A Arca Dos Zo’e (Nos ancêtres les Zoe)
Vincent Carelli, Kasipirina Waiapi, Dominique Gallois | 1993 | 22'
Images vidéo à l’appui, Waï Waï, chef des indiens Waiapi, raconte à son village son voyage chez les Zo’e, ethnie jusqu’alors isolée dont le dialecte et les traditions sont similaires à ceux des Waiapi. Aller-retour entre deux mondes, l’un encore vierge mais déjà menacé, l’autre déjà imprégné de la civilisation blanche, connaissant ses technologies et ses dangers.
A comme Adrienne
Boris Lehman | 2000 | 110'
« Ce film est un cadeau. Cadeau fait à une dame. Une dame que j’aime et qui m’aime.
Adrienne n’est pas ma mère. Elle n’est pas juive. Elle a soixante-dix-sept ans, l’âge limite pour lire les aventures de Tintin. Je l’ai rencontrée il y a cinq ans. Elle est venue voir mon film Leçon de vie et puis d’autres, et nous avons commencé à nous fréquenter. Un soir, elle a commencé à raconter un conte persan.
Je lui ai dit que j’étais intéressé à venir filmer la semaine suivante. Le récit du conte fut filmé intégralement ainsi que la musique accompagnatrice, iranienne comme de bien entendu. Par la suite, j’ai beaucoup filmé Adrienne et elle est apparue dans plusieurs de mes films. Un moment j’ai eu le désir de lui consacrer un film-portrait : Adrienne de A à Z. Il aurait pu s’intituler Ma vie est un conte : entre la vieille dame qui “aime faire plaisir” à Babar et la Vieille Dame indigne de Bertolt Brecht, Adrienne se profile comme une fée bienfaisante.
Le film se décline en sept leçons et quelques digressions. Le film se termine par un conte. Un conte à tiroirs, comme on en trouve dans les Mille et une Nuits. Tout le film l’annonce. La vie d’Adrienne n’est-elle pas elle-même un conte ? »
Boris Lehman
À propos de « Tristes Tropiques »
Jorge Bodanzky, Jean-Pierre Beaurenaud, Patrick Menget | 1991 | 46'
Prises de vue contemporaines de villages indiens du Brésil et images tournées en 1935 dont Lévi-Strauss n’avait plus souvenir. L’auteur de Tristes Tropiques, reconsidère sa démarche intellectuelle et personnelle d’anthropologue et analyse les séparations factices entre sens, connaissance et esthétique.
Agriculteurs, de père en fille
Benoît Rouvier | 1998 | 29'
Au Sud de l’Aveyron, dans un hameau d’une trentaine d’habitants, cinq familles poursuivent l’exploitation de leurs fermes. La famille Tourettes compte trois enfants. L’un travaille la terre, la deuxième est dans le commerce, et la dernière souhaite prendre la relève de son père. Le père de famille a transmis à chacun d’eux une certaine philosophie de la vie, et une conception de son métier qui n’a pas manqué de susciter la vocation de Murielle, sa plus jeune fille, alors qu’il souhaitait qu’elle fasse de la comptabilité. Derrière le portrait familial, on retrouve des préoccupations qui dépassent largement le cadre de la cellule familiale. La vie économique, les nouvelles pratiques des consommateurs, le rapport à la terre, la formation des paysans, le célibat, les fêtes votives…
Algérie, la vie quand même
Djamila Sahraoui | 1998 | 52'
Abdenour et Sadek ont vingt-sept ans. Ils vivent dans une petite ville algérienne, à l’ombre de la guerre. Tous les deux sont « hitistes », c’est-à-dire que, selon la fameuse formule inspirée par l’humour du désespoir, ils calent les murs (« hit », en arabe). Touchés par la crise, ils ne vivent que de combines pour se procurer l’indispensable.
Comment se construire soi-même, élaborer des projets ? Ici, le quotidien ne laisse plus de place au rêve. Les copains d’Abdenour et Sadek sont tout aussi paumés. Pas de travail, pas de loisirs, pas d’espoir… L’humour et l’amitié sont les armes d’Abdenour et de Sadek, un refuge où s’épanouissent encore quelques rêves de jeunesse. Une errance sans fin, dans l’attente de l’improbable.
« Si l’Algérie occupe régulièrement la une de l’actualité, c’est plus souvent à travers les échos ensanglantés de la guerre qui la déchire. Parfois avec les petites et grandes manœuvres de ses dirigeants pour se maintenir au pouvoir. Rarement pour le quotidien de son peuple, qui tente de survivre malgré la crise et la guerre. », Djamila Sahraoui
L’Ambassade
Chris Marker | 1975 | 22' | France
Un film Super 8, trouvé dans une ambassade, montre des réfugiés politiques qui organisent leur vie en transit dans ce territoire d’asile après un coup d’État militaire (on pense au Chili de Pinochet, mais rien ne le dit). La voix du commentateur parle de notes prises au jour le jour. Ses images à main levée nous communiquent leur émotion : arrivée des fuyards, organisation de la survie, les uns racontent l’horreur, d’autres restent prostrés. On rassure les enfants. Communistes et anarchistes se disputent, au loin la terrible tour de la police est allumée jour et nuit.
Arçeolog
Julie Millot | 1999 | 25'
Un chantier de fouilles urbaines est toujours vécu comme un événement particulier par la population. Toute une effervescence, des questionnements, des légendes gravitent autour des découvertes.
Ce film est une enquête sur la perception de l’archéologie et du métier d’archéologue par la population et par les fouilleurs eux-mêmes. Décalage entre l’image mythique d’un Indiana Jones et le quotidien de ces fouilleurs, entre l’archéologie « exotique » présentée à la télévision et l’archéologie de sauvetage telle qu’ils la pratiquent.
Attaches
François Ralle-Andréoli | 2000 | 86'
À Lyon, dans le quartier ouvrier de Gerland, les usines ferment. La disparition de l’entreprise de fer à béton Mure est la plus marquante. Des habitants du quartier et d’anciens ouvriers de Mure livrent leurs souvenirs à des élèves de L’École Nationale Supérieure Lettres et Sciences humaines qui doit prendre la place de l’ancienne usine.
Avant de partir
Marie de Laubier | 2000 | 90'
Yamina Abbès est médecin et directrice de la Mapi, maison de retraite à Sarcelles. Elle est le cœur de la maison. Son travail quotidien : accompagner la fin de la vie au présent, sans état d’âme face à la déchéance du corps, à la sénilité, à la solitude de la mort ; écouter les enfants qui, parce qu’ils se sentent coupables, sont exigeants ; et surtout injecter de la vie et de l’humour au seuil de la mort.
Bakary et les autres…
Corinne Garfin | 1999 | 26'
Bakary et les autres… dresse les portraits de quelques enfants d’une douzaine d’années qui vivent à Tigana, un village de brousse très enclavé au Mali. Le film établit un parallèle entre deux parcours : celui d’enfants qui sont scolarisés et se rendent à l’école du village et celui de Bakary, qui comme beaucoup d’autres enfants des villages de brousse a quitté l’école et participe aux durs travaux du village pour subvenir aux besoins et charges de la famille. Les enfants nous parlent de leurs rêves, de ce qu’ils espèrent pour leur futur.
Les Bas-fonds
Denise Gilliand | 2000 | 78'
Une trentaine de sans-abri endossent les costumes d’acteurs pour jouer dans la pièce de Maxime Gorki, Les Bas-Fonds, au Théâtre national de Chaillot.
Berlin 10/90
Robert Kramer | 1990 | 64'
« Dans une série télévisuelle dont la figure imposée est le plan séquence, Robert Kramer invente un dispositif qui multiplie la narration. Enfermé dans la salle de bains d’un hôtel de Berlin, face à un téléviseur qui projette des extraits d’actualités et des séquences tournées par lui-même, le cinéaste se livre au difficile exercice d’autofilmage tandis qu’il improvise sur le sens de sa présence dans la ville de ses origines. Travail doublement magnifique d’une performance servie par l’imagination filmique, les images renvoyées par l’écran font écho aux pensées du cinéaste, lui donnent cette méditation à voix haute sur sa propre errance. Réflexion métaphysique sur les cicatrices laissées par la guerre, la Shoah, l’exil de sa famille, où il s’interroge sur les traces de l’histoire. »
Source Documentaire sur grand écran
Blizzard Blizzard
Julie-Christine Fortier | 2000 | 4'
La performeuse, exposée au frimas, pose pendant 3’14 dans une vidéo-performance de 3’18.
Bois mort
Olivier Ramberti | 1999 | 12'
Esprit de la vigne, esprit du vin. Travail, alchimie des savoir-faire.
La Bombe (The War Game)
Peter Watkins | 1966 | 60'
1966. Les Chinois envahissent le Vietnam. Pour prévenir l’intervention des États-Unis, les Russes occupent Berlin-Ouest. L’OTAN reçoit l’autorisation d’employer l’arme nucléaire contre l’agresseur. En Angleterre, prévoyant l’imminence du danger, les services de la Protection Civile distribuent un petit manuel d’avertissement à la population déconcertée. Une bombe nucléaire tombe dans le comté de Kent où se situe une base importante de missiles intercontinentaux. La Bombe (ou plus précisément Le Jeu de la guerre, traduction littérale du titre original) constitue, aujourd’hui encore, l’un des plus convaincants et des plus vigoureux plaidoyers contre la Guerre Nucléaire. À l’origine, le projet résulte d’une commande officielle de la chaîne britannique de télévision, la BBC. Devant l’horreur dégagée par la vision du film et l’impact percutant de ses images, la télévision refusa catégoriquement de le programmer, arguant que sa diffusion pourrait provoquer dans le pays une panique comparable à celle survenue en 1938 aux États-Unis. à la suite de l’émission de radio d’Orson Welles adaptant La Guerre des Mondes de H.G. Wells. La diffusion de l’œuvre fut donc uniquement autorisée au cinéma.
