À fond la caisse
Benoît Mariage | 1988
Il n’est jamais passé à « l’École des fans » et pourtant c’est un virtuose. Et il n’a que quatre ans. Mais les pédales sur lesquelles il appuie ne sont pas celles d’un piano mais de sa petite moto. Ses parents lui ont rêvé un avenir de champion et il passe allègrement de ses langues à la mécanique. Votre gamin n’est pas un petit Mozart ? Faites en un petit motard…
À l’horizon des pierres
Nathalie Fluckiger | 1998 | 30' | Suisse
En octobre 1997, nous nous sommes rendues à Sa’ir, un village en Cisjordanie, pour filmer un projet destiné à devenir un centre de femmes autonomes. Celui-ci avait été créé deux ans plus tôt par le « Centre d’information alternative » (AlC), une organisation israélo-palestinienne. Au moment du tournage, l’AIC venait de décider que le projet avait trois mois pour devenir indépendant. Le film retrace les efforts des femmes et les difficultés qu’elles rencontrent dans un contexte politique et social qui les limite dans leur liberté de mouvement.
Accès au succès
Didier Lannoy | 1993
Non, non, le chômage n’est pas perdu pour tout le monde et il y en a même qui en vivent. Ou qui essaient. Par exemple, si vous proposez un séminaire joliment intitulé « Accès au succès », c’est bien le diable s’il n’y a pas quelques chômeurs prêts à payer les cinq cents francs d’inscription : ce n’est pas cher pour apprendre les recettes du succès et de la fortune. Par exemple, créer un séminaire de formation…
Al Qantara ou vacances d’exil
Frederic Fichefet | 1997 | 62'
Chaque été, l’Europe entreprend sa transhumance vers le sud. Elle ignore toutefois que des milliers d’individus empruntent eux aussi la route du soleil pour un périple obéissant au même rituel : celui de milliers de familles d’Afrique du nord vers leur pays d’origine. Mokhtar prépare, en Belgique, ses vacances au Maroc. Depuis sa retraite, il n’a qu’un espoir : rentrer au pays pour toujours. Mais il sait que ses enfants lui manqueront au bout de quelques mois. Aïcha passe l’été au Maroc, dans la maison qu’elle a acheté avec son mari. Depuis sa mort, elle sait qu’elle ne finira pas ses jours dans ce quartier d’émigrés. À Tanger, elle se sent aujourd’hui une étrangère. Entre ici et là-bas, Fatima voyage. Elle rêve sans doute d’un pays qui serait deux pays…
Mémoire d’exil, mémoire de labeur et de retour saisonnier au pays, le Maroc. Frédéric Fichefet trouve la juste distance et le dispositif adéquat en accompagnant avec discrétion Mokhtar et sa famille de Bruxelles à Tanger, dans son périple au fil des autoroutes. « Être chez soi, c’est être là où le regard de quelqu’un vous importe »…
Alechinsky d’après nature
Luc de Heusch | 1970 | 20'
Un film « avec », « autour de », « en complicité » avec l’un des fondateurs du Groupe Cobra. Immersion dans l’univers d’un grand créateur : son bestiaire, sa vie, ses goûts du voyage, de la flûte et du Japon.
Alternative Head
Fatmir Koci | 1997 | 25'
C’est un portrait de Vladimir Metani, un sculpteur albanais après l’abolition du régime communiste. Il a cessé de travailler pour le gouvernement – des monuments de Staline, Lénine et Enver Hoxha – et a commencé à faire ses propres sculptures. Ses modèles sont désormais ses compatriotes. Mais il se sert toujours des vieux monuments pour en utiliser le bronze et le marbre.
Les Amoureux de Dieu
Alexe Dan | | 63'
En Macédoine, ex-Yougoslavie, deux Cheikhs se disputent le pouvoir sur une confrérie de Derviches-hurleurs. Loin de Dieu et du soufisme traditionnel, dans cette société fragilisée et chancelante, leur querelle prend un caractère banal : qui a le droit de transpercer pendant la grande cérémonie de Nevruz ? À travers la rivalité entre les deux personnages, qui correspondent à deux archétypes opposés du leader religieux, le documentaire offre un aperçu vivant d’une spiritualité vécue, réelle et populaire, qui peut choquer nos habitudes, malgré l’humour des situations et l’insolite des images.
Dans la Macédoine exsangue subsiste des confréries soufies aux rituels d’extase « impressionnants » pour nos sensibilités détachées du spirituel. Évitant le piège exotique, Alexe Dan nous permet de « rencontrer » dans un dispositif d’anthropologie participative non dénué d’humour et de savoureuses mises en scène par ses personnages même les rituels et traditions des derviches Halvétis. Sans négliger en toile de fond discret, le contexte économique de la Macédoine ex-Yougoslave…
Amours fous
Manu Bonmariage | 1998 | 68'
Lierneux, petite cité rurale, reçoit depuis un siècle des personnes atteintes de « troubles mentaux ». En « milieu fermé » dans son « institution psychiatrique » et en « milieu ouvert » en résidence chez l’habitant…
Quand on n’a que l’amour ? Quand on n’a plus que l’amour ?
Quand on n’a même plus l’amour, alors qu’on habite hors de chez soi, dans un centre hospitalier spécialisé, qu’on réside en pavillon au fond d’un grand parc ou qu’on retourne chaque soir dans une famille d’accueil, qu’on est maniaco-dépressif ou schizonévrosé et qu’on attend tout du psychiatre auquel on se livre corps et âme et qu’il vous délivre du mal en vous mettant une camisole chimique anéantissant tout désir…
Une série d’amours croisés et contrariés. Comme si c’était nous, mais quelque part ailleurs dans un endroit qu’on appelait avant « asile ».
Anak Kelana
Jean-Claude Riga | 1998 | 52'
Anak Kelana est la chronique d’une croisière hors du commun en Malaisie. À bord de son bateau qu’il a lui-même construit selon la tradition ancestrale autochtone, Mark arpente les mers du Sud-Est asiatique en fuyant les villes modernes. Le naufrage d’Anak Kelana survient sous l’œil de la caméra. Commence alors la quête d’un homme attaché plus que tout au monde à cette coquille de noix échouée sur une plage.
