarajevo entre octobre 1992 et mai 1993 la vie quotidienne de quelques personnes dont les destins dessinent peu à peu, dans leur horreur et leur tristesse, le destin collectif d’une population.


Vozar

Milena Bochet | 2001 | 26' | Belgique

Dans l’osada tsigane de Hermanovce, Vozar tient un rôle prépondérant. Non seulement il est respecté pour son vieil âge mais il est également reconnu pour les histoires qu’il raconte et qu’il transmet. Vozar gère également la diffusion des programmes à la télévision. C’est lui qui répare les téléviseurs, c’est encore lui qui vient couper le feuilleton Esmeralda.

Vozar aime brouiller l’écran et la réalité, afin de mieux emporter les siens dans le monde du conte. Soudain dans le feu les acteurs mexicains font place aux esprits, les mères douces et les nains mystérieux chassent les héroïnes, les morts ressuscitent et les vieux rajeunissent. L’imaginaire rejoint la réalité.


La Vraie vie

José Césarini et Aziz B. | 2000 | 26'

Un film où le regard et l’émotion sont intimement liés à l’acte de mémoire. La mémoire qu’Aziz nous livre transparaît dans le film comme l’énergie qui permet à chacun d’aller de l’avant, de dépasser son histoire, de continuer à chercher. Chercher quelque chose qui ressemble au bonheur qui fuit toujours… Pour nous parler de sa vie, de ses désirs, Aziz fait appel à des séquences de cinéma. Son récit nous interroge sur la puissance des images qui brouille parfois notre perception de la réalité vécue.


Wild blue, notes à quelques voix

Thierry Knauff | 2000 | 68'

Tel un journal de voyage, le film est une succession de fragments de vie. Jalonné de voix de femmes, il accueille enfants, arbres et vents comme autant de motifs musicaux. De cette variation naît l’évocation d’un monde meurtri par l’horreur civile ou religieuse, approché au gré de gestes, de silences, de regards et de chants. Ces notes à quelques voix composent au fil du temps un simple poème de l’écoute.