Images et Loisirs 92/5 ; Les Fiches de Monsieur Cinéma.
La Boucane
Jean Gaumy | 1984 | 37'
En 1972, Jean Gaumy, photographe de l’agence Magnum, réalise un reportage sur les filletières d’une fabrique de harengs fumés, une boucane de Fécamp. Dix ans plus tard, il revient filmer ces femmes qui vident le poisson et le découpent en filets : mains expertes, gestes répétés parfois depuis plus de vingt ans. Des ouvrières qui, par leur vitalité, leurs chansons et leurs rires, échappent au quotidien des poissons.
Leur dextérité, la précision de leurs gestes pourraient faire oublier la dureté du travail si leurs doigts rougis et écorchés ne la rappelaient constamment. Les unes face aux autres. Autour d’une grande table, elles combattent par leur gaieté et leur entrain l’environnement froid et obscur de l’atelier dans lequel elles ont introduit l’atmosphère chaleureuse de femmes entre elles. Lorsqu’elles réclament au réalisateur les photos prises il y a dix ans, les moqueries fusent, les souvenirs reviennent, l’émotion les étreint à revoir telle femme morte depuis, telle autre partie à la retraite, et elles s’étonnent que cette petite fille travaille aujourd’hui à la boucane… Une première expérience cinématographique pour elles comme pour le réalisateur, à la fois ludique et sensible.
Ça c’est vraiment toi
Claire Simon | 2000 | 116'
Le film conte le voyage du jeune Antoine au Parlement européen de Strasbourg. Il vient de finir Sciences-Po et cherche du travail. Il se verrait bien aussi renouer avec son ancienne amoureuse Cléo qui depuis quelque temps travaille au service audiovisuel du Parlement. Seulement Cléo n’a pas un très bon souvenir de lui et les députés pensent plus à la guerre au Kosovo qui fait rage et aux élections européennes qui s’annoncent, qu’à se trouver un nouvel assistant. Pendant cette semaine de session parlementaire, le jeune homme découvre le théâtre de la démocratie et de l’amour, il mesure les angoisses de l’engagement, qu’il soit politique ou amoureux.
La Candidate
Laurent Salters | 1997 | 25'
Jeanine, directrice financière âgée de cinquante et un ans, vient de perdre son emploi. Comment accepter cette nouvelle situation et les conseils peu convaincants que lui donnent la consultante de son cabinet de placement…
Ce qui touche le cœur se grave dans la mémoire
Cécile Donguy | 1999 | 15'
Une jeune cinéaste appartenant à la génération des quinze-vingt-cinq ans s’interroge sur la transmission de la mémoire entre les générations. Elle rencontre plusieurs intervenantes qui ont vécu la naissance des groupes de femmes au début des années soixante-dix en France. Ces femmes retracent les luttes concernant la contraception, l’avortement, l’égalité professionnelle, la législation contre le viol, les violences conjugales… et s’expriment sur le problème de la transmission de cette histoire aux jeunes générations.
Célébrations
Dominique Dubosc | 2000 | 38' | France
Du 16 janvier au 28 février 1991, j’ai vécu la guerre du Golfe (sur mon écran de télévision) comme un interminable cauchemar. J’en suis arrivé à une forme de dépression. C’est dans cet état que je suis parti pour New York, où ma femme travaille et où je voulais rencontrer le poète et cinéaste Jonas Mekas. Le film commence réellement sur l’autoroute, entre l’aéroport et Manhattan : est-ce la grandeur du Triboro bridge, la pluie sur le pare brise du taxi, le souvenir d’autres arrivées semblables ? “Quelque chose” en tout cas m’a ramené dans la vie et j’ai su, avec évidence, que je devais “célébrer” cette vie retrouvée, que c’était la seule réponse que je pouvais faire à la guerre. C’est ainsi qu’avant même de le rencontrer, j’ai rejoint Mekas, qui a toujours opposé dans ses Journaux de simples instants de vie aux images sans vie des média. Au fil du temps j’ai aussi découvert une autre Amérique, consciente de ses responsabilités… jusqu’à ma rencontre finale avec Antigone.
Collège
Silvina Landsmann | 1998 | 133'
Silvina Landsmann a suivi pendant cinq semaines la vie du Collège Paul Vaillant Couturier, à Champigny-sur-Marne, qui a la particularité d’être doté d’une SEGPA3 (section générale professionnelle adaptée) et d’une classe pour non francophones. Vingt-sept nationalités étaient représentées à l’époque du tournage. Elle a ramené un témoignage unique sur ce qui s’enseigne aujourd’hui au collège : « de la gamme opératoire du repassage du pantalon d’homme avec pli » au cours d’anglais des cinquième elle nous fait saisir l’incroyable pression économique qui s’exerce sur les élèves et les enseignants, l’obsession du chômage, la vision implicite du modèle social dont le collège semble se faire le propagandiste. Un premier film qui révèle également le talent d’une jeune réalisatrice.
Conjonction de coordination
Nathalie Rao | 1996 | 16'
Dans la rue, le métro et autres lieux publics, Nathalie Rao a été témoin de gestes et d’actions singulières. En se référant à leur souvenir, elle a reconstitué ces scènes avec des amis qu’elle a filmé.
Cup
Tara Herbst | 1997 | 5'
La tasse posée sur l’estomac transmet la pulsation de la respiration et du battement du cœur.
Dans le ventre de Dado
Pascal Szidon | 2000 | 37'
L’univers du peintre yougoslave Dado illustré par la Sonate pour alto et piano Op. 147 de Chostakovitch. Dado, peintre yougoslave né en octobre 1933 à Cétinjé (Monténégro), vit et travaille en France. Dado, c’est plus de quarante ans de peinture et plus de quarante ans d’une peinture qui aussi déborde la toile, s’étend sur tous les supports et sous toutes les formes, mixant les techniques et les matériaux.
De la chute
Jean Lefaux et Anca Hirte | 1999 | 53' | France
C’est une histoire qui tient une place particulière dans le répertoire des horreurs concentrationnaires du XXe siècle. Elle se déroule en Roumanie au début des années cinquante alors que se mettent en place les démocraties populaires. Dans une prison, à Pitesti, où sont regroupés des détenus étudiants, va être menée une expérience, dite de rééducation, qui n’a pas d’équivalent à son époque, ni après, ni de nos jours.
Expérience unique en ce qu’elle force les détenus de la prison à se torturer les uns, les autres. Tous. De façon à ce qu’il n’y ait pas une victime qui ne devienne bourreau, pas un innocent qui ne devienne coupable. Expérience de violence absolue sur les corps et les esprits, emblématique de la nature profonde des régimes de l’Europe de l’Est. La vie, par la suite, pour ces anciens prisonniers politiques ne sera tolérable qu’au prix d’un mutisme absolu. Aux amis, proches, il leur sera impossible de dire : j’ai torturé. J’ai été torturé. Aujourd’hui, trois survivants brisent le tabou tacite. Trois récits intimes pour transmettre l’indicible. Comme une confession.
(de) la fenêtre
Jean-Christian Bourcart | 1999 | 26'
« Jusqu’à mon départ pour les États-Unis, j’habitais à Paris sur la pente des Buttes-Chaumont, un appartement au premier étage d’un immeuble moderne, au fond d’une impasse que ferme un tertre abrupt. Pendant trois ans, j’ai filmé ce que je voyais de ma fenêtre, une baie vitrée qui dessinait le paysage comme sur un écran. Lorsque je suis arrivé, la forte dénivellation du terrain était abandonnée à la végétation et aux enfants qui venaient y construire des cabanes. Et puis, les bulldozers sont arrivés, le terrain vague s’est transformé en chantier, et fut harmonieusement replanté d’essences choisies et protégé d’une haute grille acérée. C’est devenu un jardin public, interdit au public… », Jean-Christian Bourcart
« … Je voudrais que le spectateur ait le sentiment à la fois de pénétrer dans une intimité, mais que chemin faisant, il en découvre l’épaisseur et réalise l’impossibilité d’en créer une image cohérente et définitive. »
De la séduction
Ghassan Salhab et Nesrine Khodr | 1999 | 32'
Il y a Soraya, jeune libanaise qui, parmi tant d’hommes, choisit celui sur lequel elle compte exercer son pouvoir de séduction. De cet homme on ne verra presque rien, sinon son dos, sa silhouette, ses mains. Il y a aussi d’autres femmes, de générations différentes, femmes « réelles », qui apportent leurs propres témoignages, leur propre histoire, leur propre vécu, leur propre regard sur ce pouvoir.
Il y a pour ainsi dire une « fiction en cours », celle de Soraya, et des témoignages de quelques femmes, fragments de documentaire. Des fragments mis en situation, non pas en une tentative de reconstitution ou de reproduction dudit réel, mais en une tentative de « ré-appropriation » de ce même réel.
