Sélections Compétitives

Les Sélections Compétitives – Prix des Écrans documentaires, du Documentaire court, et Formations

Trois mois de visionnage de quelques trois cents films représentant un étonnant voyage avec des humeurs très vagabondes dans l’air du temps, le monde tel qu’il est, qu’il a été ou pourrait être. Avec des récits, des fragments, des indices, des paroles (beaucoup, comment dire le trop plein) des velléités didactiques (de quoi se souvient-on ?). Le Film Documentaire est adulte et nous le désirons donc exigeant avec lui même. Aussi, nombre de films nous ont laissé “colère” : formatage suivant le cahier des charges programmatiques à la cédille près et autres documentaires de divertissement pittoresque, manipulateur ou creux – on peut trouver infiniment mieux pour se délasser… Plans-travelling paresseux, je vous raconte ma vie au volant de ma voiture, jusqu’à la nausée…

Mais beaucoup de bonnes surprises nous attendaient aussi. Des paroles vraiment dites, des pensées ou perceptions originales car tout simplement personnelles, des tentatives de forme, de narration, de dispositif ou d’écoute, réellement singuliers. Quelques décryptages lumineux sans prêt à penser. Des films qui font bon usage de la lenteur pour que s’inscrivent réellement une rencontre avec un sujet ou un récit de vie dont le personnage reste le co-auteur conscient et complice.

Ainsi l’heure du choix fut cruelle et la délibération délicate. Voici donc trente-deux films exposés dans ce crû 1998.

Jury du Prix Écrans Documentaires

  • Dominique Bax, programmatrice du Magic Cinéma de Bobigny
  • Anne Brunswic, chargé de mission audiovisuel au Ministère de la Culture 
  • Olivier Joyard, critique aux Cahiers du cinéma
  • Lionel Lechevalier, responsable audiovisuel du Conseil Général du Val-de-Marne
  • Jean Louis Berdot, réalisateur

Le Conseil Général du Val-de-Marne offre le Prix des Écrans documentaires (15 000 francs et l’étude d’une aide à la création pour un nouveau projet).


Prix du documentaire court (7 films de moins de 40 minutes)

Le comité de sélection avait peiné l’an dernier à trouver six films (sur 130 !) pour nourrir cette catégorie compétitive (durée limite de 50’ en 1997). Les deux plus intéressants frisant d’ailleurs cette limite. C’est donc avec un réel plaisir que nous avons sélectionné cette année dans des conditions plus restrictives (moins de 40 minutes) sept films aux démarches aussi radicalement différentes qu’abouties même quand elles prennent la forme d’essais frisant l’expérimental comme Arch’ange de Laure Sainte-Rose.

Au menu donc, mythologie lapone et modernité, deux regards très personnels et sensuels sur l’Inde, une saga chimique et sonore de la pellicule cinéma. Une méditation sur une morale européenne déconsidérée de la Bosnie au Kosovo et deux portraits que seule la démesure rapproche, le combat contre la dope et soi ou l’édification d’une cathédrale…

Jury du Prix du Documentaire court

  • Amalia Escriva, réalisatrice 
  • Dominique Moussard, programmateur du Cinéma Jean Vilar d’Arcueil
  • Anne Toussaint, réalisatrice, programmatrice de L’œil de Louis 

La DRAC Île-de-France, autre soutien constant du festival et qui offre le Prix du Documentaire Court (5 000 francs).


Prix formations (12 films)

Lancé en 1997, ce prix réservé aux films réalisés dans le cadre d’écoles, ateliers, ou universités, passe véritablement un palier de qualité cette année. Crû excellent et sélection délicate ou toutefois les universités ne brillent pas… Encore un effort! Le comité de sélection a souhaité classer dans cette catégorie un documentaire court autoproduit révélant de réelles qualités plastiques…

Jury du Prix Formations

  • Françoise Berdot, réalisatrice, enseignante à l’Université Paris 7 
  • Luc Lavault, étudiant à l’Université Paris 7
  • Jacques Merighi, éditeur de programmes – La Cinquième
  • Anne Rizzo, monteuse

La Cinquième parraine le Prix Formations doté de 5 000 francs.