Arch’Ange
Laure Sainte-Rose | 1997 | 33'
Fil d’Ariane – Démarche ethnologique – Autodidacte – Image et Son – Immersion/Lieux – Investigation/Temps – Intégration/Groupe – Intention – Intuition – Doutes – Arche – Guide – Lumière – Recherche – Histoire – Matière – Hommes – Archives – Techniques – Mémoire – Porte paroles – Poétique – Trouver – Chimie – Révélation – Supports – Décomposition – Dégradation – Blanc -Lampe-Noirs-A Arc – Artisan – Ombres – Fabrication – Machines – Conservation – Boites – Émulsion – 21 – Expression – Magnétique – Argentine – Couleurs – Trace – Trame – 3 – Feu
Au regard de l’autre
Anne Guicherd | 1997 | 13' | France
À quarante ans, Véronique fête un anniversaire d’importance : ses douze mois d’abstinence après des années dans l’alcool. Au travers d’une visite de sa maison chargée de souvenirs douloureux, et de brefs extraits du journal qu’elle a tenu pendant son sevrage, Véronique nous parle de sa maladie.
Autour de Borinage
Jean Fonteyne | 1934 | 15'
Montage brut d’images tournées parallèlement à Misère au Borinage…
Beaivi
Frédéric Choffat, Christophe Chammartin, Annette Niia | 1997 | 5'
Une lapone projetée dans la vie suédoise raconte les rennes, le bruit des rennes, tout au fond du cercle polaire, mais surtout les paroles de son grand-père, l’Histoire d’une mythologie, de la naissance du monde chez les Saames.
Brugge, cité antérieure
Christian Boustani | 1995 | 12'
Brugge (Bruges), ville portuaire. Cité médiévale du Nord maritime et terrienne, exposée à toutes les calamités, sortie exsangue de ses épreuves, dans l’attente d’une renaissance. Brugge, ville musée, centre d’art. Inlassablement au fil des siècles, le peintre poursuit, traque, réfléchit la vie de la cité secrète, lui offre une chance d’éternité.
Cathédrale
Xavier Baudouin | 1998 | 27' | France
À Mejorada, tout près de Madrid et son aéroport, Justo a entrepris, voici trente ans, de construire tout seul la dernière cathédrale d’Espagne. Une « forteresse romane, en moins massif », qu’il bâtit sans plans préalables, avec des matériaux de récupération et le renfort de deux garçons du village, Sergio et Antonio. Touristes et voisins en visite défilent sur le chantier immense, tandis que le maître d’œuvre et ses apprentis, indifférents aux regards, s’activent sous la coupole inachevée. « On accepte les dons pour finir les travaux. »
Chaud business
Frédéric Siaud | 1993
Tous les médias vous ont parlé de ce docteur qui conserve son épouse morte dans un congélateur. C’était une anecdote insolite, un peu macabre mais rien qu’une anecdote. Strip-tease qui s’intéresse aux rapports entre mortels, fussent-ils vivants, vous présente Chantal qui, en accord avec le docteur, fait visiter la crypte aux touristes ravis. Entre une tranche de foie gras et un flacon de vin d’Anjou.
Clean Time le soleil en plein hiver
Didier Nion | 1996 | 26' | France
Marc a 34 ans. Pendant dix ans, il a été toxicomane. Depuis deux ans, il a tout arrêté, il ne prend plus « aucune molécule pouvant modifier le comportement « . Tourné sur quatre ans, ce film est une chronique d’un retour vers la normalité. C’est l’histoire d’une errance qui a changé de sens. D’une dérive sans espoir de retour, elle est devenue le champ de tous les possibles.
Collège
Silvina Landsmann | 1998 | 133'
Silvina Landsmann a suivi pendant cinq semaines la vie du Collège Paul Vaillant Couturier, à Champigny-sur-Marne, qui a la particularité d’être doté d’une SEGP A3 (section générale professionnelle adaptée) et d’une classe pour non francophones. Vingt-sept nationalités étaient représentées à l’époque du tournage. Elle a ramené un témoignage unique sur ce qui s’enseigne aujourd’hui au collège : « de la gamme opératoire du repassage du pantalon d’homme avec pli » au cours d’anglais des cinquième elle nous fait saisir l’incroyable pression économique qui s’exerce sur les élèves et les enseignants, l’obsession du chômage, la vision implicite du modèle social dont le collège semble se faire le propagandiste. Un premier film qui révèle également le talent d’une jeune réalisatrice.
Une radiographie implacable de l’institution Collège à quelques centaines de jours de l’an 2000. Qui réfléchit en miroir l’état de notre société : autoritaire, inégalitaire, percluse de conventions, de certitudes et de faux-semblants. Pire : sans imagination ni écoute des aspirations. Comme le réplique Jonathan, le collégien, au prof de géo, pérorant aimablement sur la question démographique : « Le pays, il est vieux Monsieur ».
Combat de boxe
Charles Dekeukeleire | 1927 | 7' | Belgique
Quand Charles Dekeukeleire réalise Combat de boxe, il a vingt-deux ans et est fou de cinéma. Il est également enthousiasmé par Vertov et sa conception du « cinéma-œil ». Un poème de Paul Werrie a servi d’argument à ce film qui fonctionne sur des gros plans et un travail lié au rythme. La violence du combat, la présence du public, la tension entre la foule et le ring, sont portés par un montage fulgurant et chorégraphique.
Dear Adamir
Daniel Coche et Simone Fluhr | 1998 | 136' | France
Ademir Kenovic est cinéaste à Sarajevo ; pendant toute la durée de la guerre en Bosnie, il reste à Sarajevo et filme les habitants de la ville assiégée. Ses images ont été diffusées notamment par la BBC et Arte (Deux minutes pour Sarajevo). Daniel Coche avait invité Ademir Kenovic au festival du Film de Strasbourg avant la guerre ; il lui adresse une lettre très personnelle, en forme de film, mêlant les images de la défunte Yougoslavie et des manifestations strasbourgeoises de soutien aux démocrates bosniaques. Cette lettre est une tentative pour donner du sens à notre mémoire.