Debout ! Une histoire du mouvement de libération des femmes (1970-1980)
Carole Roussopoulos | 1999 | 90'
La deuxième moitié du siècle a donné naissance à l’un des plus extraordinaires mouvements sociaux : le mouvement de libération des femmes. Dans le sillage de mai 68, en France et Suisse Romande comme dans de nombreux autres pays occidentaux puis du Tiers-Monde, elles sont d’abord deux ou trois femmes à se réunir, puis une petite poignée et très rapidement des centaines, de manière spontanée et non hiérarchisée. Mais ce mouvement, qui a profondément chamboulé notre société, n’est pourtant ni connu, ni reconnu. Blanc médiatique, histoire ignorée, peu revendiquée, ces militantes des années soixante-dix sont passées de la caricature à l’oubli. Traitées à l’époque de « toutes des mal baisées », on les considère aujourd’hui comme « ringardes ». C’est un hommage aux femmes qui ont créé et porté ce Mouvement. Une vingtaine de témoignages évoquant les acquis et leurs limites, sans donner de leçon, ni culpabiliser.
Debout ! parie sur la transmission et l’invention de nouvelles formes d’engagement, comme un appel aux jeunes générations.
La Distance
Judith Elbaz | 2000 | 25'
La Distance est un essai vidéo autour du tango argentin. Exploration de l’extrême proximité qui peut s’installer entre deux personnes au sein d’un bal, d’une foule ; il semble que la séparation ne prenne réellement fin que là. Tourné en grande partie à Buenos Aires et mêlé d’images d’archives, il y est question aussi du lien entre ce couple qui danse et le mariage, le voyage, le cinéma.
Doulaye, une saison des pluies
Henri-François Imbert | 1999 | 88' | France
Un voyage au Mali, voyage quête, voyage enquête sur une Afrique saisie en son climat, sa temporalité et ses relations d’une autre nature que celles que nous connaissons.
« Moi je crois que ce qui est important dans cette histoire c’est la rencontre de deux hommes. Deux hommes appartenant à des cultures différentes, qui deviennent des amis, et qui se séparent pour suivre chacun leur destin. Je pense qu’il n’y a pas grand chose à inventer. Il faut seulement se fier à ce qui s’est réellement passé et nous le raconter. L’histoire de deux hommes, de deux familles, de deux mondes. Une histoire qui peut arriver partout. C’est l’histoire d’une amitié en fin de compte. », Adama Drabo, cinéaste
Esprit de bière
Claudio Pazienza | 2000 | 54'
Radiographie d’un verre de bière, de l’homme qui le boit et du décor où celui-ci à décider de l’avaler.
Estuaire
Ginta Vilsone | 1999 | 14'
La pluie. Un jardin à demi abandonné. Lentement un vieux couple se souvient de sa vie presque passée. « … Je ne t’ai pas encore tout raconté… »
Et la création fut…
Mahmoud Chokrollahi | 2000 | 52'
En Iran, être femme est un combat au quotidien. Être peintre aussi. À travers cette « situation extrême », ce combat peut devenir la raison même de la création artistique… Car la société iranienne, malgré ses interdits et ses tabous islamistes, connaît depuis peu un véritable renouveau culturel où les femmes ont pris sans conteste une place prédominante. Le cinéaste rencontre à Téhéran quelques-unes des trois mille femmes peintres que compte la capitale de la République Islamique. Comment concilie-t-on préceptes islamiques et création ? Quelle liberté intérieure, quelles contradictions, s’immiscent sous le tchador. Quel miroir en retour, sur le regard occidental qui jauge, juge et interprète. Confessions à plusieurs voix, feutrées ou tranchantes, attendues ou elliptiques…
Et puis après…
Sabine Massenet | 2000 | 16'
« Les enfants savent quelque chose qu’ils ne peuvent exprimer ; ils aiment que le Petit Chaperon Rouge et le loup soient couchés ensemble dans un lit ». Djuna Barnes
Étrangers / Familiers
Charlotte Tourrès | 1999 | 54'
« Deux fois le hasard m’a fait entrer chez mes voisins. La visite était à chaque fois troublante : ces quarante mètres carrés, si semblables, habités par d’autres, ces étrangers. Ce film est le portrait de mon immeuble et ses habitants à Saint-Denis. L’espace “privé” se protège : les portes ne s’ouvrent pas toujours. L’espace intime se livre ou se refuse, tente de se définir. Si l’on n’échange qu’un bonjour dans l’escalier, des liens obscurs se sont pourtant tissés avec le temps : observations, désirs de rencontre, frustrations… Les bruits qui parviennent du dehors et les fenêtres sur la rue sont un appel à l’imaginaire et à la mélancolie. La mélancolie est aussi celle des solitudes et des départs. », Charlotte Tourrès
L’Évangile selon les papous
Thomas Balmès | 2000 | 100'
La tribu des Hulis est une des neuf cents tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Vivant dans une des parties les plus reculées de l’île, elle a vu les premiers Blancs, des missionnaires méthodistes, arriver en 1955. Ces missionnaires sont depuis en concurrence avec d’autres Églises pour évangéliser le plus grand nombre possible de Papous. Si les femmes voient, dans les baptêmes, la possibilité d’accéder à une nouvelle reconnaissance, il n’en est pas de même pour les hommes. Le baptême implique, en effet, de renoncer à la polygamie, aux guerres tribales et à une grande partie de leurs traditions. Les missionnaires réussissent à convaincre les derniers réfractaires, en leur annonçant, pour la fin du millénaire le retour du Christ, de l’Antéchrist, et donc l’heure du Jugement dernier. Le film accompagne Ghini et d’autres vieux guerriers qui, sous la pression des missionnaires, ont détruit la maison des ancêtres pour y construire une église et s’y faire baptiser le jour de Noël.
Exil à domicile
Leïla Habchi et Benoît Prin | 1994 | 52'
Bakhta, Houria, Messaouda sont trois mères de familles venues d’Algérie au début des années soixante. Trente ans ont passé, la majeure partie de leur vie s’est déroulée à Grande Synthe, cité ouvrière du Nord de la France. C’est là que leurs maris ont trouvé du travail, c’est là qu’elles ont accompli leur rôle de mère et de grand-mère pour leurs enfants nés et éduqués en France. Loin du cliché de l’épouse soumise et ignorante, elles ont été les témoins d’une histoire de l’immigration au jour le jour. Le film privilégie les situation de dialogues entre mères et filles ainsi que les réunions de femmes, autant d’occasions de pénétrer au cœur des débats familiaux et de dépasser les discours simplistes et globalisants sur l’intégration ou l’Islam.
Fantaisie – un autre pays
Sharon Hammou et Avi Hershkovitz | 1999 | 52'
Samy Gaber, « Samantha », palestinien, israélien originaire de la ville arabe de Jaffa et Michaël Shimon, « Chris », juif yéménite du village religieux Bneï-Darom, préparent ensemble un spectacle de drag queens à Tel-Aviv. Tous les deux sont venus s’installer à Tel-Aviv parce qu’étant homosexuels, ils ne se voyaient vivre nulle part ailleurs en Israël. Ils sont tous deux confrontés quotidiennement à des problèmes de racisme, pas seulement en tant qu’homo, mais aussi en tant qu’arabe et que séfarade. Ils croisent aussi du racisme au sein de la communauté gay, qui semble refléter précisément les tensions et les rejets entre les différents groupes nationaux et ethniques en Israël.
Femmes du jazz
Gilles Corre | 1999 | 80'
Au mois d’avril 1999, la percussionniste Susie Ibarra organisait à New York « Un mois des femmes du jazz » au Tonic Bar de Manhattan. Portraits croisés d’une vingtaine d’entre elles qui ont choisi d’affronter la jungle de New-York pour se faire un nom au panthéon du Jazz. Maria Scheider dirige un big band, Jane Ira Bloom a choisi le sax « parce qu’il brille ». La pianiste Marilyn Crispell, s’est longtemps crue trop romantique…
Film musical mais aussi témoignages d’une passion de femmes pour une musique dont les hommes ont voulu faire leur chasse gardée. Une passion qui s’exprime dans leurs paroles et leur musique, qui s’inscrit sur les visages et les corps. À la recherche d’une possible spécificité féminine du jazz, le saxophoniste J.I. Bloom répond : « Il n’y a pas un seul homme au monde qui peut “sonner” comme Billie Holiday. Et quand ça s’exprime non plus seulement par la voix humaine (c’est comme chanteuses que les femmes sont connues dans le jazz), quand ca passe chez une femme par un instrument, c’est alors quelque chose qu’on n’avait jamais entendu auparavant ! »
Fight for life
Sylvie Hadjean | 1999 | 52'
Une équipe française a élaboré pendant neuf mois avec des artistes sud-africains un spectacle chorégraphique et musical. Par leur expérience personnelle, quatre de ces artistes nous introduisent à la réalité quotidienne des communautés noires des Town Ships. Ici la sincérité fait appel à l’authenticité… L’âme vibre…
Les Garçons de l’amphi
Denis Gaubert | 1999 | 37'
Bruno arrive à la morgue de l’Hôpital de Garches pour devenir garçon d’amphi, c’est-à-dire assistant du médecin légiste, avant, pendant et après les autopsies. Les étapes de son apprentissage sont décrites dans le film en trois parties : Maîtrise ton aiguille, Regarde bien le truc, Persévère.