Films


À l’horizon des pierres

Nathalie Fluckiger | 1998 | 30' | Suisse

En octobre 1997, nous nous sommes rendues à Sa’ir, un village en Cisjordanie, pour filmer un projet destiné à devenir un centre de femmes autonomes. Celui-ci avait été créé deux ans plus tôt par le « Centre d’information alternative » (AlC), une organisation israélo-palestinienne. Au moment du tournage, l’AIC venait de décider que le projet avait trois mois pour devenir indépendant. Le film retrace les efforts des femmes et les difficultés qu’elles rencontrent dans un contexte politique et social qui les limite dans leur liberté de mouvement.


Al Qantara ou vacances d’exil

Al Qantara ou vacances d’exil

Frederic Fichefet | 1997 | 62'

Chaque été, l’Europe entreprend sa transhumance vers le sud. Elle ignore toutefois que des milliers d’individus empruntent eux aussi la route du soleil pour un périple obéissant au  même rituel : celui de milliers de familles d’Afrique du nord vers leur pays d’origine.  Mokhtar prépare, en Belgique, ses vacances au Maroc. Depuis sa retraite, il n’a qu’un espoir : rentrer au pays pour toujours. Mais il sait que ses enfants lui manqueront au bout de quelques mois. Aïcha passe l’été au Maroc, dans la maison qu’elle a acheté avec son mari. Depuis sa mort, elle sait qu’elle ne finira pas ses jours dans ce quartier d’émigrés. À Tanger, elle se sent aujourd’hui une étrangère. Entre ici et là-bas, Fatima voyage. Elle rêve sans doute d’un pays qui serait deux pays…

Mémoire d’exil, mémoire de labeur et de retour saisonnier au pays, le Maroc. Frédéric Fichefet trouve la juste distance et le dispositif adéquat en accompagnant avec discrétion Mokhtar et sa famille de Bruxelles à Tanger, dans son périple au fil des autoroutes. « Être chez soi, c’est être là où le regard de quelqu’un vous importe »…


Les Amoureux de Dieu

Alexe Dan | | 63'

En Macédoine, ex-Yougoslavie, deux Cheikhs se disputent le pouvoir sur une confrérie de Derviches-hurleurs. Loin de Dieu et du soufisme traditionnel, dans cette société fragilisée et chancelante, leur querelle prend un caractère banal : qui a le droit de transpercer pendant la grande cérémonie de Nevruz ? À travers la rivalité entre les deux personnages, qui correspondent à deux archétypes opposés du leader religieux, le documentaire offre un aperçu vivant d’une spiritualité vécue, réelle et populaire, qui peut choquer nos habitudes, malgré l’humour des situations et l’insolite des images.

Dans la Macédoine exsangue subsiste des confréries soufies aux rituels d’extase « impressionnants » pour nos sensibilités détachées du spirituel. Évitant le piège exotique, Alexe Dan nous permet de « rencontrer » dans un dispositif d’anthropologie participative non dénué d’humour et de savoureuses mises en scène par ses personnages même les rituels et traditions des derviches Halvétis. Sans négliger en toile de fond discret, le contexte économique de la Macédoine ex-Yougoslave…


Arch’Ange

Laure Sainte-Rose | 1997 | 33'

Fil d’Ariane – Démarche ethnologique – Autodidacte – Image et Son – Immersion/Lieux – Investigation/Temps – Intégration/Groupe – Intention – Intuition – Doutes – Arche – Guide – Lumière – Recherche – Histoire – Matière – Hommes – Archives – Techniques – Mémoire – Porte paroles – Poétique – Trouver – Chimie – Révélation – Supports – Décomposition – Dégradation – Blanc -Lampe-Noirs-A Arc – Artisan – Ombres – Fabrication – Machines – Conservation – Boites – Émulsion – 21 – Expression – Magnétique – Argentine – Couleurs – Trace – Trame – 3 – Feu


Au regard de l’autre

Anne Guicherd | 1997 | 13' | France

À quarante ans, Véronique fête un anniversaire d’importance : ses douze mois d’abstinence après des années dans l’alcool. Au travers d’une visite de sa maison chargée de souvenirs douloureux, et de brefs extraits du journal qu’elle a tenu pendant son sevrage, Véronique nous parle de sa maladie.