Décibled
Malek Bensmaïl | 1998 | 53' | France
Bien sûr et nous en sommes, on peut avoir un souvenir ému du premier concert Raï de Bobigny en 1986. La sono était approximative mais la soirée et l’ambiance envoûtante avec Khaled encore émouvant et le couple Chaba Fadela, Cheb Sahraoui détonnant. Aujourd’hui le Raï fait recette, s’installe dans le sirupeux (Faudel), évite avec constance tout propos « politique » ou « engagé ». Il est loin le temps de la « Guerre du Golfe » où toute musique arabe était interdite d’ondes. Le film de Malek Bensmaïl, lui, explore la nouvelle scène musicale algérienne en exil derrière l’arbre Raï qui cache la forêt…
- Avec Amazigh Kateb et Gnawa Diffusion, influencé par le « blues » gnaoui, le zeste groove des musiques urbaines et des textes engagés et mordants.
- Djam et Fam, groupe Techno-Raï avec un violon électrique virtuose, celui de Djamel Benyelles et « une voix » exceptionnelle celle de Moumen.
- Malik, père sahraoui et mère celte, compose une techno perlée d’influences “orientales” et de sonorités alaoui et raï.
- Markunda, reprend et réinterprète parfois a cappella les chants traditionnels chaoui des Aurès.
- Le Diwan de Bechar.
Le film n’omet pas de rappeler les premières tentatives de « fusion musicale » des années quatre-vingt, celles de Raina Rai et de Carte de séjour…
Diluvio
Patricio Lagos | 1997 | 26'
Patricio Lagos, sculpteur de l’éphémère, dans la réalisation d’une des ses œuvres. De l’aube au crépuscule, s’écoule sur une journée, un rite initiatique de préparation humaine, de création artistique et de destruction naturelle.
Œuvre née du sable et dépendant des marées, l’art de Patricio Lagos est gouverné par les lois immémoriales de l’astronomie. L’instant s’y fond dans l’éternité. Seuls, le sable, le lieu, l’eau et la pulsion créatrice décident de la nature de l’être qui va surgir.
Dimanche
Edmond Bernhard | 1963 | 15'
Le sentiment du vide du « septième » jour, partition caustique pour évoquer le temps des « loisirs » par touches sensibles. Bernhard un auteur météore et poète dont l’œuvre se concentre en cinq court-métrages réalisés entre 1954 et 1972.
Dix formules pour conjurer le diable
Jan Vromman | 1997 | 26'
L’observation d’espaces, d’objets et de lieux, une fontaine, un tramway, un escalier, une cloche, un carrefour, traduits en autant de traductions poétiques, fantasques, chuchotées… Un autre regard sur le réel qui fait penser aux Sortilèges de Michel de Ghelderode. Et une musicalité des mots qui nous glisse dans une étrange torpeur au cours de cette pérégrination en dix étapes. « Rappelez-vous : vous devez vous arrêter un moment pour qu’une pensée puisse naître… Aussi longtemps que jouera le buggle tout ira bien. »
Du beurre dans les tartines
Manu Bonmariage | 1980 | 79'
L’autopsie acide d’un conflit social dans une petite entreprise paternaliste en crise. Ce second film de Manu Bonmariage auto-consacré « réalisateur » (enfin !) obtint le Sesterce d’Or (Grand Prix) du Festival documentaire de Nyon en Suisse (devenu aujourd’hui sous la houlette de Jean Perret, Visions du réel).
El Camino del Tiempo
Peter Brosens | 1992 | 10'
Pour un vieil homme au-delà de l’Ecuadorean Highland Indians, boire est comme une rivière s’écoulant doucement dans le monde de la mort.
El Ring
Juan Alvarez Garcia | 1989 | 27'
Deux hommes s’affrontent dans l’espace limité d’un ring et l’espace limité du match. La structure est similaire à celle d’un match de boxe auquel se superposent les réflexions d’une femme « fascinée par la boxe » pendant qu’elle masse un homme de couleur.
El Ring part de l’unité « espace-temps » de la représentation scénique et de l’ubiquité de la caméra pour articuler théâtralement danse, théâtre et vidéo dans une vision singulièrement vidéographique.
Elle Meurt pas la mort
Marinca Villanova | 1998 | 26' | France
Une classe d’enfants de cinq ans en banlieue parisienne, s’exprime sur ce thème de la mort. Leurs regards et leurs paroles se croisent. Le film privilégie la force de leur imaginaire, la poésie de leur propos, et leur sens de l’évidence.
Les Enfants du Borinage, Lettre à Henri Storck
Patrick Jean | 1997 | 15'
Un retour sur les traces d’Henri Storck au Borinage à propos de la problématique sociale contemporaine : on n’y meurt plus de faim mais d’ignorance preuve par neuf de l’échec d’un type de société.
Entre deux tours
Rob Rombout | 1987 | 16'
La présence sur un territoire restreint de deux tours extrêmement dissemblables, située de part et d’autre de la frontière belgo-hollandaise, est à l’origine de cette vidéo.
En 1948 la (chute) de Prague présidait la naissance de l’OTAN et, indirectement, l’installation de son commandement suprême pour le Bénélux, à Brussum (Pays-Bas) en 1967 : l’AFCENT (Allied Forces Central Europe). L’organisation s’installait dans un ancien complexe de charbonnage. La tour, un puits de mine, porte l’emblème de l’organisation et sert entre autres de radar et d’émetteur. Au deuxième siècle après J.C., Hermas l’un des derniers prophètes de l’Église de Rome, prédisait l’édification d’une tour. Elle verra le jour en 1964 à Eben-Ezer. Monsieur Garcet n’est pas seulement le constructeur de cette tour, il est aussi l’architecte d’une pensée universelle, mystique et profondément pacifique. Ainsi reprend-il comme devise une phrase de l’ancien testament : « je combats l’injustice et je chasse et je toutes traces du mal ».
Femmes d’Alger
Kamel Dehane | 1992 | 55'
Dans une société où le regard n’est que masculin, un autre œil est donc là… Le regard féminin, dérangeant, bousculant la pudeur, brisant les tabous, libérant la parole…Il sort de l’ombre : avec Assia Djebar, écrivain-historienne algérienne. Nous allons à la rencontre de femmes de toutes générations pour nous introduire dans leurs vies, dans leurs quotidiennetés, dans ce monde où le regard est interdit. Ces femmes se racontent, imposent leur regard à la caméra pour un voyage dans cette moitié de l’Algérie soumise au silence… à une vie clandestine.