Gbanga Tita
Thierry Knauff | 1994 | 7'
« Lengé, Pygmée Baka, connaît les récits du monde et les mélodies de Tibola, l’éléphant blanc… Il restait juste assez de pellicule pour un seul plan. Quatre minutes pour le visage et la voix qui, du fond des âges, se souviennent de Gbanga Tita, la calebasse de Dieu… », Thierry Knauff
Les Glaneurs et la Glaneuse
Agnès Varda | 2000 | 82' | France
Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d’autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c’est la glanure de notre temps. Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n’a pas d’âge. Le filmage est aussi glanage.
Goulag (Carré blanc sur fond blanc)
Hélène Châtelain et Iossif Pasternak | 2000 | 220'
« Ces écrits sont le fruit de plus de quinze ans de travail et de voyages. Bornée d’abord à la vieille Europe, mon attention s’est tournée peu à peu vers le monde slave et la Russie plus particulièrement. Catholiques ou protestants, libéraux ou démocrates, il nous est malaisé de ne point laisser nos idées occidentales donner des couleurs fausses à nos peintures de cet Empire. Comment comprendre un pays qui, selon un de ses proverbes, a quitté une rive et n’a point atteint l’autre ? », Hélène Châtelain.
Ces lignes ont été écrites il y a plus d’un siècle, entre 1870 et 1880, entre Commune et Marxisme – par l’essayiste français Anatole Leroy-Beaulieu, qui avait mis la Russie, sa démesure, son mystère, son énigme – au centre de ses réflexions. Elles nous ont servi de guide et de référence pour ce voyage autour du mot Goulag – un des plus polémiques peut-être de tous ceux que le siècle ait inventé. C’est ce « pays entre deux rives » que nous avons cherché, cherchant l’ombre portée de ce qui ne fut ni une prison, ni un lieu géographiquement définissable : mais la forme administrative d’une pensée.
Le film s’est construit au fil d’un voyage, rythmé par l’immensité de la terre russe, perpétuellement en quête d’une ouverture sur une mer qui le sauverait de cette immensité. « L’Archipel du Goulag », « L’URSS est un Goulag » : une série d’affirmations qui souvent, plus que d’interroger ce mot, l’utilise pour maçonner ses propres convictions. Ce voyage fut une tentative d’échapper à de telles affirmations. Pour s’enfoncer dans une Russie différente, plus profonde, plus secrète – celle des silencieux qui n’ont écrit ni mémoires ni témoignages, le petit peuple des villages et des ateliers qui a constitué pendant près de quarante ans, la population majoritaire des camps et des régions entières que la Direction Centrale administrait.
Le Grand nettoyage
Eusebio Serrano | 1999 | 53'
Les propriétaires d’un pressing de quartier voient un jour s’installer à deux pas de chez eux la concurrence agressive d’une nouvelle enseigne discount. Celle-ci ne tarde pas à menacer la pérennité de leur entreprise. À travers l’histoire de cette guerre des pressing, le film décrit l’impact de la nouvelle logique économique qui voit désormais les marchés, même les plus traditionnels, tomber dans les mains de nouveaux opérateurs dotés d’importants moyens financiers.
Harlan County USA
Barbara Kopple | 1972-76 | 103' | États-Unis
1973, dans l’Amérique de Nixon, se développe une longue grève de mineurs de l’Eastover Mining à Brookside dans le Kentucky. Au fil du conflit ils sont relayés par leurs femmes, sœurs et filles qui viennent en première ligne renforcer les piquets de grève et l’organisation. Elles proposent de nouvelles tactiques et posent le problème de la violence. La « caméra actrice » a clairement choisi son camp…
Héritages
Daniel et Pascal Cling | 1996 | 52'
Ce qui est dit, ce qui est tu. Ce qui fait souffrance pour les uns, pour les autres. Ce qui se transmet. Et le temps qu’il faut pour le dire. Trois générations face au travail de mémoire. Intensité et pudeur… Trois rescapés d’Auschwitz racontent de quelle façon et dans quelles circonstances, ils ont révélé leur histoire depuis leur retour. Leurs descendants expriment ce qu’ils ont ressenti en la découvrant, en quoi elle a marqué leur identité et ce dont ils se sentent investis. Ainsi se constitue un récit complexe, quelquefois contradictoire, qui met en lumière les effets de la parole et des non-dits sur trois générations et plus généralement soulève la question de la transmission de l’histoire.
Heureux qui communiste
Daniel Cling | 2005 | 60' | France
Etat des lieux d’un idéal transmis par une génération à une autre génération, née à un moment où tout semblait possible et où l’avenir était un fait acquis.
Histoires d’une évacuation : entre aventure et abandon
Elsa Distel | 1999 | 26'
Évacuées de Moselle à la Déclaration de guerre en 1939, des familles se retrouvent hébergées en Charente. Choc des cultures évoqué à travers des témoignages croisés. En juin 1940, certains mosellans repartent chez eux… « Je me vois traversant le pont serrant contre moi ma poupée, cette foule de gens portant valises et baluchons ! Sur mon dos, une taie d’oreiller avec le nécessaire… Dans ma main aussi, je serre mon cartable d’écolier avec crayons et cahiers et au fond du cœur, cette question, cette peur, où allons-nous ? et à la gare cette marée humaine avec toutes ses peines. » Irène Undreiner.
Les Illuminations de Madame Nerval
Charles Najman | 1999 | 90'
Ce film est le portrait de Madame Nerval, une célèbre Mambo, nom créole que l’on donne en Haïti aux prêtresses du Vaudou. Elle reçoit au temple les habitants de Jacmel qu’elle soulage avec des pratiques thérapeutiques et des rituels mystiques. Une chronique quotidienne au sein du temple vaudou, de la cohabitation des Dieux et des hommes. Le film est en même temps le récit subjectif de sa vie, de ses rêves, de ses contacts avec les esprits…
Intervista, quelques mots pour le dire
Anri Sala | 1998 | 26' | France, Albanie
« L’absence de son pourrait être un accident… Une femme a laissé derrière elle avec les années, les événements, les naissances, les joies, les malheurs, l’optimisme, la peur, les informations, les vieux journaux, le communisme, les conjonctures, les déceptions, les rébellions et aussi une interview… muette, le son ayant été perdu. L’interview réalisée il y a vingt ans alors que cette femme était responsable de l’Alliance des jeunes communistes en Albanie. Cette femme est ma mère et j’ai retrouvé cette interview lors d’un déménagement. La clé est dans la lecture des mouvements de ses lèvres. J’ai fait appel à une école de sourds-muets. Vingt ans après, ma mère se voit confrontée à son discours d’alors. », Anri Sala
Ipousteguy, l’âge de la décision
Jacques Kebadian | 2000 | 52'
En l’an 2000, Ipoustéguy célèbre ses quatre-vingt ans. C’est l’heure du bilan pour ce génie de la sculpture, un maître pourtant encore méconnu. Ce film est aussi la mise au point sur une relation d’amitié entre le sculpteur et le réalisateur, histoire commune qui débuta il y a près de quarante ans et qui a déjà donné lieu à de nombreuses rencontres et collaborations entre les deux artistes. Le film met en correspondance les pensées intimes, les événements qui l’ont marqué et l’œuvre d’Ipoustéguy.
Je ne suis pas un homme pressé
Françoise Arnold et Daniel Cling | 2001 | 52'
Je ne suis pas un homme pressé explore un courant de l’architecture contemporaine inscrit dans la continuité des idées de Le Corbusier. Henri Ciriani est architecte et enseignant. À travers son témoignage et celui d’anciens élèves, le film se propose de mettre en lumière les mécanismes de transmission avérés ou imaginaires.
La Jetée
Chris Marker | 1962 | 28' | France
L’histoire débute à Paris, après la « Troisième Guerre mondiale » et la destruction nucléaire de toute la surface de la Terre. Le héros est le cobaye de scientifiques qui cherchent à rétablir un couloir temporel afin de permettre aux hommes du futur de transporter des vivres, des médicaments et des sources d’énergies, d’appeler le passé et l’avenir au secours du présent. Il a été choisi en raison de sa très bonne mémoire visuelle, il garde une image très forte et présente d’un événement vécu pendant son enfance, lors d’une promenade avec sa mère sur la jetée de l’aéroport d’Orly.
« Ceci est l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance… La scène qui le troubla par sa violence et dont il ne devrait comprendre le sens que beaucoup plus tard eut lieu sur la Grande Jetée d’Orly quelques années avant le début de la Troisième Guerre Mondiale ». Des savants enquêtent sur cette mémoire et notre relation au temps. Photo-Roman.
Level Five
Chris Marker | 1997 | 106'
Une femme (Laura), un ordinateur, un interlocuteur invisible. À partir de ce dispositif conçu comme un jeu vidéo avec « ses niveaux » et navigations dans les archives et témoignages, le film resitue le rôle de la bataille d’Okinawa, épisode tragique de la seconde guerre mondiale pratiquement inconnu en Occident qui pourtant eut une influence considérable sur la façon dont elle s’acheva.
Loin, la-bas…
Elisabeth Kapnist | 1999 | 60'
De Moscou à Saint-Pétersbourg en passant par la Sibérie et la Bohème de Puccini, le train mythique du Transsibérien bouleverse les paysages intérieurs de l’histoire personnelle et familiale de la réalisatrice, créant un jeu de miroir insolite avec la Russie présente et passée.
Louis Stettner au regard de la mémoire
Christophe Debuisne | 1999 | 24'
Un photographe américain entre deux cultures.