Beaivi

Frédéric Choffat, Christophe Chammartin, Annette Niia | 1997 | 5'

Une lapone projetée dans la vie suédoise raconte les rennes, le bruit des rennes, tout au fond du cercle polaire, mais surtout les paroles de son grand-père, l’Histoire d’une mythologie, de la naissance du monde chez les Saames.


Cathédrale

Xavier Baudouin | 1998 | 27' | France

À Mejorada, tout près de Madrid et son aéroport, Justo a entrepris, voici trente ans, de construire tout seul la dernière cathédrale d’Espagne. Une « forteresse romane, en moins massif », qu’il bâtit sans plans préalables, avec des matériaux de récupération et le renfort de deux garçons du village, Sergio et Antonio. Touristes et voisins en visite défilent sur le  chantier immense, tandis que le maître d’œuvre et ses apprentis, indifférents aux regards, s’activent sous la coupole  inachevée. « On accepte les dons pour finir les travaux. »


Clean Time le soleil en plein hiver

Didier Nion | 1996 | 26' | France

Marc a 34 ans. Pendant dix ans, il a été toxicomane. Depuis deux ans, il a tout arrêté, il ne prend plus « aucune molécule pouvant modifier le comportement « . Tourné sur quatre ans, ce film est une chronique d’un retour vers la normalité. C’est l’histoire d’une errance qui a changé de sens. D’une dérive sans espoir de retour, elle est devenue le champ de tous les possibles.


Collège

Collège

Silvina Landsmann | 1998 | 133'

Silvina Landsmann a suivi pendant cinq semaines la vie du Collège Paul Vaillant Couturier, à Champigny-sur-Marne, qui a la particularité d’être doté d’une SEGP A3 (section générale professionnelle adaptée) et d’une classe pour non francophones. Vingt-sept nationalités étaient représentées à l’époque du tournage. Elle a ramené un témoignage unique sur ce qui s’enseigne aujourd’hui au collège : « de la gamme opératoire du repassage du pantalon d’homme avec  pli » au cours d’anglais des cinquième elle nous fait saisir l’incroyable pression économique qui s’exerce sur les élèves et les enseignants, l’obsession du chômage, la vision implicite du modèle social dont le collège semble se faire le propagandiste. Un premier film qui révèle également le talent d’une jeune réalisatrice.

Une radiographie implacable de l’institution Collège à quelques centaines de jours de l’an 2000. Qui réfléchit en miroir l’état de notre société : autoritaire, inégalitaire, percluse de conventions, de certitudes et de faux-semblants. Pire : sans imagination ni écoute des aspirations. Comme le réplique Jonathan, le collégien, au prof de géo, pérorant aimablement sur la question démographique : « Le pays, il est vieux Monsieur ».


Dear Adamir

Daniel Coche et Simone Fluhr | 1998 | 136' | France

Ademir Kenovic est cinéaste à Sarajevo ; pendant toute la durée de la guerre en Bosnie, il reste à Sarajevo et filme les habitants de la ville assiégée. Ses images ont été diffusées notamment par la BBC et Arte (Deux minutes pour Sarajevo). Daniel Coche avait invité Ademir Kenovic au festival du Film de Strasbourg avant la guerre ; il lui adresse une lettre très personnelle, en forme de film, mêlant les images de la défunte Yougoslavie et des manifestations strasbourgeoises de soutien aux démocrates bosniaques. Cette lettre est une tentative pour donner du sens à notre mémoire.


Elle Meurt pas la mort

Marinca Villanova | 1998 | 26' | France

Une classe d’enfants de cinq ans en banlieue parisienne, s’exprime sur ce thème de la mort. Leurs regards et leurs paroles se croisent. Le film privilégie la force de leur imaginaire, la poésie de leur propos, et leur sens de l’évidence.


Les Enfants du Borinage, Lettre à Henri Storck

Patrick Jean | 1997 | 15'

Un retour sur les traces d’Henri Storck au Borinage à propos de la problématique sociale contemporaine : on n’y meurt plus de faim mais d’ignorance preuve par neuf de l’échec d’un type de société.