Le Fil
Thierry Tormena | 1991 | 12'
Mathieu, seize ans, est autiste. Michèle, sa mère, s’occupe de lui depuis qu’il est petit, parce qu’elle refuse de placer son enfant dans un hôpital psychiatrique ou dans une institution qui ne serait pas adaptée à l’autisme. « Ce que je veux, c’est voir mon enfant grandir, évoluer, et tout faire pour ça. » Pour Michèle, comme pour tant de parents qui vivent avec leur enfant autiste, obtenir de bons résultats est une œuvre de longue haleine, jamais terminée.
Les Fils du vent
Jean-Baptiste Van Zeebroeck | 1997 | 9'
Ils sont Fils du Vent au milieu d’un certain progrès qui pousse le monde à s’enfermer chez soi et à se renfermer sur soi. Ils sont quelques-uns à croire qu’ils peuvent vivre « prisonniers » de leur liberté. Ils vivent ensemble pour le pire et le meilleur. Ils sont Tsiganes. Leurs enfants apprennent à voyager avant d’apprendre à marcher. Mais pour combien de temps ? Dans des banlieues de banlieues, les Fils du vent goûtent à un mode de vie plus séduisant… apparemment. Pourront-ils vivre longtemps de leurs voyages, de leur musique, de leur talent d’artiste et de débrouille ? Vont-ils briser leurs chaînes de liberté pour un HLM et un statut de citoyen enraciné ?
Folles mémoires d’un caillou
Mathilde Mignon | 1997 | 59'
Nouville dans la baie de Nouméa, Nouvelle Calédonie, Pacifique Sud. Là, on avait cerné d’eau, le bagne des français et l’asile de fous. Aujourd’hui Nouville enferme toujours la prison et l’hôpital psychiatrique, qui côtoient maintenant un complexe touristique et un squat d’océaniens kanak ou immigrés. Cet hôpital porte le nom d’Albert Bousquet, le grand-père de la réalisatrice, qui fut médecin-chef dans les années cinquante et se suicida sur une petite plage toute proche. Sur les traces de cette histoire singulière d’exil, la réalisatrice interroge le passé complexe et déchiré de cette île, à l’heure où Kanak indépendantistes et Caldoches choisissent de se construire un avenir politique commun. Derrière les destins de chacun, sous la mémoire blanche des déportations françaises, ou même Kabyles, surgit la mémoire noire de cette terre portant l’identité kanak. Cette terre à laquelle sont rendus les morts, si belle en Calédonie-Kanaky.
Comment dire l’histoire « noire » Kanaky, Nouvelle Calédonie des autres, puisqu elle n’est dans aucun livre. Comment « raconter » cette « parole retenue ». Mathilde Mignon s’y emploie avec élégance, justesse et retenue en retournant à Nouville dans l’hôpital où son grand-père exerça et sur la plage où il se suicida. Seul du croisement complexe des mémoires et des perceptions de l’histoire peut sourdre l’écriture d’un autre avenir…
Les Fonctionnaires
Jean-Jacques Pêché et Manu Bonmariage | 1972 | 55'
Pour le magazine Faits Divers.
La Forteresse sentimentale
Thierry Lemerre | 1997 | 52'
Louis, un aventurier de l’esprit. À sa façon. Il a traversé l’histoire de la psychiatrie française comme un météore, une pierre tombale plutôt. Pour se retrouver là, parmi les vivants, après quarante années d’asile et de misère. Les images de Louis, filmé par l’équipe qui l’a suivi dix années, sont bouleversantes. Il parle comme écrivait Céline, avec des raccourcis saisissants. On le retrouve aujourd’hui, avec ces mots et ces gestes qui n’appartiennent qu’à lui. Il n’a plus de compte à rendre, ni à lui, ni à l’hôpital. Il est vivant. Et il le sait. Qui est fou ?
Louis Mahé a « vécu » quarante-cinq ans en « HP ». Le cinéaste construit avec lui, minutieusement, comme une ballade triste, l’itinéraire d’une libération. Ainsi s’instruit en filigrane le dossier noir de l’histoire de psychiatrie. Mais sommes-nous si sûrs d’être sortis de l’ère du Surveiller et Punir analysée par Foucault ?
Les Gestes du repas
Luc de Heusch | 1958 | 23'
Un regard ethnologique sur l’image de l’homme qui mange. Un regard aigu sur la Belgique… Assistant de Storck et élève de l’ethnologue Marcel Griaule, Luc de Heusch reste dans la lignée… : « observant l’homme en société ďune part, l’artiste dans la société d’autre part ».
L’Histoire de Pia (mon frère, ma sœur vendus pour quelques lires)
Basile Sallustio | 1997 | 90'
Au début des années cinquante, Pia a dix ans quand elle voit s’éloigner pour la dernière fois, ses petits frères et sœurs, (quatre, sept, et neuf ans) juchés sur l’âne qui les emporte vers leur destin. Des frères et sœurs « cédés » par leur père à une filière d’adoption italo-américaine dans laquelle le Vatican et l’Église sont impliqués…
L’Italie et plus encore l’Italie méridionale de l’après-guerre souffre des tourments de la faim.
Pendant des dizaines d’années, Pia, n’a aucun signe d’eux : sont-ils toujours vivants, que sont-ils devenus en Amérique, sont-ils ensemble au même endroit ? Bien qu’elle ne soit en rien responsable de leur séparation, une espèce de remords la tenaille.
Pia veut mettre un terme à toutes ces questions qui résonnent dans sa tête comme autant de reproches. Comment retrouver l’apaisement sinon en refaisant le même chemin qu’eux, quarante-cinq ans après, et tenter l’impossible pour vaincre les méandres de l’oubli. Ses démarches en Italie et aux États-Unis permettent à Pia de retrouver son frère et sa sœur et de les ramener au village.
À travers des images d’archives et des témoignages, l’histoire personnelle de Pia, nous fait découvrir le sort de dizaines de milliers d’enfants italiens qui firent, entre 1945 et 1965, l’objet de ce terrible trafic.