Lux æterna
Serge Avedikian et Lévon Minasian | 1999 | 11' | France
Le 7 décembre 1998 à 11 h 41 un terrible séisme ravage toute une région en Arménie, dont la deuxième ville du pays, Leninakan. Quelques heures après le choc, un jeune homme se met à filmer avec sa caméra Super 8, en pellicule noir et blanc. Basé sur ces images inédites, Lux æterna est un poème cinématographique sur l’indescriptible douleur des hommes…
La Marelle de Chris Marker
François Porcile | 1994 | 13'
« Une aire de jeu sans limites, un champ uniformément quadrillé que viendront occuper progressivement, en lignes horizontales et verticales se recoupant, les lettres formant les titres des films de (ou co-signés par) Chris Marker. Dans les espaces délimités par les titres qui se succèdent et s’entrecroisent, apparaissent les photogrammes des films concernés aux rythmes des phrases du commentaire. »
Les Matinales
Jacques Krier | 1966 | 46'
Comme des ombres furtives, elles sortent du métropolitain à l’aube, souvent âgées, portant le fichu qui leur donne des airs de babouchka, elles témoignent de la condition de « femmes de ménage » dans la France en pleine « modernisation » des années soixante…
Ce « reportage » (le documentariste savait se faire modeste à l’époque) de Jacques Krier fait partie de la série conçue par Eliane Victor, « Les femmes aussi » qui au mitan des années soixante, esquissait un portrait à facettes de la condition féminine. Au temps de l’ORTF, d’une télévision noir et blanc de service public, plutôt audacieuse dans la France des « Trente glorieuses » aux « valeurs » étriquées et confites.
« Une caméra de télévision » inspirée par le cinéma direct qui sait recueillir avec empathie les témoignages de ces septuagénaires, de ces immigrées espagnoles ou italiennes qui précédèrent nos modernes « techniciens et techniciennes de surface ».
Mechanical rodeo
Julie-Christine Fortier | 2000 | 2'
Vidéo-performance dans laquelle les circonvolutions oculaires d’une performeuse au visage statique, s’emballent au rythme d’une petite mécanique.
Mokarrameh, mémoires et rêves
Ebrahim Mokhtari | 1998 | 48'
Une femme possédait une vache à laquelle elle vouait une grande tendresse. Mais pour la nourrir, elle se devait de lui chercher de l’herbe très loin, ce qui la fatiguait. Un jour, ses enfants ont décidé de vendre l’animal sans la prévenir. Pour conjurer sa grande tristesse, elle s’est mise à peindre sur tous les supports qu’elle pouvait trouver : les murs de sa maison, des citrouilles, la porte du frigidaire… Aujourd’hui, comme chaque mois, son fils lui rend visite et lui amène du papier et des couleurs.
Le film montre en quoi l’imaginaire de Mokarrameh se mêle à sa réalité. Tous ses dessins content une histoire : la sienne, celle des co-épouses de son mari, le travail, la vie des femmes au village…
Mon travail c’est capital
Marie-Pierre Brêtas, Raphaël Girardot, Laurent Salters | 2000 | 88'
Nous cherchions à faire un film sur le travail en usine. L’idée de départ était de mieux sentir la place que le travail occupe dans nos vies aujourd’hui. Polyvalence, annualisation, mobilité, flexibilité… Nous voulions essayer de comprendre au jour le jour quelles étaient les conséquences d’une situation que la société nous présente comme inéluctable. Contre le « on ne peut rien y faire » et sa batterie de prétextes mondialistes, les parcours et les paroles d’ouvriers appelaient une réflexion collective, d’où notre volonté d’être trois à la réalisation.
En mai 1997, nous apprenons par la presse la fermeture imminente de l’usine Moulinex de Mamers, dans la Sarthe. 411 employés pour 6000 habitants. Depuis 1960, tout le monde avait forcément un « Moulinex » dans la famille. Le travail des ouvriers y était bien sûr pénible, mais la permanence de l’emploi donnait des contreparties. Faire sortir une maison de terre pour y fonder une famille est important dans cette région de tradition paysanne… Et puis tout chavire. Du jour au lendemain, il faut faire face à un monde du travail qui a changé : mutation, chômage, reclassement.
Quel que soit le plan social mis en place, leur vie est bouleversée. C’est dans cette charnière entre une époque révolue et une époque à venir, inconnue de tous, que nous avons rencontré Dominique, Maurice, Josiane, Nicole et Pascale. C’était quelques jours à peine après la fermeture de l’usine. Pendant deux ans, nous avons placé notre caméra à leur côté (de leur côté). Nous avons accompagné ces cinq personnes qui n’avaient pas l’intention de laisser tomber, qui avaient leurs exigences et qui ne voulaient pas se plier aux nouvelles règles du travail. Leur innocence était leur force. Quand on débarque sur un continent inconnu, on remarque souvent des choses que les habitants ne voient plus depuis longtemps.
Mots d’images
Bénédicte Espiau | 1990 | 23'
« La preuve par seize filmages. J’ai envie de raconter, dans mon pantalon, il y a moi. »
La Moustache
Belmin Söylemez | 2000 | 22'
Des hommes turcs parlent de leurs moustaches. Leurs paroles reflètent l’importance qu’elle a dans la société, de manière à la fois concrète et humoristique. La moustache symbolise la virilité, un rapport au passé historique, une certaine esthétique, des tendances idéologiques et politiques.
Le Mystère Koumiko
Chris Marker | 1965 | 54'
« Kumiko Muroka, secrétaire, plus de vingt ans, moins de trente, née en Mandchourie, aimant Giraudoux, détestant le mensonge, élève de l’Institut franco-japonais, aimant Truffaut, détestant les machines électriques et les français trop galants, rencontrée par hasard à Tokyo, pendant les Jeux Olympiques. Autour d’elle, le Japon… », Chris Marker
Nalan Turkeli, une femme des bidonvilles
Evelyne Ragot | 1999 | 62'
Dans les « gecekondu » de la banlieue d’Istanbul, une femme écrit la nuit, en cachette de son mari et de ses enfants. Le jour, elle fait mille métiers pour nourrir sa famille, au gré des saisons et de l’embauche. Son premier livre, publié en 1994, l’a faite connaître dans tout le pays mais n’a rien changé à sa situation matérielle. Elle continue à écrire, parce que c’est la seule chose qui puisse donner un sens à sa vie et parce qu’elle veut témoigner. Ce film raconte l’histoire et le combat d’une femme singulière et émouvante et relève de l’intérieur la réalité quotidienne de ces quartiers, dominés par l’anarchie et la violence, où l’exode rural massif a entraîné la prolifération d’un habitat « spontané » totalement illégal. Sur fond de campagne électorale, il met en évidence les mécanismes mafieux et politiques qui régissent l’organisation et le développement des « gecekondu ». Plus qu’une chronique de la misère ordinaire ce film est aussi le portrait d’une femme en rupture, en quête d’un ailleurs immatériel qu’elle aperçoit dans les pages d’un cahier.
Nawa Huni
Patrick Deshayes, Barbara Keifenheim | 1986 | 60'
« Les indiens Huni Kuin vivent en isolement relatif et volontaire par rapport à la société nationale péruvienne, en forêt amazonienne, car les rencontres avec les blancs, les incas et les conquérants espagnols du passé, comme les péruviens et les brésiliens du temps actuel, ont toujours été violentes. L’image de cet homme blanc a profondément marqué l’imaginaire des Huni Kuin : il apparaît comme maître du métal, habitant des zones froides de la terre, fondateur de l’État, et porteur de maladies et de la mort. Cette image s’exprime à tous les niveaux du discours indien y compris lors de leurs cérémonies, où la drogue est largement employée. Ceci donna l’idée à deux ethnologues de filmer les réactions des Huni Kuin lorsque, un jour, ceux-ci leur demandèrent d’apporter un film sur leur propre grand village. Nawa Huni raconte cette rencontre avec des images du monde blanc et de ses techniques (port, sidérurgie, rues, intérieurs, télévision). Le film s’ouvre sur une introduction à la situation de ce peuple à l’aide d’images tournées en 1951 par un ethnologue allemand. Les réactions pendant les projections puis les réflexions des porte-parole offrent une vision distanciée de notre civilisation. »
Patrick Deshayes, Barbara Keifenheim
Nelson
Francisco Lopez-Ballo | 2000 | 32'
Une rencontre au cours d’un voyage entre deux Chiliens. Un a quitté le pays depuis un an et l’autre en 1973, après le coud d’état. Un échange de souvenirs et d’une mémoire qui avait été coupée. Cette rencontre a comme fin géographique l’océan Atlantique, limite et frontière à nos plus profonds souvenirs.
L’Œil du trotteur
Laurence Hartenstein | 2000 | 23'
Un camp de chevaux de courses où l’animal est sollicité dans son corps jusqu’à l’absurde.
Oh là là du narratif
Sylvie Laliberté | 1997 | 15'
Une lettre vidéo-poème musicale adressée par l’artiste québécoise à son compagnon incarcéré.