Le Fil

Thierry Tormena | 1991 | 12'

Mathieu, seize ans, est autiste. Michèle, sa mère, s’occupe de lui depuis qu’il est petit, parce qu’elle refuse de placer son enfant dans un hôpital psychiatrique ou dans une institution qui ne serait pas adaptée à l’autisme. « Ce que je veux, c’est voir mon enfant grandir, évoluer, et tout faire pour ça. » Pour Michèle, comme pour tant de parents qui vivent avec leur enfant autiste, obtenir de bons résultats est une œuvre de longue haleine, jamais terminée.


Les Fils du vent 

Jean-Baptiste Van Zeebroeck | 1997 | 9'

Ils sont Fils du Vent au milieu d’un certain progrès qui pousse le monde à s’enfermer chez soi et à se renfermer sur soi. Ils sont quelques-uns à croire qu’ils peuvent vivre « prisonniers » de leur liberté. Ils vivent ensemble pour le pire et le meilleur. Ils sont Tsiganes. Leurs enfants apprennent à voyager avant d’apprendre à marcher. Mais pour combien de temps ? Dans des banlieues de banlieues, les Fils du vent goûtent à un mode de vie plus séduisant… apparemment. Pourront-ils vivre longtemps de leurs voyages, de leur musique, de leur talent d’artiste et de débrouille ? Vont-ils briser leurs chaînes de liberté pour un HLM et un statut de citoyen enraciné ?


Folles mémoires d’un caillou

Mathilde Mignon | 1997 | 59'

Nouville dans la baie de Nouméa, Nouvelle Calédonie, Pacifique Sud. Là, on avait cerné d’eau, le bagne des français et l’asile de fous. Aujourd’hui Nouville enferme toujours la prison et l’hôpital psychiatrique, qui côtoient maintenant un complexe touristique et un squat d’océaniens kanak ou immigrés. Cet hôpital porte le nom d’Albert Bousquet, le grand-père de la réalisatrice, qui fut médecin-chef dans les années cinquante et se suicida sur une petite plage toute proche. Sur les traces de cette histoire singulière d’exil, la réalisatrice interroge le passé complexe et déchiré de cette île, à l’heure où Kanak indépendantistes et Caldoches choisissent de se construire un avenir politique commun. Derrière les destins de chacun, sous la mémoire blanche des déportations françaises, ou même Kabyles, surgit la mémoire noire de cette terre portant l’identité kanak. Cette terre à laquelle sont rendus les morts, si belle en Calédonie-Kanaky.

Comment dire l’histoire « noire » Kanaky, Nouvelle Calédonie des autres, puisqu elle n’est dans aucun livre. Comment « raconter » cette « parole retenue ». Mathilde Mignon s’y emploie avec élégance, justesse et retenue en retournant à Nouville dans l’hôpital où son grand-père exerça et sur la plage où il se suicida. Seul du croisement complexe des mémoires et des perceptions de l’histoire peut sourdre l’écriture d’un autre avenir…


La Forteresse sentimentale

Thierry Lemerre | 1997 | 52'

Louis, un aventurier de l’esprit. À sa façon. Il a traversé l’histoire de la psychiatrie française comme un météore, une pierre tombale plutôt. Pour se retrouver là, parmi les vivants, après quarante années d’asile et de misère. Les images de Louis, filmé par l’équipe qui l’a suivi dix années, sont bouleversantes. Il parle comme écrivait Céline, avec des raccourcis saisissants. On le retrouve aujourd’hui, avec ces mots et ces gestes qui n’appartiennent qu’à lui. Il n’a plus de compte à rendre, ni à lui, ni à l’hôpital. Il est vivant. Et il le sait. Qui est fou ?

Louis Mahé a « vécu » quarante-cinq ans en « HP ». Le cinéaste construit avec lui, minutieusement, comme une ballade triste, l’itinéraire d’une libération. Ainsi s’instruit en filigrane le dossier noir de l’histoire de psychiatrie. Mais sommes-nous si sûrs d’être sortis de l’ère du Surveiller et Punir analysée par Foucault ?


Juillet 

Didier Nion | 1998 | 185'

Un camping, la plage, les blés qui mûrissent, le tour : juillet… Rien d’extraordinaire et pourtant au détour d’une pêche à la crevette, les mots et les visages disent l’essentiel : les riches, les pauvres, le bon dieu, l’amitié, les années de travail, la guerre, la chance, l’avenir des gosses… Au rythme des journées qui passent, la bagarre de la vie traverse doucement la plage des vacances.