Ils sentaient bon le sable chaud
André François | 1986
Quand deux anciens légionnaires se rencontrent à Strip-Tease, de quoi causent-ils ? D’éclatantes victoires ou d’humiliantes défaites ? Que nenni, ils s’insultent par caméra interposée et se font des procès pour port de médailles usurpées. Non sans évoquer – nostalgie oblige – les joies saines et viriles du BMC (bordel militaire de campagne).
Images d’Ostende
Henri Storck | 1930 | 12'
Poème cinématographique scandé en strophes visuelles : le port, les ancres, le vent, les dunes, la mer du Nord…
L’imitateur
Jaco van Dormaël | 1982 | 29'
L’intrusion de deux « handicapés mentaux », Jacques et Jean, dans le « monde de la normalité ». Ce court-métrage de Van Dormaël réalisé quatorze ans avant le Huitième jour, révèle déjà le talent du réalisateur. Plus « spontanée », plus incisive et moins fiction moralisante, cette fiction documentaire prend un caractère burlesque et garde un caractère un brin subversif.
Juillet
Didier Nion | 1998 | 185'
Un camping, la plage, les blés qui mûrissent, le tour : juillet… Rien d’extraordinaire et pourtant au détour d’une pêche à la crevette, les mots et les visages disent l’essentiel : les riches, les pauvres, le bon dieu, l’amitié, les années de travail, la guerre, la chance, l’avenir des gosses… Au rythme des journées qui passent, la bagarre de la vie traverse doucement la plage des vacances.
À Quiberville, c’est l’été. Le temps qui passe, la vacance, les vacances. Didier Nion suit et partage ces mille petits bonheurs, la cueillette des coquillages, la baignade, le petit bal, la venue du cirque… « Les gens de peu » chers à Pierre Sansot s’y enivrent un laps, « Du bon usage de la lenteur ». Un film de connivence chaleureuse…
Loco Lucho
Mary Jimenez | 1998 | 59'
Près de quinze ans après Du verbe aimer, la réalisatrice retourne filmer dans le pays de ses origines, le Pérou à la rencontre de son père…
Philippe Elhem écrivait dans « Une encyclopédie des cinémas de Belgique » en 1990 à propos Du verbe aimer : « plongée autobiographique sans filet où dans son propre rôle, elle (la réalisatrice) enquête sur elle-même, à la recherche de l’enfant puis de la jeune femme qu’elle fut, esclave de « l’image du désir de sa mere » au point d’en devenir une autre. Mélangeant le noir et blanc et la couleur, le « cinéma direct » et la réalité mise en scène, Du verbe aimer, porté par la voix bouleversante de son auteur, offrait au cinéma de « l’autobiographie » l’une de ses œuvres majeures. Et à l’auteur, l’admiration de ses pairs, telle celle de Wim Wenders, terriblement ému à l’issue de la projection du film au Festival de Berlin. »
Love Sonnets
Thierry de Mey | 1994 | 24'
Adaptation cinématographique du spectacle, Sonatas 555 de Michèle-Anne de Mey, variation chorégraphique sur les tours et détours de l’amour.
Makom Avoda
Nurith Aviv | 1998 | 81'
En 1981, vingt-cinq familles israéliennes fondent le moshav Shekef, un village agricole coopératif, à côté du très grand village palestinien Beth Awah, de part et d’autre de la ligne verte – la frontière d’avant juin 1967 – le moshav et ce village se font face. En 1988, au début de l’Intifada, un des membres du moshav est assassiné. Jusqu’à aujourd’hui, malgré les enquêtes, les assassins n’ont jamais été identifiés. Pourtant du jour au lendemain, les jeunes travailleurs palestiniens sont renvoyés du moshav, et remplacés par une main d’œuvre agricole étrangère, notamment thaïlandaise. Le film raconte l’histoire d’une relation triangulaire dans un lieu-makom autour du travail-avoda.
Sur la « ligne verte » entre Israël et Entité palestinienne, les colons Moshav de Shaker, imprégnés de l’idéologie de droite du Betar lorgnent le village de Beit Awah. L’heure n’est plus, après l’Intifada et les accords d’Oslo en perdition, de « faire confiance » à la main d’œuvre palestinienne, plongée dans un chômage endémique avec le bouclage récurrent des Territoires. Des ouvriers Thaïlandais sont venus les remplacer ; des immigrés économiques comme ils s’en trouvent partout par le monde… Sauf qu’ici, ils transitent dans le no man’s land d’une Histoire déboussolée…
Maryflo
Olivier Lamour | 1997 | 52'
En janvier 1997, un conflit social très dur faisait la une des journaux. Dans une usine de confection du Morbihan, Maryflo, se déroułait une grève d’ouvrières réclamant le départ du directeur de l’usine. Il était accusé par les syndicats de régner avec des méthodes dignes d’un roman de Zola, usant et abusant des injures les plus sexistes. Olivier Lamour pour Strip-Tease avait filmé dans cette entreprise un mois avant le conflit, l’ambiance qui régnait entre les principaux protagonistes, les ouvrières et le directeur. Première partie et premier acte : Maryflo I, La guerre des tranchées.
Quand un mois plus tard, le conflit a éclaté, l’équipe était sur place, slalomant entre les grévistes, les non-grévistes, le directeur et le PDG qui en l’occurrence est une pédégère. Cela donne ce regard multiple, cette approche des protagonistes que tout oppose et qui ne se parlent parfois que par caméra interposée. Deuxième partie et deuxième acte : Maryflo 2, La guerre des tranchées.