Out of the present
Andreï Ujica | 1995 | 96'
« Le premier space trip sur pellicule. L’absence de pesanteur n’est pas un handicap pour faire un film. Ici, deux caméras 35 mm ont été envoyées dans l’espace : opération spectaculaire, exclusivement cinématographique. À terre Vadim Lussaw, le chef opérateur de Solaris (le film de Tarkovski) dirige la prise de vue… En orbite, deux cosmonautes suivent ses indications durant un space walk. Action…
Ensuite les caméras seront désintégrées lors de leurs rentrées dans l’atmosphère. Le trip fini, les images conservées, voici l’histoire. En mai 1991, les cosmonautes Anatoli Artsebarski et Sergueï Krikalev quittent la terre à destination de la station Mir dans le cadre de la mission Ozon. Tandis que le commandant de bord retourne comme prévu sur terre après cinq mois, l’ingénieur de bord ne devait revenir qu’après dix mois, contraint de rester en orbite du fait des événements politiques. En effet en août 1991, pendant que Sergueï Krikalev séjourne dans la station, se déroule à Moscou le putsch qui entraîne non seulement la disparition de l’empire soviétique mais aussi la fin d’une époque historique. L’idée du film est simple : son motif est classique : l’Odyssée… Ici, ce ne sont plus les dieux de l’Olympe qui se disputent sur le déclin de Troie, mais des techniciens qui, depuis le ciel, assistent à la décomposition d’un empire. Leur vision globale ne perçoit certes pas les chars qui perturbent le trafic dans les rues de Moscou. Mais depuis la station, ils captent tout autre chose : le rythme de la nature, les changements de la couleur du globe au gré des saisons. En août 1991, une époque a pris fin, sans qu’une autre ait vraiment commencé : les terriens règlent leurs comptes avec le passé alors que dans la station spatiale, la Révolution d’Octobre a survécu… », Catalogue Vue sur Les Docs, 1996
Parce que
Christian Barani et Guillaume Reynard | 2001 | 98'
Le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, deux républiques d’Asie centrale, ont été successivement colonies de l’empire tsariste et membres de l’URSS. Ces pouvoirs et idéologies extérieurs ont projeté avec brutalité leurs modèles sur les populations. Comment, dans une improvisation, capter des fragments de temps, d’espaces, de paroles, pour représenter un quotidien, un invisible de la vie qui coule malgré la catastrophe écologique, économique et politique.
Pardevant Notaire
Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau | 1999 | 71'
Histoires croisées de quatre situations notariales dans une étude rurale de Haute-Auvergne. À travers le récit de deux ventes négociées, un inventaire et un dossier de succession, l’étude du notaire devient le règne des histoires de propriété et d’argent, des conversations intimes et des échanges secrets. L’importance de la parole et la mise en lumière des détails tels que gestes, attitudes et regards dévoilent certaines manières de faire et de lier à la mort et à l’argent. L’approche précise et minutieuse de ce huis-clos notarial fait pénétrer le spectateur dans une série de tableaux composés de plusieurs actes dans lesquels les personnages et leurs comportements paraissent appartenir à un autre monde, si proche et si lointain du nôtre, si différent et pourtant si semblable à nous.
Les Pas perdus
Serge Le Squer | 1999 | 24'
Depuis 1940, le camp militaire Joffre, près de Rivesaltes, contient une histoire de l’enfermement sous des appellations différentes : centre d’hébergement, d’internement, de rassemblement, de séjour surveillé, de transit, de rétention administrative. Cette histoire en réalité n’a jamais été celle d’un centre, mais d’une dispersion acharnée, organisée, de milliers d’individus coupables d’exister. Pour certains, la mort fut au rendez-vous. Leurs pas résonnent enfin dans l’Histoire.
Le Piège de Kerguelen
Rob Rombout | 2000 | 38'
C’est en 1772 que le navigateur Yves de Kerguelen, spécialiste de la mer, découvre un archipel à l’extrême sud de l’Océan Indien. Dans son journal de bord, il écrit : « Ces îles sont un piège redoutable. Nous n’y avons rien trouvé, et nous n’y avons rien laissé, si ce n’est les quelques chats qui nous accompagnaient à bord. » Deux siècles plus tard, les scientifiques de la mission « Popchat », tous spécialistes du terrain, débarquent dans les îles Kerguelen. Leur objectif ? prendre au piège les chats redevenus sauvages afin d’observer leur adaptation au climat glacial des « îles de la désolation ». Mais qui observe qui ?
Portraits (sélection)
Alain Cavalier | 1987-1991 | 39'
L’auteur de Thérèse et La Rencontre, entreprend durant quatre ans d’« archiver le travail féminin ». En résulte une série de vingt-quatre portraits, attentifs aux mains, aux gestes, aux visages…
« Ce sont les mains de Madame Bouvrais… Les mains de Madame Bouvrais travaillent depuis l’âge de treize ans. Donc… la déformation du doigt, là, des deux doigts, tient à quoi ? »
« Les mains, je m’en suis occupé quand j’ai fait la série documentaire Portraits sur le travail féminin et je me suis aperçu qu’il y a trois choses qui m’intéressent : le visage, la main, un objet qui est manipulé et qui est l’âme de la personne. », Alain Cavalier
Alain Cavalier envisageait d’archiver le travail féminin en 100 Portraits. Avec pour chacun la même unité de durée : ils oscillent entre 11 et 13 minutes. Les mêmes règles de tournage : une seule journée en équipe réduite cadre-image-réalisation. La série en compte en fait 24 dont les trois que nous avons choisis… mais aussi l’archetière, la gaveuse, la dame-lavabo, la bistrote… Janséniste, voire mystique pour certains, le cinéma d’Alain Cavalier est au fil de sa filmographie devenu un cinéma de l’épure, de l’instant juste, d’une tentative de révélation d’« une certaine vérité humaine ».
- La Matelassière
- L’Orangère
- La Souffleuse de verre.
Quatre autoportraits
Valérie Pavia | 1998 | 11'
Le rêve (2′)
Je ne savais pas que le clitoris était divisé en huit parties…
Enceinte (3′)
J’annonce au téléphone à mon ami Jean-Michel que je suis enceinte…
La vie heureuse (3′)
Inventaire de tout ce que je n’ai jamais fait. Regrets ou soulagement ?
De la vie heureuse (3′)
Minauderie expérimentale avec ours en peluche.
Quelques jours en mer près des îles Scilly
Anthony Trihan | 2000 | 23'
« Quelques jours en mer près des îles Scilly est né de l’envie de comprendre le rapport à la mer des marins pêcheurs. Il est finalement le récit d’une marée que j’ai effectuée avec eux sur l’Alexandra. L’Alexandra est un chalutier qui part pêcher en pleine mer pour des périodes de dix jours. À bord, il y a William le patron, Philippe le mécano-cuistot, et Edmond, Vincent, Dany et Franck qui travaillent sur le pont. Le film raconte le parcours de ces marins, les motivations qui les ont amenés à exercer ce métier plutôt qu’un autre », Anthony Trihan.
Les Robes de mariées
Eléonore de Montesquiou | 1998 | 40'
Question posée à des femmes : « Que signifie pour vous la robe de mariée ? » La robe de mariée existe-t-elle dans l’esprit collectif ? Cette robe est-elle toujours un vêtement rituel, d’un rite de passage ? Est-elle symbole de virginité, de vie nouvelle ou signe de fête ?
Sans elle(s)
Anne Toussaint, Hélène Guillaume | 2001 | 59' | France
Parler de la prison au travers de l’absence est une façon d’aborder la question de la peine, de l’enfermement carcéral, celui de la rupture sociale obligée qui exclut le regard de l’autre, altère la relation sociale et affective, et donc éloigne de soi. L’absence crée la distance entre soi et le monde, engendre l’angoisse, fait surgir la présence du désir et provoque le repli sur soi pour y échapper.
Le film se déploie autour de sept séquences proposées par les hommes détenus. Ils s’approprient l’espace cinématographique en contrepartie d’une reconnaissance identitaire qui leur est refusée. Chacun a fait la proposition de raconter selon son âge, sa sensibilité, sa situation familiale, un moment particulier de l’absence de l’autre, absence au féminin, qui le touche particulièrement dans cet univers homosexué.
Ces séquences sont reliées par des paroles croisées recueillies au cours d’entretiens de ces hommes incarcérés et des femmes qui vivent l’absence de l’autre côté du mur. Ces paroles vibrent sur des séquences qui nous plongent dans l’univers carcéral en marquant le temps de la prison, en soulignant le détail devenant obsession, en évoquant la pensée circulaire propre à l’enfermement, en signifiant la résistance, en cherchant la trace…
Mais elles sont aussi données à écouter sur des séquences qui ne nous laissent pas nous installer dans cet univers mais nous rappellent à notre place, celle de citoyen « libre » afin de rendre visible la rupture entre le monde carcéral et le monde civil, monde dans lequel reviendront un jour ces hommes incarcérés.
Anne Toussaint, Hélène Guillaume
Sans soleil
Chris Marker | 1982 | 100'
Une femme (Florence Delay) lit les lettres du « cameraman hongrois » Sandor Krasna qui parcourt le monde du Japon à la Guinée-Bissau. Le cinéaste, à son synthétiseur, articule entre musique, photo, cinéma et vidéo une composition mosaïque qui navigue entre histoire et mémoire.
Sans tambours, ni trompettes
Collectif Deug et Licence Cinéma Rennes | 2000 | 40'
Ce film retrace, en mêlant images de making off et images de fiction, l’aventure d’un groupe d’étudiants, aiguillé par Xavier Durringer (réalisateur) et Matthieu Vadepied (chef opérateur), travaillant à l’élaboration d’un film. Nous les suivons à travers diverses étapes : exercices de plateau, écriture du scénario, repérages, répétitions, tournage…
Schift
Julie-Christine Fortier | 1999 | 2'
Après avoir filmé les yeux de personnes rencontrées lors d’un voyage, Julie-Christine Fortier en a imprimé les regards pour les utiliser dans une vidéo-performance. Cette dernière est ici remaniée sous forme d’une succession de tête-à-tête aphones, mais visiblement volubiles. Le buste de la performeuse, analogue à un support de cartes postales, fait tournoyer les images des regards capturés pour les animer de sa présence, pourtant différée par l’entremise de ces images effeuillées.