À Quiberville, c’est l’été. Le temps qui passe, la vacance, les vacances. Didier Nion suit et partage ces mille petits bonheurs, la cueillette des coquillages, la baignade, le petit bal, la venue du cirque… « Les gens de peu » chers à Pierre Sansot s’y enivrent un laps, « Du bon usage de la lenteur ». Un film de connivence chaleureuse…


Makom Avoda

Nurith Aviv | 1998 | 81'

En 1981, vingt-cinq familles israéliennes fondent le moshav Shekef, un village agricole coopératif, à côté du très grand village palestinien Beth Awah, de part et d’autre de la ligne verte – la frontière d’avant juin 1967 – le moshav et ce village se font face. En 1988, au début de l’Intifada, un des membres du moshav est assassiné. Jusqu’à aujourd’hui, malgré les enquêtes, les assassins n’ont jamais été identifiés. Pourtant du jour au lendemain, les jeunes travailleurs palestiniens sont renvoyés du moshav, et remplacés par une main d’œuvre agricole étrangère, notamment thaïlandaise. Le film raconte l’histoire d’une relation triangulaire dans un lieu-makom autour du travail-avoda.

Sur la « ligne verte » entre Israël et Entité palestinienne, les colons Moshav de Shaker, imprégnés de l’idéologie de droite du Betar lorgnent le village de Beit Awah. L’heure n’est plus, après l’Intifada et les accords d’Oslo en perdition, de « faire confiance » à la main d’œuvre palestinienne, plongée dans un chômage endémique avec le bouclage récurrent des Territoires. Des ouvriers Thaïlandais sont venus les remplacer ; des immigrés économiques comme ils s’en trouvent partout par le monde… Sauf qu’ici, ils transitent dans le no man’s land d’une Histoire déboussolée…


Matti Ke Lal, fils de la terre 

Elisabeth Leuvrey | 1998 | 20' | France

En Inde, dans un quartier du vieux Delhi, un homme se bat chaque jour sans relâche contre l’Histoire, contre l’époque, contre les faiblesses des hommes mais aussi contre Dieu. Guru Hanuman a choisi d’offrir sa vie à son pays, aux enfants de son peuple. Fondateur d’une école, il enseigne la lutte aux orphelins des rues. La lutte traditionnelle « Kushti », celle qui se pratique dans l’arène de boue et celle du combat de tous les jours, de l’homme face à son destin. Matti Ke Lal, c’est une rencontre avec un homme de quatre-vingt-dix-huit ans, né avec le siècle et nourri de sentiment de libération pour l’indépendance : une légende vivante de la lutte en Inde.


Mélodine Opéra

Sylvain Verdet | 1998 | 18'

Vivre avec un SDF chez soi…


Nous nous sommes tant aimés

Pierre-François Glaymann | 1998 | 17'

Entrer à quinze dans le vestiaire, n’en ressortir qu’en faisant un ; l’avant-match, le vestiaire. les moments où se cristallisent les vertus du rugby.


La Peine perdue de Jean Eustache

La Peine perdue de Jean Eustache

Ángel Diez Alvarez | 1997 | 53' | France

Le film est un hommage à Jean Eustache, grand cinéaste français peu connu et disparu. Au fil des lieux, des témoignages, des images et des sons, ce film esquisse le portrait du cinéaste et fait revivre, pour un moment, son œuvre et sa vie. On retrouve ici le principaux opus du cinéaste, au premier rang desquels La Maman et la Putain (1973). Mais aussi des films moins connus tels La Rosière de Pessac (1968 et 1979) ou un inédit tel Numéro Zéro (1971) consacré par le réalisateur à sa mère. Peu à peu, s’élabore ou transparaît la méthode empruntée par Eustache. Une fidélité quasi obsessionnelle au réel, héritée selon ses propres aveux de Lumière. Toujours en marque de la Nouvelle Vague, Eustache a influencé et marqué toute une génération, et son cinéma reste une source de savoir et d’inspiration.