Après diverses péripéties dont l’occupation de l’usine, le tribunal de commerce de Lorient a écarté le directeur et nommé un administrateur provisoire. Le travail a repris mais une des chaînes de l’usine a été arrêtée et soixante-quatre ouvrières ont été licenciées. Un recours est en instance de jugement. Mais délaissant la base, « Strip-Tease » s’est attaché aux pas de la pédégère qui pour être une patronne de poigne n’en est pas moins une femme, une vraie. Et c’est la dernière époque : Maryflo 3, Le repos du guerrier…
Épilogue : Si chacun restait à sa place, les ouvrières plus efficaces, les patrons un peu plus coriaces, on éviterait la lutte des classes…
Matti Ke Lal, fils de la terre
Elisabeth Leuvrey | 1998 | 20' | France
En Inde, dans un quartier du vieux Delhi, un homme se bat chaque jour sans relâche contre l’Histoire, contre l’époque, contre les faiblesses des hommes mais aussi contre Dieu. Guru Hanuman a choisi d’offrir sa vie à son pays, aux enfants de son peuple. Fondateur d’une école, il enseigne la lutte aux orphelins des rues. La lutte traditionnelle « Kushti », celle qui se pratique dans l’arène de boue et celle du combat de tous les jours, de l’homme face à son destin. Matti Ke Lal, c’est une rencontre avec un homme de quatre-vingt-dix-huit ans, né avec le siècle et nourri de sentiment de libération pour l’indépendance : une légende vivante de la lutte en Inde.
Mélodine Opéra
Sylvain Verdet | 1998 | 18'
Vivre avec un SDF chez soi…
Mes entretiens filmés
Boris Lehman | 1998 | 125'
« Je ne voulais plus faire de film, plus exactement, je voulais ne plus faire de film, en finir une bonne fois pour toutes. Et pour dire cela, j’avais besoin d’en faire un, je ne pouvais le dire qu’en en faisant… »
On peut voir ce film comme un manifeste du cinéma indépendant et artisanal, d’un cinéma libre des contraintes financières et professionnelles, ou comme une une introduction à l’œuvre filmée de Boris Lehman, ou encore comme une preuve d’amitié et un acte de fidélité envers des proches.
Misère au Borinage
Joris Ivens et Henri Storck | 1933 | 28'
En 1932, une grève éclatait dans le Borinage. La réaction patronale fut sans pitié. Ivens et Storck filment la misère des ouvriers à la suite des expulsions et rétorsions dont les anciens grévistes furent victimes. Un classique du film documentaire.
Missionnaires chez les blancs
Jean-François Bastin et Isabelle Christiaens | 1998 | 61'
Crise des vocations oblige, dans certaines paroisses belges, les curés sont africains. Savoureuse pirouette de l’histoire qui fait d’eux des Missionnaires chez les blancs, caustiques, lucides et critiques…
Le Monde de Paul Delvaux
Henri Storck | 1944 | 11'
Le premier film où le cinéaste explore l’imaginaire pictural et se pose déjà la question fondamentale de la dynamique des cadres : celle du tableau, celle du film. Les images du peintre surréaliste sont « mises en musique » par André Souris et « enchantées » par un texte de Paul Éluard.
Monsieur le Bourgmestre
André François | 1992
Hervé Brouhon est mort. Quelques bonnes âmes avaient été offusquées du portrait qu’en avait tiré Strip-Tease : ne risquait-on pas encore de ternir l’image des hommes politiques ? Mais après tout ce n’est pas Strip-Tease qui l’avait mis au pouvoir… Et puis ce portrait sans fard, hautement revendiqué par le modèle, est-il vraiment pire que l’habituelle langue de bois ?
Muet comme une carpe
Boris Lehman | 1987 | 38'
De l’étang à l’assiette, le trajet et le destin d’une carpe parmi d’autres. Celle-ci sera mangée farcie au cours d’un repas de fête. La carpe farcie « à la polonaise » appelée aussi en yiddish « gefilte fish » est un plat traditionnel chez les juifs ashkénazes. Il est préparé et servi froid au début du repas. La tête du poisson est réservée au chef de famille.
Tourné à Bruxelles au moment du Nouvel An Juif (Roch Hachana), le film s’attache à montrer les préparatifs culinaires, ainsi que le rituel et les prières qui les accompagnent, mettant l’accent sur le sacrifice du poisson et sur la mort concentrationnaire.
La Musique des sphères
Edwige Kertès | 1991 | 13'
Comment se construisent les gammes et les calendriers ?
Comment concilier les cycles de la lune avec ceux du soleil ?
Noces paysannes
Henri Storck | 1944 | 19'
La cinquième « saison » de Symphonie Paysanne, grand œuvre anthropologique de Storck pour célébrer le monde paysan avant l’industrialisation. Où les travaux et les jours au rythme de l’année et la catharsis de la fête…
Nous nous sommes tant aimés
Pierre-François Glaymann | 1998 | 17'
Entrer à quinze dans le vestiaire, n’en ressortir qu’en faisant un ; l’avant-match, le vestiaire. les moments où se cristallisent les vertus du rugby.
Panamarenko, portrait en son absence
Claudio Pazienza | 1997 | 27' | Belgique
A la fois évidente et complexe, ramifiée, multiple, ironique, l’œuvre de l’artiste anversois Panamarenko semble faire – depuis une trentaine d’années – la joie des grands et des petits. Mais qu’on se détrompe : malgré son apparente lisibilité, elle demeure inclassable et joyeusement iconoclaste. Elle ne peut donc se résumer à une illustration du mythe d’Icare ni à la volonté de bricoler appareils et machines capables de se mouvoir – avec ou sans force de l’homme, sur terre comme sous l’eau – pour étonner chameaux et poissons. Non, l’ensemble des objets de Panamarenko posent sans cesse la question des limites, des frontières, des passages. Passages de la contemplation à l’acte, de la matière à la forme, de l’art à la science (et vice versa). Il s’agit d’une perpétuelle invitation à…
La Peine perdue de Jean Eustache
Ángel Diez Alvarez | 1997 | 53' | France
Le film est un hommage à Jean Eustache, grand cinéaste français peu connu et disparu. Au fil des lieux, des témoignages, des images et des sons, ce film esquisse le portrait du cinéaste et fait revivre, pour un moment, son œuvre et sa vie. On retrouve ici le principaux opus du cinéaste, au premier rang desquels La Maman et la Putain (1973). Mais aussi des films moins connus tels La Rosière de Pessac (1968 et 1979) ou un inédit tel Numéro Zéro (1971) consacré par le réalisateur à sa mère. Peu à peu, s’élabore ou transparaît la méthode empruntée par Eustache. Une fidélité quasi obsessionnelle au réel, héritée selon ses propres aveux de Lumière. Toujours en marque de la Nouvelle Vague, Eustache a influencé et marqué toute une génération, et son cinéma reste une source de savoir et d’inspiration.
