Free Fall (Az Örvény’ / Chute libre)

Peter Forgacs a entrepris depuis 1989 l’exploration de la mémoire collective hongroise à partir d’archives cinématographiques privées. Il donne à celle-ci une traduction originale avec la série Hongrie Privée, un véritable « feuilleton vidéo » retraçant à partir de « films de famille » des destinées individuelles. Dixième opus de cette série, Free Fall, prend la forme d’un opéra-vidéo composé sur une musique originale de Tibor Szemzö à partir des images privées de György Peto filmant sa famille entre 1938 et mars 1944.

Au printemps 1944, toutes les communautés juives de l’Europe occupée par les nazis sont emportées dans le maelström. Malgré l’édiction de lois antisémites en Hongrie depuis 1938, la communauté juive hongroise n’est pas encore touchée… Comment cela a-t-il été possible ? Comment ont-ils été emportés dans la tourmente nazie ? Vue de l’intérieur, quelle était la vie de ces « futures victimes » dans cette étouffante atmosphère ? Quelle compréhension peut-on avoir du langage brutal de la loi si elle vous est soufflée à l’oreille par des voix angéliques ? Malgré le rétrécissement de l’espace vital et les signes de plus en plus effrayants d’une réalité, pourquoi subsiste jusqu’à la fin l’espoir… ?

Peter Forgacs est né en 1950 à Budapest. Après des études de sculpture et de graphisme, il est entré aux studios Bela Balazs en 1978. Il pratique la photo, réalise des films expérimentaux et, pour la télévision hongroise, des fictions documentaires. Peter Forgacs séjourne deux ans en Angleterre et commence la série Hongrie Privée en 1989. Les quatre premiers épisodes sont présentés au cours de « Parcours du Double, ethnologie de l’imaginaire » une manifestation organisée par Pierre Ponant et Arts Rencontres Internationales au Musée National des Monuments Français au Palais de Chaillot « Wittgenstein-Tractatus, le Dictionnaire Bourgeois » est présenté à Gentilly il y a trois ans dans le thème, « Les territoires de la mémoire ».

Tibor Szemzö a suivi des études musicales au Conservatoire Bartok, à l’Académie Franz Liszt et à la Schola Hungarica. Il joue des musiques improvisées avec son propre quatuor dès 1970 et a créé au début des années quatre-vingt, le groupe 180, Ensemble de musique nouvelle. Il s’est engagé dans un courant utilisant « l’électronique primitive », des instruments expérimentaux, des voix et éléments verbaux. Compositeur et interprète, il se produit en concert et lors de performances. Invité à Parcours du Double, manifestation citée plus haut.

À la recherche de Vera Bardos

« Le jour où j’ai réalisé que je ne savais pas le nom de ma tante, morte à quinze ans en camp de concentration, j’ai été saisie d’effroi. Ceci est un film sur la mémoire qui revient, sur l’impossible oubli. »

Le Kougelhopf

« J’ai filmé ma mère en train de confectionner un kougelhopf, gâteau traditionnel de Transylvanie. Elle pétrit la pâte, et remue ses souvenirs : la vie d’une femme juive en Roumanie, l’exil, l’histoire de sa famille disparue dans les camps nazis. »

Faille

Faille est l’espace de silence entre deux civilisations, deux générations, deux êtres… Faille est le chemin par le langage, vers la parole. Faille est la mémoire préservée, la filiation douloureuse dans l’exil. Entre France et Vietnam.

L’Effet Transsibérien

Au début du siècle, juste avant la révolution de 1905, Blaise Cendrars vit et voyage en Russie. En 1913, de retour à Paris, il écrit La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Dix jours durant, Moscou-Tchita aller et retour, nous nous sommes plongés à notre tour dans la Russie de cette fin de siècle avec pour feuille de route le poème de Blaise Cendrars. Ne nous demandez surtout pas quel jour nous sommes ni quelle heure il est ! C’est le début de l’Effet Transsibérien.

Trois histoires d’amour de Vanessa

Trois histoires d'amour de Vanessa

Trois moments dans l’éducation sentimentale de Vanessa, adolescente de Champigny-sur-Marne. Trois instantanés, filmés à trois différentes périodes de son évolution : treize ans, quinze ans, seize ans. Trois garçons, objets de son amour : Willy, Jonathan, Yacine. De ses balbutiements amoureux de petite fille à ses premiers désirs de femme, Vanessa grandit et construit son histoire.

Folle Patience

Dans un foyer, Jacques vit avec Alexandra une histoire d’amour… Jacques parle beaucoup, Alexandra pas du tout. Jacques a cinquante-neuf ans, Alexandra vingt-quatre. Jacques et Alexandra sont tous les deux paralysés.

Nord pour mémoire, avant de le perdre

Ce documentaire, composé presque exclusivement d’images d’archives, retrace la mémoire de la mine dans le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais, tout au long de ce siècle. Le passé, plus ou moins lointain, n’y est pas évoqué à la manière de nos manuels d’histoire, mais poursuivi selon un point de vue plus intime, plus quotidien, attentif aux détails, et porté par le récit à la première personne de cinq personnages : l’ingénieur, le porion (contremaître), le galibot (jeune mineur), le délégué mineur et le médecin. Des entretiens réalisés dans le bassin houiller et des archives écrites (rapports, lettres) en ont constitué la trame et le style.

Parole portée

Parole portée est un documentaire sur l’alchimie de la création. Sans commentaire, le film se concentre autour du geste du sculpteur Nicolas Alquin et des jeux de lumière sur la matière. Pas à pas, il suit l’élaboration d’une sculpture qui représente un corps portant sa tête coupée dans ses bras. Depuis le travail des abeilles sur la cire, matière première de l’artiste, jusqu’à la fonte du bronze, Parole portée est une parole portée jusqu’après la mort.