Section
Harun Farocki | 1995 | 25'
L’auteur de La vie RFA, et Vidéogramme d’une révolution, se met à sa table de mixage pour réaliser un panoramique sur ses films. Et disséquer à partir de fragments la composition des images et des sons.
Self-portrait
Tara Herbst | 1997 | 5'
Représentation de soi-même. La caméra se trouve entre le regard de la femme qui se reflète et le miroir qui est manipulé par elle.
Si j’avais quatre dromadaires
Chris Marker | 1966 | 49'
« En 1966, au moment de la remise en cause du Stalinisme et de l’idéologie communiste, le photographe Chris Marker décide de revisiter les photos qu’il a prises au cours de ses nombreux voyages, d’en reconsidérer le sens, la subjectivité. L’autocritique est prétexte à un tour du monde. Nous passons de l’URSS à la Corée, de la Grèce à Cuba, tandis que le cinéaste interroge les images et s’interroge sur la photographie, sur son rôle de double. Fidèle à lui-même, Chris Marker nous apprend à regarder. Loin de se poser en pédagogue, il nous entraîne dans une sorte de jeu des erreurs plein d’humour – le commentaire à trois voix y contribue – où se dessiller les yeux est un bonheur. »
Source : Documentaire sur grand écran
Sinon, oui
Claire Simon | 1997 | 119' | France
C’est une histoire qui arrive à une femme, par l’intermédiaire d’une question qu’on lui pose : est-ce qu’elle est enceinte ? Elle n’en sait rien, et sur le moment, ça l’arrange de laisser planer le doute. Ça tombe mal pour son mari qui comptait s’éloigner d’elle, tellement mal qu’il y croit tout de suite. Il a beau lui expliquer qu’il ne veut pas de l’enfant, elle ne fait rien pour avorter… puisqu’elle n’est pas enceinte tout compte fait. Seulement ça, elle n’arrive pas à lui dire. Elle laisse faire, remettant toujours au lendemain le moment de briser le charme qui retient son mari auprès d’elle, réconforte son propre père très malade, et réjouit son entourage. Jour après jour, la fiction s’installe et rien ne semble pouvoir l’arrêter.
Les Statues meurent aussi
Alain Resnais et Chris Marker | 1950-1953 | 30' | France
Deux lectures : un pamphlet anti-colonialiste célèbre, censuré pendant plus de dix ans. Ou une méditation à partir de « l’art nègre » sur notre considération de l’altérité, des cultures « différentes », de ce que certains appellent aujourd’hui les « arts premiers ».
Stop, mais pas avant que j’ai plein de dollar$
Collectif de l'atelier de jeunes détenus de la prison de Loos | 1998 | 10'
Témoignages croisés sur l’univers carcéral et le rapport à la prison.
Le Tableau noir
Samira Makhmalbaf | 2000 | 85' | Iran
À la suite d’un bombardement au Kurdistan iranien, des instituteurs errent de villages en villages à la recherche d’élèves. L’un deux croise sur son chemin un groupe d’adolescents qui passent clandestinement la frontière entre l’Iran et l’Irak. Il essaie de leur apprendre à lire et à écrire mais aucun d’entre eux ne s’y intéresse vraiment. Un autre instituteur rencontre un groupe de vieillards qui cherchent à rejoindre leur terre natale pour y finir leurs jours. Ils ne manifestent pas, eux non plus, le moindre désir d’apprendre à lire ou à écrire sauf peut-être une jeune veuve… L’instituteur s’éprend d’elle et suit le groupe vers la frontière…
Terra emota
Serge Avedikian et Lévon Minasian | 1999 | 10' | France
Dix ans après le tremblement de terre qui a détruit la ville Leninakan en Arménie, les réalisateurs de Lux aeterna se rendent sur place pour filmer la ville et ses habitants. Ils y trouveront une terre hantée par la douleur inhumaine.
La Terre des âmes errantes
Rithy Panh | 1999 | 90'
En 1999, les travaux de pose de la première fibre optique du Sud-Est asiatique traversent le Cambodge de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne. Ce câble va rejoindre celui qui part d’Europe et suit la Route de la Soie. Ces travaux sont l’occasion pour de nombreux cambodgiens de s’employer sur ce chantier. Paysans sans terre, soldats démobilisés, familles sans ressources ont ainsi nomadisé au gré de l’avancée des travaux. Outre la confrontation entre l’arrivée d’une « autoroute de l’information » dont le but est l’intégration dans l’économie mondiale et une culture traditionnelle ravagée par trente années de guerre, le film explore les questions du travail et de l’avenir dans un pays où le futur prend bien souvent la forme élémentaire de recherche de nourriture pour le présent.
That’s the way life is
Sylvie Hadjean | 2000 | 80'
À Johannesburg, un groupe de jeunes sud-africains revit l’apartheid – mémoires de ghettos, rêves d’espoirs. Entre peur et pouvoir, c’est dans leurs racines que les sud-africains puisent leur force.
Ce film se veut un hommage au combat le ces hommes pour la liberté. Neuf mois d’implication personnelle dans les ghettos et squats de Johannesburg permettent de toucher au cœur les traces laissées par l’apartheid dans la communauté noire. Ces films s’introduisent dans les jardins secrets d’autrui et nous invitent à prendre en compte les blessures fossilisées pour leur donner valeur de scarification rituelle. Comme un conte, ce film est une réalisation à caractère poétique qui permet de faire tomber les préjugés et de laisser s’effondrer les pans de murs que l’humanité confuse élabore. Quatre-vingt minutes d’images sans dialogues où la musique a son propre discours.
Tokyo
Jean-Pierre Limosin | 1998 | 45'
Dans l’esprit de la série Voyages Voyages proposé par Arte, le réalisateur de Tokyo eyes nous livre ses notes de voyages sur la métropole nippone. Secrète, mutante, techno, pressée…
Tokyo-Ga
Wim Wenders | 1983 | 80'
Profusions d’images menaçantes, cacophonie des salons de pachinko (machines à sous). Et puis la tombe sans nom du cinéaste Yasujiro Ozu, avec un simple signe chinois ancien Mu. Le vide. Traces, mémoires, réminiscences, absences, monde disparu. L’auteur d’Au fil du temps pérégrine, se perd, médite et rêve à travers Tokyo dans la ville du cinéaste qu’il admire.
Le Tombeau d’Alexandre
Chris Marker | 1993 | 104'
Né en 1900, Alexandre Medvedkine resta toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. Mais le fondateur du ciné-train de l’agit-prop des années trente, ne manqua pas de dénoncer de manière corrosive les aberrations du système comme dans son film satirique culte Le Bonheur. Marker « rembobine » le film d’une œuvre, d’un engagement, d’une esthétique. Mais le siècle s’achève dans la confusion de l’après-putsch de 1991 qui signe la fin de l’Union Soviétique. Une « conclusion » que Medvedkine ne connaîtra pas…
Tragédie, ou l’illusion de la mort
Chris Marker | 1988 | 26'
À travers les interventions diverses de spécialistes éminents de la tragédie grecque, c’est-à-dire athénienne, (Jean-Pierre Vernant et Cornelius Castoriadis, pour ne citer qu’eux), et, en contrepoint, des extraits d’une représentation de Médée au théâtre antique d’Épidaure par une troupe japonaise, un film didactique qui en dit très long sur les racines archaïques et
rituelles, et d’autre part sur le lien culturel que la tragédie entretient avec le politique, et notamment ce qu’on a nommé la « démocratie ». En quoi le miracle d’Athènes a l’air de confiner, de nos jours, à l’universel. Une espèce de mondialisation des signes. Un regard étonnant sur la modernité de ce théâtre antique-là.
Train-trains (wayn essekeh ?) (où est la voie ?)
Rania Stephan | 1999 | 33'
La première ligne de chemin de fer libanaise, construite par les Français en 1896, partait de Beyrouth et traversait le Liban d’Ouest en Est jusqu’à Damas, avec un prolongement de Riyak à Homs. Train-trains est un voyage à la recherche des stations de l’ancienne ligne de chemin de fer, aujourd’hui désaffectées.
Le film donne une image inhabituelle du pays d’après-guerre ; c’est une image excentrée – par rapport à Beyrouth – et qui montre des gens oubliés non seulement de la reconstruction, mais aussi de l’Image en général.
Un ticket de bains-douches
Didier Cros | 2000 | 52'
Institution quasiment unique en Europe, les dix-neuf bains-douches de la capitale sont les espaces privilégiés de préservation de la dignité humaine. Héritiers des thermes de Cluny et des étuves du Moyen Âge, ils sont aujourd’hui devenus le carrefour de destinées aléatoires, le lieu de passage des blessures provisoires et des fractures définitives. Mais les bains publics constituent aussi le lieu convivial qui permet pour un temps de rompre la solitude en échangeant quelques mots avec le garçon de cabine ou un usager de passage.