Faire un film sur un cinéaste que l’on admire présente un risque à double facette : soit l’on verse dans le portrait didactique et prétendument savant ou dans l’hagiographie béate. Un « qui perd gagne » soit pour l’auteur célébré ou pour le réalisateur qui s’escamote… Ángel Diez Alvarez, lui, fait un film avec Jean Eustache, en osmose…
Petit frère
Antoine Carrard | 1997 | 31'
Kahli est boxeur amateur. Je l’ai croisé un matin dans le quartier Picpus. Le soir du même jour, je l’ai vu par hasard dans un café « Le rendez-vous des amis ». Il m’a raconté son histoire, il avait grossi, il devait perdre du poids pour remettre les gants. J’ai décidé de l’accompagner.
Plus ou moins Gérard
Romuald Beugnon | 1998 | 25'
Gérard, camionneur témoigne…
Plutôt la vie !
Monique Quintart | 1998 | 72'
Je lui ai dit : « Myriam, raconte-moi une histoire. » Elle en avait les larmes aux yeux. Raconter des histoires, c’est exactement ce qu’elle aime. Elle s’appelle Myriam Mallié. Elle est une de nos meilleures conteuses. Elle m’a parlé de Gilgamesh, « l’homme qui ne voulait pas mourir » et de son voyage « au-delà du bout du monde » pour obtenir le secret de la vie sans fin. J’ai eu envie de faire connaître ce qu’est le travail d’une conteuse et l’acte de raconter, car elle m’avait ouvert les portes d’un bien étrange domaine. C’est ainsi que j’ai décidé de filmer la (re)création, par Myriam, de cette histoire vieille de cinq mille ans, depuis l’écriture de son adaptation jusqu’à la première présentation en public.
C’est la plus ancienne histoire du monde, une légende qui brasse les aspirations essentielles, Vie, Amour, Mort, Éternité. Celle de Gilgamesh dont s’empare avec passion et doute la conteuse Myriam Mallié. Un film en résonance magique avec l’éclosion hors de sa chrysalide d’un spectacle de paroles, d’écoutes et de silences. Sensible, lumineux. intense.
Quelques choses de notre histoire
Jean Druon | 1998 | 88'
Quelques choses de notre histoire examine les mécanismes à l’œuvre dans la société libérale qui déterminent le cours de nos destinées humaines. Cet examen mené à la façon d’une quête personnelle qui nous fait voyager dans différents pays, est centré sur l’étude de la libéralisation des télécommunications entreprise dans le monde au début des années quatre-vingt. Le film montre comment ce processus qui participe aux transformations de nos modes de vie a été mis en œuvre.
En replaçant cette histoire dans une perspective historique et philosophique, Quelques choses de notre histoire redonne aux évènements que nous vivons et subissons, tout le caractère dramatique que l’on retrouve dans la tragédie classique, à savoir l’image d’un homme devenu impuissant face aux forces et aux instruments qu’il a lui-même mis en œuvre.
Les Restos du cœur
Olivier Lamour | 1993
On n’a pas tous les jours du caviar… Encore heureux, on s’en lasse. Les pommes de terre par contre, on serait prêt à dépenser une fortune pour leur saveur délicate. Strip-tease a trouvé des chançards pour qui même la patate est à l’œil : les critiques gastronomiques et les chroniqueurs mondains. Mais même eux ont parfois l’obligation de s’envoyer du caviar…
Le Roi, la Vache et le Bananier
Mweze Ngangura | 1994 | 60'
Le réalisateur nous entraîne dans sa région natale, le Ngweshe, dans la province du Kivu. Dans cette région des Grands Lacs, la fortune s’évalue au nombre de vaches et à l’étendue de la bananeraie… Un éclairage original sur une région prise aujourd’hui dans la tourmente des conflits et génocides… et les déstructurations nées de la colonisation.
Le Sac à rose
Philippe Alsat | 1998 | 21'
Mémoire sucrière, mémoire ouvrière.
La Star d’ébène
Manu Riche | 1997 | 55'
Février 1997. Aéroport de Zaventem. Le jeune footballeur nigérien Indi N’Dbuisi débarque en compagnie de son manager Bart De Bruyne. Il a six mois devant lui pour signer un contrat professionnel avec le club de Alost, ce qui devrait lui permettre d’obtenir un visa pour la Belgique et un permis de travail. Cette aventure finira par une déception pour le jeune african. Après une longue dépression, le club décide d’engager Indi. Il lui paye mille dollars pour la famille en Afrique. Il devra retourner en Belgique au mois de juillet. Mais immédiatement après le départ de De Bruyne et Indi pour le Nigeria, la presse annonce que le manager aurait essayé d’acheter un match en faveur du club de Alost. Au mois de juillet, Indi ne peut pas revenir car le club n’a pas renvoyé les papiers nécessaires. Selon les toutes dernières nouvelles, Indi ira jouer en France. Bart De Bruyne ne s’occupe plus de ses affaires.
Fabien Barthez aime les hamburgers à crâne rond et lisse. Le « mondial » est un lointain souvenir, fermez le banc. C’est l’heure de tirer les cadavres des placards du foot anthropophage. Grâce à Manu Riche on rentre dans les coulisses de la « nouvelle traite » en suivant Indy, jeune espoir nigérian de dix-sept ans et son « recruteur » matois et patelin. Sec, précis, percutant, le meilleur de l’investigation ironiquement froide « à la belge ».
State of Dogs (L’état des chiens)
Peter Brosens et Dorjkhandyn Turmunkh | 1998 | 91' | Belgique, Mongolie
C’est l’histoire de Baasar, un chien errant tué au début du printemps à Ulaan Baatar. Il se remémore sa vie de chien de berger, abandonné par ses maîtres partis pour la ville et confrontés à la survie dans la capitale de la Mongolie. C’est l’histoire d’un chien qui ne veut pas devenir un homme, malgré la croyance mongole en la réincarnation des chiens en humains… Tandis que Baasar se résigne à son destin, Rah, le dragon mythique, menace d’avaler le soleil et de créer le chaos total et la destruction. À présent, la réincarnation de Baasar dépend de la force que l’être humain mettra à chasser Rah…
Sur les bords de la caméra
Henri Storck | 1935 | 10'
Un collage surréaliste détournant le sens d’images d’actualités pour mieux dynamiter, veulerie et superficialité d’une époque… Qui pourrait ressembler à la nôtre ?