Faire un film sur un cinéaste que l’on admire présente un risque à double facette : soit l’on verse dans le portrait didactique et prétendument savant ou dans l’hagiographie béate. Un « qui perd gagne » soit pour l’auteur célébré ou pour le réalisateur qui s’escamote… Ángel Diez Alvarez, lui, fait un film avec Jean Eustache, en osmose…


Petit frère

Antoine Carrard | 1997 | 31'

Kahli est boxeur amateur. Je l’ai croisé un matin dans le quartier Picpus. Le soir du même jour, je l’ai vu par hasard dans un café « Le rendez-vous des amis ». Il m’a raconté son histoire, il avait grossi, il devait perdre du poids pour remettre les gants. J’ai décidé de l’accompagner.


Plus ou moins Gérard

Romuald Beugnon | 1998 | 25'

Gérard, camionneur témoigne…


Plutôt la vie ! 

Monique Quintart | 1998 | 72'

Je lui ai dit : « Myriam, raconte-moi une histoire. » Elle en avait les larmes aux yeux. Raconter des histoires, c’est exactement ce qu’elle aime. Elle s’appelle Myriam Mallié. Elle est une de nos meilleures conteuses. Elle m’a parlé de Gilgamesh, « l’homme qui ne voulait pas mourir » et de son voyage « au-delà du bout du monde » pour obtenir le secret de la vie sans fin. J’ai eu envie de faire connaître ce qu’est le travail d’une conteuse et l’acte de raconter, car elle m’avait ouvert les portes d’un bien étrange domaine. C’est ainsi que j’ai décidé de filmer la (re)création, par Myriam, de cette histoire vieille de cinq mille ans, depuis l’écriture de son adaptation jusqu’à la première présentation en public.

C’est la plus ancienne histoire du monde, une légende qui brasse les aspirations essentielles, Vie, Amour, Mort, Éternité. Celle de Gilgamesh dont s’empare avec passion et doute la conteuse Myriam Mallié. Un film en résonance magique avec l’éclosion hors de sa chrysalide d’un spectacle de paroles, d’écoutes et de silences. Sensible, lumineux. intense.


Le Sac à rose

Philippe Alsat | 1998 | 21'

Mémoire sucrière, mémoire ouvrière.


La Star d’ébène

Manu Riche | 1997 | 55'

Février 1997. Aéroport de Zaventem. Le jeune footballeur nigérien Indi N’Dbuisi débarque en compagnie de son manager Bart De Bruyne. Il a six mois devant lui pour signer un contrat professionnel avec le club de Alost, ce qui  devrait lui permettre d’obtenir un visa pour la Belgique et un permis de travail. Cette aventure finira par une déception pour le jeune african. Après une longue dépression, le club décide d’engager Indi. Il lui paye mille dollars pour la famille en Afrique. Il devra retourner en Belgique au mois de juillet. Mais immédiatement après le départ de De Bruyne et Indi pour le Nigeria, la presse annonce que le manager aurait essayé d’acheter un match en faveur du club de Alost. Au mois de juillet, Indi ne peut pas revenir car le club n’a pas renvoyé les papiers nécessaires. Selon les toutes dernières nouvelles, Indi ira jouer en France. Bart De Bruyne ne s’occupe plus de ses affaires.

Fabien Barthez aime les hamburgers à crâne rond et lisse. Le « mondial » est un lointain souvenir, fermez le banc. C’est l’heure de tirer les cadavres des placards du foot anthropophage. Grâce à Manu Riche on rentre dans les coulisses de la « nouvelle traite » en suivant Indy, jeune espoir nigérian de dix-sept ans et son « recruteur » matois et patelin. Sec, précis, percutant, le meilleur de l’investigation ironiquement froide « à la belge ».


Ulaanbaatar, tombeau des steppes

Marie-Pierre Jaury | 1998 | 52'

Ulaanbaatar, capitale de la Mongolie compte près de 548 000 habitants parmi lesquels trois femmes, Imée, Biamba et Horolsaren, trois âges de la vie, vivant chacune différemment dans cette même ville. Imée, une grand-mère veuve venant de la campagne et qui s’est installée depuis peu dans un quartier de yourtes, n’arrive pas à s’habituer à un rythme de vie urbain et moderne. Biamba, une étudiante de vingt et un ans, citadine depuis toujours, reste partagée entre les coutumes traditionnelles et un rêve américain inspiré de la télévision russe et des magazines occidentaux périmés. Horolsaren, une enfant des rues parmi des milliers d’autres, qui erre dans cette ville ,sans référence et sans identité. Un triptyque pour parler d’une ville et du malaise mongol en 1998.