Une autre vie
Dominique Pernoo | 2000 | 59' | France
Minsk, capitale de Biélorussie, hiver 1999. La neige enjolive à peine un pays à la dérive. Au troisième étage du collège musical d’état, dans un couloir ordinaire et sombre, un salon, avec un piano à queue recouvert de partitions et d’objets souvenirs en pacotille, un canapé, une bibliothèque, quatre ou cinq violoncelles, une télé, des tableaux, des portraits, de quoi écouter la musique et prendre le thé. Ici, Vladimir Perline enseigne le violoncelle à quatre jeunes musiciens. Jouer du violoncelle est un acte de création, au plus près du corps et des sens.
L’Une chante, l’autre pas
Agnès Varda | 1976 | 110'
Deux jeunes filles à Paris en 1962. Pauline dite Pomme, dix-sept ans, étudiante (Valérie Mairesse) rêve de quitter sa famille pour devenir chanteuse. Suzanne, vingt-deux ans (Thérèse Liotard) s’occupe de ses deux enfants. Elles se séparent ; chacune vit son combat de femme. Elles se retrouvent dix ans plus tard au cours d’une manifestation. Suzanne travaille au planning familial et Pauline est devenue chanteuse. Le destin les réunira de nouveau en 1976. Elles ont expérimenté la phrase de Simone de Beauvoir qui termine le générique : « On ne naît pas femme, on le devient. »
Les Vacances du cinéaste
Johan van der Keuken | 1974 | 38'
À l’occasion d’un séjour dans un village de l’Aude, le cinéaste, en vacances, filme la jeunesse et la vieillesse. la vie et la mort, la mémoire et le corps, mêle des moments d’autobiographie, des scènes de vacances, des extraits de films antérieurs.
Vacances Prolongées
Johan van der Keuken | 2000 | 142' | Pays-Bas
En octobre 1998, à Paris, le cinéaste Johan van der Keuken apprend qu’il est atteint d’un cancer. Interrogé, le médecin lui donne un an de vie. Sur la suggestion de sa femme Nosh (qui est aussi l’ingénieur du son de tous ses films), il décide de s’octroyer « Quelques belles journées ». Il part en voyage, emportant cette fois, une petite caméra DV…
Ensemble, ils décident de consacrer le temps précieux qui leur reste à regarder et à écouter. Leur voyage les amène du Bhoutan en Afrique, puis à Rio et San Francisco. Johan van der Keuken considère le film dans lequel ils se lancent comme une chronique de sa vision personnelle du monde, rendue plus urgente encore par sa maladie.
Un film quête, un film méditation, un « fleuve filmique » initiatique qui parle de l’état du corps, de l’état du monde, de l’état du désir. Amsterdam, Bhoutan, Paris, Kathmandou, San Francisco, Amsterdam… De l’annonce à la rémission.
« Le film tout entier est une quête pour découvrir le vertige du néant, dans l’espoir qu’il a une raison d’être, qu’un plus grand dessein est à l’œuvre derrière lui. On pourrait dire que le sens de tout cela se trouve dans le mouvement lui-même, dans le regard qui distingue ce mouvement et le capte pour le transmettre à autrui. Cette magie-là peut suffire à créer un univers entier, même s’il ne s’agit que de “magie mineure”. »…
« J’ai inséré dans le film des moments de repos. Comme dans ce couvent au Bhoutan, où je tente d’exprimer une sorte de méditation par l’image et le son. À un moment donné, je ne filme que la lumière, comme elle touche le sol en bois du couvent. On entend toujours les chants des moines, mais on ne voit que cette lumière. Ainsi, on rend le temps fluide, épais comme de la mélasse. J’aime cet apaisement, justement parce qu’il y a beaucoup de vacarme dans mes films. Des mouvements ondulatoires de vacarme à silence ou de raison à folie, je les trouve importants. Mes films ont besoin de cela. Un film librement composé doit être encore mieux structuré qu’un film avec une histoire. D’autres éléments doivent fournir les liens. » …
« Près de Mopti, ville du pays voisin, le Mali, le Bani conflue avec le Niger. Je connaissais ce lieu pour l’avoir vu en photo et en film. Des images nébuleuses qui suggéraient un espace immense, grouillant de vie. Vie, espace, immense – ces mots signifient tout et rien. Mais j’étais attiré par eux : par le fleuve humain… » …
« Il m’a semblé émouvant de photographier tous les enfants de ce village, des enfants qui doivent manger de cette terre aride et rigide… 105 prises de vues, l’une après l’autre. Notre accompagnateur Burkinais, l’acteur de cinéma Razo Ouédraogo, a dit, en pointant sur tous les enfants qui s’ébattaient dans ce village : “Tu vois bien que c’est impossible, ces taux de naissance élevés dans un environnement tellement pauvre”. »
Et alors je me suis dit : « je les photographie tous. C’est une transformation lyrique d’un simple fait statistique. J’ai toujours fait ces choses-là, mais avant j’aurais peut-être encore dit quelque chose sur la surpopulation, en regard de cette séquence » …
« Le film est un livre des morts. De toute façon, je n’y apparais pas. Il est conçu pour me survivre, ne serait-ce qu’un bref instant. Mais tôt ou tard, ils seront tous morts, les êtres et les animaux qui ont donné leur vie à nos images. Mais ils seront dans ce livre, et on pourra les lire et ils ressusciteront, sans moi. Ou ils resteront endormis, à titre d’information, sans aucun souvenir de moi. » …
« À la fin, j’ai eu envie de revenir au thème du fleuve d’une manière plus contemplative, plus ample.
Le fleuve comme symbole de mouvement et de continuité, comme lieu de rencontre et artère économique. Le fleuve comme limite-frontière entre la vie et la mort. La musique de Ab Baars donnera sa respiration à cette conclusion. Ce n’est plus l’Afrique mais les grands fleuves de Hollande, où se croisent transbordeurs pétroliers, péniches et porte-conteneurs.
D’énormes embarcations dont les silhouettes pareilles à des êtres étranges, des monstres, des esprits, des divinités inconnues, apparaissent et disparaissent dans le silence du rêve… »
Vaincre ou périr
Fabienne Dupont | 1998 | 40'
Sandrine, arrivée à Paris depuis seulement un an, galère. Elle décide de rentrer chez Médiations pour faire du porte à porte. À peine arrivée, elle décroche ses deux premières ventes…
La Vie immédiate (Journal # 0)
Olivier Ciechelski | 2000 | 13'
Ce film est le souvenir ou le rêve d’un temps mythique : le temps d’avant le langage, qui est la chute de l’homme et l’instrument de sa séparation d’avec le monde. Pour celui qui parle, cette préhistoire s’appelle l’enfance.
Vivre après, paroles de femmes
Laurent Bécue-Renard | 2000 | 82'
« Survivre… Survivre ? Comment survivre sans mari, sans père, sans fils, sans frères, ni cousins, des dizaines d’hommes de la famille ? Comment survivre quand l’univers s’est effondré ? Quand la maison, la terre, le village, le pays ont été emportés dans la tourmente ? Quand le cours de la vie semble suspendu ? Depuis les crimes perpétrés par les Serbes tchetniks, entre 1992 et 1995, de Zvornik à Foca, de Prijedor à Srebrenica, des centaines de milliers de femmes et d’enfants de Bosnie s’interrogent ainsi… À Tuzla, si proche des lieux du crime, elles sont quinze chaque année à quitter les camps de réfugiés en quête de sens, en quête de leur vie. Accueillies par les psychothérapeutes de l’association Vive Zene, elles s’engagent pour un an sur le chemin de la parole. Chronique de Sedina, Jasmina et Senada, trois jeunes femmes parmi tant d’autres. Quatre saisons du deuil, de la vie, de l’amour. », Laurent Bécue-Renard
Le Voyage à la source
Lin Liao-Yi | 1999 | 52'
Commencés en 1993, les travaux du Barrage des Trois Gorges sur le Yang Tse, dureront vingt ans. À la fin des travaux, 159 villes, 326 villages, 1350 hameaux, des temples, des paysages seront inondés et deux millions de personnes auront été déplacées. La réalisatrice entreprend le voyage à la source avec sa mère et sa fille…
Walk
Tara Herbst | 1997 | 5'
Le regard de l’extérieur. L’orientation dans un espace reflété par un miroir porté par la personne.
Welcome to my world
Emmanuel Riche | 1999 | 59'
1998 est une année terrible pour le cyclisme professionnel : le Tour de France est frappé par des scandales et les stars tombent de leur trône. Pendant ce temps, un directeur sportif flamand, tance les coureurs paresseux, séduit les sponsors, gesticule, tracte en coulisses… Le film montre ce qui s’est passé dans l’équipe Ipso-euroclean pendant une saison de cyclisme entre février et novembre 1999.
W.W.W.
Martin Hardouin du Parc | 1999 | 15'
« Avril 1999. Temps de guerre… Treize jours en ligne. Et puis ta lettre est arrivée… »
Zinat, une journée particulière
Ebrahim Mokhtari | 2000 | 56'
Zinat est la première femme de l’île de Qeshm, dans le sud de l’Iran (Golfe Persique), qui retira le voile traditionnel (borqué) porté dans cette région pour exercer sa profession d’infirmière. Il y a treize ans, elle devient responsable du dispensaire du village et s’implique dans des activités sociales et politiques.
Le 26 février 1999, elle se présente aux premières élections locales organisées en Iran sous l’impulsion du président Khatami. Son mari, lui aussi se présente aux suffrages… Comme il est interdit de filmer en public le jour même des élections, Ebrahim Mokhtari installe sa caméra dans la maison de Zinat et filme les réactions exprimées par les visiteurs, en particulier sur la place des femmes dans la société iranienne.