Tel qu’en lui-même enfin
Manu Bonmariage | 1997 | 13'
Pour le magazine Strip-tease.
Le Théâtre de la Biche
Marco Lamensch et Jean Libon | 1985
Encore un film qui ne va pas plaire à Brigitte Bardot. Strip-Tease va au fond de la forêt des Ardennes, montre une chasse et n’en dit rien. Mais alors qu’est-ce qu’on voit ? Un peu de gibier et du beau linge autour d’une tasse de thé. Et qu’est-ce qu’on entend ? Les cancans des sous-bois et quelques belges histoires…
Trains de plaisir
Henri Storck | 1930 | 8'
La plage d’Ostende et ses baigneurs pris sur le vif. La ville balnéaire où Storck naquit en 1907 et où il réalisa vingt ans plus tard ses premiers films avec une Pathé-Baby.
Ulaanbaatar, tombeau des steppes
Marie-Pierre Jaury | 1998 | 52'
Ulaanbaatar, capitale de la Mongolie compte près de 548 000 habitants parmi lesquels trois femmes, Imée, Biamba et Horolsaren, trois âges de la vie, vivant chacune différemment dans cette même ville. Imée, une grand-mère veuve venant de la campagne et qui s’est installée depuis peu dans un quartier de yourtes, n’arrive pas à s’habituer à un rythme de vie urbain et moderne. Biamba, une étudiante de vingt et un ans, citadine depuis toujours, reste partagée entre les coutumes traditionnelles et un rêve américain inspiré de la télévision russe et des magazines occidentaux périmés. Horolsaren, une enfant des rues parmi des milliers d’autres, qui erre dans cette ville ,sans référence et sans identité. Un triptyque pour parler d’une ville et du malaise mongol en 1998.
Trois portraits croisés, trans générationnels et au féminin pour scruter les mutations de la société mongole, de la vie nomade des steppes aux illusions du libéralisme loves dans le béton de l’ex « socialisme réel ». Mémoire, espoirs et nostalgie. Le regard sensible d’un premier film…
Un été à Bombay
Carol Equer-Hamy | 1998 | 32' | France
On déconseille toujours les voyages en Inde pendant la saison des pluies, pourtant, c’est un moment magnifique, attendu avec fièvre par tous les Indiens. À Bombay, c’est le désordre total, mais chacun adapte ses activités au rythme de la saison. La mousson passe sur la ville comme une vague, inonde ses artères, nourrit les conversations. Elle réveille l’Inde qui y puise sa poésie et ses scènes de film les plus sensuelles, car c’est aussi la saison de l’amour.
Une chronique de ces temps de pluie dont la musique est dans le cœur de tous les Indiens.
Un jour mon prince viendra
Marta Bergman | 1997 | 66'
Le parcours de trois jeunes femmes roumaines en quête d’un mari occidental, sur fonds de conflits familiaux, de boulots précaires, de rêves inaboutis. Pour trouver cet homme, elles ont recours aux petites annonces et aux agences matrimoniales. Autour d’une photo ou d’une lettre d’Italie ou d’ailleurs… Elles brodent le feuilleton du bonheur, dont elles incarnent les tristes héroïnes.
Il était une fois un pays, Roumanie, orphelin de son « Conducatore » et de sa « révolution », embourbé entre ancien et nouveau monde. Mais le feuilleton des rêves jamais ne s’arrête. Marta Bergman entre en confidences avec Mihaela, Liliana et Maria en quête d’un mari occidental…
Valeurs sûres
Manu Bonmariage | 1992
Tout fout le camp, mais pas partout. Il y a encore des oasis de rigueur, de vraies familles où des parents épris de tradition et conscients de leurs responsabilités, enseignent le sens de l’honneur et du devoir à des enfants qui les écoutent. Ici, la foi est un rempart puissant contre les pièges de la modernité et les ravages de l’esprit républicain. Ici, on répand la bonne parole. Les bonnes paroles : travail,famille, patrie…
Vilvoorde (La vie sexuelle des Belges, partie 3)
Jan Bucquoy | 1998 | 85'
« Un film docu-fiction provocateur et libertaire pour nous rafraîchir la mémoire sur les promesses de l’Europe sociale ». Où Jacques Chirac, président, parle de la vie, de la mort, des arbres et des entreprises… avec des chansons de Ferrat et de Ferré, des archives, des pubs Renault, la fine fleur de la gauche française, des ouvriers, des ouvrières, etc.
Il n’est pas nécessaire d’adhérer à sa fin bouffonne et carnavalesque pour goûter sa saveur caustique…
Vilvoorde sortira à l’occasion du deuxième anniversaire de la fermeture des usines en février 1999…
La Voie suisse
Cédric Louis | 1998 | 12'
La Suisse vue par trois de ses doyens, trois vénérables arpenteurs, trois vétérans du plancher des vaches. Trois petits points aussi pour un regard éclaté sans véritable cohérence. Un regard tantôt naïf, tantôt lucide, mais qui témoigne peut-être de l’état de mélancolie dont la Suisse souffre actuellement. Un regard d’ancêtre qui part à la dérive, qui ne se donne pas comme révélation du brave pays des montres et du chocolat. Reste sans doute un sentiment palpable : celui d’une opaque solitude, d’un vieillissement inéluctable et cette envie étrange mais légitime de mourir à la montagne, et de retrouver la Suisse telle qu’on la voudrait encore : mythique et brillante comme un sou neuf.
What Happened to Eva Braun
David McNeil | 1969 | 22'
Le professeur Von Braun est enlevé par les services secrets du Vatican pour collaborer à l’opération « Plus près de toi mon Dieu ». L’agent spécial du président Nixon qui est sur ses traces, est surpris par les sbires du Vatican et embarqué dans une fusée avec le Professeur. À bord l’on retrouve aussi Eva Braun qui se lance dans le vide, tandis qu’une croix gammée envoyée par laser remplace sur le globe terrestre la croix que le pape y avait inscrite…