Trois portraits croisés, trans générationnels et au féminin pour scruter les mutations de la société mongole, de la vie nomade des steppes aux illusions du libéralisme loves dans le béton de l’ex « socialisme réel ». Mémoire, espoirs et nostalgie. Le regard sensible d’un premier film…


Un été à Bombay

Carol Equer-Hamy | 1998 | 32' | France

On déconseille toujours les voyages en Inde pendant la saison des pluies, pourtant, c’est un moment magnifique, attendu avec fièvre par tous les Indiens. À Bombay, c’est le désordre total, mais chacun adapte ses activités au rythme de la saison. La mousson passe sur la ville comme une vague, inonde ses artères, nourrit les conversations. Elle réveille l’Inde qui y puise sa poésie et ses scènes de film les plus sensuelles, car c’est aussi la saison de l’amour.

Une chronique de ces temps de pluie dont la musique est dans le cœur de tous les Indiens.


Un jour mon prince viendra 

Marta Bergman | 1997 | 66'

Le parcours de trois jeunes femmes roumaines en quête d’un mari occidental, sur fonds de conflits familiaux, de boulots précaires, de rêves inaboutis. Pour trouver cet homme, elles ont recours aux petites annonces et aux agences matrimoniales. Autour d’une photo ou d’une lettre d’Italie ou d’ailleurs… Elles brodent le feuilleton du bonheur, dont elles incarnent les tristes héroïnes.

Il était une fois un pays, Roumanie, orphelin de son « Conducatore » et de sa « révolution », embourbé entre ancien et nouveau monde. Mais le feuilleton des rêves jamais ne s’arrête. Marta Bergman entre en confidences avec Mihaela, Liliana et Maria en quête d’un mari occidental…

 


La Voie suisse 

Cédric Louis | 1998 | 12'

La Suisse vue par trois de ses doyens, trois vénérables arpenteurs, trois vétérans du plancher des vaches. Trois petits points aussi pour un regard éclaté sans véritable cohérence. Un regard tantôt naïf, tantôt lucide, mais qui témoigne peut-être de l’état de mélancolie dont la Suisse souffre actuellement. Un regard d’ancêtre qui part à la dérive, qui ne se donne pas comme révélation du brave pays des montres et du chocolat. Reste sans doute un sentiment palpable : celui d’une opaque solitude, d’un vieillissement inéluctable et cette envie étrange mais légitime de mourir à la montagne, et de retrouver la Suisse telle qu’on la voudrait encore : mythique et brillante comme un sou neuf.


Séances

mardi 3 novembre 1998 à 18h00

Campus Jussieu, Amphithéâtre 24

Compétition formations.

mardi 3 novembre 1998 à 19h00

Campus Jussieu, Amphithéâtre 24

Compétition formations.

jeudi 5 novembre 1998 à 18h00

Campus Jussieu, Amphithéâtre 24

Compétition formations.

vendredi 6 novembre 1998 à 14h00

Auditorium

vendredi 6 novembre 1998 à 15h30

Auditorium

vendredi 6 novembre 1998 à 16h00

Auditorium

vendredi 6 novembre 1998 à 17h30

Auditorium

vendredi 6 novembre 1998 à 18h45

Auditorium

vendredi 6 novembre 1998 à 19h20

Auditorium
  • Beaivi
    Frédéric Choffat, Christophe Chammartin, Annette Niia | 1997 | 5’

vendredi 6 novembre 1998 à 19h30

Auditorium
  • Dear Adamir
    Daniel Coche et Simone Fluhr | 1998 | 136’ | France

vendredi 6 novembre 1998 à 20h15

Auditorium

vendredi 6 novembre 1998 à 21h30

Auditorium
  • Collège
    Silvina Landsmann | 1998 | 133’

vendredi 6 novembre 1998 à 23h45

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 14h00

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 15h00

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 16h00

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 17h10

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 17h30

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 18h30

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 20h30

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 21h30

Auditorium

samedi 7 novembre 1998 à 22h30

Auditorium